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2015.09.01

Prise en charge des enfants privés de familles : 200 foyers d’accueil installés

Le Ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale (MASSN) a organisé la cérémonie d’installation officielle des familles d’accueil des enfants en détresse, le 25 août 2015, à Ouagadougou. Le placement qui consiste à confier des enfants à des Centres d’accueil d’enfants en détresse (CAED) est la nouvelle stratégie du Ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale (MASSN) mise en place pour permettre à tout enfant de profiter d’un cocon familial. Ces enfants sont pour la plupart de mère ou de père inconnus ou encore des enfants dont la famille n’arrive pas à leur assurer une protection adéquate. Ainsi, en 2013, 200 familles provenant des 45 provinces ont été répertoriées et formées pour accueillir ces enfants. Et, assistantes maternelles, c’est l’expression choisie pour désigner ces familles d’accueil agréées. Dans l’optique de leur permettre de mener à bien leur mission, elles ont été installées officiellement, le 25 août 2015, à Ouagadougou au cours d’une cérémonie organisée par le Ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale (MASSN). Sur les 200 familles, 103 accueillent présentement 127 enfants placés dont 60 filles et 67 garçons. Selon le secrétaire général du MASSN, Zoubila Yves Kaboré, le placement est essentiel pour les enfants parce qu’il leur offre un cadre de vie sécurisé. C’est pourquoi, il a salué l’engagement de ces ‘’braves’’ femmes qui, chaque jour, en dépit de la modestie de leurs conditions de vie, travaillent à redonner du sourire à ces tout-petits. « Certaines d’entre elles, en ‘’bonnes mères’’, ont dû, à plusieurs reprises, abandonner le reste de leurs familles pour séjourner dans les formations sanitaires et permettre les soins aux enfants qui leur sont confiés », a loué M. Kaboré. Dans l’exécution de leur mission, plusieurs difficultés existent. Au nombre desquelles, par la voix de leur représentante Rosalie Ouédraogo, l’on a pu répertorier des problèmes alimentaires, sanitaires, vestimentaires et d’une manière générale, financiers. Des difficultés qui pourraient saper l’engagement du ministère dans sa lutte contre l’abandon des enfants. C’est ce qui a motivé le MASSN à remettre, séance tenante, deux chèques de 10 millions F CFA à certaines assistantes maternelles et un autre de 25 millions à des orphelinats. De l’avis du SG, l’engagement de son département à investir dans cette activité est parti du constat qu’au Burkina Faso, les centres privés d’accueil ont pendant longtemps été les seuls à accueillir les enfants en détresse. « A ce jour, sur les 68 centres d’accueil répertoriés qui accueillent près de 3 500 enfants, l’Etat n’en compte que deux, à savoir l’hôtel maternel de Ouagadougou et celui de Orodara », a expliqué Yves Kaboré. Selon la représentante adjointe du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Sylvana Nzirorera, les familles d’accueil constituent un dispositif très important pour la promotion des droits de l’enfant. « L’initiative d’appuyer le gouvernement burkinabè pour mettre en place et accompagner les familles d’accueil constitue une des priorités de l’UNICEF », a-t-elle soutenu. Mahamad SANGARE Mafati Gisèle HEMA (Stagiaires)

15:57 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Elections: les femmes candidates affûtent leurs armes

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en collaboration avec le Ministère de la Promotion de la femme et du genre (MPFG) organise, du 31 août au 11 septembre 2015 à Ouagadougou, un atelier de formation à l’intention des femmes candidates aux élections législatives et présidentielle du 11 prochain. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) fait de la participation des femmes aux prochaines élections son cheval de bataille. Pour ce faire, le PNUD, en partenariat avec le Ministère en charge de la Promotion de la femme (MPFG) organise, du 31 août au 11 septembre 2015 à Ouagadougou, deux sessions de formations des femmes candidates aux élections du 11 octobre prochain. La première session qui va du 31 août au 4 septembre s’adresse aux femmes candidates aux élections présidentielle et législatives et à leurs directeurs et membres de l’équipe de campagne ainsi qu’aux cadres du MPFG. La seconde qui s’adresse uniquement aux femmes candidates aux législatives de tous les partis et regroupements politiques validés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), se déroulera du 7 au 11 septembre 2015. Au total, 170 participants devront prendre part à cette série de formations. Il s’agit, selon le représentant-résident du PNUD au Burkina, Pascal Karorero, d’assurer une forte participation des femmes non seulement comme électrices mais aussi comme candidates aux futures échéances électorales. « Il s’agit de leur donner des éléments pour mieux mettre en exergue leur leadership », a-t-il dit. Et ce, à travers quatre modules axés sur le développement personnel des candidates, l’analyse du contexte socio-politique dans lequel s’inscrivent les candidatures féminines, les techniques et habilités à développer afin d’organiser sa candidature et la rendre compétitive et le leadership politique féminin. La ministre chargée de la Promotion de la femme, Bibiane Ouédraogo, a loué l’initiative du PNUD qui s’inscrit, a-t-elle poursuivi, dans une logique de promotion et de mise en œuvre des principes d’égalité et d’exercice de la citoyenneté. « Le renforcement des capacités et des compétences des femmes candidates est une nécessité qui leur permettra d’avoir des connaissances pour faire face à l’électorat, à battre une campagne efficace et à augmenter leurs chances de réussite aux différents scrutins », a laissé entendre Mme la ministre. Elle a émis le vœu qu’au soir du 11 octobre, il y ait une forte participation des femmes. « Et pourquoi pas, une femme qui sera au palais de Kosyam », a déclaré Bibiane Ouédrogo. A l’issue de la formation, les récipiendaires bénéficieront d’un brevet de participation et d’un coaching quotidien sur l’exploitation des outils pratiques acquis et du monitoring de leurs campagnes électorales, à travers la mise en place des « Cliniques électorales ». Le PNUD entend, par ces sessions de formations, confirmer son engagement et sa disponibilité à accompagner les femmes qui s’engagent en politique. Djakaridia SIRIBIE (Collaborateur)

15:44 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Droits des détenus : le ministère de la Justice veille au grain



Le ministère de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Protection civique a sensibilisé les agents des forces de l’ordre et de sécurité, et les acteurs de la société civile au respect des droits des prisonniers, le vendredi 28 août 2015 à Bobo-Dioulasso. La rencontre s’est tenue après des visites professionnelles des lieux de détention dans la région des Hauts-Bassins.


Plus de 40 personnes composées des éléments des forces de défense et de sécurité, ainsi que des acteurs de la société civile ont pris part à l’atelier sur le droit des détenus. Il y a eu deux communications au cours de la rencontre. La première a porté sur le thème : « Les standards de protection des droits des personnes privées de libertés ». Elle a été présentée par le directeur de la protection contre les violations des droits humains, Paul Kabré. Selon lui, la principale cause d’absence de liberté et prévue par les lois et règlements burkinabè, reste la détention ou la privation de liberté. De ce fait, toute détention ou privation de liberté mise en œuvre en dehors de ces hypothèses est de facto contraire à la Constitution au Burkina Faso. Quant à la deuxième communication, elle s’est axée sur « Le constat des visites professionnelles des lieux de détention dans la région des Hauts-Bassins », et a été présentée par la conseillère en droits humains, Germaine Kiéma. Auparavant, il y a eu les 24 et 25 août 2015, une visite dans les maisons d’arrêt et de correction, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police de la région. Pour Mme Kiéma, la visite des Maisons d’arrêt et de correction (MAC) et des Cellules de garde à vue (CGV) constitue l’une des activités de surveillance du respect des droits des détenus. Selon elle, cette visite répond à un souci de vérification de la conformité des conditions de détention aux normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme. C’est ainsi que dans la région des Hauts-Bassins, deux maisons d’arrêt et de correction et environ treize cellules de garde à vue ont fait l’objet de contrôle par l’équipe du ministère en charge de la Justice et de la Promotion civique. Ces sorties périodiques du ministère ont pour objectif, de contribuer à l’amélioration des conditions de détention et à l’humanisation des lieux de détention. Elles permettent de veiller au respect des droits des personnes privées de liberté au Burkina Faso. La démarche du ministère vise également à sensibiliser les agents de sécurité et le personnel pénitentiaire à la nécessité de respecter les droits fondamentaux des détenus et des gardes à vue. Cependant, le constat qu’on peut faire, c’est qu’il existe des difficultés dans ces lieux de détention. Il s’agit notamment de la surpopulation carcérale, de la non-effectivité de la séparation des détenus selon la catégorie et le statut (séparation entre hommes, femmes, mineurs de moins de 18 ans, etc.). Par ailleurs, Mme Kiéma a évoqué l’insuffisance des ressources humaines, financières et matérielles, ainsi que les conditions de travail difficiles des agents qui y sont. Elle a laissé entendre que tous les locaux fréquentés par les détenus devraient être maintenus en parfait état d’entretien et de propreté. Le directeur régional de la promotion des droits humains et de la protection civique, Germain Zong-naba Pimé, a pour sa part, indiqué que le ministère a fait de la protection des droits des personnes détenues, son cheval de bataille, d’où ces visites périodiques dans les maisons d’arrêt et de correction, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police de la région. Il a dit compter sur la contribution des participants pour qu’à la fin de la rencontre, les objectifs assignés soient atteints.

Sitta OUATTARA
(Stagiaire)

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2015.05.08

Méningite : des cas recensés, le Ministère de la santé fait le point de la situation

1. Situation de la méningite en 2015 au Burkina Faso
De la semaine 1 à la semaine dix-huit de 2015, l’ensemble des districts sanitaires a notifié 1696 cas suspects de méningite dont 182 décès soit une létalité de 10,7%.
L’analyse des données selon le taux d’attaque montre qu’un seul district a franchi le seuil d’alerte en 2015. Il s’agit du district sanitaire de Karangasso-Vigué à la semaine 9 ( du 23 février au 1er mars 2015) avec un taux d’attaque de 6 cas pour 100 000 habitants. Il est à noter qu’aucun district n’a franchi le seuil épidémique en 2015.
Le Ministère de la santé a organisé une campagne de vaccination de masse préventive contre la méningite sur toute l’étendue du pays en décembre 2010.
Le vaccin utilisé est un nouveau vaccin dénommé MenAfriVac et concerne le type de germe appelé méningocoque A. Les personnes vaccinées sont donc protégées seulement contre le méningocoque A pendant 10 ans.

2. Seuils d’interventions de la méningite

Phase d’alerte
Un district est en phase d’alerte quand le taux d’attaque hebdomadaire atteint 5 cas pour 100 000 habitants. 
Définition du Seuil d’alerte
• Pour une population supérieure ou égale à 30 000 habitants, le seuil d’alerte est le taux d’attaque de 5 cas pour 100 000 habitants en une semaine. 
• Pour une population de moins de 30 000 habitants : c’est une incidence de 2 cas en une semaine ou une augmentation du nombre de cas comparée aux années non épidémiques antérieures.

Phase épidémique
• Elle se définit comme la période au cours de laquelle le taux d’attaque a atteint le seuil épidémique ce jusqu’à la fin de l’épidémie.
Définition du Seuil épidémique
• Pour une population de 30 000 à 100 000 habitants, le seuil épidémique est le taux d’attaque de 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine. 
• Pour une population de moins de 30 000 habitants : c’est une incidence de 5 cas en une semaine ou un doublement du nombre de cas sur 3 semaines.

Exemple de doublement de cas : semaine 1 = 1 cas ; semaine 2 = 2 cas ; semaine 3 = 4 cas
Calcul du taux d’attaque : le district de Dièrè avec une population de 250 000 habitants, notifie 10 cas de méningite au cours de la semaine 18.

Le taux d’attaque de la méningite pour le district de Dièrè au cours de la semaine 18 est égal à : 10 /250 000 X 100 000 = 4 cas pour 100 000 habitants.

3. Actions entreprises
Les principales actions menées dans le cadre de la lutte contre la méningite en 2015 sont :
-  l’élaboration de plans de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie de méningite au niveau DRS et districts sanitaires ;
-  le suivi hebdomadaire de la tendance épidémiologique de la méningite à tous les niveaux ;
-  la surveillance cas par cas de la méningite ;
-  le pré positionnement des médicaments et consommables pour la prise en charge précoce et gratuite des cas de méningites dans toutes les régions et districts sanitaires ;
-  la rencontre préparatoire de la saison épidémique 2014-2015 avec les Gouverneurs de régions, les DRS, les Partenaires techniques et financiers tenue le 06 février 2015 ; 
-  la rencontre préparatoire de la saison épidémique 2014-2015 avec les autres acteurs de la surveillance épidémiologique de tout le système national de santé.
-  la sensibilisation des populations afin d’adopter des mesures préventives à travers des messages radiodiffusés et télévisés ; 
-  le renforcement des laboratoires en réactifs et consommables pour le diagnostic de la méningite ;
-  la supervision des acteurs des régions et districts sur la préparation pour la prévention et la riposte à une éventuelle épidémie de méningite ;
-  l’introduction du vaccin contre le pneumocoque dans le PEV de routine au dernier trimestre de l’année 2013 ;
-  la tenue hebdomadaire des réunions du Comité national de gestion des épidémies.
-  Le feed-back de la situation épidémiologique aux acteurs.
-  Appuis à l’inve

 

18:49 Écrit par Thieni hama | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

En mémoire de la date de naissance de son fondateur Henry Dunant, la Croix-Rouge célèbre chaque 8 mai sa journée mondiale. Cette année, c’est sous le thème « Nos principes en action » que sera célébré cet évènement. Ces principes fondamentaux sont Humanité, Impartialité, Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unité et Universalité. Fort de près de 3000 volontaires, la Croix-Rouge Burkinabè n’a cessé, depuis son implantation en 1961, d’être opérationnelle en apportant son assistance aux personnes en situation de crise ou de catastrophes. A 72 heures, de cette célébration mondiale, nous avons rencontré Lazare W. Zoungrana, Secrétaire général de la Croix-Rouge burkinabè. De l’historique du Mouvement international en passant par ses orientations et principes, jusqu’aux activités prévues au programme cette année, notre invité s’est livré à cœur ouvert. Lisez plutôt !

 

 
 
  152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

Qu’est-ce que la Croix-Rouge ?
LWZ :
 La Croix-Rouge est une institution internationale qui a trois composantes. Il y a le comité international de la Croix-rouge (CICR), la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge et les sociétés nationales de la Croix-Rouge ou de Croissant-Rouge qui sont au nombre de 189 à ce jour. La Croix-Rouge burkinabè est l’une de ses sociétés nationales. 
En 1859, Henry Dunant, un homme d’affaires Suisse qui voyageait en Italie, fut témoin des ravages terribles de la bataille de Solferino. De retour à Genève, il écrivit Un souvenir de Solferino, ouvrage dans lequel il relatait ce qu’il avait vu et présentait deux propositions pour améliorer l’assistance aux victimes de la guerre : créer en temps de paix dans chaque pays, des groupes de volontaires chargés de s’occuper des victimes et temps de guerre et obtenir des pays qu’ils acceptent de protéger les secouristes volontaires et les blessés sur le champ de bataille. La première idée a donné naissance aux sociétés nationales telles que la Croix-Rouge Burkinabè et la seconde a préparé le terrain pour la rédaction et l’adoption des quatre (04) conventions de Genève de 1949 acceptées par tous les Etats.

Quelles sont les missions assignées à la croix rouge de façon générale ? 
LWZ :
 Dans un premier temps, la Croix-Rouge a été créé pour apporter secours et assistance aux victimes des conflits armés mais aussi aux victimes des situations de catastrophes. Pourquoi de catastrophes ? Avec l’évolution, on a constaté qu’il y avait également d’autres problèmes auxquels les populations étaient confrontées. Ce qui a conduit à la création de la fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge en 1919 pour s’occuper de la mobilisation de l’assistance internationale en faveur des victimes des situations de catastrophes. Nous pouvons également dire que la Croix-rouge a été créée pour être à proximité des problèmes des populations en général. Tout ce qui est souffrance humaine. Nous avons pour ambitions de travailler à éliminer ces souffrances sous toutes leurs formes possibles. C’est pour cela que nous nous sommes investis dans les projets de développement pour lutter contre la pauvreté, parce qu’on sait que la pauvreté est l’ennemi N°1 des problèmes auxquels les populations sont confrontées.

On entend parler de croix rouge, de croissant rouge et de cristal rouge. Quelle différence existe-il entre ces emblèmes ?
LWZ :
 Il n’y a aucune différence entre les emblèmes. En fait, les pères fondateurs de la Croix-Rouge avaient pour objectif l’adoption d’un signe distinctif qui confèrerait une protection juridique aux services sanitaires des Forces Armées, aux secouristes et aux victimes des conflits armés. Ce signe ou emblème devait être simple et identifiable à distance, connu de tous et identiques pour les amis et les ennemis. Une conférence diplomatique, réunie à Genève en août 1864, adopta une croix rouge sur fond blanc, les couleurs inversées du drapeau Suisse (en hommage à Henry DUNANT). Toutefois, au cours de la guerre qui opposa la Russie à la Turquie de 1876 à 1878, l’Empire Ottoman déclara qu’il utiliserait pour emblème un croissant rouge au lieu d’une croix rouge, tout en acceptant de respecter la croix rouge utilisée par la partie adverse. La Perse opta, elle aussi, pour un signe différent : le lion –et-soleil rouge. Les deux emblèmes furent reconnus lors d’une conférence diplomatique tenue en 1929. En 1980, la République islamique d’Iran décida d’utiliser le croissant rouge au lieu du lion –et-soleil rouge. En décembre 2005, les Etats partis aux conventions de Genève de 1949 ont adopté le protocole additionnel III portant création d’un nouvel emblème : le Cristal-Rouge pour mettre fin à la prolifération des emblèmes. Aussi tout pays qui ne veut utiliser ni la croix ou le croissant peut adopter le cristal. Les trois emblèmes croix rouge, croissant rouge et cristal rouge ont la même force protectrice pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Pouvez-vous nous donner les grandes orientations de l’action humanitaire de la Croix-Rouge burkinabè ?
LWZ :
 Nous avons une mission qui nous a été assignée depuis le niveau international et c’est celle de toujours soulager les souffrances humaines en temps de paix comme en temps d’urgence. C’est également travailler à protéger la dignité humaine, à faire la promotion des valeurs et des principes humanitaires dans le pays et travailler dans le domaine de la santé. Ce sont donc des orientations que nous avons depuis la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et c’est ce qui nous guide en tant que structure nationale. Sur la base de ces orientations, chaque société nationale en fonction des réalités se doit d’avoir un plan stratégique. Nous, notre plan stratégique va être renouvelé cette année pour disposer de l’année 2016 à 2020. Nous ne travaillons pas sans repères. Quand vous êtes appelés à intervenir sur des situations très délicates vous devez donc bien vous préparer. Notre vision est de renforcer nos capacités d’intervention et notre autonomie financière parce que le côté technique et celui financier vont ensemble. Et si ces deux conditions sont réunies, il est évident que nous allons être beaucoup plus rapides et efficaces lorsque nous serons appelés à intervenir dans des cas d’urgences.

Parlant de dispositif, la Croix-Rouge burkinabè dispose-t-elle de moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour mener à bien ses actions dans ce pays ?
LWZ :
 Notre mouvement a plus de 150 ans d’existence. On a donc eu le temps de surmonter plusieurs épreuves et d’avoir les bonnes pratiques. Dire que nous avons les moyens techniques et financiers pour faire face à n’importe quelle situation d’urgence, c’est à la fois oui et non. Oui, parce qu’il y a déjà une bonne volonté affichée et qui est même dictée par notre conseil de gouvernance. Et nous avons également un personnel recruté techniquement pour assurer la mise en œuvre des différentes orientations. Donc, la volonté y est. Vous savez que dans les interventions d’urgences, ce n’est pas toujours les moyens financiers qu’il faut mettre en avant. Nous sommes appelés à intervenir sur des êtres humains et le simple fait d’être présent aux côtés d’une personne en difficulté constitue déjà un réconfort moral pour la personne. Maintenant, il y a des moyens que nous mobilisons aussi bien au plan national qu’international. 
Mais la mobilisation des moyens est liée intrinsèquement au professionnalisme de notre Mouvement. Nous avons eu cette tradition de travailler de façon efficace même si on n’a pas suffisamment de moyens, on aura toujours la possibilité d’assurer le minimum. C’est cela le plus important. Nous prenons toujours les personnes les plus vulnérables. Par exemple si nous avons une dotation pour prendre en charge 10 personnes parmi 1000, nous allons le faire parce que c’est à la hauteur de nos capacités. Et nous le ferons bien. A quoi cela sert-il de faire du saupoudrage ? Non ! On fera toujours en sorte que le peu de moyen que nous avons soit utilisé de façon efficiente et efficace.

Concrètement Monsieur le Secrétaire général, pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions que vous avez eu à mener ?
LWZ :
 Bien sûr ! Vous avez vu les équipes de la Croix-Rouge Burkinabè en action lors des manifestations des 30 et 31 octobre dernier. Ça se passe de commentaires. Quand nous disons que le Mouvement existe, il y en a qui se posent la question : qu’est-ce que ces gens-là font ? Nous avons toujours dit « Nous nous préparons ». Quand vous vous préparez et que vous n’avez pas l’occasion de vous exprimer sur le terrain, les gens ont des doutes finalement. Notre intention, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait même pas de situation pour qu’on intervienne. Mais on se prépare toujours car les conflits ne préviennent pas. Lors des évènements, nous avons fait ce travail parce qu’en amont, nous avons fait un travail de préparation. Ce qui nous a permis d’apporter l’assistance là où il le fallait. Et j’ai été particulièrement très touché parce que quand vous êtes dans le feu de l’action, il est souvent difficile de mesurer l’importance de l’action que vous posez. Après l’insurrection, lorsque nous sommes allés rendre visite à certains blessés de l’hôpital Yalgado Ouédraogo, le témoignage du Directeur général Robert Sangaré nous a fait remarquer à quel point nous avons vraiment rendu service à l’hôpital. Nous avons également permis aux victimes hospitalisées de rétablir le contact avec leur famille et nous avons, avec le soutien de l’UNICEF, recherché et retrouvés 9 enfants égarés suites aux manifestations. Notre action ne s’est pas limitée Ouagadougou, nos volontaires sont intervenus à Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora, Fada N’Gourma et Dori. En dehors de cette assistance, il y a notre intervention en faveur des victimes des inondations, de la crise alimentaire, des conflits intercommunautaires, l’appui aux réfugiés maliens avec la construction d’abris, de sanitaires ; la distribution de vivres de kits d’hygiène, de lampes, de foyers améliorés ; les campagnes de vaccination et de déparasitage du bétail ; la fourniture d’eau potable ; etc.

Quels sont vos partenaires qui vous accompagnent dans l’accomplissement de vos missions ?
LWZ 
 : Sur le plan national, nous avons une diversité de partenaires. Sans être exhaustif, nous travaillons avec des agences du Système des Nations-Unies telles que l’UNICEF avec lequel nous entretenons une étroite collaboration surtout dans le domaine de l’assistance aux enfants, le PAM grâce à qui nous avons mené une importante lutte contre la vie chère dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le HCR pour l’assistance aux refugiés maliens, etc. Nous avons également avec l’appui de représentations diplomatiques telles que l’Ambassade de France avec qui nous avons collaboré à plusieurs reprises lors de l’inondation de 2009, l’Ambassade du Canada, l’Ambassade du Japon, etc. Nous ne pouvons citer les partenaires sans faire cas de l’Etat burkinabè qui nous soutient et qui nous facilite pas mal de choses pour nous permettre d’assister les victimes des situations d’urgence. Il y a aussi des particuliers qui, de temps en temps, peuvent venir apporter un appui à la Croix-Rouge d’une manière ou d’une autre. Au sein du Mouvement Croix-Rouge nous avons l’appui des autres composantes, le CICR, la FICR et les Sociétés Nationales sœurs d’Espagne, de Belgique, de Monaco, de Luxembourg, etc. Notre plus grande richesse est le volontariat, des bénévoles qui donnent un peu de leur temps pour intervenir et s’occuper de la mise en œuvre de certains programmes de la société nationale. Aucun budget au monde ne peut supporter cela, raison pour laquelle notre credo est « la mobilisation du pouvoir de l’humanité » qui consiste à réunir l’ensemble des humains, ceux qui sont en mesure d’apporter l’assistance à ceux qui sont dans le besoin.

Parlez-nous un peu du thème retenu cette année pour la journée mondiale de la Croix-Rouge « Nos principes en action ».
LWZ :
 Les principes fondamentaux sont ce qu’il y a de plus important pour une institution humanitaire comme la Croix-Rouge. Une institution universelle doit forcément lever un certain nombre de préalable parce que vous êtes appelé à intervenir dans des zones ou vous n’avez peut-être pas la même vision de la vie encore moins la même culture. Le plus important pour nous, c’est l’être humain. Le Mouvement a été créé depuis 1863 mais il a fallu 1965 pour que les sept principes fondamentaux de la Croix-Rouge soit proclamés à Viennes. 
Le principe d’humanité est le plus grand principe qui intègre l’ensemble des autres principes fondamentaux car il prône l’amitié entre les peuples, une assistance sans discrimination à chaque fois que nous sommes appelés à intervenir. Ce principe prône également la dignité humaine. Comme je l’ai dit tantôt nous intervenons dans les situations de conflits armées et de catastrophe. La neutralité est également l’un des principes du mouvement car nous devons nous abstenir de prendre part aux hostilités. En troisième position figure le principe d’impartialité qui est un principe actif et qui met l’accent sur la notion de proportionnalité et de non-discrimination. Le principe d’indépendance quant à lui permet à la Croix-Rouge de secourir, d’assister des êtres humains en difficulté sans aucune influence d’ordre politique, religieux etc. Il y a d’autres principes dont le volontariat qui est l’épine dorsale de notre Mouvement sans lequel nous ne pouvons pas travailler, et l’unité qui fait qu’il n’y a qu’une seule Croix-Rouge dans un pays.

Pourquoi le choix du 8 mai pour la commémoration de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ?
LWZ :
 La JM de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est célébrée chaque année le 8 mai pour marquer le jour anniversaire de la naissance de Henry Dunant. Aussi, c’est un temps d’arrêt pour se rappeler la pertinence continue du Mouvement face aux défis humanitaires contemporains, interpeller la communauté internationale sur ses responsabilités face aux problèmes humanitaires, mobiliser le pouvoir de l’humanité, montrer au monde les valeurs de solidarité, de tolérance, de paix, de respect de la dignité de l’homme, permettre aux société nationales de faire connaître leurs activités, et de réaffirmer leur appartenance au mouvement universel de la Croix-Rouge.

Quelles sont les activités au programme du 8 mai, cette année ?
LWZ :
 Nous voulons faire en sorte que la population sache que la Croix-Rouge est la leur et qu’elle sache que nous avons besoin d’elle de quelque nature que ce soit. La célébration du 8 mai a commencé le 2 mai avec une opération de salubrité au CMA (ndlr Centre médical avec antenne chirurgical) du secteur 30 suivi d’un don de 190 paquets de savons à des malades. Nous prévoyons également un panel sur « la pertinence des principes et valeurs humanitaires dans le contexte Burkinabè » qui sera suivi d’une exposition photos sur l’action humanitaire de la Croix-Rouge. Nous aurons une distribution de vivres aux personnes vulnérables le 8 mai. Pour permettre aux personnels et aux volontaires de décompresser, nous prévoyons un match de football. Nous aurons également des célébrations dans les différents comités provinciaux de la Croix-Rouge.

Quelles sont les contraintes que rencontre la Croix-Rouge dans l’accomplissement de ses œuvres humanitaires ?
LWZ : 
Notre souci majeur est la mobilisation des volontaires. Beaucoup veulent être formés comme des secouristes mais la disponibilité fait défaut par moment. Nous pensons qu’il faut toujours continuer les efforts de sensibilisation pour que nous ayons plus de volontaires car dans certaines localités c’est vraiment compliqué pour les comités provinciaux. Aussi, dans la plupart des coordinations, nous n’avons pas suffisamment de personnel si bien que les seuls qui sont là, sont submergés par le travail. L’autre difficulté c’est que les gens ont tendance à se dire que comme la Croix-Rouge est affiliée à des structures internationales, c’est une structure bondée d’argent et qui n’a pas besoin d’appui sur le plan local. Nous ne sommes pas sans ignorer que sur le plan international, il y a la crise financière et nous devrons également intégrer cela dans notre démarche. L’autre aspect, c’est le côté logistique car nous n’en n’avons pas toujours assez pour pouvoir être rapide à intervenir dans certaines localités. Certains véhicules dont nous disposons sont sous forme de location. Ces véhicules viennent souvent en la période de crise et dès lors celle-ci est finie les véhicules repartent. Le côté financier est aussi pertinent pour une structure comme la nôtre qui est appelée à intervenir pour aider des personnes dans le besoin.

Quel est votre appel à lancer ?
LWZ : 
Je lance un appel de paix pour le Burkina Faso. Et comme je vous l’ai dit, nous nous préparons pour intervenir mais ce qui nous préoccupe c’est de ne pas avoir à intervenir. Nous voulons également lancer un appel de solidarité parce que même quand il y a la paix, il y’a des gens qui sont toujours en difficulté et lorsqu’on est en difficulté cela signifie qu’on n’est pas en paix. S’il y’a encore de la solidarité de la part des populations, que celles qui sont nanties puissent soutenir les moins nanties.
Encadré : LWZ : Nous avons tenu les 9, 10 et 11 avril dernier l’assemblée générale de la société nationale au cours de laquelle, l’ensemble des participants ont souhaité que le nom soit changé pour nous permettre de nous conformer à ce qui se pratique dans la sous-région. J’étais pratiquement le seul à cette fonction qu’on appelait directeur national alors que dans les autres pays on parlait de secrétaires généraux. C’est ce qui nous a motivé et pour nous donner plus d’opportunité par rapport à l’organisation des services au sein de la société nationale.

Aïssata Laure G. SIDIBE et Herman Frédéric BASSOLE 
Lefaso.net

 

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2015.05.05

Violences communautaires à Ziniaré : La version et l’appel à l’apaisement de la gendarmerie

Toute une communauté expulsée d’un village. La cause, un mineur de 12 ans accusé de vol de petits ruminants et envoyé à la gendarmerie est libéré parce que mineur. Cela provoque le courroux des accusateurs qui chassent, cassent, brulent. Tel était le spectacle à Ziniaré et à PousgZiga courant avril. Accusés d’avoir pris parti dans le conflit, le commandant de la compagnie et le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ont relaté les faits à la presse. C’était le 30 avril dernier à Ziniaré. Ils ont surtout appelé à l’apaisement et à la cohabitation pacifique entre les communautés peules et mossi.

Dans la cour de la brigade de la gendarmerie de Ziniaré, Diallo Bèrane y réside désormais avec sa famille. Le chef de famille y est obligé parce que ses concessions ont été saccagées, brulées et surtout parce que sa sécurité et celle des membres de sa famille est menacée.

La présence de la communauté peule à la brigade n’était toujours pas tolérée par des manifestants, qui réclamant son départ, est allée jusqu’à faire tomber une partie du mur de la brigade. Pour un soupçon de vol, le vieux Bèrane qui indique que les peuls sont établis dans le village depuis 107 ans, se retrouve sans domicile, sans biens.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie reconnait que les « refugiés » devraient être pris en charge par l’action sociale. Mais cette dernière ne peut assurer la sécurité des « indésirables ». L’action sociale a dressé des tentes pour héberger la communauté peule. Tout a été une fois de plus saccagé. « Nous avons été confrontés à un enjeu sécuritaire. On pouvait libérer les peuls de la caserne. Mais l’action sociale ne pouvait pas assurer leur sécurité. La preuve, elle a tenté de dresser des tentes dans un espace non loin de la brigade. La population s’est encore mobilisée pour aller saccager », se désole le lieutenant Isaac Sanon.

Cette situation est consécutive à une accusation de vol de petits ruminants. Dix moutons et quinze chèvres. Des trois voleurs, deux se seraient échappés. Celui qui est arrêté est un mineur de 12 ans. Il s’appelle Daouda Diallo. Il est présumé voleur, puisque le propriétaire du bétail dit juste avoir « vu la couleur de l’habit de son voleur ». 

L’infortuné, conduit à la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ne peut être gardé dans les geôles, il est de ce fait libéré de la gendarmerie. Nous sommes le 14 avril. Cette libération n’est pas du gout de la population de PousgZiga qui manifeste, estimant que la gendarmerie a libéré un voleur.

« La gendarmerie a agi avec professionnalisme, loyauté et sérénité »

Le gouverneur et le commandant la brigade de gendarmerie de Ziniaré ont été accusés d’avoir pris parti dans le conflit. « Ils disent que je suis peul, je ne le suis pas », martèle le commandant la compagnie de la gendarmerie, Lieutenant Isaac Sanon qui ajoute que la gendarmerie a juste fait un travail de sécurité. « Nous sommes là pour la protection des personnes et des biens. Aucunement nous ne pouvons accepter que des concessions soient détruites. Nous avons fait notre travail avec professionnalisme, loyauté et sérénité », a ajouté le Lieutenant.

Les propos du commandant de la compagnie sont corroborés par celui de la brigade. L’Adjudant-chef Jean-Marie Tougouri estime que la gendarmerie a agi dans le sens de la loi. La situation s’est quelque peu calmée, même si la communauté moaga n’est toujours pas prête à accueillir les peuls dans le village. « Que les gens mettent de l’eau dans leur vin afin que nous puissions vivre en paix », lancera le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré.

Des milices armées qui se rendent justice

Selon la situation décrite par le lieutenant Sanou, depuis plus d’un mois, la région du plateau central est « infestée » d’associations d’auto-défense qui agissent sans aucune base juridique. « Elles procèdent à des interpellations, des séquestrations et pire, à des sévices corporels à l’encontre d’individus jugés fautifs même à des jugements ». Enlèvement et séquestration de quatre peuls à Boudry pour une affaire de vol de bœufs. C’était le 22 mars. Enlèvement de deux peuls à Boussé, toujours pour une affaire de vol de bœufs. Et bien d’autres cas sont à mettre à l’actif de ces associations d’autodéfense.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie de Ziniaré et ses éléments souhaitent que les populations puissent continuer à cohabiter ensemble et à privilégier le dialogue. Par contre, la gendarmerie avec la collaboration de la population va continuer ses actions de sécurité conformément à la loi.

Tiga Cheick Sawadogo
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18:42 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2015.03.30

Pacte pour le renouveau de la justice burkinabè : Une thérapie à 114 vertus ?

Débutés le 24 mars dernier, les travaux des états généraux de la justice burkinabè ont pris fin ce samedi 28 mars 2015, par la signature d’un « Pacte national pour le renouveau de la justice ». Un texte de 114 articles, signé par le président du Faso, le Premier ministre, le président du Conseil national de la Transition, le Premier président de la Cour de cassation, au cours d’une cérémonie qui a eu pour cadre, la salle des banquets sise à Ouaga 2000.

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En ce Pacte, le président Michel Kafando dit voir « un grand pas dans le recadrage du système judiciaire au Burkina Faso ». Il s’agit en effet, d’un texte de 114 articles répartis en sept chapitres qui abordent les questions d’indépendance de la magistrature, de fonctionnement du service public de la justice, de moralisation de l’appareil judiciaire, d’accessibilité à la justice, d’esprit de citoyenneté, de prise en compte des droits humains dans les procédures judiciaires, de veille sur la mise en œuvre effective dudit Pacte.

Il est « impératif », précise le Pacte en son article 4, de rendre effective la séparation des pouvoirs et de « rendre le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) indépendant et autonome vis-à-vis de l’administration et de l’exécutif ». Il en ressort également, que dans « le traitement de ses dossiers et des décisions qu’il prend, le magistrat doit être indépendant vis-à-vis de ses collègues magistrats » (article 9).

Dans leurs rapports avec les justiciables, « Les magistrats doivent réserver un accueil qui rassure et donne confiance ». C’est du moins, ce qu’ordonne le Pacte en son article 54. De même, « Les personnels GSP (Garde de sécurité pénitentiaire, ndlr) doivent réserver un accueil qui rassure et donne confiance aux détenus et à leurs visiteurs » (article 57 du Pacte).

Et après avoir précisé que « Tout cas avéré ou avoué de corruption impliquant les acteurs de la justice doit faire l’objet de poursuites disciplinaires et judiciaires » (article 77), le Pacte impose l’obligation en son article 78, aux justiciables « de dénoncer auprès des autorités compétentes et des organisations spécialisées dans la lutte contre la corruption, les faits de corruption en milieu judiciaire dont ils ont connaissance ».

L’AMP veille à la mise en œuvre du Pacte

Sont-ce autant de ‘’vertus ’’ par lesquelles la thérapie au moyen de Pacte pourra apporter les solutions appropriées aux multiples maux de la justice burkinabè ? En tout cas, l’effectivité de ces mesures devra préoccuper - pendant et après la Transition – une instance, l’Autorité de Mise en œuvre du Pacte (AMP). En effet, précise le Pacte en son article 112, « L’AMP veille à la mise en œuvre du Pacte par les signataires, en assure le suivi et interpelle le cas échéant, les signataires en cas de violation ». Sa création, ses attributions, sa composition, son organisation, son fonctionnement et les mesures de protection de ses membres seront consacrées formellement par une loi (article 113). Et à en croire la ministre de la Justice, Joséphine Ouédraogo, la prochaine étape de cette dynamique de renouveau de la Justice burkinabè « consistera à mettre en chantier la Loi » relative à cette Autorité.

Signalons que le Pacte ainsi signé par les premières autorités de la Transition, doit également bénéficier de l’adhésion – par signature – des partis politiques et des organisations de la société civile légalement reconnus.

pacte_pour_le_renouveau_de_la_justice.pdf telechargement

Fulbert Paré
Lefaso.net

19:00 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Prévention et gestion des catastrophes : L’ODE forme une trentaine de personnes

Prévention et gestion des catastrophes

L’ODE forme une trentaine de personnes

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Djibo, (AIB) - Un atelier de réflexion et de concertation sur la prévention et la gestion des catastrophes s’est tenu le mardi 24 mars dernier dans la salle de réunions de la Mairie à Djibo. Présidé par le secrétaire général de la province Maurice Konaté, représentant le Haut-commissaire, cet atelier, organisé par l’office de développement des églises évangéliques (ODE), a permis aux autorités et partenaires techniques de s’approprier de la loi d’orientation en matière de prévention et de gestion des risques et catastrophes mais aussi d’émettre des propositions concrètes pour une application de la loi au niveau local.

L’office de développement des églises évangéliques (ODE) a organisé un atelier un atelier de réflexion et de plaidoyer pour la prévention et la réduction des risques de catastrophes. Selon le Chargé de programme de l’ODE Harouna Yaméogo, cet atelier dont bénéficie une trentaine de personnes, s’est tenu grâce au soutien réseau MARP Burkina et l’ATMD avec l’appui de Christian Aïd. Celui-ci a également présenté le groupe de plaidoyer dont les taches sont entre autres de contribuer à la réduction des risques et catastrophes d’ici 2O17 au Burkina Faso. 

Le magistrat et conseiller technique au Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale, Manly Dieudonné Marie Désiré, a ensuite intervenu sur la loi d’orientation relative à la prévention et à la gestion des risques, des crises humanitaires et des catastrophes. Selon lui, le Burkina Faso, à l’instar des autres Etats du sahel est confronté à de nombreux risques qui se transforment souvent en catastrophes et dont les plus récurrentes sont les conflits fonciers ou ethniques, la sécheresse, les inondations, et les invasions acridiennes. Pour y faire face le gouvernement a mis en place une structure interministérielle de gestion des catastrophes. 

Il s’agit du conseil national d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), composé d’une vingtaine de départements ministériels, de la croix rouge, et des ONG dont l’objectif est de doter le pays d’un cadre juridique et institutionnel global régissant efficacement les divers aspects des risques , crises humanitaires et catastrophes, a-t-il souligné. Aussi, est-il revenu sur les définitions de crises, des objectifs puis les processus d’élaboration et le contenu de la loi d’orientation. Selon le formateur, la loi d’orientation précise les procédures, les conditions et modalités de déclaration, de l’état de secours, de réquisitions et de l’information de crise. 

En définitive, a-t-il martelé, la loi d’orientation offre un cadre stratégique et juridique adéquat qui permet au Burkina Faso d’apporter des réponses appropriées aux risques et catastrophes affectant le pays et qui clarifie les rôles des différents acteurs: toute chose qui permettrait une meilleure capitalisation des différentes interventions. A l’issue de cette communication les participants ont échangé fait des propositions et pris des engagements pour y remédier et à temps aux différentes futures crises.

Moumouny B.TAMBOURA

 

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2015.03.11

Déguerpissement des sites à risques : Des milliers de Burkinabè sans abri à Abidjan, où est passé le Cosib ?

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Abidjan- Ils sont des milliers et des milliers à avoir été déguerpis du quartier Gobelet dans la commune de Cocody, il y a dix jours de cela. Dix jours après le passage des bulldozers destructeurs que ces nombreuses familles dorment à la belle étoile sans le moindre espoir d'un hypothétique refuge.


Abandonnées qu'elles sont à leur propre sort. En effet, depuis deux semaines le ministère de la construction a renoué avec les démolitions des sites à risques qu'il avait répertoriés lors de la saison pluvieuse qui avait causé l'effondrement de plusieurs maisons.

Le 20 février 2015, les sous-quartiers Gobelet château, Boston et CMA ont été rayés du site. Les habitants dont les plus anciens y résidaient depuis plus de 40 ans, sont subitement devenus des cas sociaux. Si les raisons du déguerpissement avancées par l'administration restent inattaquables d'autant plus que ces opérations concernent plusieurs sites à la fois (Gobelet, Gesco, Rivera2, Attécoubé ect), ce sont les conditions de mise en demeure qui sont décriées par les déguerpis.

En effet alors que le ministère de la construction soutient avoir indemnisé les riverains installés sur ces sites à risque à hauteur de 150 mille par famille, elles sont nombreuses celles qui déclarent n'avoir pas reçu cette somme. Mieux sur le site de Gobelet par exemple, il se trouve que loin d'être une installation illégale pour l'ensemble des habitants, certains justifient bien de documents administratifs de propriété. C'est du reste ce que soutient le porte-parole du chef de Gobelet, M. Douamba Boukary qui estime que cette opération cache une tentative d'expropriation. Ce qui met naturellement en colère la troupe qui n'entend pas se laisser faire. Mais en attendant de tirer au clair cette confusion administrative, ce sont des milliers de personnes déjà déguerpis qui broient du noir. Certains ont trouvé refuge à l'église Cma mais leurs conditions de vie restent déplorables. D'autres dorment tout simplement à la belle étoile. C'est une galère indescriptible d'autant plus que leurs enfants, des milliers d'écoliers ont aussi vu leurs établissements scolaires détruits. Une année scolaire compromise.

Parmi ces déguerpis la communauté burkinabè compte pour plus de 80%. Ces derniers attendent en vain depuis dix jours l'assistance de leur ambassade et de leur consulat général. Mais en réalité, la représentation diplomatique burkinabé en Côte d'Ivoire n'a pas de solution pour ses déshérités. L'action sociale y étant défaillante. Pourtant face un tel drame humain l'on attendait du Comité de solidarité internationale pour le Burkina Faso (Cosib) une réaction dans la prise en charge. La charité bien ordonnée, dit-on, commence par soi-même. C'est bon de demander à la diaspora de cotiser pour aller soigner les victimes de l'insurrection populaire à Ouagadougou. Mais ce serait encore mieux d'œuvrer à redonner un minimum de dignité humaine à ces déguerpis qui ont perdu tout repère.

Sir Alfred (bayiri.com)

05:50 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITÉ SOCIALE INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Conditions de vie en milieu carcéral du Nord : la direction des droits humains réconforte les détenus

 

La direction des droits humains réconforte les détenus

Ouahigouya, (AIB)- Soucieux des conditions de vie et de détention des prisonniers, les responsables de la direction régionale en charge des droits humains du Nord ont fait le tour des bagnes de la région pour un constat. Ils ont fait le bilan de leur randonnée, le 26 février 2015 à Ouahigouya.

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S'imprégner des conditions de vie et de détention des pensionnaires des geôles et y apporter un appui moral et matériel, tel a été l'objectif général qui a guidé les responsables des droits humains du Nord dans leur projet. Convaincus que la vie en milieu carcéral est toujours malaisée, ils ont décidé de faire la ronde des quatre provinces de la région en vue de constater de visu l'état dans lequel les prisonniers sont gardés. Cette démarche, à les entendre, entre en droite ligne des objectifs de promotion et de protection des droits de la personne humaine poursuivis par leur direction. Ainsi, le périple les a conduits en fin décembre 2014 et en fin janvier 2015 dans dix lieux de détention dont les Maisons d'arrêt et de correction (MAC) de Yako et de Ouahigouya. En outre, les brigades de gendarmerie et les commissariats de police des quatre chefs-lieux de province ont été inspectés par les techniciens des droits humains. La visite a consisté, selon le responsable de l'activité, Sidiki Nacanabo, à s'entretenir avec les détenus ainsi que le personnel des lieux autour de leurs préoccupations et à leur apporter du soutien moral, à travers des conseils, et matériel, notamment des vivres. A ce qu'il dit, exceptées les deux maisons d'arrêt et de correction, aucune personne gardée à vue n'a été trouvée chez les pandores et les flics. Même si dans l'ensemble, les visiteurs ont jugé acceptables les conditions de détention des pensionnaires des deux MAC, il n'en demeure pas moins que des efforts restent à faire. Entre autres fausses notes, M. Nacanabo a relevé des cas de malades en manque de soins adéquats, l'absence d'hygiène dans certaines cellules, le manque de mur d'enceinte à la MAC de YaKo et de véhicule pour le transport des détenus à Ouahigouya. Toutefois, les visiteurs ont tenu à réconforter les prisonniers en leur prodiguant des conseils fort utiles pour le reste de leur séjour et leur réinsertion future dans la vie sociale. Quant aux différents personnels des lieux de détention, ils ont reçu le même message d'encouragement et ont eu un petit cours de recyclage sur les droits et devoirs des détenus. Revigorés par cette visite, les hôtes ont, à en croire les organisateurs, loué la démarche et souhaité que de telles initiatives soient renouvelées. C'est pourquoi, les visiteurs ont estimé avoir atteint leurs objectifs. ‹‹ Nous avons été bien accueillis partout où nous sommes passés ››, s'est réjoui M. Nacanabo. En vue de garantir aux prisonniers un séjour en toute quiétude dans les geôles du Nord, les organisateurs de la visite ont recommandé aux plus hautes autorités du Burkina une clôture pour la MAC de Yako, un véhicule de transport pour les détenus de la MAC de Ouahigouya, la fourniture substantielle des prisons en produits médicaux, etc.

 

Mady KABRE

05:38 Écrit par Thieni hama dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer