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2016.11.30

Semaine nationale de la citoyenneté : Consolider la paix sociale par la promotion du civisme

La 13e édition de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC) a été lancée officiellement par le Président du Faso, Roch Kaboré, ce mardi 29 novembre 2016, à Ouagadougou. Ce cadre de promotion du civisme et de la citoyenneté, organisé par le ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique (MJDHPC), se tient du 28 novembre au 3 décembre 2016.

 
Semaine nationale de la citoyenneté : Consolider la paix sociale par la promotion du civisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le contexte burkinabè marqué par une montée vertigineuse de l’incivisme dans les établissements, dans la circulation, l’édition 2016 de la SENAC, ne pouvait mieux choisir que le thème : « Civisme et cohésion sociale au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives pour une meilleure préservation de la paix sociale ». Réfléchir sur un tel thème contribuera sans doute à l’atteinte de la vision du Burkina Faso à l’horizon 2022 en matière de droits humains et de civisme qui est celle de la consolidation de l’Etat de droit. Cela pour une meilleure effectivité des droits humains au service de la paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son allocution, le Secrétaire général du ministère en charge des Droits humains et de la promotion civique, Paulin Bambara, président du comité d’organisation, a rappelé que la SENAC se tient annuellement depuis 2004. Pour lui, même si des acquis ont été engrangés pendant ces douze ans, il n’en demeure pas moins que l’actualité nationale invite à faire de la culture de la citoyenneté responsable un travail au quotidien.

Comme pour illustrer ses propos, il cite en exemple la multiplication des actes d’incivisme dans la circulation routière et dans les établissements secondaires. Ainsi que la défiance de l’autorité de l’Etat qui interpellent. « Ces actes d’incivisme qui heurtent notre sensibilité sont aux antipodes des valeurs qui fondent notre société et traduisent la fragilité de la paix sociale », laisse-t-il entendre.

Changer de mentalité et de comportement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le Président du Faso, Roch Kaboré, la problématique de l’approbation de la Citoyenneté dans son approche la plus complète tient une place de choix au Burkina, de toutes les urgences légitimes auxquelles, l’on fait face. « L’actualité nationale reste marquée depuis quelques années par une recrudescence et une persistance des actes d’incivisme se manifestant par les violences de tous ordres dans tous les segments de la société », confie-t-il. Pour lui, la défiance de l’Etat, le développement de la justice privée, ainsi que les revendications sociales de plus en plus pressantes et violentes, sont de malheureux cas qui sont légion et ne cessent de prendre de l’ampleur.

L’occasion était bonne pour le Président du Faso de rappeler que les travaux du forum national sur le civisme des 30 et 31 mai 2013, avaient permis de faire un diagnostic assez global des causes de l’incivisme dans les différents domaines. Il s’agit en partie de l’impunité et de la corruption, du sentiment d’injustice sociale, du manque de rigueur dans l’application effective des textes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a invité les uns et les autres à s’investir pleinement dans la construction du Burkina, un devoir citoyen. Pour y parvenir, selon lui, il n’y a pas mille autres manières que de traduire dans les faits et gestes quotidiens les valeurs cardinales du civisme et de la citoyenneté. Cela sans doute impose un changement de mentalité, de comportement pour devenir des citoyens intègres et responsables au grand bonheur de la nation tout entière.

Placée sous le parrainage du ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure Simon Compaoré, cette 13e édition a débuté dans la soirée du 28 novembre 2016 par un cross populaire. Jusqu’au 3 décembre, plusieurs activités de sensibilisation et d’interpellation auront lieu sur l’ensemble du territoire national.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

16:47 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.11.29

La sexualité des personnes âgées, stop aux préjugés

Nombreuses sont les idées reçues à propos de la vie intime des personnes âgées. Dans l’imaginaire collectif, une personne qui vieillit n’est plus désirable, n’a plus de désir.  Pourtant les anciens ont besoin de tendresse, ils ont des besoins émotionnels et physiologiques. Nier cela peut relever d’une mauvaise foi. Aimer, ça permet de se sentir vivant. Les seniors de 60 ans et plus ans peuvent mourir de ne pas être aimés.

Les personnes âgées ont besoin de tendresse et d'affections. Elles ont des besoins émotionnels et physiologiques. Il faut respecter leur intimité
Les personnes âgées ont besoin de tendresse et d’affections. Elles ont des besoins émotionnels et physiologiques. Il faut respecter leur intimité

Malgré l’omniprésence de la sexualité dans notre société, la vie sexuelle des personnes âgées reste un sujet profondément tabou qui continue à susciter déni, malaise et sourires moqueurs. Les corps ridés et la sexualité des personnes âgées ne sont pas des sujets souvent abordés par les médias, comme si le désir était le seul privilège des jeunes.

Bien sûr, on parle de la sexualité des aînés mais uniquement des «jeunes vieux», de ceux qui conservent santé, apparence physique jeune et pouvoir économique. Comme si ceux moins actifs et autonomes, ceux dont les corps ne correspondent plus aux standards de beauté prédominants, les «vrais vieux», ne pouvaient être considérés comme des êtres sexués, des êtres de désir.

Pourquoi un tel clivage entre sexualité et vieillesse? Parce que nous vivons dans une société où la vieillesse, assimilée à la faiblesse, est fortement dévalorisée. Les aînés sont perçus comme des êtres fragiles, malades, passifs, laids, non désirables, quand la sexualité tend à être associée aux notions de santé, de performance, de passion, de beauté et d’attractivité.

De plus, l’activité sexuelle est conçue comme une prérogative des adultes en pleine possession de leurs moyens économiques et physiques et est déniée aux individus considérés comme dépendants, telles que les personnes handicapées ou les personnes âgées. Dans le cas des aînés, tout se passe comme si la perte d’autonomie physique leur ôtait soudainement le statut d’adulte à part entière, les privant du même coup du droit à la sexualité.

Une personne âgée...Nos anciens peuvent mourir de ne pas être aimés
Une personne âgée…Nos anciens peuvent mourir de ne pas être aimés

Pourtant, nos personnes âgées ont des désirs sexuels et certains d’entre eux continuent à avoir des activités sexuelles.

Bien que totalement infondé, le mythe de l’asexualité des aînés a la vie dure et n’est pas sans conséquence. Intériorisé par les personnes âgées elles-mêmes, ce mythe peut être source de culpabilité et de honte pour celles qui conservent un intérêt pour la sexualité. Il peut aussi dissuader les aînés de faire part de leurs préoccupations relatives à la santé sexuelle, par peur d’être jugés négativement ou perçus comme anormaux.

Il n’y a pas de doute, les préjugés sur l’asexualité des aînés subsistent au sein de la population générale. Il est donc urgent de la sensibiliser sur la sexualité des personnes âgées. L’objectif étant de déconstruire le mythe de l’asexualité des aînés pour normaliser le maintien d’un intérêt pour la sexualité et de la vie sexuelle à tout âge.

L’appétence sexuelle et les capacités de réaction sexuelle diminuent certes avec l’âge mais, les capacités d’excitation et orgasmiques sont en principe conservées. À partir de 60 ans et plus, il y a une réduction significative des contacts sexuels. Mais les activités sexuelles, les envies et les fantasmes érotiques perdurent jusqu’à un âge avancé. En fait, c’est leur intensité, leur contenu et leur forme qui se modifient. Ainsi, chez la majorité des hommes et des femmes âgées, l’intérêt sexuel est plus important que l’activité sexuelle en tant que telle.

Les mentalités doivent changer car si les personnes âgées sont perçues comme asexuées, il va sans dire que toute manifestation de désir ou toute forme d’expression sexuelle risque d’être jugée comme anormale, déplacée, choquante voire pathologique. À l’inverse, considérer que la poursuite d’une vie sexuelle constitue la règle, et non l’exception, paraît propice à l’adoption d’attitudes beaucoup plus respectueuses de la part des populations face aux besoins et aux comportements sexuels des anciens.

Il est donc nécessaire de changer le regard porté sur les personnes âgées et de les considérer comme des adultes à part entière, dont il importe de respecter le droit à l’intimité.

Théophile MONE

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2016.11.27

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes 25 novembre

 

Transparente. Photo : Belinda Mason, Silent Tears

« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. [...] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. [...] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. » — Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU
 

Pourquoi cette Journée ?

Parce que :

  • La violence contre les femmes est une violation des droits de l’homme.
  • La violence contre les femmes résulte d’une discrimination à l’égard des femmes, tant dans le droit que dans les faits, ainsi que de la persistance d’inégalités entre hommes et femmes.
  • La violence contre les femmes a de lourdes conséquences et peut empêcher la réalisation de progrès dans certains domaines, comme l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le HIV/sida et la paix et la sécurité.
  • La violence contre les femmes a de lourdes conséquences et peut empêcher la réalisation de progrès dans certains domaines, comme l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le HIV/sida et la paix et la sécurité.
  • La violence contre les femmes est un problème mondial. Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie

Le manque inquiétant de financement est l’un des principaux obstacles aux efforts déployés pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles de tous horizons. Les initiatives de prévention et d’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des filles manquent donc cruellement de ressources. Même si des programmes-cadres tels que les Objectifs de développement durable (ODD), qui tendent notamment à éliminer la violence faite aux femmes et aux filles, sont porteurs d’espoir, ils doivent pouvoir disposer de fonds suffisants pour pouvoir réellement transformer la vie des femmes et des filles.

Du 25 novembre au 10 décembre, pour la Journée des droits de l'homme, « 16 jours d'activisme contre la violence sexiste » auront pour but de sensibiliser le public et mobiliser les gens partout dans le monde afin d’apporter des changements. Cette année, la campagne de « Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » vous invite à « Oranger le monde » couleur désignée par la campagne pour symboliser un avenir meilleur sans violence. Téléchargez le kit d’action.

 

logo de la campagne

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Mobilisation contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale

Avec un mois de retard, le Burkina a commémoré le 18 novembre dernier à Dori, la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. En présence de l’Administrateur du PNUD, Helen Clark et du président du Faso, Roch Kaboré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au petit matin du vendredi 18 novembre, règne une inhabituelle agitation devant le premier ministère. Le long de la grille, s’est formée une longue file de véhicules 4x4 à bord desquels ont pris place des gens habillés en costume-cravate, de Pick-Up occupés par des policiers et des gendarmes, et des cars destinés aux journalistes qui parlotent en attendant d’y monter. Sous le coup de 6h20mn, le cortège s’ébranle en direction de Dori, chef-lieu de la région du Sahel où doit se dérouler, en différé, la cérémonie commémorant la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, et le lancement du Programme d’appui au développement des économies locales (Padel). Les forces de sécurité ouvrent la route. La circulation n’est pas encore dense, mais il ne faut pas moins d’une vingtaine de minutes- ralentisseurs oblige-, pour sortir totalement de la capitale, et plus de quatre heures pour atteindre Dori, le trajet étant parsemés de ces fameux gendarmes-couchés, érigés par les populations pour lutter contre les excès de vitesse et les accidents. Aux environs de 10h30mn, le conducteur du car, qui a parcouru la grande partie du trajet en solitaire, les autres occupants ayant roupillé, entre dans la ville de Dori. Les rues sont bondées, et il faut du doigté pour se frayer un passage face à des usagers pas toujours soucieux du respect du code de la route. « C’est le jour de marché », explique un confrère.
Le soleil cogne et le mercure affiche déjà 40°. La cérémonie a lieu dans la salle polyvalente, une infrastructure moderne érigée dans la ville, à la faveur de la célébration du 11 décembre 2013. A l’entrée, les services de sécurité sont à la tâche. Il faut passer deux contrôles avant d’accéder à la salle. Au deuxième contrôle, couac avec un agent de sécurité. « L’heure d’arrivée est dépassée », lance t-il aux journalistes. Une consœur lui explique qu’on « vient d’arriver de Ouaga », mais les consignes sont des consignes. Moments d’énervements, avant que les choses n’entrent dans l’ordre. Enervements à nouveau avec le même agent de sécurité lorsqu’à l’arrivée du président Roch Kaboré, les photographes veulent faire leur travail. Le maitre de cérémonie met tout le monde d’accord en annonçant le début de la cérémonie. C’est le jeune maire de la ville, Aziz Diallo, qui ouvre le bal des discours. Chaleureusement applaudi, il souhaite « la bienvenue dans la plus belle ville du Burkina, Dori la coquette », dénonce « les forces obscurantistes qui ont décidé de faire de cette région leur zone de prédilection, créant ainsi la psychose au sein des populations qui pouvaient bien se passer d’un autre défi à relever ». Car, dit-il, dans la région, « l’eau demeure une denrée très rare pour une très grande partie de la population », l’accès aux services sociaux de base demeurant « un rêve », avec un centre hospitalier régional qui « inspire tristesse et désolation ».
Le bourgmestre de la ville ne considère cependant pas que lui et ses concitoyens soient pauvres, parce que, argumente-t-il, « les richesses dont regorgent notre région sont à même d’impulser le développement du pays tout entier ». En bon VRP de sa ville, il lance aux étrangers présents à Dori : « Prenez le temps de visiter notre ville, vous n’avez pas besoin d’escorte. Allez voir nos artisans au grand marché de Dori ; allez visiter notre mini-laiterie, vous serez surpris de voir le travail que les femmes abattent dans leur quête du mieux-être ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partenaire de poids de nombreux pays en développement, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) accompagne depuis 1991 les stratégies de développement et les programmes de lutte contre la pauvreté dans notre pays. A Dori, la représentante résidente au Burkina, Metsi Makhetha est venue renouveler l’engagement de son organisation à soutenir la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), particulièrement dans son le volet social et lutte contre la pauvreté. C’est avec le soutien du PNUD que le Burkina a mis en place les plateformes multifonctionnelles qui ont permis de soulager des milliers de femmes dans l’exécution de certaines tâches ménagères, comme les corvées d’eau et le pilage de céréales.
Pour Metsi Makhetha, le choix de Dori pour commémorer la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté et lancer le PADEL est amplement justifié. Certes, selon les chiffres publiés en avril dernier par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), la pauvreté a reculé de 7% entre 2009 et 2014 et la proportion de Burkinabè confrontés au seuil de pauvreté est passée de 47% à 40,1%. Mais le taux demeure extrêmement élevé. Autrement dit, 40,1% des 19 millions de Burkinabè, c’est-à-dire plus de 7 millions de nos compatriotes ne parviennent pas à accumuler 154 061 FCFA par an !
L’enquête de l’INSD montre que les régions les plus affectées par la pauvreté sont le Nord (70,4%), la Boucle du Mouhoun (59,7%) et le Centre-ouest (51,7%), et frappe particulièrement les zones rurales (92%).
Selon la représentante du PNUD, le taux brut de scolarisation au primaire a atteint 83,7% au niveau national, mais n’est que de 51,9% dans la région du Sahel, où également le taux d’achèvement des études primaires est le plus faible du pays avec 25,2%. Sur 100 filles inscrites en première année, seulement 25 achèveront le cycle entier. Quant à l’accès à l’eau potable, seulement 65% de Burkinabè y ont accès en milieu rural contre 90% en milieu urbain.
Sur les inégalités et injustices fondées sur le sexe, Metsi Makhetha, a mis les pieds dans le plat. Quitte à violer les convenances diplomatiques. « Au moment où je vous parle, je pense à cette fille du Sahel de 5 ans qui, dans 7 ans en aura 12 et qui court le risque de ne plus aller à l’école parce que précocement mariée », a-t-elle lancé, devant un auditoire subitement silencieux. Répondant à la presse, le président Roch Kaboré a également dénoncé le phénomène des mariages précoces très répandu dans la région du Sahel. En présence de l’Administrateur du PUND, Helen Clark, la représentante du PNUD au Burkina a enfoncé le clou en s’inquiétant de « la courbe démographique du pays, surtout dans le Sahel où l’indice synthétique de fécondité de 7,5 enfants par femme est supérieur à la moyenne nationale, 6 enfants par femme ».
A l’évidence, la non maitrise de la croissance démographique annihile tous les efforts de développement et le succès du PNDES dépendra en grande partie de la capacité et du courage du gouvernement à mettre en place une ambitieuse politique de planification familiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Confiante quant à la pertinence du Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL) comme outil de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, Metsi Makhetha s’est réjouie que le système des Nations Unies ait été associé à son élaboration et a pris l’engagement d’accompagner et mobiliser les partenaires afin que les objectifs du programme soient atteints.
La pauvreté, ce n’est pas seulement l’indigence monétaire, c’est pire que cela, a souligné en substance la ministre de la Femme, de la famille et de la solidarité nationale, Laure Zongo Hien. Rappelant le thème de la 30ème Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, « De l’humiliation et l’exclusion à la participation, éliminer la pauvreté sous toutes ses formes », elle a insisté sur le fait que l’humiliation affecte profondément la dignité de la personne humaine, en témoignent les propos de l’activiste péruvienne d’Edilberta Béja : « la pire chose quand on vit dans ‘extrême pauvreté, c’est le mépris, c’est qu’ils vous traitent comme si vous ne valez rien, qu’ils vous regardent avec peur et dégoût et qu’ils vous traitent même comme un ennemi ». Elle a regretté que sur de simples allégations de sorcellerie, des personnes soient toujours exclues de leur communauté et soient obligées de se réfugier au centre Delwindé dans le quartier Tanghin de Ouagadougou.
Tous les intervenants à la cérémonie commémorant la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté sont unanimes avec le défunt président Nelson Mandela : « La lutte contre la pauvreté n’est pas un acte de charité. C’est un acte de justice. C’est la protection des droits fondamentaux de l’homme, de son droit à la dignité et à une vie décente ». Réduire considérablement la pauvreté et les disparités inter et intra régionales à défaut de les éradiquer, c’est l’engament qu’a pris le président Kaboré, travers le Plan national de développement économique et social (PNDES), a expliqué la ministre de l’Economie, des finances et du développement, Rosine Coulibaly. C’est son département qui assure la mise en œuvre du Padel, dont la phase pilote a été lancée à Dori.
A suivre

 

Joachim Vokouma
Kaceto.net

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l’UNICEF a remis des kits scolaires d’urgence d’une valeur de 37 millions pour 5800 enfants au Burkina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le mardi 15 novembre 2016 à Fada, dans la région de l’Est, Dr Anne Vincent, Représentante de l’UNICEF a remis à Madame Laure Zongo, Ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la Famille des kits scolaires d’urgence aux élèves victimes des inondations de 2016. Ce don qui est estimé à une valeur de 37 millions de francs CFA est un appui au Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Il est destiné à 5800 enfants des 11 régions durement affectées cette année par des inondations et des vents violents.

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Mouvements sociaux : Le Premier ministre a rencontré les organisations syndicales

Présidée par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue permanent entre le gouvernement et les organisations syndicales. La situation nationale étant à l’ordre du jour, il s’agissait particulièrement d’échanger sur la loi 033 qui régit les personnels des Etats publics de l’Etat (EPE). Le premier ministre était aux cotés des ministres en charge de la fonction publique et de la santé. C’était ce vendredi 25 novembre 2016.

 
Mouvements sociaux :  Le Premier ministre a rencontré les organisations syndicales

S’exprimant sur la nécessité de résoudre les préoccupations de cette fameuse loi 033, le ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, Clément Sawadogo, a précisé que cette question ne se résume pas uniquement aux établissements de santé. « Elle concerne aussi les établissements d’enseignement, beaucoup d’autres catégories d’établissements publics de l’Etat » a-t-il signifié, notant que ladite loi suscite des problèmes de tout genre et quelques fois des remous, au sein des établissements publics de l’Etat.

En effet, selon le ministre Clément Sawadogo, au cours des discussions sur la plateforme revendicative entre le gouvernement et les organisations syndicales en 2015, des décisions importantes avaient été prises, notamment la relecture de la loi qui régit la fonction publique, c’est-à-dire, la loi 013. « Cette relecture a été engagée et a abouti à l’adoption de la loi 081 qui régit désormais la carrière de l’ensemble des fonctionnaires de la fonction publique de l’Etat » a-t-il noté. Quant à la situation des travailleurs des établissements publics de l’Etat, la question n’a pas été prise en compte.

« Il y a problème parce qu’il y a des fonctionnaires qui sont mis en position de détachement auprès des établissements publics de l’Etat. Si la situation de leur carrière est réorganisée au niveau de la gestion de l’Etat et qu’elle reste en place dans la même position au niveau des EPE, il va y avoir distorsions et des problèmes de gestion » a expliqué le Ministre de la fonction publique.

C’est la raison pour laquelle, Clément Sawadogo soutient que le gouvernement a jugé nécessaire de revoir la loi 033, celle qui régit les personnels des EPE « pour qu’il y ait des dispositions beaucoup plus harmonisées » a-t-il dit. Et le ministre de la fonction publique de renchérir : « Indépendamment même de cela, il y avait des insuffisances propres à la loi 033 elle-même dont la grille s’inspirait plus ou moins de la grille de la fonction publique de l’Etat ».

Mise en place d’une commission gouvernement /syndicat

Remerciant les organisations syndicales pour leur présence, signe de leur attachement au dialogue social, Paul Kaba Thiéba a émis le souhait de trouver des solutions consensuelles et équilibrées dans le cadre de la relecture de ladite loi. Et le Ministre de la fonction publique d’indiquer qu’il s’agit d’anticiper sur les répercussions éventuelles des manifestations en chaine des établissements publics de l’Etat. A cet effet, il a été décidé d’asseoir dans les semaines à venir, une commission technique mixte gouvernement /syndicat pour réfléchir sur la relecture de loi 033.

El Hadj Inoussa Nana, Secrétaire général de la Force ouvrière Union nationale de syndicat (FO /UNS et par ailleurs, président du mois des centrales syndicales, a signifié répondre à l’appel du gouvernement sans connaître au préalable l’ordre du jour. Toutefois, dit-il : « Nous sommes satisfaits. C’est une revendication syndicale et si le gouvernement porte vraiment de l’intérêt pour une relecture de cette loi, cela nous va droit au cœur ».

Qu’en est-il du SYNTSHA ?

Cette question faisant partie de la plateforme revendicative du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), le Ministre de la fonction publique confie : « A partir du moment où il y a la relecture de la loi, s’il y a une entente entre le gouvernement et les syndicats sur une nouvelle version de cette loi qui est considérée comme satisfaisante de part et d’autre, le problème posé par le SYNTHA, naturellement, a aussi trouvé solution en ce qui concerne ce volet ».

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Droit international humanitaire : Le comité interministériel sensibilise des parlementaires

Le Comité Interministériel des Droits Humains (CIMDH), à travers son secrétariat permanent (SP) organise une session de sensibilisation sur le Droit international humanitaire (DIH) à l’endroit des parlementaires. Une sensibilisation visant à former et informer les députés sur les questions liées au DIH. Ladite session a eu lieu ce vendredi 25 novembre 2016 à Ouagadougou.

 
Droit international humanitaire : Le comité interministériel sensibilise des parlementaires

Sensibiliser les parlementaires et leur permettre d’avoir des informations sur le droit international humanitaire, c’est l’objectif général de cette session de formation des députés. Au cours de cette séance, il s’agira de procéder à la présentation du CIMDH et son rôle dans la mise en œuvre du DIH, faire l’état des lieux des ratifications et la mise en œuvre des conventions du DIH, accroitre la connaissance générale des députes sur le DIH, assurer une large diffusion des règles humanitaires et la nécessité de les faire respecter, etc.

L’application de ces normes humanitaires nécessite l’implication de tous les députés en leur qualité de représentants des citoyens. Des représentants qui ont également pour rôle de contribuer à la mise en place de ces droits et garanties. Pour Dr Ousseni TAMBOURA 4e vice-président de l’Assemblée Nationale représentant le président du Parlement burkinabè : « l’Assemblée Nationale est en droit d’appuyer ce renforcement de capacité surtout sur cette thématique parce qu’il s’agit de réélire les membres de la commission des affaires générales et des droits humains qui est l’une de leur compétences exclusives, afin qu’ils soient en mesure de voter de bonnes lois de qualité, en conformité avec les conventions internationales ».

Parlant des attentes de la session, le représentant de Salifou Diallo a souligné qu’il faut que les députés soient performants. Aussi a-t –il ajouté qu’ils attendent des députés qu’ils soient plus qualifiés pour aborder les questions liées au droit international humanitaire. Le président de la Commission des Affaires Internationales des Droits humains (CAGIDH/AN), monsieur Jacob OUEDRAOGO, estime que cette session s’inscrit dans le cadre d’une approche d’appropriation des dispositions internationales. Il a en outre affirmé que pour la présente session, l’accent est mis sur les femmes députés en raison de leur particulière sensibilité pendant les périodes de crise.

Entre autres communications attendues à cette session, la présentation du CIMDIH et son rôle dans la mise en œuvre nationale du DIH, la place du droit des conflits armés au sein de l’armée, l’introduction du DIH, l’état des lieux du DIH dans la législation burkinabè et enjeux futurs pour le Burkina, etc.

Yvette Zongo (Stagiaire)
Lefaso.net

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La loi portant répression des mutilations génitales féminines a 20 ans

Dans le cadre des activités marquant les 20 ans de l’adoption de la loi portant répression des Mutilations génitales féminines (MGF), le Secrétariat permanent du Comité national de lutte contre l’excision a organisé un panel. C’était le 24 novembre 2016 à Ouagadougou. Etaient présents des acteurs impliqués dans la lutte, des autorités coutumières, des représentants du parlement des enfants, des élèves et étudiants et des partenaires techniques et financiers entres autres. La secrétaire d’Etat, représentant la ministre en charge de la femme, Yvette Dembélé a présidé la cérémonie.

 
La loi portant répression des mutilations génitales féminines a 20 ans

13 novembre 1996-13 novembre 2016. Cela fait 20 ans que le législateur burkinabè a voulu sévir contre les mutilations génitales féminines (MGF) en intégrant trois articles dans le code pénal à la faveur de sa relecture. Ce qui a permis, selon la Secrétaire d’Etat auprès du ministère en charge de la femme, Yvette Dembélé, d’enregistrer des avancées significatives dans la promotion de l’élimination de la MGF dans notre pays. A l’entendre, ces avancées ont également permis au Burkina Faso de se hisser aux premiers rangs mondial et continental en matière de lutte contre les pratiques néfastes à la femme et à la fille. C’est donc tout naturellement que le secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) a décidé de marquer un temps de réflexion sur les résultats obtenus, d’en tirer des leçons et d’envisager de nouvelles perspectives pour l’avenir de l’application de la loi. D’où la tenue de ce panel sous le thème « les 20 ans d’adoption de la loi contre les MGF au Burkina Faso : Bilan et perspectives ».

Pour la circonstance, d’imminentes personnalités ont bien voulu apporter leur contribution à la marche vers l’abolition totale et définitive des MGF au Burkina Faso. Il s’agit notamment de Mariam Lamizana, pionnière dans le domaine de la promotion de l’abandon des MGF, Rachel Badolo/Kando, secrétaire permanent du CNLPE et de Wendyam Kaboré, magistrate en service au Conseil d’état. Elles ont respectivement présenté des communications axées sur « le contexte de l’adoption de la loi et les différents acteurs qui ont contribué à son adoption » ; « Bilan de l’application de la loi », et « les difficultés dans l’adoption de la loi contre les MGF ».

Pour un pays comme le notre, les pesanteurs socio-culturelles constituent un frein à l’abolition des MGF. Et à Mme Dembélé de confirmer : « On n’arrive pas à se défaire de cette conception culturelle. Pire, ceux qui n’arrivent pas à pratiquer ces MGF sur le territoire national en arrivent à passer de l’autre côté de la frontière où les sanctions ne sont pas aussi sévères qu’au Burkina Faso ». C’est à ce titre, qu’elle a indiqué qu’un accent doit être mis sur la sensibilisation. Avant d’inviter les acteurs impliqués dans la promotion de l’élimination de l’excision à persévérer autour du SP/CNLPE, structure de coordination et d’orientation pour une victoire prochaine.

La représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la population, Edwige Adekambi Domingo, a, pour sa part, dit être venue pour célébrer les acquis engrangés au cours des 20 ans de lutte contre les MGF. « Le Burkina a fait de grands bonds en termes d’engagement, résultats pratiques. Et lorsque nous regardons les différentes enquêtes qui ont été conduites dans ce pays, entre 2010 et 2015 chez les filles, on s’est rendu compte que le taux a baissé de 13% à 11% », se réjouit-elle. Mais derrière ces chiffres, il y a des réalités qui méritent d’être prises en compte, selon Mme Domingo. « Comment sécuriser et protéger la vie humaine ? », a-t-elle questionné pour conclure.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

                                        Extrait du code pénal sur l’excision

Article 380  : Est puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 150 000 à 900 000 F CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque porte ou tente de porter atteinte à l’intégrité de l’organe génital de la femme par ablation totale, excision, infibulation, insensibilisation ou par tout autre moyen. Si la mort en est résultée, la peine est un emprisonnement de cinq à dix ans.

Article 381 : Les peines sont portées au maximum si le coupable est du corps médical ou paramédical. La juridiction saisie peut en outre prononcer contre lui l’interdiction d’exercer sa profession pour une durée qui ne peut excéder cinq ans.

Article 382 : Est punie d’une amende de 50 000 F CFA à 100 000 F CFA, toute personne qui ayant connaissance des faits prévus à l’article 380 n’en avertit pas les autorités compétentes.

10:17 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2016.11.25

Inceste et viol: la honte doit changer de camp!

Depuis la nuit des temps, les sociétés africaines, asiatiques et occidentales ont toutes du mal à traiter certains de leurs maux qui restent encore des tabous gardés bien secrets, car difficiles à s’en débarrasser sans humiliation! Ces maux se caractérisent par des agressions sexuelles violentes sur une victime généralement surprise et menacée.

Chaque acte sexuel forcé est un instrument de déshumanisation. Il est une négation de la volonté de la victime, le mépris de son consentement. Le viol et l’inceste sont une humiliation, un crime.

Sous l’effet de la peur, de la pression de l’entourage, de la volonté d’oublier, une majorité des femmes violées ou victimes d’inceste ne portent pas plainte.

Pourtant pour lutter contre ces actes barbares, les agresseurs doivent être dénoncés, jugés et condamnés. Le viol n’est pas une fatalité. Il est le signe d’une société profondément malade. Ici au Faso comme ailleurs, cette réalité peut changer. Cette réalité doit changer!

Le viol et l'inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.
Le viol et l’inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.

L’inceste est une relation sexuelle interdite entre un homme et une femme liés par un quelconque degré de parenté entrainant l’impossibilité du mariage. Autrement dit, nous entendons par inceste toutes les agressions sexuelles commises au sein de la famille sur un mineur par son ascendant, son frère ou par toute autre personne, membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. Le viol, lui, reste un acte violent à caractère sexuel, qui porte atteinte physique et psychique sur autrui, c’est-à-dire sur une personne non consentante, qu’elle soit mineure ou majeure, garçon ou fille, jeune homme ou jeune femme!

Contrairement aux idées reçues, le viol n’a rien à voir avec un désir soi-disant incontrôlable, un acte de psychopathe. Il n’existe pas de profil-type de violeur. Les viols ne sont pas spécialement le fait de psychopathes, d’alcooliques, d’anormaux ou d’obsédés sexuels. Au contraire, ils sont souvent commis par des hommes parfaitement intégrés socialement, parfois même au-dessus de tout soupçon. De même, ce ne sont pas surtout les filles provocantes, aguicheuses qui sont violées. Ce ne sont pas la tenue et le comportement d’une femme qui provoquent le viol; c’est le violeur qui est coupable. Les victimes de viol sont très souvent culpabilisées ou ressentent de la honte. C’est une inversion des responsabilités. Ce n’est pas à la victime d’être transformée en accusée.

Si en Europe les victimes ont la chance de pouvoir dénoncer leurs agresseurs sexuels devant les juridictions avec la possibilité qu’ils soient sanctionnés à la hauteur des actes prouvés, il y a encore un gros travail à faire au sein de certaines sociétés africaines, mal en points face à des traditions qui cherchent toujours à éviter une humiliation au sein du cercle familial! Pourtant la plupart des agressions sexuelles (viol et incestes) sont commises dans la sphère familiale élargie. Les victimes sont dans leur immense majorité des filles, le plus souvent jeunes. Les viols «conjugaux» sont, sous nos cieux, d’un genre encore peu judiciarisé, dont la dénonciation est rare sinon inexistante. On parle souvent de femmes battues pour se rendre compte plus tard, qu’il s’agit, au fond, de viol et de coups infligés à une femme par un homme violent.

Meilleurs moyens de lutte et de prévention

Une prévention plus rigoureuse, des peines plus sévères pour les agresseurs et une meilleure protection pour les victimes sont les meilleurs moyens de lutter contre l’inceste et tous ses corolaires. Une sévérité accrue peut, en effet, s’accompagner de dénonciations plus fréquentes d’un crime traditionnellement très peu déclaré par les victimes.

Afin d’améliorer également la prévention, l’Etat pourrait compléter les missions du service public de l’enseignement en prévoyant que les écoles, les collèges et les lycées assurent dans notre pays une mission d’information sur les violences et une éducation à la sexualité. Ainsi la problématique des violences intrafamiliales à caractère sexuel pourrait être abordée avec les élèves par les chefs d’établissement en collaboration avec les associations intéressées à la protection de l’enfance. La sensibilisation, les témoignages, les jugements et sanctions sévères pour les faits de viols et d’incestes avérés permettrons de prévenir ces maux sociaux et de faire changer la peur et la honte de camp.

Théophile MONE

09:54 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Inceste et viol: la honte doit changer de camp!

Depuis la nuit des temps, les sociétés africaines, asiatiques et occidentales ont toutes du mal à traiter certains de leurs maux qui restent encore des tabous gardés bien secrets, car difficiles à s’en débarrasser sans humiliation! Ces maux se caractérisent par des agressions sexuelles violentes sur une victime généralement surprise et menacée.

Chaque acte sexuel forcé est un instrument de déshumanisation. Il est une négation de la volonté de la victime, le mépris de son consentement. Le viol et l’inceste sont une humiliation, un crime.

Sous l’effet de la peur, de la pression de l’entourage, de la volonté d’oublier, une majorité des femmes violées ou victimes d’inceste ne portent pas plainte.

Pourtant pour lutter contre ces actes barbares, les agresseurs doivent être dénoncés, jugés et condamnés. Le viol n’est pas une fatalité. Il est le signe d’une société profondément malade. Ici au Faso comme ailleurs, cette réalité peut changer. Cette réalité doit changer!

Le viol et l'inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.
Le viol et l’inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.

L’inceste est une relation sexuelle interdite entre un homme et une femme liés par un quelconque degré de parenté entrainant l’impossibilité du mariage. Autrement dit, nous entendons par inceste toutes les agressions sexuelles commises au sein de la famille sur un mineur par son ascendant, son frère ou par toute autre personne, membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. Le viol, lui, reste un acte violent à caractère sexuel, qui porte atteinte physique et psychique sur autrui, c’est-à-dire sur une personne non consentante, qu’elle soit mineure ou majeure, garçon ou fille, jeune homme ou jeune femme!

Contrairement aux idées reçues, le viol n’a rien à voir avec un désir soi-disant incontrôlable, un acte de psychopathe. Il n’existe pas de profil-type de violeur. Les viols ne sont pas spécialement le fait de psychopathes, d’alcooliques, d’anormaux ou d’obsédés sexuels. Au contraire, ils sont souvent commis par des hommes parfaitement intégrés socialement, parfois même au-dessus de tout soupçon. De même, ce ne sont pas surtout les filles provocantes, aguicheuses qui sont violées. Ce ne sont pas la tenue et le comportement d’une femme qui provoquent le viol; c’est le violeur qui est coupable. Les victimes de viol sont très souvent culpabilisées ou ressentent de la honte. C’est une inversion des responsabilités. Ce n’est pas à la victime d’être transformée en accusée.

Si en Europe les victimes ont la chance de pouvoir dénoncer leurs agresseurs sexuels devant les juridictions avec la possibilité qu’ils soient sanctionnés à la hauteur des actes prouvés, il y a encore un gros travail à faire au sein de certaines sociétés africaines, mal en points face à des traditions qui cherchent toujours à éviter une humiliation au sein du cercle familial! Pourtant la plupart des agressions sexuelles (viol et incestes) sont commises dans la sphère familiale élargie. Les victimes sont dans leur immense majorité des filles, le plus souvent jeunes. Les viols «conjugaux» sont, sous nos cieux, d’un genre encore peu judiciarisé, dont la dénonciation est rare sinon inexistante. On parle souvent de femmes battues pour se rendre compte plus tard, qu’il s’agit, au fond, de viol et de coups infligés à une femme par un homme violent.

Meilleurs moyens de lutte et de prévention

Une prévention plus rigoureuse, des peines plus sévères pour les agresseurs et une meilleure protection pour les victimes sont les meilleurs moyens de lutter contre l’inceste et tous ses corolaires. Une sévérité accrue peut, en effet, s’accompagner de dénonciations plus fréquentes d’un crime traditionnellement très peu déclaré par les victimes.

Afin d’améliorer également la prévention, l’Etat pourrait compléter les missions du service public de l’enseignement en prévoyant que les écoles, les collèges et les lycées assurent dans notre pays une mission d’information sur les violences et une éducation à la sexualité. Ainsi la problématique des violences intrafamiliales à caractère sexuel pourrait être abordée avec les élèves par les chefs d’établissement en collaboration avec les associations intéressées à la protection de l’enfance. La sensibilisation, les témoignages, les jugements et sanctions sévères pour les faits de viols et d’incestes avérés permettrons de prévenir ces maux sociaux et de faire changer la peur et la honte de camp.

Théophile MONE

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