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2017.10.17

Journée internationale de la jeune fille: Plan International s’attaque aux grossesses précoces en milieu scolaire

Depuis son instauration en 2012 par la communauté internationale, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque 11 octobre. Cette année, Plan International a décidé de la célébrer sous le signe de la grossesse précoce en milieu scolaire. Consacrée à la promotion de la lutte contre les discriminations et les violences subies par des milliers de jeunes filles, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque année avec un thème précis. Au plan international, elle a été placée cette année sous le thème: «Autonomisation des filles: avant, pendant et après une crise».

Le praesidium de la cérémonie

Mais pour la directrice régionale du Sahel de Plan International, Dr Fatoumata Haidara, «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études, si elle n’a pas pu être économiquement indépendante». Pourtant au Burkina, les statistiques scolaires indiquent que les 13 régions du pays ont enregistré 6 401 cas de grossesses. La réalité de ces chiffres est pourtant supérieure à ce qui est présenté parce que tous les établissements ne déclarent pas les cas de grossesses enregistrés à leur niveau, estimant que cela peut nuire à leur réputation.

Face à ces chiffres alarmants, Plan International a décidé de contextualiser le cas spécifique du Burkina autour des grossesses précoces. Ce thème, à entendre la Directrice régionale du Sahel, est d’actualité car il s’inscrit dans la nouvelle stratégie globale de Plan International qui veut travailler pour le bien-être des enfants mais spécifiquement les jeunes filles de la naissance à l’âge adulte.

Il va donc s’agir de réfléchir ensemble avec les services de l’Etat, les autres acteurs, avec les parents pour prévenir les grossesses précoces en milieu scolaire.

A la différence des autres journées, cette célébration est particulière. Particulière dans le sens où les personnes concernées auront le droit à la parole. «Nous allons donner la parole aux jeunes filles pour qu’elles puissent se prononcer sur la question», a confié Dr Haidara.

Dr Fatoumata Haidara pour qui «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études… »

Une téléconférence entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya

Pour cette journée, Plan International a initié une téléconférence «Girls Take Over» ou «Les filles prennent le dessus» en français, animée par des jeunes filles entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya sur la problématique des grossesses précoces. Des filles jouant le rôle de la représentante international de Plan Internationale, du ministre de la Femme (Astrid Rose Dabiré de la de la classe 1ère D), du ministre de l’Education nationale (Zalica Djini également de la 1èreD), du gouverneur du Centre-Nord (Viviane Sawadogo de la classe de Tle D), de directrice et d’assistante.

De ces échanges, on peut retenir que dans ces trois villes, les grossesses précoces en milieu scolaire sont dues en majeur partie à la curiosité sexuelle, à l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, la pauvreté… Il y a également le manque d’informations sur la santé sexuelle. Il faut ajouter à tout cela le fait que tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant car, parmi eux, se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves.

La photo de famille qui immortalise l’événement

Au regard des causes, les participantes ont formulé des recommandations pour prévenir ces cas de grossesses précoces en milieu scolaire. Il s’agit, entre autres, de procéder à un recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, de réprimer avec fermeté des cas d’abus perpétrés sur les mineurs. Aussi, d’échanger avec les hommes sur les droits des filles, de réviser des programmes pour donner plus de poids à l’enseignement sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes…

A la question de savoir ce que fait Plan International pour accompagner les filles qui se trouvent dans cette situation, le conseiller en éducation Clément Traoré a noté que son institution travaille à maintenir l’enfant à l’école afin qu’il ne soit pas exclu et aussi à ce que sa famille l’accepte.

Ayant joué le rôle de la représentante de Plan International, Edith Sawadogo a invité ses sœurs à faire attention. «Même si on ne peut pas se préserver, qu’on se protège pour éviter les grossesses précoces», a-t-elle conclu.

Madina Belemviré

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Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

Plan international Burkina Faso a célébré, le mercredi 11 octobre 2017 dans ses locaux, la Journée de la jeunesse fille. La cérémonie, présidée par la directrice de la région de Sahel, Dr Fatoumata Haïdara, s’est voulue sobre mais pleine de sens.

Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Autonomisation de la jeune fille avant, pendant et après les crises ». C’est autour de ce thème qu’est célébrée à travers le monde, la Journée de la jeune fille. Plan international Burkina Faso a choisi de la contextualiser avec les réalités du pays. « Ce que nous voyons ici au Burkina Faso, c’est la question du mariage précoce et des grossesses précoces. Et dans le cas spécifique, il y a déjà des résultats qui montrent qu’entre 2012 et 2016, au moins 6401 cas de grossesses ont été enregistrés dans toutes les régions du pays parmi les filles scolarisées », a expliqué Dr Fatoumata Haïdara pour justifier le choix de la problématique des grossesses précoces à l’école pour la présente édition.

Une téléconférence animée par des filles entre Ouagadougou, Kaya et Gaoua dans des fonctions de ministres, gouverneur et de représentante résidente de Plan international a permis de toucher du doigt l’ampleur du phénomène dans les régions du Centre-Nord et du Sud-Ouest.

Une situation alarmante

Selon Mlle Astride Rose Dabiré dans le rôle de ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la famille, les grossesses précoces sont effectivement un fléau dans la région du Sud-Ouest. Pour preuve, dit-elle, entre 2012 et 2016, dans les écoles, ce sont 1377 filles qui, au lieu de jouir pleinement de leur jeune âge se transforment en adultes responsables d’autres êtres humains. L’ampleur du phénomène est aussi préoccupante dans la région du centre-Nord, selon Mme le gouverneur Viviane Sawadogo. « Nous avons enregistré 108 grossesses dans les écoles primaires et secondaires, entre 2012 et 2016 », rapporte-t-elle.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie de ces jeunes adolescentes. « Elles perdent le sourire dès l’âge de 13, 14 ans, sont repliées sur elles-mêmes et fuient les regards et les railleries de leurs camarades et de leurs entourages », a indiqué « Mme le ministre » Astrid Dabiré (fonction d’emprunt dans la téléconférence). Avant de s’appesantir sur les causes profondes de ces grossesses précoces. « En discutant avec quelques filles, il m’est revenu que ces causes sont la curiosité sexuelle, l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, le manque d’informations sur la santé sexuelle et reproductive (…) », a-t-elle confié. « A l’école aussi, tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant. Parmi eux se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves. Les auteurs se trouvent aussi parmi les jeunes garçons », poursuit « Mme le ministre de l’éducation nationale », Zalika Djéni.

Des propositions…

A l’issue donc de l’entretien, des solutions pour mettre fin au phénomène ont été définies de commun accord avec toutes les trois autorités, à travers l’initiative de Plan international, « libérer le pouvoir des filles ». Au nombre de celles-ci figurent le recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, l’apport de moyens adéquats pour faire prendre conscience aux enfants, filles comme garçons des dangers liés aux relations sexuelles. Elles ont également suggéré la révision des programmes, la disponibilité des centres d’écoutes pour les jeunes dans toutes les communes et la création d’une association des jeunes à la lutte contre les grossesses précoces. Enfin, les filles ont fortement recommandé que la répression soit plus ferme en cas d’abus perpétrés sur les mineurs.

Pour Dr Haïdara, le choix de ces régions (Centre-Est, Centre-Nord et Sud-Ouest) n’est pas fortuit : « Pour parler, il faut avoir des données. Nous avons des bureaux au niveau de ces zones, et nous avons des statistiques claires sur lesquelles nous pouvons discuter. Nous allons continuer parce que nous avons une étude qui va couvrir tout le Burkina Faso. Ceci permettra d’avoir des statistiques et à partir de ce moment nous pourrons les partager au niveau national ». 
Dans sa nouvelle stratégie, Plan international Burkina Faso s’engage à travailler pour le bien-être des enfants en général et celui des jeunes filles de la naissance à l’âge adulte en particulier.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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« Pour que la société puisse s’en sortir, il faut que tout le monde apprenne à respecter la loi », rappelle le juge Gnagreba Dramane Souga

    Les conférences publiques du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur l’accès à la justice se poursuivent à travers le pays. « Droit d’accès à la justice : état des lieux et mécanismes pour rapprocher la justice du justiciable’’. C’est sur ce thème précis que l’institution a, le week-end du 7 et 8 octobre 2017, entretenu les populations de la province du Kourittenga (Koupèla, chef-lieu) et environnants.

« Pour  que  la société  puisse  s’en sortir, il faut  que tout le monde apprenne à respecter la loi »,  rappelle  le juge Gnagreba Dramane Souga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au Burkina Faso, la quête permanente d’une justice égale pour tous demeure une priorité politique de premier rang pour les pouvoirs publics avec de nombreux défis à relever tant au plan institutionnel qu’organisationnel, mais aussi en termes de changements de rapports que les justiciables entretiennent avec le système judicaire », a situé le principal orateur à cette conférence publique, Gnagreba Dramane Souga, juge au siège du Tribunal de grande instance (TGI) de Koupèla.

La justice est un service érigé en pouvoir par la Constitution de juin 1991, fait-il observer. La justice est-là, poursuit-il, pour faciliter les rapports humains dans la société (sinon, le plus fort va écraser le plus faible et il n’y aura rien). La justice a toujours existé dans toutes les sociétés, même si elle n’a pas été incarnée de la même façon, souligne-t-il.

Reconnue comme « service public de l’Etat », la justice est depuis quelques années, à tort ou à raison, à la solde d’une perception mitigée de l’opinion publique. 
« On entend souvent dire que si tu n’es pas riche ou si tu n’as pas de ‘’bras longs’’, tu ne peux pas avoir gain de cause en justice... », a jeté le conférencier, scrutant ainsi l’accès à la justice sous plusieurs aspects.

Ainsi, sous l’angle physique, il ressort que « l’accès à la justice est reconnu comme un droit fondamental et divers mécanismes en garantissent l’effectivité, notamment la création et l’implantation des juridictions sur toute l’étendue du territoire national ». De ce point de vue, poursuit juge Souga, lorsqu’une personne estime que ses droits ont été violés par une autre, elle peut sans doute recourir à la justice. Selon le juge, le droit au recours juridictionnel implique tout simplement la capacité effective pour tout individu de faire juger ses prétentions par une juridiction compétente, indépendante et impartiale. C’est dans ce cadre qu’il a fait une cartographie de l’organisation judiciaire au Burkina.

Ensuite, sur l’accessibilité financière, le conférencier a relevé qu’en principe, la justice est un service public accessible à tous, sans exception (et sous réserve des dispositions des lois fiscales concernant les droits de timbre et d’enregistrement). 
« Toutefois, il est des cas où une personne dont les droits ont été violés, veut bien porter son affaire en justice, mais rencontre des difficultés financières pour faire face aux frais générés par le procès », relève-t-il. Ce constant a conduit à la mise en place d’un système d’assistance judicaire pour permettre aux plus démunis d’avoir accès à la justice étatique.

« L’assistance judiciaire est une aide aux personnes démunies pour leur permettre d’exercer des actions en justice pour la défense de leurs droits en qualité de demandeur ou de défenseur. C’est un outil de solidarité dont le but principal est d’assurer l’égalité de tous les citoyens devant la justice », a expliqué Gnagreba Dramane Souga, par ailleurs président de la commission d’assistance judiciaire du TGI (Tribunal de grande instance) de Koupèla.

Enfin, sur les conditions pour intenter une action en justice, il a relevé qu’il existe un principe important de tout Etat de droit, qui est le droit d’agir en justice. Mais, pour exercer valablement une action en justice, il faut avoir un « intérêt » et une « qualité » pour agir. « Pas d’intérêt, pas d’action », dit-on en droit.

« Les citoyens doivent recourir aux tribunaux pour faire reconnaître et sanctionner leurs droits. Ils doivent user des voies de droit en bannissant toute justice privée, car nul ne peut se faire justice soi-même », a plaidé le juge de l’application des peines, Gnagreba Dramane Souga, précisant au passage que l’action en justice est également encadrée par des délais, selon la matière en présence (civile, commerciale, sociale, pénale, administrative).

Quelle dynamique pour rapprocher la justice du justiciable ?

A en croire juge Gnagreba Dramane Souga, la quête d’une justice pour tous reste un défi à relever au Burkina. « Pour y parvenir, il est impératif de rapprocher les services judiciaires des justiciables par la création, en plus des juridictions existantes, d’autres juridictions et le recrutement d’un nombre considérable de magistrats », suggère-t-il avant d’exhorter le gouvernement dans le déroulement du programme qui consiste en la création d’un TGI dans chaque chef-lieu de province.

« On peut également créer des maisons de justice et de droit, des bureaux d’accueil et de renseignements qui permettront de fournir aux justiciables des informations juridiques justes et adéquates. Au titre de la gouvernance administrative, politique, économique et locale, le gouvernement s’est engagé à travers le PNDES (Plan national de développement économique et social) à accroître le dispositif d’accès à la justice, à améliorer non seulement l’accès, mais aussi et surtout la qualité des services publics de justice », a-t-il rappelé.

Le communicateur a aussi requis le renforcement du Fonds d’assistance judiciaire (actuellement doté de cent millions) en vue de lui permettre de venir en aide aux personnes les plus démunies qui désirent ester en justice. Il suggère également un accroissement du nombre d’officiers ministériels (notaire, huissier, etc.) à travers les localités du pays.

A la fin de l’exposé, plusieurs réactions ont été enregistrées au sein des participants, constitués en grande partie de jeunes venus de divers horizons. Entre questions d’éclaircissement, commentaires et contributions, les intervenants ont abordé plusieurs aspects du thème, via souvent des exemples concrets.

Pour le modérateur, Assegna Anselme Somda, chargé de programme du CGD (ex-président de la commission des affaires sociales et du développement durable du CNT), la richesse dans les réactions et la mobilisation sont la preuve que les gens avaient vraiment ‘’soif ‘’ d’échanger autour d’un tel thème.

« La justice, c’est pour vous ; elle est faite pour le peuple, vous ne devez pas avoir peur d’elle », a appelé en conclusion, le conférencier, Gnagreba Dramane Souga.

      O.O
Lefaso.net

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« Pour que la société puisse s’en sortir, il faut que tout le monde apprenne à respecter la loi », rappelle le juge Gnagreba Dramane Souga

    Les conférences publiques du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur l’accès à la justice se poursuivent à travers le pays. « Droit d’accès à la justice : état des lieux et mécanismes pour rapprocher la justice du justiciable’’. C’est sur ce thème précis que l’institution a, le week-end du 7 et 8 octobre 2017, entretenu les populations de la province du Kourittenga (Koupèla, chef-lieu) et environnants.

« Pour  que  la société  puisse  s’en sortir, il faut  que tout le monde apprenne à respecter la loi »,  rappelle  le juge Gnagreba Dramane Souga

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Au Burkina Faso, la quête permanente d’une justice égale pour tous demeure une priorité politique de premier rang pour les pouvoirs publics avec de nombreux défis à relever tant au plan institutionnel qu’organisationnel, mais aussi en termes de changements de rapports que les justiciables entretiennent avec le système judicaire », a situé le principal orateur à cette conférence publique, Gnagreba Dramane Souga, juge au siège du Tribunal de grande instance (TGI) de Koupèla.

La justice est un service érigé en pouvoir par la Constitution de juin 1991, fait-il observer. La justice est-là, poursuit-il, pour faciliter les rapports humains dans la société (sinon, le plus fort va écraser le plus faible et il n’y aura rien). La justice a toujours existé dans toutes les sociétés, même si elle n’a pas été incarnée de la même façon, souligne-t-il.

Reconnue comme « service public de l’Etat », la justice est depuis quelques années, à tort ou à raison, à la solde d’une perception mitigée de l’opinion publique. 
« On entend souvent dire que si tu n’es pas riche ou si tu n’as pas de ‘’bras longs’’, tu ne peux pas avoir gain de cause en justice... », a jeté le conférencier, scrutant ainsi l’accès à la justice sous plusieurs aspects.

Ainsi, sous l’angle physique, il ressort que « l’accès à la justice est reconnu comme un droit fondamental et divers mécanismes en garantissent l’effectivité, notamment la création et l’implantation des juridictions sur toute l’étendue du territoire national ». De ce point de vue, poursuit juge Souga, lorsqu’une personne estime que ses droits ont été violés par une autre, elle peut sans doute recourir à la justice. Selon le juge, le droit au recours juridictionnel implique tout simplement la capacité effective pour tout individu de faire juger ses prétentions par une juridiction compétente, indépendante et impartiale. C’est dans ce cadre qu’il a fait une cartographie de l’organisation judiciaire au Burkina.

Ensuite, sur l’accessibilité financière, le conférencier a relevé qu’en principe, la justice est un service public accessible à tous, sans exception (et sous réserve des dispositions des lois fiscales concernant les droits de timbre et d’enregistrement). 
« Toutefois, il est des cas où une personne dont les droits ont été violés, veut bien porter son affaire en justice, mais rencontre des difficultés financières pour faire face aux frais générés par le procès », relève-t-il. Ce constant a conduit à la mise en place d’un système d’assistance judicaire pour permettre aux plus démunis d’avoir accès à la justice étatique.

« L’assistance judiciaire est une aide aux personnes démunies pour leur permettre d’exercer des actions en justice pour la défense de leurs droits en qualité de demandeur ou de défenseur. C’est un outil de solidarité dont le but principal est d’assurer l’égalité de tous les citoyens devant la justice », a expliqué Gnagreba Dramane Souga, par ailleurs président de la commission d’assistance judiciaire du TGI (Tribunal de grande instance) de Koupèla.

Enfin, sur les conditions pour intenter une action en justice, il a relevé qu’il existe un principe important de tout Etat de droit, qui est le droit d’agir en justice. Mais, pour exercer valablement une action en justice, il faut avoir un « intérêt » et une « qualité » pour agir. « Pas d’intérêt, pas d’action », dit-on en droit.

« Les citoyens doivent recourir aux tribunaux pour faire reconnaître et sanctionner leurs droits. Ils doivent user des voies de droit en bannissant toute justice privée, car nul ne peut se faire justice soi-même », a plaidé le juge de l’application des peines, Gnagreba Dramane Souga, précisant au passage que l’action en justice est également encadrée par des délais, selon la matière en présence (civile, commerciale, sociale, pénale, administrative).

Quelle dynamique pour rapprocher la justice du justiciable ?

A en croire juge Gnagreba Dramane Souga, la quête d’une justice pour tous reste un défi à relever au Burkina. « Pour y parvenir, il est impératif de rapprocher les services judiciaires des justiciables par la création, en plus des juridictions existantes, d’autres juridictions et le recrutement d’un nombre considérable de magistrats », suggère-t-il avant d’exhorter le gouvernement dans le déroulement du programme qui consiste en la création d’un TGI dans chaque chef-lieu de province.

« On peut également créer des maisons de justice et de droit, des bureaux d’accueil et de renseignements qui permettront de fournir aux justiciables des informations juridiques justes et adéquates. Au titre de la gouvernance administrative, politique, économique et locale, le gouvernement s’est engagé à travers le PNDES (Plan national de développement économique et social) à accroître le dispositif d’accès à la justice, à améliorer non seulement l’accès, mais aussi et surtout la qualité des services publics de justice », a-t-il rappelé.

Le communicateur a aussi requis le renforcement du Fonds d’assistance judiciaire (actuellement doté de cent millions) en vue de lui permettre de venir en aide aux personnes les plus démunies qui désirent ester en justice. Il suggère également un accroissement du nombre d’officiers ministériels (notaire, huissier, etc.) à travers les localités du pays.

A la fin de l’exposé, plusieurs réactions ont été enregistrées au sein des participants, constitués en grande partie de jeunes venus de divers horizons. Entre questions d’éclaircissement, commentaires et contributions, les intervenants ont abordé plusieurs aspects du thème, via souvent des exemples concrets.

Pour le modérateur, Assegna Anselme Somda, chargé de programme du CGD (ex-président de la commission des affaires sociales et du développement durable du CNT), la richesse dans les réactions et la mobilisation sont la preuve que les gens avaient vraiment ‘’soif ‘’ d’échanger autour d’un tel thème.

« La justice, c’est pour vous ; elle est faite pour le peuple, vous ne devez pas avoir peur d’elle », a appelé en conclusion, le conférencier, Gnagreba Dramane Souga.

      O.O
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30 ans de l’assassinat de Thomas Sankara : La longue marche pour la justice

En cette soirée du 15 octobre 1987, le vent de la révolution est pollué. Au conseil de l’entente, un commando fait couler du sang. Thomas Sankara et 12 de ses compagnons sont passés aux armes, alors qu’ils étaient en réunion. Ainsi, ’’ils’’ sont passés aux actes. Qui sont les commanditaires ? A qui profite ce crime odieux, lâche et crapuleux ? Très facile à deviner. Les jours qui suivront apporteront des réponses. Les ’’rectificateurs’’ tentent par tous les moyens, d’effacer la mémoire du capitaine président. Manipulations, intimidations, montages éhontés, liquidations physiques. Rien n’y fit. On ne tue pas les idées. Seulement, les assassins et les commanditaires courent toujours. Mais trois décennies après, la soif de la justice reste intacte. Ce 15 octobre 2017, ils étaient nombreux dans les rues de la capitale pour encore crier Justice pour Thomas Sankara et ses 12 compagnons. A l’ambassade de France et à la justice militaire, des messages ont été remis.

30 ans de l’assassinat de Thomas Sankara : La longue marche pour la justice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a 30 ans, au tristement célèbre conseil de l’entente, des crépitements d’armes sont entendus. Thomas Sankara et 12 de ses compagnons étaient assassinés par un commando. Un rêve venait ainsi d’être brisé. Ses bourreaux feront tout pour salir son image, enterrer le message d’espoir pour le Burkina, l’Afrique et tous les peuples qui luttent pour leur épanouissement et contre l’arbitraire. En vain. Trois décennies après, Thomas Sankara parle toujours et crée des insomnies à ces assassins, aux commanditaires. Qu’ils aient fuient ou pas, Sankara les hante.

C’est ici, au conseil de l’Entente et pour la première fois, que des citoyens ont entamé une marche pour encore et toujours réclamer justice pour le capitaine président, Noël Isidore Thomas Sankara.

A l’initiative du Comité international mémorial Thomas Sankara(CIM-TS), des centaines de manifestants ont arpenté les rues de la capitale en cette matinée dominicale, pour dire leur refus de l’oubli.

La boucherie du 15 octobre 1987 a été la résultante d’un complot ourdi depuis l’international et mis en exécution par l’entremise des valets locaux de l’impérialisme. La France, puissance colonisatrice n’est pas étrangère au massacre. C’est pour cela, que les marcheurs du dimanche ont fait escale à l’ambassade du pays de François Mitterand, président français quand Sankara était liquidé. Là, le colonel major Bernard Sanou, président du CIM-TS va remettre le mémorandum sur le dossier judiciaire Sankara et compagnons. C’est à la réception qu’il est accueilli, comme s’il s’agissait d’un courrier habituel. C’est de son poste que le français reçoit le document, refusant de sortir, pour ne pas faire face à la horde de journalistes nationaux et internationaux.

Qu’à cela ne tienne, le CIM-TS dans le document remis, exige simplement à la France, la levée du secret défense ainsi que toutes les archives portant sur le dossier Sankara et l’ouverture d’une enquête en France pour situer les diverses responsabilités dans cet odieux assassinat. « Une demande officielle a été adressée à la France en 2016 pour qu’elle lève son secret défense afin que l’enquête puisse être menée en vue de situer la responsabilité de la France sur ce crime. Près d’un an après, les autorités françaises n’ont pas encore donné une suite à cette requête du juge d’instruction », peut-on lire dans le mémorandum.

Longue marche vers la justice

De l’ambassade du ’’pays des droits de l’homme’’, les manifestants ont mis le cap sur la justice militaire. C’est elle qui a en charge le dossier. Là au moins, le président du CIM-TS, accompagné de certains membres, est reçu par le premier responsable de l’institution, Sita Sangaré et le commissaire du gouvernement Alioune Zanré.

« Nous sommes venus remettre un mémorandum récapitulatif de tout ce qui a été fait. Nous venons aussi les encourager pour le travail qui est fait depuis quelques temps. Nous espérons le procès de tout cœur », a juste dit le colonel major Bernard Sanou à sa sortie.

« Ils nous ont rassurés que le dossier avance très vite et beaucoup de choses se passent. Ils mettent tous les moyens possibles, comme il l’a dit, cela fait près de 4 ans que les juges n’ont pas pris de congés parce qu’ils sont sur beaucoup de dossiers. On est aussi là pour les encourager et leur dire, que c’est vrai que la justice est une vieille dame, mais nous qui sommes jeunes, souhaitons que ça aille plus vite. On a espoir... », a pour sa part expliqué Sams’K le Jah membre du comité.

Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, les fuyards

En rappel, c’est en mars 2015 que le président de la transition Michel Kafando avait ordonné l’ouverture d’une instruction judiciaire du dossier Sankara et ses 12 compagnons d’infortune. A la date d’octobre 2016, 14 personnes ont été visées par des poursuites, après une centaine d’auditions. Ainsi, on assistait à des premiers inculpés. Le Gal Gilbert Diendéré, Gabriel Tamini(journaliste et conseiller spécial de l’ancien président Blaise Compaoré), Christophe Diébré (Colonel , signataire de l’acte de décès de Thomas Sankara avec la mention « mort naturelle »).

Par ailleurs, le juge a lancé deux mandats d’arrêt internationaux contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando.

En tout cas, en cette matinée, la justice militaire a été interpellée sur son devoir dans la manifestation de vérité et de la justice pour le président Thomas Sankara et ses 12 suppliciés. Ils ont demandé entre autres, que tous les commanditaires, exécutants et complices soient châties à la hauteur de leur forfait.

Visiblement mobilisés, déterminés et dans l’espoir d’un procès, les manifestants se sont dis au-revoir. Après bien-sur, l’exécution de l’hymne de la victoire, le Ditanyè.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

11:55 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

65 millions de personnes déplacées dans le monde : Une tache sur la conscience collective de l’humanité

En fin 2016, le nombre de personnes contraintes au déplacement s’élevait à 65,6 millions, suivant la tendance à la hausse des cinq années précédentes. Et jusqu’ici, en 2017, plus de 2 millions de personnes ont fui leur pays comme réfugiés. Ces statistiques effrayantes ont été données par le Haut-commissaire aux réfugiés des Nations Unies Filippo Grandi, lors de l’ouverture de la 68è session du Comité exécutif.

65 millions de personnes déplacées dans le monde : Une tache sur la conscience collective de l’humanité
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le problème semble aller plus vite que les propositions de solutions. Pendant que la communauté internationale rassemblée à Genève réaffirmait les valeurs fondamentales de solidarité et dressait des plans pour assurer la protection des personnes contraintes à l’exil, le flux de réfugiés ne faisait que gagner en ampleur. Morceaux choisis du discours de Filippo Grandi :

« En seulement cinq semaines, un demi-million de réfugiés Rohingya ont fui les violences terrifiantes au Myanmar, après avoir subi pendant des décennies l’érosion progressive de leurs droits. Et pendant que ces Rohingya traversaient la frontière pour se réfugier au Bangladesh, plus de 50 000 réfugiés fuyaient du Soudan du Sud, la promesse d’indépendance ayant été compromise et le pays vidé de ses populations. Par ailleurs, 18 000 personnes fuient de violents affrontements en République centrafricaine, malgré les premiers signes ayant donné à croire que le conflit était en train de s’apaiser. »

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Filippo Grandi : "L’éducation est une question particulièrement urgente".

Et les exemples foisonnent, tous plus désolants les uns et les autres, sans que ne se dessine une véritable solution dans le court ou moyen terme, parce que « les crises en cours s’aggravent, et la quête de sécurité et de protection est devenue plus dangereuse pour bon nombre de réfugiés ».

Cet afflux croissant de réfugiés, signe extérieur d’un mal-être de l’humanité, est une conjonction de divers facteurs : Fracture, sociale, sous-développement et pauvreté, changement climatique et dégradation de l’environnement, inégalité et exclusion, mauvaise gouvernance et absence de gouvernance, faiblesse de l’État de droit, sont quelques unes des causes relevées par le Haut-commissaire Grandi. « Mais, a-t-il indiqué, les mouvements de réfugiés sont également la conséquence de la faiblesse de la coopération internationale ». Une situation exacerbée ces dernières années par des idéologies politiques détestables qui exploitent les peurs des populations, et c’est ainsi que naissent les réactions xénophobes et les diverses mesures de restriction à l’endroit des réfugiés.

Prévenir et arrêter les conflits

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Rita Solange Agnetekom/Bogoré : Le Burkina demande "un appui urgent et conséquent pour mieux sécuriser les camps de réfugiés"

Le fait est que dans certaines contrées, les foules de réfugiés arrivent au sein de communautés très affectées par la pauvreté et le sous-développement, suscitant parfois des mouvements de rejet et partant, une détérioration constante des conditions de protection.

Une éventuelle solution au problème devra donc prendre en compte la suppression des causes. Cela inclut, entre autres mesures, un règlement politique durable des conflits, des investissements pour le développement, l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance.

« Sans une détermination commune à prévenir, arrêter et régler les conflits, le monde continuera à faire face à de nouveaux afflux de réfugiés et sera obligé de renforcer ses capacités pour y répondre », a affirmé Filippo Grandi.
La communauté internationale travaille à l’élaboration d’un Pacte mondial sur les réfugiés qui se veut un mécanisme de partage des responsabilités devant engager tous les États membres.

« Concrètement, le processus entraînera un appui plus prévisible aux pays et communautés d’accueil, davantage de places de réinstallation et d’autres voies légales d’admission dans des pays tiers, et un plus grand engagement dans la résolution des conflits (au niveau de leurs causes profondes) pour que le rapatriement volontaire devienne une option réelle et durable. Nous devons travailler ensemble sur tous ces éléments, avec la même détermination », a indiqué le Haut-commissaire. Il a invité les pays membres à investir dans l’éducation, les moyens d’existence et le développement des compétences.

« L’éducation, a affirmé Filippo Grandi, est une question particulièrement urgente. Seulement six enfants réfugiés sur 10 fréquentent l’école primaire, contre neuf enfants sur 10 dans le monde. Refuser l’éducation aux enfants réfugiés c’est refuser un avenir à leur pays ».

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La ministre déléguée a été reçue par le directeur du bureau régional pour l’Afrique du HCR.....

L’éducation des enfants, mais aussi l’intégration des réfugiés. Sauf que pour les pays d’accueil en Afrique ou l’on enregistre près de 20 millions de personnes déplacées, les ressources se font rares. Dans une déclaration commune adressée à la 68è session du Comité exécutif, le Groupe africain a indiqué que « les efforts humanitaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire nécessitent un soutien renforcé dès à présent. En effet, la région africaine doit faire face à des diminutions alarmantes des rations alimentaires qui engendrent de sérieux problèmes de santé et de malnutrition dans les camps de réfugiés ».

Des réfugiés parfaitement intégrés au Burkina

Le Burkina Faso qui accueille 33 500 réfugiés sur son territoire partage cette préoccupation du Groupe africain mais demande surtout le soutien des partenaires au développement pour renforcer la sécurité des camps de réfugiés dans une région qui fait l’objet d’attaques répétées depuis 2016. L’une de ces attaques a même ciblé le camp de réfugiés de Mentao le 22 septembre dernier.

« Ces nouveaux développements devraient être considérés avec une attention particulière. Ils posent avec acuité la question sécuritaire dans la région d’accueil des réfugiés », a affirmé la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, chargée de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Rita Solange Agneketom / Bogoré, dans sa déclaration à l’assemblée le 3 octobre dernier.

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....et par le directeur général de l’OIM William Lacy Swing

Des attaques qui, selon la ministre ont entraîné un déplacement important des populations autochtones, compromettant ainsi les efforts du gouvernement dans la gestion et l’intégration harmonieuse des réfugiés.

« Ces réfugiés des camps et hors camps, explique t-elle, bénéficient de la protection et vivent en parfaite harmonie avec les communautés d’accueil. Mille trois cent cinquante (1350) enfants réfugiés sont scolarisés dans les écoles des camps qui accueillent également d’autres enfants de la région. Il faut également noter que les communautés d’accueil bénéficient des soins de santé dans les dispensaires destinés au camp de réfugiés et ont également accès à l’eau potable ».

Ces attaques, selon elle, mettent également à rude épreuve la mise en place, dans la région, de solutions durables à la problématique des réfugiés et des personnes déplacées à travers une planification inclusive du développement. Notamment leur prise en compte dans le processus de développement du pays, à travers notamment le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) et le Programme d’Urgence pour le Sahel (PUS).

Il y a néanmoins des raisons d’espérer. L’humanité doit se donner les moyens de construire la paix et la stabilité à long terme et pour cela, le Haut-commissaire aux réfugiés de l’ONU compte sur la restauration d’une vision de la coopération internationale fondée sur les valeurs, pour que le « désespoir de millions d’hommes, de femmes et d’enfants chassés de leur maison et contraints à une vie pleine d’incertitudes, ne constitue plus une tache dans notre conscience collective ».

                  Mathieu Bonkoungou
Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève

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2017.10.10

Reclassement/ Réinsertion sociale selon les règles minima de traitement des détenus (RMT)

                          Reclassement/ Réinsertion  sociale  du détenu selon les RMT

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  1. 1) Le régime de l'établissement doit chercher à réduire les différences qui peuvent exister entre la vie en prison et la vie libre dans la mesure où ces différences tendent à établir le sens de la responsabilité du détenu ou le respect de la dignité de sa personne.

  2) Avant la fin de l'exécution d'une peine ou mesure, il est désirable que les mesures nécessaires soient prises pour assurer au détenu un retour progressif à la vie dans la société. Ce but pourra être atteint, selon les cas, par un régime préparatoire à la libération, organisé dans l'établissement même ou dans un autre établissement approprié, ou par une libération à l'épreuve sous un contrôle qui ne doit pas être confié à la police, mais qui comportera une assistance sociale efficace.

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  1. Le traitement ne doit pas mettre l'accent sur l'exclusion des détenus de la société, mais au contraire sur le fait qu'ils continuent à en faire partie. A cette fin, il faut recourir, dans la mesure du possible, à la coopération d'organismes de la communauté pour aider le personnel de l'établissement dans sa tâche de reclassement des détenus. Des assistants sociaux collaborant avec chaque établissement doivent avoir pour mission de maintenir et d'améliorer les relations du détenu avec sa famille et avec les organismes sociaux qui peuvent lui être utiles. Des démarches doivent être faites en vue de sauvegarder, dans toute la mesure compatible avec la loi et la peine à subir, les droits relatifs aux intérêts civils, le bénéfice des droits de la sécurité sociale et d'autres avantages sociaux des détenus.
  2. Le devoir de la société ne cesse pas à la libération d'un détenu. Il faudrait donc disposer d'organismes gouvernementaux ou privés capables d'apporter au détenu libéré une aide post pénitentiaire efficace, tendant à diminuer les préjugés à son égard et lui permettant de se reclasser dans la communauté.

 

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2017.10.09

Tabagisme : La cigarette électronique pourrait éviter la mort de millions de fumeurs

Tabagisme : La cigarette électronique pourrait éviter la mort de millions de fumeurs

Selon de récentes études menées aux Etats Unis, le taux de décès liés au tabagisme pourrait être réduit avec la cigarette électronique.

Tabagisme : La cigarette électronique pourrait éviter la mort de millions de fumeurs

   La cigarette électronique ou e- cigarette, parfois appelée vapoteuse ou vaporisateur, est un dispositif électromécanique ou électronique générant un aérosol destiné à être inhalé. Elle produit une « vapeur » ou « fumée artificielle » ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée : arôme de tabac blond, brun, de fruits, de bonbons… et contenir ou non de la nicotine. 
À la différence de la fumée produite par une cigarette traditionnelle, cette vapeur n’a pas l’odeur du tabac brulé et, selon les premières études scientifiques, contient des quantités beaucoup plus faibles de particules et substances cancérigènes ou toxiques que la cigarette. Elle est parfois présentée comme une alternative moins nocive au tabac ou comme un substitut pour le sevrage tabagique.

Selon une étude publiée le mardi 03 Octobre 2017 dans la revue Tobacco Control, le passage généralisé des fumeurs du tabac à la cigarette électronique pourrait permettre de réduire d’un quart les morts liées au tabagisme aux Etats-Unis d’ici 2100, soit 6,6 millions de décès évités.

Cependant, les auteurs de l’étude publiée ont émis deux hypothèses.
Dans la première hypothèse plus optimiste, ils estiment que les risques liés aux cigarettes électroniques représentaient 5% de ceux du tabac, et que seule une minorité de gens continuerait à fumer de manière “traditionnelle” d’ici 2026. Ainsi, 6,6 millions de morts pourraient être évitées d’ici 2100 aux Etats-Unis. Cela représente un quart des morts prévisibles (26,1 millions) si la situation reste telle qu’elle est aujourd’hui, où chez les Américains, 19,3% des hommes et 14,1% des femmes fument.

Dans la seconde hypothèse plus pessimiste, les auteurs estiment que les risques liés aux cigarettes électroniques représentaient 40% de ceux du tabac. Dans ce cas, seulement 1,6 million de vies seraient épargnées d’ici 2100.
Mais, l’usage de la cigarette électronique divise scientifiques et spécialistes de la lutte contre le tabagisme.

Ses détracteurs craignent que son image plus sûre attire une nouvelle génération de fumeurs et qu’elle soit une porte d’entrée au tabac.

Ses défenseurs estiment au contraire que quels que soient les risques qu’elle présente via l’inhalation de vapeurs de liquides contenant de la nicotine, elle reste infiniment moins nocive que le tabac.

La cigarette électronique fait de plus en plus d’adeptes : on estime son nombre d’utilisateurs en Europe à sept millions.

Cependant, quelle que soit sa forme, la cigarette tue et est nocive pour la santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac tue plus de la moitié de ses consommateurs, soit sept millions de personnes par an dans le monde (dont près d’un million exposés au tabagisme passif).

Haoua Touré 
Lefaso.net

08:36 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

La prison un espace de travail pluridisciplinaire

Nul n’a le monopole de l’intervention (même s’il est question de spécialisation dans quelques pays en vue de porter une double casquette) en milieu carcéral car tout est question de complémentarité dans les actions en vue favoriser le reclassement de la personne détenue d’ailleurs les textes internationaux et nationaux abondent tous dans le même sens…Voyons ce qui est dit de la  santé des femmes détenues et la prise en charge des nourrissons selon les Règles Minima de Traitement des détenus.

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L’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus

 L’Ensemble de Règles Minima pour le Traitement des Détenus a été adopté par le Premier Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, tenu à Genève en 1955 et approuvé ultérieurement par le Conseil économique et social.

L’article 49  de ce  texte juridique international justifie la présence des travailleurs sociaux en prison et le caractère pluridisciplinaire de la réinsertion sociale dont certains veulent s’accaparer.

 

La règle 49.

- (1) On doit adjoindre au personnel, dans toute la mesure du possible, un nombre suffisant de spécialistes tels que psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux, instituteurs, instructeurs techniques.

- (2) Les services des travailleurs sociaux, des instituteurs et des instructeurs techniques doivent être assurés d’une façon permanente, mais sans exclure les services des auxiliaires à temps partiel ou bénévoles

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 La règle 23

 1) Dans les établissements pour femmes, il doit y avoir les installations spéciales nécessaires pour le traitement des femmes enceintes, relevant de couches et convalescentes. Dans toute la mesure possible, des dispositions doivent être prises pour que l’accouchement ait lieu dans hôpital civil. Si l’enfant est né en prison, il importe que l’acte de naissance n’en fasse pas mention.

2) Lorsqu’il est permis aux mères détenues de conserver leur nourrisson, des dispositions doivent être prises pour organiser une crèche, dotée d’un personnel qualifié, où les nourrissons seront placés durant les moments où ils ne sont pas laissés aux soins de leurs mères.

     C’est dire que la règle 23 de l’Ensemble de règles minima des Nations Unies  exige que, dans les établissements pour femmes, il y ait des installations spéciales nécessaires pour le traitement des femmes enceintes, relevant de couches et convalescentes, et des crèches pour enfants en bas âge quand ils ne sont pas laissés au soin de leur mère.

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La loi 10 portant régime pénitentiaire au BF en son article 278 fait cas du rôle du service social pour la protection des nourrissons ainsi que des enfants vivants avec leur mère en détention

Ces différentes dispositions à elles seules constituent une porte d’entrée aux travailleurs sociaux dans les prisons non seulement ceux de l’éducation de jeunes enfants mais également ceux de l’éducation sociale et de l’éducation spécialisée …..

     Thieni Hama

    Educateur Social

thienihama@gmail.com

 

08:27 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

   EDUCATION ET ACTIVITES CULTURELLES EN PRISON

     Tous les détenus ont le droit de participer à des activités culturelles et éducatives visant au plein développement de la personne humaine

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     Principes essentiels à retenir de mon point de vue !!!!!

  • Il faut prévoir et envisager les activités éducatives et culturelles, notamment l’accès à une bibliothèque adéquate.
  • Les activités éducatives en prison doivent viser à développer la totalité de la personnalité, compte tenu des antécédents sociaux, économiques et culturels des détenus.
  • Les activités éducatives doivent être obligatoires pour les jeunes détenus et pour les illettrés. Il incombe aux autorités pénitentiaires d’accorder un degré de priorité élevé à cet aspect des activités éducatives.
  • La communauté extérieure devrait participer autant que possible aux activités éducatives et culturelles dans les prisons.

La résolution 1990/20 du Conseil économique et social du 24 mai 1990 traite de L’éducation dans les prisons. Au paragraphe 3 de la résolution, le Conseil : Recommande d’autre part que les Etats membres élaborent des politiques éducatives qui doivent tenir compte des principes suivants :

- (a) L’éducation dans les prisons doit s’attacher au développement de toute la personne compte tenu des antécédents sociaux, économiques et culturels du prisonnier ;

- (b) Tous les prisonniers doivent avoir accès à l’éducation, notamment aux programmes d’alphabétisation, d’instruction élémentaire, de formation professionnelle, aux activités créatives, religieuses et culturelles, à l’éducation physique et aux sports, à l’éducation sociale, à l’enseignement supérieur et à des bibliothèques ;

- (c) Il convient de s’employer au mieux à encourager les prisonniers à participer activement à tous les aspects des activités éducatives ;

- (d) Toutes les personnes participant à l’administration et à la gestion des prisons doivent faciliter et soutenir les activités éducatives autant que possible ;

- (e) L’éducation doit être un élément essentiel du régime pénitentiaire ; il convient d’éviter de dissuader d’une façon ou d’une autre les détenus de participer à des programmes éducatifs officiels approuvés ;

- (f) La formation professionnelle doit viser à un meilleur développement de l’individu et tenir compte des tendances du marché du travail ;

- (g) Les activités créatives et culturelles doivent avoir un rôle important, puisqu’elles offrent le potentiel particulier de permettre aux détenus de développer et d’exprimer leur Personnalité ;

- (h) Dans la mesure du possible, les détenus doivent être autorisés à participer aux activités éducatives à l’extérieur de la prison ;

- (i) Lorsque les activités éducatives ont lieu dans l’enceinte de la prison, la communauté extérieure doit participer autant que possible ;

- (j) Les moyens financiers nécessaires, les équipements et le personnel éducatif doivent être mis en place de façon à ce que les détenus puissent recevoir une éducation appropriée ;

 

 images (1).jpgL’Ensemble de Règles minima des Nations Unies concernant l’administration de la justice pour mineurs (Règles de Beijing) souligne l’importance particulière de l’éducation dans les institutions pénitentiaires pour mineurs. L’éducation de base dans les prisons : Rapport final, publié conjointement par le Service de la prévention du crime et de la justice pénale de l’Organisation des Nations Unies, et par l’Institut pour l’éducation de l’Organisation des Nations Unies pour l‘Education, la Sciences et la Culture (UNESCO) en 1995 (ISBN 92-1-130 164-5), est un document de référence précieux concernant ces différents aspects. Nous n’allons pas nous y étalé.

 La loi portant régime pénitentiaire au BF en ces articles 176 et 164 fait cas du rôle, de la place  et de  la contribution du service social en matière d’alphabétisation et en ce qui concerne les activités socio-culturelles dans nos prisons…Toutefois beaucoup de lacunes et d’insuffisances en la matière sont à souligner !!!

       Thieni Hama

      Educateur Social

thienihama@gmail.com

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