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2017.12.13

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

L’ONG Christian Relief and Development Organization (CREDO) a commémoré en différé le samedi 09 décembre 2017 dans la commune de Bama, la Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE). À travers cette commémoration, l’occasion a été offerte aux enfants des communes d’intervention de l’ONG CREDO à savoir SATIRI, KOUROUMA et BAMA, de faire un plaidoyer auprès des autorités communales pour un plus grand engagement dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso.

Journée Internationale des Droits de l’Enfant (JIDE) : L’ONG CREDO s’engage dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’organisation en différé de la Journée Internationale de l’Enfant 2017 à BAMA par l’ONG CREDO, s’inscrit dans le cadre de son projet RAPPDE (Responsabilisation des Acteurs pour la Promotion et la protection des Droits de l’Enfant) financé par l’ONG suédoise ERIKS.

Selon le directeur de programme de l’ONG CREDO, Tora Séverin, « CREDO a inscrit l’enfant au centre de ses interventions et de plus en plus nous sommes dans la dynamique de la promotion et de la protection des droits de l’enfant ». C’est pourquoi, les responsables de ladite structure n’ont pas voulu rester en marge de la commémoration de la journée internationale des droits de l’enfant. Ainsi, ils se sont évertués à honorer cette journée en mobilisant tous les acteurs, les enfants, les autorités administratives, coutumières et religieuses afin de célébrer l’enfant.

Le thème retenu cette année était « la responsabilité des acteurs dans la lutte contre les grossesses en milieu scolaire ». Pour le directeur de programme, le choix de ce thème se justifie par le contexte particulier de la multiplication des cas de grossesses précoces dans la zone d’intervention du projet. Cette situation s’explique par l’indisponibilité des informations et d’éducation sexuelle, les mariages forcés et précoces, les abus sexuels, l’indisponibilité des contraceptifs, etc.

« Nous avons choisi ce thème parce que la problématique est assez sérieuse. Il y a de plus en plus des cas de grossesses en milieu scolaire. Les filles qui n’ont pas encore l’âge de se marier ou encore en pleine étude se retrouvent avec une grossesse. Cela cause un problème pour ces dernières car la plupart n’arrivent pas à poursuivre leurs études et nous, nous sommes farouchement contre cette pratique », a-t-il laissé entendre.
C’est ainsi que le CREDO s’est engagée auprès des trois communes (Satiri, Bama et Kourouma) par la mise en place des « ambassadeurs des enfants » qui sont la pour lutter pour la protection de l’enfant. Mais aussi par la mise en place des « organes communautaires de veille » qui veillent à ce que les droits des enfants soient respectés dans ces différentes communes.

L’objectif principal de la célébration de la JIDE était donc de favoriser l’éveil des consciences sur l’ampleur de la problématique des grossesses précoces en milieu scolaire.
Au cours de cette célébration, il s’est agi plus spécifiquement de provoquer les réflexions sur les causes profondes du phénomène des grossesses en milieu scolaire et dégager ainsi des solutions, d’interpeller les acteurs communautaires sur leur rôle et responsabilité dans la lutte contre le fléau, mais aussi de créer un cadre de loisir, d’apprentissage et d’expression des talents des enfants.

La journée a été ponctuée dans un premier temps par l’organisation des activités de loisirs. Ces activités ont consisté en des compétitions intercommunales de danse, dessins, poèmes, théâtres qui a porté sur le thème « les grossesses en milieu scolaire ».

Chaque commune a choisi son représentant pour chaque discipline et les meilleurs (dans chaque discipline) ont été récompensés. Cette année, c’est la commune de Kourouma qui a remporté les premiers prix en danse et en théâtre.
Les membres du jury composé de trois personnes n’ont pas manqué de faire quelques remarques. La présidente du jury, Madame Traoré/Konaté Madjouma a d’abord remercié l’ONG CREDO pour avoir organisé ce concours au profit des enfants.

Elle a affirmé que ces activités aident les enfants à s’épanouir ; avant de donner les critères de notation. « Les enfants ont présenté leur talent dans le théâtre et la danse et le jury s’est basé sur plusieurs critères pour les notations. Notamment sur le nombre de personnes qui est estimé au maximum à huit personnes, l’occupation scénique, la prestation, le message véhiculé, l’attraction du public et surtout sur le temps en ce qui concerne le théâtre. Les mêmes critères étaient observés au niveau de la danse mais nous avons maximisé sur le décor », a expliqué la présidente du jury.

Par ailleurs cette journée a été marquée également par une cérémonie officielle ponctuée de discours et de remise de prix aux acteurs des trois communes qui se sont démarqués par leurs actions en faveur des enfants. Un prix d’excellence a été également accordé aux meilleurs élèves au CEPE 2017 et aux meilleurs enseignants des trois communes d’intervention.

Au cours de cette cérémonie, l’occasion a été offerte aux enfants des communes d’intervention de l’ONG CREDO de faire un plaidoyer auprès des autorités communales pour un plus grand engagement dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso. Ainsi, les acteurs notamment les autorités administratives et communales, ont pris l’engagement de s’impliquer dans la promotion et la protection des droits de l’enfant au Burkina Faso. Une invite a été faite à tous les acteurs (commune, parents, enseignants, agents de santé, police, …) à jouer leur rôle de responsabilité dans la lutte contre le fléau des grossesses surtout en milieu scolaire.
La commémoration de cette JIDE, s’est clôturée par des prestations d’artistes et surtout par l’animation de la troupe de danse des enfants de Bobo et des humoristes qui ont émerveillé le public sorti nombreux.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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2017.12.11

Le suicide: un autre mal silencieux de l’Afrique

Le suicide: un autre mal silencieux de l’Afrique

 

Le suicide est une urgence qui est loin d’être exclusivement occidentale. Touchant la quasi-totalité des zones géographiques, des couches sociales, des jeunes aux adultes, le suicide interpelle aussi les sociétés africaines et exige qu’on lui consacre de véritables moyens de lutte.

Le suicide interpelle aussi les sociétés africaines et exige qu’on lui consacre de véritables moyens de lutte

Le suicide est le cheminement qui va de l’intention d’en finir avec l’existence au passage à l’acte. Il est un processus personnel qui n’est pas aisé de détecter et pour de nombreuses familles l’étonnement vient souvent se mêler au désarroi après une tentative de suicide. Il est difficile de trouver l’élément déclencheur ou le facteur déterminant – celui qui a finalement poussé à franchir le point de non-retour. Ainsi, le suicide pousse à la remise en question et au questionnement du fonctionnement même des sociétés, des modèles de développement avec les modes de vie, les conditions de travail, l’individualisme qui se construisent et se structurent. C’est un appel à remettre l’individu au cœur des préoccupations et au centre des intérêts.

En Afrique, la question du suicide est très vite éclipsée par le terrorisme et les conflits post-électoraux, sans doute parce que le suicide tue loin des caméras et du sensationnel, à l’abri des regards qui n’osent voir et des voix qui préfèrent se taire, par pudeur ou par honte. C’est donc un sujet tabou dans son essence et dans sa manifestation. De nombreuses coutumes considèrent que le suicide est une malédiction ou un acte de sorcellerie. Ainsi il est plus facile de parler d’«accident» pour dire «suicide». Le mot étant banni, voire proscrit dans de nombreuses familles africaines, il est plus compliqué d’estampiller un suicide comme tel, d’où sans doute l’extrême difficulté à obtenir des statistiques officielles et régulières.

A l’heure où l’Occident, confronté à une série de suicides collectifs chez les adolescents, s’active et met en place des structures capables d’anticiper, de prévenir et de répondre à ces détresses humaines, l’Afrique, quant à elle, se réfugie derrière une lourde opacité indicible et un refus clair de communiquer sur un problème majeur. Pourtant, le suicide affecte les familles africaines, en particulier des adolescents qui quelquefois semblent perdus dans la quête de leur identité.

L’un des moyens couramment utilisés pour en finir avec la vie consiste à prendre les médicaments comme les analgésiques, toxiques en doses excessives

Autrefois assez rare, le suicide est devenu fréquent en Afrique. Il serait la résultante de l’émergence des facteurs économiques (le chômage, la pauvreté) et socio-démographiques (chez les jeunes: la carence parentale, les abus de drogues et d’alcool, maladies graves, la solitude). Les pressions psychologiques sont aussi déterminantes: l’infertilité ou la fornication (la perte de virginité avant le mariage chez les jeunes filles) dans des sociétés africaines à la fois imprégnées de valeurs traditionnelles et religieuses, n’est pas simple à assumer. Afin d’éviter la honte (le déshonneur familiale par exemple), la mort – le suicide – est souvent une alternative. Le manque de solidarité, l’affaiblissement du «soutien social» naguère l’une des caractéristiques du continent, ne permet plus la protection contre l’éventualité du suicide. Les hommes sont désormais des îlots, et les jeunes africains en détresse se retrouvent trop souvent seuls et face à eux-mêmes. En fait les causes du suicide sont multiples et légion: la perte d’un être cher, une rupture amoureuse ou des ennuis personnels, les difficultés professionnelles, l’isolement social, l’échec académique ou scolaire, les sévices sexuels.

Les moyens les plus couramment utilisés pour «en finir» avec la vie sont variés, des pesticides aux armes blanches (couteaux, lames, ciseaux, etc.), en passant par la pendaison et les médicaments comme les analgésiques, toxiques en doses excessives.

Le suicide demeure un acte considéré comme une souillure, quelque chose d’impropre et de malsain.

Dans une Afrique où la jeunesse cherche à s’émanciper du poids des traditions en allant s’enfermer dans l’occidentalisation à outrance des comportements, sans repères, elle est aussi victime d’une overdose de l’internationalisation et la sublimation du chagrin.

Le suicide ne devrait plus être le dernier grand tabou africain. Il est donc temps de lever l’omerta sur ce fléau qui constitue un frein, un autre, au développement de l’Afrique. Libérer la parole est le premier moyen de lutte contre le suicide. A ce titre, les autorités compétentes devraient réfléchir à la mise en place de programmes de prévention et d’anticipation du suicide.

Toute chose qui nécessite la formation d’agents de santé, l’identification et le traitement des personnes potentiellement fragiles ou à risque. Il s’agit d’instaurer une relation de confiance entre la personne «à bout» et des agents compétents. Ce qui est sûr, il faut d’urgence intensifier et coordonner l’action au niveau du continent pour éviter ces morts inutiles. Et le départ prématuré de jeunes dont l’Afrique a le plus grand besoin.

Théophile MONE(lesechosdufaso)

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Comment devenir assistante sociale ?

Comment devenir assistante sociale ?

Aujourd'hui, le métier d'assistante sociale intéresse un grand nombre. Si auparavant, il ne concernait que les femmes, le personnel des services sociaux compte actuellement des hommes qui représentent environ le dixième de l'effectif. Avant de pouvoir intégrer ce secteur d'activité, le candidat doit suivre une formation spécifique. Il doit être capable de s'adapter à toutes les situations et d'adopter la meilleure attitude face à chaque cas social. Le métier d'assistante sociale présente des perspectives d'évolution intéressante. Lorsque le travailleur a acquis une solide expérience, il pourra occuper des postes de directeur au sein des différents établissements qui œuvrent dans le domaine du social. L'assistante sociale peut également intégrer d'autres fonctions spécialisées comme médiateur familial, délégué à la tutelle, surintendant d'usine ou encore conseiller conjugal.

 

Le métier d'assistante sociale consiste à venir en aide aux personnes ayant des difficultés sociale, économique, psychologique et/ou intellectuelle. C'est une activité très honorable parce que le professionnel travaille pour améliorer les conditions de vie des plus démunies et pour protéger les plus faibles. Le métier d'assistante sociale tente un grand nombre de bacheliers ou d'individus qui souhaitent s'investir dans les causes humanitaires. Certains sont plutôt attirés par la prospérité et le développement de ce secteur d'activité. Ils espèrent ne jamais être confrontés au chômage et veulent assouvir leur ambition de grande carrière. Il est certain que le métier d'assistante sociale présente des perspectives d'évolution notables, mais il faut connaitre certains détails concernant le travail en lui-même avant de s'inscrire à une formation professionnalisante, dans le but d'exceller dans ce secteur d'activité. Découvrez ce métier qui nécessite de bonnes qualités morales et humaines et une grande prédisposition pour en garantir la réussite.

Les formations requises pour exercer le métier d'assistante sociale

Comme toute activité professionnelle, le métier d'assistante sociale requiert une qualification bien définie : il faut un DEASS (diplôme d'État d'Assistant de Service social). Pour obtenir ce diplôme, la personne intéressée peut choisir entre deux formations. S'il vient de passer son Baccalauréat, elle peut se présenter à un concours afin d'intégrer une école spécialisée. Cette formation dure trois ans. Il est également possible de faire des études de deux ans pour décrocher un DUT de carrières sociales option assistante sociale, avant d'entamer une formation supplémentaire d'une année en vue d'acquérir le diplôme d'État. Quel que soit le type de formation choisi, il faut toujours trois ans pour avoir le DEASS (diplôme d'État d'Assistant de Service social). Ce diplôme d'État peut être préparé en suivant une formation dans la filière de développement social de l'IUP aménagement et développement territorial de l'université Paris XIII.

Les qualités essentielles pour exercer le métier d'assistante sociale

Le métier d'assistante sociale requiert aussi une grande maitrise de soi et une faculté d'adaptation à toutes les situations sociales à coordonner. Tout d'abord, l'assistant social doit avoir un bon équilibre personnel pour qu'il puisse faire face à toutes les épreuves. Il doit aussi être capable de faire la part des choses en restant toujours professionnel. Il convient alors d'éviter de s'investir émotionnellement tout en éprouvant de la compassion pour rester efficace dans la gestion de toutes sortes de situations. L'assistant social doit à la fois faire preuve de souplesse et fermeté. Pour bien réussir, le professionnel doit également avoir une bonne capacité de communication et du tact. Le métier d'assistante sociale mène souvent au-devant de litiges et de problèmes difficiles et l'intervention de l'assistant de services sociaux doit aider à arranger les choses. Il est tenu d'avoir une aisance relationnelle, une grande capacité d'écoute en étant très attentif à tous les détails afin de mieux comprendre le cas social et d'effectuer une analyse qui permettra de dénouer les difficultés avec succès. Il doit aussi faire preuve d'une grande indulgence. Pour pouvoir exceller dans le métier, l'assistante sociale devrait avoir le sens des responsabilités, une bonne culture générale et devrait être capable de travailler en équipe.

Autre point essentiel, le métier d'assistante sociale requiert une grande disponibilité : les horaires ne sont pas fixes et les déplacements sont fréquents. On peut en déduire que devenir assistante sociale n'est pas à la portée de tous. En effet, il s'agit plus d'une vocation que d'un simple métier.

Le rôle de l'assistante des services sociaux

Le rôle de l'assistante sociale consiste à approcher les individus, les familles ou les groupes de personnes en difficulté afin de les aider à recouvrer leur bien-être en facilitant leur insertion sociale et en favorisant leur autonomie. Pour ce faire, le professionnel doit tout d'abord aborder et écouter ses clients ou les bénéficiaires d'aides sociales pour comprendre leur situation. Ensuite, il effectue une analyse détaillée du cas à traiter avant d'élaborer un plan d'intervention selon une méthodologie spécifique. Enfin, il s'attèle à l'évaluation des résultats de ses actions pour savoir si ses objectifs sont atteints. Le champ d'intervention de l'assistant social est très vaste. Il peut aider n'importe quel individu : enfant, adolescent, adulte à la recherche d'emploi ou ayant du mal à gérer ses revenus, personnes âgées dépendantes ou atteintes de maladies de vieillesses. L'assistant de service social peut jouer le rôle de médiateur et résoudre un litige conjugal ou familial. Il est également apte à travailler en tant qu'expert ou ingénieur sociaux au sein de certaines institutions publiques (communes, départements, État), d'établissements de sécurité sociale, d'associations ou dans les entreprises privées qui veulent que leurs employés soient soutenus et accompagnés dans toutes les démarches sociales.

Les perspectives d'avenir du métier d'assistante sociale

Le métier d'assistante sociale présente des perspectives d'avenir notables. Lorsque l'employé acquiert une certaine expérience professionnelle, il peut occuper des postes intéressants en devenant, par exemple, directeur d'organismes sociaux. Il doit suivre une formation continue pendant un an ou travailler pendant trois à quatre ans avant de décrocher le CAFDES (certificat d'aptitude à la fonction de directeur d'établissement social). Lorsque l'assistante sociale obtient ce certificat, elle peut œuvrer en tant que directrice dans plusieurs établissements de services sociaux : maisons d'accueil pour personnes âgées, centre d'hébergement social, centre d'aide par le travail, établissement pour enfants. L'assistante sociale peut également devenir surintendante dans une société ou assurer des fonctions spécialisées telles que conseillère conjugale, médiateur familial, délégué à la tutelle après avoir suivi une formation de spécialisation

(http://www.libertalia.org/metiers/metiers-social/le-metier-d-assistante-sociale.html#)

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Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

 

Il faut être égoïste pour bloquer le fonctionnement d’un service ou d’un pays lorsqu’on revendique de meilleures conditions de vie et de travail. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Roch, le quotidien de la nation est rythmé par ces types d’actions sous le regard étonnant du gouvernement.

Les leaders du Synafi (photo d’archives)

Lorsque les agents du Trésor organisaient leur sit-in de 8h à 14h dans les locaux de la Direction générale du Trésor, ils empêchaient de nombreux contribuables d’accéder au bâtiment pour effectuer leurs opérations. Des marchés publics n’ont pas été attribués durant la période. Des paiements à des entreprises prestataires de travaux n’ont pas été effectués.

Les agents des Impôts durant leur grève ont empêché que des citoyens paient leurs impôts et taxes.

Le personnel de la santé a laissé les malades à leur sort pendant sa grève. Dieu seul sait le nombre de morts qu’il y a eu suite à ce mouvement. Actuellement, des étudiants se réclamant de l’ANEB refusent que leurs camarades suivent les cours parce qu’ils seraient en grève pour exiger la levée de la suspension d’un étudiant qui a violenté son camarade.

Les responsables du SNAID lors d’une conférence de presse

Les enseignants, pour exiger la satisfaction de leur plateforme, poussent les élèves dans la rue. Ceux-ci bloquent les axes routiers et empêchent d’autres citoyens qui voyagent dans le cadre professionnel, familial et sanitaire de passer. Parce que tout ce beau monde revendique, le pays doit arrêter de fonctionner.

Ces mouvements contribuent à ralentir l’activité économique du pays. Pourtant, c’est sur la base des impôts et taxes que les salaires, primes et indemnités sont payés.

C’est sur la base des impôts et taxes que le fonctionnement des structures syndicales est financé par le budget national. La Bourse du travail a été construite à près de 1,5 milliard de F CFA sur des fonds publics, c’est-à-dire l’argent que tous les Burkinabè contribuent à mobiliser. Les organisations syndicales reçoivent chaque année une subvention au même titre que les partis politiques mais les syndicats n’en parlent jamais. En 2016, des informations sur une dotation en carburant d’un syndicat de l’Éducation ont circulé. Pour le gouvernement, cette dotation avait pour but de contribuer aux dépenses de fonctionnement du syndicat. Malgré tout, les syndicats de la Fonction publique se comportent comme s’ils ne recevaient pas de l’argent public.

Cette Fonction publique ne contribue qu’à 20% du Produit intérieur brut (PIB). Même la contribution du secteur informel, évaluée à 30%, dépasse celle de la Fonction publique.

A l’université les étudiants s’affrontent

C’est aussi grâce à l’impôt sur les salaires que les travailleurs du privé mobilisent que les salaires sont payés à bonne date dans le public. En 2016, sur près de 82 milliards de F CFA d’impôts payés sur le salaire au Burkina, la part des agents publics ne dépassaient pas 12 milliards de F CFA. C’est dire que ce sont leurs collègues du privé qui ont mobilisé les 70 milliards de F CFA.

Il faut qu’entre Burkinabè on se regardent en face et que l’on se dise certaines vérités.

Va-t-on continuer à utiliser l’argent que les autres mobilisent pour les salaires des agents publics pendant que ces mêmes grévistes réclament des routes, la gratuité de l’école et des soins, de l’eau potable, de l’électricité, etc.?

L’attitude des syndicats qui revendiquent avec arrogance et mépris des autres citoyens commence à exaspérer les Burkinabè avec des risques d’affrontement.

Une bastonnade a eu lieu à l’université contre des étudiants qui refusent de suivre le mot d’ordre de boycott des cours de l’ANEB.

Des élèves, à Tita, ont été bastonnés par des militaires dont le convoi a été arrêté par des d’élèves. Petit à petit, on bascule dans la violence. Une violence qu’aucun syndicat, aucune organisation de la société civile ou de défense des droits humains ne dénonce.

A. K.(lesechosdufaso)

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Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina: la CONAMEM forme les hommes de média

Lutte contre le mariage d’enfants au Burkina: la CONAMEM forme les hommes de média

La Coalition nationale contre le mariage d’enfants au Burkina (CONAMEB), avec le soutien de l’UNICEF a animé un point de presse ce vendredi 24 novembre 2017 à Ouagadougou. Ce point de presse, qui s’est tenu au lendemain d’un atelier d’information au profit des hommes de médias sur la problématique les 22 et 23 novembre, vise à renforcer les capacités de la presse pour une contribution efficace dans la lutte contre la pratique du mariage d’enfants au Burkina.

Le présidium lors de la conférence de presse

Au Burkina Faso, le mariage d’enfants menace de nombreuses filles scolarisées ou non scolarisées. Ce phénomène est endémique dans tout le pays et particulièrement dans les zones rurales à savoir le Sahel (76 %), l’Est (72%), le Centre-Nord (62%), les Cascades (60%) et la Boucle du Mouhoun (57%). Parmi les 10 pays africains les plus touchés par ce phénomène, le Burkina Faso occupe la 6ème place dont 10% des femmes ont été mariées avant l’âge de 18 ans.

Les journalistes présents à la conférence de presse

La CONAMEB, qui a vu le jour en novembre 2013, est un regroupement d’organisations de la société civile légalement reconnues intervenant dans le domaine des droits humains en général et en particulier ceux des femmes, des filles et des enfants. Sa principale mission est d’œuvrer à l’élimination du mariage d’enfants au Burkina Faso en luttant pour l’effectivité des droits de l’enfant à travers l’influence des politiques et la mobilisation de la diversité des acteurs au plan national et international.

Madame Lougué Hortense, directrice générale de l’Association d’appui et d’éveil Pougsada; par ailleurs coordonnatrice de la CONAMEB

Face à cette situation qui interpelle, la Coalition, en partenariat avec l’UNICEF, veut contribuer à l’élimination de cette pratique néfaste qu’est le mariage d’enfants. C’est pourquoi, des actions fortes pour mobiliser les différents acteurs, notamment les médias, les décideurs et les communautés s’avèrent nécessaires.Dans le cadre de ses activité d’accompagnement de l’Etat, la CONAMEB a initié quatre (4) activités dont une formation des hommes de médias qui s’est tenue les 22 et 23 novembre 2017 afin de donner une large information sur la problématique.

Pour Madame Lougué Hortense, Directrice générale de l’Association d’appui et d’éveil Pougsada, par ailleurs coordonnatrice de la CONAMEB, il est prévu un atelier de formation des organisations membres sur les techniques de plaidoyer et un plaidoyer de haut niveau en direction de l’Assemblée nationale pour accélérer l’adoption du Code des personnes et de la famille en révision qui fixerait l’âge légal du mariage à 18 ans pour les garçons ainsi que pour les filles .

Omar Idogo(lesechosdufaso)

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L’escroquerie sentimentale: une autre réalité sociale

L’escroquerie sentimentale: une autre réalité sociale

Le mariage repose principalement sur l’échange des consentements au moment de sa célébration. Il s’agit de deux personnes (homme et femme) qui décident de convoler en noce par amour mutuel. Objectif, se prendre pour mari et femme, avec la ferme volonté de partager une vie de couple. Mais il arrive que l’une des personnes trompe l’autre sur ses sentiments amoureux réels.

Il s’agit d’une dissimulation de sentiment, d’un abus de l’autre, d’une escroquerie sentimentale…

De plus en plus de gens s’adonnent à cette pratique à cœur joie, peu importe la déception que ce comportement ignominieux crée chez leur partenaire. Une cruauté qui peut pourtant blesser toute une vie entière.

Mais que faire quand ce faux jeu de sentiments entache votre mariage?

Qu’il est cruel de se sentir floué en sentiment

L’homme est ondoyant et divers, dit-on. Aussi, il arrive que par intérêt égoïste bien calculé et parce qu’elle veut exploiter la situation financière ou sociale de son futur conjoint, une personne se prétend amoureuse et sincère.

Dans un contexte social marqué par le chômage, l’individualisme et la hargne de réussir à tout prix, flouer, décevoir et trahir les autres sont devenus, malheureusement, des comportements quotidiens. Toute chose qui ne manque pas de susciter des déceptions sentimentales parfois extrêmes à même de pousser à la paranoïa, à la folie ou au suicide.

Ces unions frauduleuses doivent être dénoncées et enrayées. Mais dans nos sociétés de droit, de liberté et de suffisance, quand deux personnes sont amoureuses, elles n’écoutent plus, n’entendent plus et n’acceptent pas les conseils des amis et des proches. Elles manquent cruellement de discernement. «Jupiter ne rend-il pas fou et amoureux ceux qu’il veut perdre?»

C’est pourquoi d’ailleurs être victime d’une escroquerie sentimentale ne relève en aucun cas de la responsabilité de M. le maire ou de ses adjuvants. Contracter puis signer un acte de mariage relève de la seule volonté des personnes à s’unir avec les personnes de leur choix.

La responsabilité de l’officier l’état-civil (le maire ou son adjoint) peut être engagée uniquement si des mentions obligatoires n’apparaissent pas dans l’acte de mariage.

Ainsi, s’il y a escroquerie au mariage, cela relève uniquement de la compétence de la justice. Et il vous revient de prouver qu’il y a escroquerie en la matière. Un exercice périlleux et difficile.

La procédure en annulation de mariage est-elle la panacée?

Il est difficile sinon indécent de conseiller une personne de divorcer. Mais lorsqu’on est grugé, il apparaît normal de se battre pour réparer le préjudice subi. Au-delà de la longue procédure à laquelle il faut consentir pour annuler un mariage, il faut de réelles raisons et surtout beaucoup de preuves.

Ceci étant, lorsqu’on se rend compte qu’un partenaire s’est payé notre naïveté parce qu’il est un escroc ou un manipulateur, la priorité est à la séparation afin de se reconstruire et de retrouver la sérénité. Car comme dit le dit si bien l’adage, «il vaut mieux vivre seul, que d’être mal accompagné». Ce qui ne signifie pas vengeance et haine qui sont de mauvaises conseillères.

En attendant, avant de s’engager à vivre toute la vie avec une personne, il faut toujours ouvrir l’œil et le bon et surtout, écouter humblement les conseils de ceux qui vous aiment vraiment: papa et maman.

Théophile MONE (lesechosdufaso)

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Transmission mère-enfant du VIH : le clap de départ des activités pour son élimination lancé à Ouahigouya

Transmission mère-enfant du VIH : le clap de départ des activités pour son élimination lancé à Ouahigouya

Le ministère de la santé a procédé au lancement officiel des activités de mise en œuvre du Plan d’urgence pour l’accélération de la réponse au VIH et du plan d’élimination de la transmission mère-enfant du VIH (2017-2020). A l’occasion, Sika Kaboré , ambassadrice de bonne volonté a invité toutes les couches à s’impliquer pour stopper la transmission mère enfant du VIH s’ici 2020. C’était ce vendredi 8 décembre 2017 dans l’enceinte du CSPS de Zoodo de Ouahigouya.


C’est dans cette dynamique que le secrétariat permanent du comité national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) en collaboration avec l’ONUSIDA et l’UNICEF, ont élaboré le Plan d’urgence pour l’accélération de la réponse au VIH. Dans cette optique, la question de la transmission mère enfant est si préoccupante que ce plan vise à mettre 100% des femmes enceintes séropositives vues en consultation prénatale sous traitement anti rétroviraux, toute chose qui permettra d’éviter qu’un enfant ne vienne au monde malade du VIH.

Le prix « SNU : UNICEF/ONUSIDA/OMS » pour l’élimination de la TME

Pour la représentante résidente de l’UNICEF au Burkina Faso, Anne Vincent, l’épidémie de l’infection au VIH touche particulièrement les femmes, les enfants et les jeunes. Et l’un des défis majeurs à relever est la réduction de la transmission résiduelle mère-enfant (TME) du VIH de 8,2% en 2016 au Burkina. Si des résultats stratégiques sont à noter, l’adoption du plan d’élimination de la TME par le Gouvernement burkinabè, permettra d’avoir bon espoir quant au recul de l’épidémie d’ici 2030. « Le système des nations unies reste engagé à accompagner la lutte contre la VIH-SIDA, et dans la même lancée les acteurs clés de la lutte seront particulièrement encore soutenus » dira Anne Vincent. Elle a donc déclaré qu’en partenariat avec le ministère de la santé, des efforts seront faits pour la visibilité aux districts ayant de meilleurs résultats dans l’élimination de la TME d’où l’institution du prix « SNU : UNICEF/ONUSIDA/OMS » pour l’élimination de la transmission Mère- enfant du VIH.

La lourde responsabilité d’être avocate pour la santé de la mère et de l’enfant

Nouvelle ambassadrice de bonne volonté depuis le 26 octobre 2017, Sika Kaboré affirme être consciente de la lourdeur de la tâche que lui confie l’ONU-SIDA dans le cadre de l’élimination de la TME au Burkina Faso. Sika Kaboré confirmera son engagement d’ambassadrice en indiquant qu’ elle est engagée en tant que membre de l’Organisation des premières dames de l’Afrique contre le SIDA à lutter contre ce fléau pour y mettre un terme d’ici 2030. La première Dame e déclaré qu’elle mettra à profit ses capacités et son expérience de mobilisation au profit de la lutte contre le VIH et a demandé la contribution des autorités centrales et locales, des chefs religieux, coutumiers, des personnels de santé.

Dans sa volonté d’accompagner toujours la lutte , l’ambassadrice de bonne volonté a déclaré qu’elle offre la somme de deux cent mille francs(200 000) F CFA à la meilleure écoles de la région dans le cadre d’un jeux radiophonique inter-écoles sur la santé organisé par la direction régionale de la santé du Nord. Une remise de produits entrant dans le cadre des activités de la lutte contre la TME et la visite des locaux de la maternité Zoodo a mis fin à la cérémonie qui a mobilisée particulièrement les femmes.

Yann NIKIEMA
Lefaso.net

« Je déclare officiellement lancée la mise en œuvre des activités pour l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant pour que plus jamais, un enfant ne naisse ou meurt avec le SIDA au Burkina Faso » a signifié l’ambassadrice de bonne volonté, Sika Kaboré lors de la cérémonie. Le ministre de la santé, Pr Nicolas Méda, dans son allocution a affirmé que les actions de lutte contre la maladie (VIH/SIDA) a donné des résultats satisfaisants au cours des dernières années selon le rapport ONUSIDA 2016, mais l’infection au VIH demeure un problème de santé publique au Burkina Faso.

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Droits des enfants et des jeunes en Afrique : Plan International et BØRNEfonden se donnent la main

Droits des enfants et des jeunes en Afrique : Plan International et BØRNEfonden se donnent la main

Plan International Danemark et l’organisation de développement danoise BØRNEfonden vont fusionner pour renforcer leur impact sur les droits des enfants et des jeunes en Afrique.


Droits des enfants et des jeunes en Afrique : Plan International et BØRNEfonden se donnent la main

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plan International Danemark, ONG leader pour les droits des filles, et BØRNEfonden, organisation de développement danoise œuvrant en faveur des enfants et des jeunes vont fusionner dans le but de renforcer leur impact sur les enfants et les jeunes vulnérables en Afrique de l’Ouest.

En unissant leurs forces, ces organisations sont convaincues qu’elles pourront faire davantage pour défendre les droits des enfants, l’égalité entre les filles et les garçons, ainsi que le développement de communautés fortes et résilientes pour les enfants et les jeunes les plus marginalisés dans les pays en développement.

« Il s’agit d’une très bonne opportunité innovante et enthousiasmante que de s’appuyer sur le meilleur des deux organisations, avec leurs forces et leurs capacités complémentaires et distinctives », ont déclaré Christine Bosse, présidente de BØRNEfonden, et Allan Fenger, président de Plan International Danemark, dans une déclaration conjointe.

« Ensemble, nous pouvons faire plus là où le besoin est le plus important, en donnant une voix aux enfants, en particulier aux filles, et en travaillant sur les normes sociales pour le meilleur. Nous allions l’action locale et l’action globale. Nous sommes plus forts ensemble. »

Plan International Danemark fait partie de Plan International, qui est l’une des plus grandes organisations humanitaires et de développement au monde pour la promotion des droits des enfants et de l’égalité des filles, avec un budget annuel de plus de 850 millions d’euros. Elle est active dans 73 pays.

BØRNEfonden est une organisation de développement danoise qui soutient les enfants, les jeunes et leurs familles et communautés au Bénin, au Burkina Faso, au Mali et au Togo. Elle met l’accent sur la santé et l’éducation des enfants, ainsi que sur l’accès à l’emploi, l’entreprenariat et l’autonomisation des jeunes. Chaque année, les programmes de BØRNEfonden bénéficient à trois millions de personnes en leur donnant les moyens de se construire un avenir meilleur.

En s’associant, les organisations sont convaincues qu’elles peuvent induire des changements concrets pour les enfants à l’heure des Objectifs de développement durable (ODD). Pour la première fois dans l’histoire, les ODD donnent au monde l’occasion de mettre fin à la pauvreté extrême en l’espace d’une génération, en réalisant les droits de tous les enfants et en libérant le potentiel des filles.

Mme Bosse a déclaré : « L’identification d’un partenariat susceptible de soutenir nos objectifs et de donner plus de poids à notre impact a toujours fait partie intégrante de la stratégie de BØRNEfonden. En combinant nos ressources et notre expertise, nous pouvons renforcer notre efficacité à l’échelle locale en Afrique. Un tel besoin n’a jamais été aussi bien ressenti. Il ne suffit pas de faire des déclarations d’intention, il faut agir.

Ensemble, nous serons la voix la plus forte pour les enfants et les jeunes dans ces pays - et nous avons l’intention de faire une plus grande différence. Nous devons cela aux enfants et à nos parrains et donateurs fidèles qui procurent des financements permettant d’opérer des changements dans les vies des enfants et des jeunes. »

La nouvelle organisation - Plan BØRNEfonden – sera intégrée à la famille Plan International, qui deviendra ainsi la plus grande organisation de développement privé au Danemark, avec plus de 70 000 enfants parrainés.

« Nous devons créer des opportunités pour les jeunes, afin qu’ils ne soient pas contraints de partir chercher ailleurs les moyens de subsistance pour leur famille ». Notre travail commun produira des résultats à l’échelle globale et aura une influence importante sur les vies des enfants, particulièrement les vies des filles, dans les années à venir. » a déclaré Anne-Birgitte Albrectsen, directrice générale de Plan International.

FIN

Notes du rédacteur 
Mme Christine Bosse est disponible pour tout commentaire. 
Anna Rørbæk, directrice de la communication et des affaires publiques de BØRNEfonden est disponible via aro@bornefonden.dk ou au +45 26210326. 
Carla Jones, directrice des communications au siège de Plan International est disponible via Carla.jones@plan-international.org ou au +44 7582 839 140.

En Afrique de l’Ouest

Plan International
Francois Godounou, Communications & Public Relation Manager, Plan International Benin, Francois.GODONOU@plan-international.org or + 229 64 51 97 97
Francoise Kabore, Communications Manager, Plan International Burkina Faso 
Francoise.Kabore@plan-international.org and/or + 226 76 20 25 11
Thiekoro Coulibaly, PR & Communications Advisor, for Plan International Mali
Coulibaly.Thiekoro@plan-international.org and/or +223 76 29 40 42 or +223 44 90 09 56
Fabienne Atakpa, Communications Advisor, Plan International Togo
Fabienne.Atakpa@plan-international.org, and/or +228 91 30 30 31.

BØRNEfonden :
National Director BØRNEfonden Mali , André Sinamenye, 00223 79 77 84 38
sa@bornefonden-ml.org
National Director BØRNEfonden Burkina Faso, Christophe Zoungrana, 
00226 71 89 00 80, cz@bornefonden-bf.org
National Director BØRNEfonden Togo/Benin, Christa Nedergaard Rasmussen 
00228 90 31 28 43, cnr@bornefonden-tg.org
Deputy National Director BØRNEfonden Togo/Benin, Julia Lehmann
00229 61 98 57 57, jlbj@bornefonden-bj.org

À propos de BØRNEfonden : 
Depuis plus de 45 ans, BØRNEfonden travaille dans certains des pays les plus pauvres du monde et nous comptons aujourd’hui parmi les plus grandes organisations à financement privé au Danemark.

BØRNEfonden travaille avec des solutions locales à long terme pour autonomiser les communautés locales, en vue de lutter contre le manque de perspectives d’avenir qui pèse sur celles dans lesquelles nous œuvrons.

Les connaissances et l’expérience de BØRNEfonden représentent la base essentielle pour attirer et conserver les donateurs qui permettent les résultats, qui créent un futur durable pour les enfants, les jeunes, les familles et les communautés locales.

Les Objectifs de développement durable de l’ONU constituent le cadre de notre travail.

À propos de Plan International :
Plan International est une organisation humanitaire et de développement indépendante qui fait la promotion des droits des enfants et de l’égalité des filles. Nous œuvrons en faveur d’un monde juste, en collaborant avec les enfants, les jeunes, nos donateurs et nos partenaires.

Nous travaillons avec les enfants, les jeunes et les communautés pour aborder les causes profondes de la discrimination à l’égard des filles, de l’exclusion et de la vulnérabilité. Nous soutenons les droits des enfants de la naissance à l’âge adulte. Notre travail permet aux enfants de se préparer et de réagir aux crises et à l’adversité. Grâce à notre portée, notre expérience et nos connaissances, nous favorisons les changements dans la pratique et la politique au niveau local, national et global.

Nous sommes indépendants de tout gouvernement, religion et parti politique. Depuis plus de 80 ans, nous bâtissons de puissants partenariats pour les enfants et nous sommes actifs dans plus de 70 pays.

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2017.12.09

Urbanisation et habitat au Burkina : Le ministre Dieudonné Maurice Bonanet fait le point de la politique étatique

Urbanisation et habitat au Burkina : Le ministre Dieudonné Maurice Bonanet fait le point de la politique étatique

 

La redevabilité c’est le fait de rendre compte. Un principe qui a tout son sens dans la gouvernance démocratique. Et le gouvernement s’inscrit dans cette perspective en vue de rendre prégnantes et compréhensibles ses actions en matière d’administration et de développement. Mû par cet esprit, le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Dieudonné Maurice Bonanet, passe en revue à travers cette interview les différents segments de la politique urbaine mise en place depuis l’avènement du gouvernement. Lecture…


Urbanisation et habitat au Burkina : Le ministre  Dieudonné Maurice Bonanet fait le point de la politique étatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lefaso.net : Comment se porte le ministère de l’Urbanisme et de l’habitat ?

Dieudonné Maurice Bonanet : Nous sommes arrivés à la tête du département de l’urbanisme et de l’habitat en janvier 2016. Très tôt, nous nous sommes attelés à la rédaction et à la mise en œuvre du volet qui nous était destiné dans le cadre du programme présidentiel à savoir les domaines de l’urbanisme et du logement.
Il faut dire que chemin faisant, il y a eu la rédaction du Programme national de développement économique et social (PNDES) dans lequel ce programme en matière d’urbanisme et de logement devait s’inscrire. Alors, nous avons d’abord dans un premier temps fait le bilan de tout ce qui s’était passé ou fait en matière d’aménagement urbain et de construction - que ce soit la construction de logement ou de façon générale - dans les secteurs qui nous concernent particulièrement.

Cette période de bilan nous a amenés non seulement à tirer des leçons, mais encore à organiser des sorties d’échange dans des pays voisins qui ont une certaine expérience en matière d’urbanisme et de logement. En la matière, il ne faudrait pas réinventer la roue, mais plutôt partir des expériences disponibles et en tirer des enseignements pour pouvoir faire des projections.

En ce qui concerne la question de l’aménagement au niveau de nos villes, il faut dire que l’une des principales plaies de nos centres urbains dans leurs processus de d’extension a été pendant longtemps le manque d’outils de planification qui permettent de faire des projections de développement de ceux-ci dans la durée.

Nous sommes un pays qui, sur le plan des textes depuis un certain nombre d’années en matière de foncier, est très avancé dans la sous-région. Mais le problème fondamental a été la mise en œuvre de ces textes.

Au Burkina Faso, il y a deux principaux outils d’aménagement prévus par le Code de l’urbanisme. Il s’agit des Schémas directeurs d’aménagement urbain (SDAU) et le Plan d’occupation des sols (POS). Et depuis l’indépendance du pays jusqu’en 2016, il y a eu 14 SDAU. Constatez donc l’ampleur de la tâche dans le domaine de l’aménagement.

C’est pour cela que très rapidement, nous nous sommes attelés à une programmation en vue de doter les 45 chefs-lieux de province d’outils de planification que sont les SDAU. Cet exercice nous a permis de lancer au mois de juillet 2017 la réalisation de 13 SDAU. Et nous comptons poursuivre dans cet élan avec la réalisation de 15 autres SDAU en janvier 2018. Nous pensons qu’à ce rythme, avant la fin du mandat présidentiel, nous aurons doté les chefs-lieux des 45 provinces de ces outils de planification.

Il existe quelques villes qui sont dotées de Plans d’occupation des sols (POS). De quoi s’agit-il en réalité ?

Il faut dire que les SDAU lancent les grandes orientations à moyen terme et les POS permettent de les préciser concrètement sur le terrain. Les Plans d’occupation des sols (POS) permettent de préciser le contenu des schémas directeurs d’aménagement urbain (SDAU). Dans ce cadre, l’on a des pays où l’on va jusqu’à préciser la couleur des bâtiments à construire. En fait, les POS permettent de fixer les règles en matière de construction, les types et le niveau d’édifices… Alors, le POS est un instrument qui est utile dans la gestion des centres urbains.

Nous pensons que d’ici la fin du quinquennat, nous allons pouvoir doter l’ensemble des principaux territoires administratifs de ces outils de planification dont la réalisation s’inscrit dans un processus participatif avec les collectivités locales concernées. Par exemple, Ouagadougou est une ville qui de par le passé a eu la chance d’avoir eu premièrement un schéma directeur d’aménagement urbain, mais dont la mise en œuvre n’a pas suivi les règles de l’art.

Qu’est-ce qui s’est passé concrètement pour que le schéma directeur de Ouagadougou ne soit pas bien exécuté ?

Avec la communalisation intégrale, il y a eu du désordre dans la destination des espaces. Dans un schéma d’aménagement, vous avez des espaces destinés à l’habitation, des espaces destinés au commerce, des places destinées à la réalisation d’espaces verts…

Mais comme vous l’avez constaté, ce principe n’a pas été respecté. Cela fait partie des principaux sujets soulignés par la commission d’enquête parlementaire. Il y a eu des déviations de la destination des espaces, d’où l’anarchie et le déséquilibre dans la fonctionnalité de la ville.

Le deuxième aspect de la ville de Ouagadougou est la faiblesse de l’autorité qui a entraîné une occupation anarchique de toutes les rues. De nos jours, presque toutes les rues de Ouagadougou, en tout cas la majeure partie, sont devenues marchandes. Cela est une réalité qui ne peut pas faciliter une bonne fonctionnalité de la ville. Par exemple, en matière de mobilité urbaine, partir d’un endroit pour joindre un autre dans la ville de Ouagadougou, l’on perd beaucoup de temps à cause de l’encombrement des rues.

Une troisième préoccupation est l’étalement exponentiel de nos villes. intra-muros, Ouagadougou est à plus de 50000 hectares alors qu’une ville comme Paris est à 30000 hectares. Constatez donc l’ampleur de cet étalement urbain dont il est question. Et quand vous considérez que le 1/3 de la ville est constitué de « zones non loties » ou « zones à habitats spontanés », appelées favelas dans d’autres pays sur d’autres continents, vous vous rendez compte que c’est un problème sérieux. C’est vrai que c’est un phénomène mondial, mais si des mesures strictes et fermes sont prises, on peut y apporter des solutions. Je crois que des pays comme le Rwanda, le Maroc ont pu réduire ce phénomène d’extension de la ville se traduisant par la poussée de zones à habitats spontanés ou zone non loties. D’ailleurs, comme vous le constatez, dans ces zones, il n’y a aucun équipement, aucune infrastructure pour permettre un minimum de viabilité à ceux qui habitent. Alors, il s’agit là d’un des grands enjeux en matière d’aménagement urbain.

Et comment comptez-vous solutionner ce problème d’épanchement anarchique de la ville burkinabè, notamment Ouagadougou ?

Sur cette question, au niveau du ministère, nous avons prévu des opérations de restructuration de ces quartiers dits zones non loties dans nos grands centres urbains. Mais, cela ne peut se faire qu’en symbiose avec les responsables des collectivités locales, les maires, les conseillers municipaux et surtout les populations.

Dans ces opérations de restructuration ou de lotissement, est-ce qu’il ne va se poser un problème de compréhension avec les populations ?

Nous allons faire des sorties. Je crois que l’Assemblée nationale nous a devancés à ce niveau, mais je puis vous dire que nous nous sommes organisés, nous avons planifié des sorties dans les zones non loties. Il s’agit d’échanger avec les populations sur le type d’aménagement que nous projetons, cela afin d’avoir leur pleine adhésion. Cette démarche est importante parce que sans adhésion des populations, toute opération d’aménagement est vouée à l’échec.

Dans certains pays comme le Maroc, le traitement de ces zones à habitats spontanés a consisté à les raser totalement pour construire ce qu’on appelle les HLM, des logements collectifs à étages, ce qui permet naturellement une meilleure utilisation de l’espace. Mais convenez avec moi que ce sont des solutions qui reviennent chères à l’Etat. Quand vous faites un tour dans les zones non loties, vous vous rendez à l’évidence du niveau de pauvreté qui y est, vous comprenez que ce sont des solutions difficiles à mettre en œuvre ici puisque l’Etat devrait raser les zones pour y construire des habitats qu’il affectera aux populations à des tarifs très accessibles.

La deuxième solution, c’est ce qui a été expérimenté à Bissighin par l’ONU-habitat dans le cadre d’un projet ayant consisté à ouvrir des voies qui servent en même temps d’ouvrage d’écoulement des eaux pluviales. On les appelle des voies pentes. Ce sont des voies sous forme de pente qui en saison sèche permettent de désenclaver la zone ; et en cas de pluie, elles servent au ruissellement des eaux. Mais l’autre problème qu’il y a dans ces zones, c’est le manque de sécurité foncière. C’est-à-dire qu’il n’existe pas un parcellement qui permettrait à chaque ménage de disposer de documents juridiques de propriété d’une parcelle. Or cette solution dont nous parlons consiste à la construction de paquets de maisons et de grandes voies qui servent en même temps d’ouvrages d’écoulement des eaux. Le manque de sécurité foncière au niveau des zones non loties fait que cette solution y est difficilement applicable.

Le dernier mode de solution du phénomène des zones non loties est ce qu’on appelle la restructuration. Restructuration, c’est le terme technique ; en langage courant, c’est en réalité le lotissement. Alors, en fonction de la situation, nous pourrions à partir d’une photographie aérienne ou d’un levé topographique procéder au parcellement des zones en question. Et dans cette logique, il faudrait engager au préalable un ensemble de procédures. Compte tenu de la forte densité démographique de ces zones, il va se poser la question du dimensionnement des parcelles. C’est pourquoi dans le cadre des sorties d’échange dont nous parlions, nous allons en discuter avec les populations. Dans certains pays comme le Sénégal, l’on a des parcelles de 80 m2 de nos jours. Nous n’allons pas descendre jusqu’à cette dimension, mais nous pourrions aller jusqu’à autour de 200 m2 voire 150 m2 parce qu’au-delà de la densité de la démographie dans ces zones, il se pose en même temps la nécessité de prévoir la voirie, un certain nombre d’équipements collectifs que sont les écoles, les centres de santé… Et pour tout cela, il faudrait de l’espace.

Il ne faut pas envisager que ces populations pourraient être recasées ailleurs dans d’autres zones parce que progressivement la question foncière se pose vraiment comme enjeu de taille dans notre pays. Ainsi, c’est à travers ces démarches que nous comptons faire afin de régler le problème des zones non loties au Burkina Faso. Cependant, comme je le disais, il faudrait une grande implication des collectivités locales parce que dans le passé, surtout sous la révolution, l’on a pensé qu’en lotissant au maximum, l’on réglerait le problème du logement ; malheureusement, après, cela a été exploité pour encourager la spéculation foncière. Concrètement, les gens viennent s’installer dans les zones communément appelées « non loties » ; et lorsque le lotissement intervient, ils vendent les parcelles obtenues et se déplacent encore ailleurs pour recommencer le même jeu… In fine, nous rentrons dans un cycle de spéculation permanente qui ne permet pas d’atteindre l’objectif de création de conditions d’amélioration du cadre de vie des populations. Tels sont les grands axes en matière d’aménagement.

En matière de construction, il faut dire que la promotion immobilière date depuis un certain nombre d’années dans notre pays. Il y a eu des sociétés comme la SOPROGIM, laquelle avait mué pour devenir la SOCOGIB… Mais il faut souligner que les grandes opérations de construction de logements au bénéfice des populations ont été enclenchées sous la révolution d’août 1983. Vous avez la cité 1200 logements, les cités du 04-Août à Ouagadougou et dans des provinces… Ce sont autant de programmes qui avaient permis de mettre à la disposition des populations des logements à coûts réduits. Mais après 1987, il y a eu un ralentissement de ce processus-là et progressivement nous avons débouché sur la loi concernant la promotion immobilière. Cette loi permet à des acteurs privés de s’installer et d’entreprendre des opérations de réalisation d’infrastructures pour le logement. Au demeurant, au niveau étatique, il y a le centre de gestion des cités (CEGECI) qui dans son rôle d’acteur public, a continué à faire de la promotion immobilière sans que cela ne procède de programmes de grande ambition. L’on peut noter à ce propos le lancement du projet « 10 000 logements » entre 2008 et 2010. Et en 6 ou 7 ans de réalisation, l’on n’était qu’autour de 4500 ou 5000 logements construits.

Que comptez-vous faire pour améliorer l’offre en matière de logement social ?

Nous avons la grande ambition de pouvoir réaliser durant le quinquennat du président Roch Marc Christian Kaboré 40000 logements. Ce programme ambitieux, nous allons le mettre en exécution sous la forme du partenariat-public-privé(PPP). Dans ce processus, l’Etat mobilisera le foncier. Nous sommes présentement en dehors des villes de Ouaga et de Bobo. Dans les communes à l’intérieur du pays, nous sommes à peu près à 95% de mobilisation du foncier. L’Etat va aménager le foncier, c’est-à-dire pourvoir les différents plans d’urbanisme, réaliser les lotissements si l’on veut parler en des termes plus simples et faire un minimum de viabilisation.

En quoi consiste cette viabilisation dont vous parlez ?

Il s’agit d’ouvrir les voies, apporter la fourniture d’énergie (sur ce volet nous allons vers le solaire), l’adduction d’eau potable (ONEA), les canalisations pour l’évacuation des eaux pluviales. Cette viabilisation se fera de manière étagée et dans cette logique que l’on comprenne que les petites communes rurales ne pourraient pas être au même degré de viabilisation qu’un quartier ou secteur de Ouaga et de Bobo. Mais en tout cas l’Etat apportera le minimum de viabilité nécessaire aux zones choisies afin de mettre à la disposition des promoteurs des parcelles sur lesquelles des logements pourront être édifiés.

Nous avons dans le cadre de l’exécution de ce programme commencé par une campagne d’inscriptions pour cerner l’ampleur de la demande. Depuis 2006-2007, il n’y a plus eu d’évaluation des tendances de demandes dans les grandes villes et les chefs-lieux de provinces. Il est donc nécessaire de cerner l’ampleur de cette demande en même temps que les standings de logement demandés, tout cela en fonction des préférences ou des disponibilités géographiques. Est-ce à Koudougou, à Bobo, à Fada que l’on doit construire ?

Cette appréciation nous a permis d’avoir des statistiques fiables sur la base desquelles nous allons arrêter la répartition des logements dans les différentes villes. En ce qui concerne la demande, de manière décroissante, vous avez 50% à Ouagadougou, ensuite Bobo-Dioulasso et les autres chefs-lieux de province ou de commune rurale. Dans le Sahel, nous sommes autour de 15 demandes par chef-lieu dans les communes rurales. Nous invitons d’ailleurs les communes rurales à se constituer un minimum de parc immobilier dans le cadre de leurs programmes.

Avec toutes ces données, comme je le disais tantôt, nous allons mettre en œuvre le programme immobilier sous le mode PPP. Et à ce propos, le mécanisme est simple. Après la campagne d’inscriptions que nous avons lancée en début 2017, nous allons inviter les personnes qui se sont inscrites à une confirmation. Après cette phase, nous allons lancer les tranches de constructions. Par exemple en ce qui concerne la tranche 2017, nous avons déjà attribué 5 000 logements au niveau des chefs-lieux de région, chacun ayant droit à 300. Dans ces 300 logements vous aurez 200 de type social et 100 de type économique. A Ouaga et à Bobo, nous comptons faire ériger 900 logements. Alors, cette première tranche de 5000 logements a été lancée récemment.

Il était temps… Dans certains milieux, l’on ne manquait pas de critiquer une certaine stagnation du programme des 40 000 logements. Votre avis Monsieur le Ministre ?

Il faut dire qu’il y a eu effectivement beaucoup d’impatience et de questionnement entre temps. Mais, nous étions en train de mettre en œuvre tout ce mécanisme de manière à pouvoir évoluer sereinement dans cette opération car dans certains pays de la sous-région il y a eu des promotions immobilières qui se sont terminées avec beaucoup de difficultés.

En tout état de cause, à la faveur des projections et des mécanismes que nous avons mis en place, nous avons pu faire une expérimentation à l’occasion des constructions que nous avons réalisées pour la commémoration du 11-Décembre 2017 à Gaoua.

Quelles sont les réalisations que vous avez faites à Gaoua ?

Il y a près de 500 logements qui ont été édifiés. Et ce qui est intéressant dans l’expérience de Gaoua, c’est la promotion des matériaux locaux : les pierres taillées, appelées en termes techniques briques latéritiques taillées (BLT). En effet, les 500 édifices ont été entièrement réalisés en pierres taillées, une première dans notre pays. Mais ce n’est pas tout. La place de la Nation, le marché, la gare routière ont été construits avec du BLT. Il y a aussi la salle polyvalente qui ne sera pas prête pour le jour de la fête. Mais ce retard s’expliquerait par un certain nombre de difficultés que nous rencontrons ; de ce fait nous avons privilégié la qualité de l’ouvrage par rapport aux impératifs de délais.

Maintenant en ce qui concerne les inscriptions, il y en a eu près de 1500 à Gaoua. Les dossiers ont été envoyés au niveau des banques qui ont procédé à une sélection à base de laquelle nous avons organisé un tirage au sort public afin de garantir la plus grande transparence possible à l’opération de sorte à ce que personne ne se plaigne.

Et pour les demandeurs des autres localités qui se sont inscrits au programme des 40 000 logements, êtes-vous sûr de pouvoir être à la hauteur des besoins exprimés ?

Ce sera par tranche. Nous allons évoluer par tranche. Pour la tranche des 900 logements à Ouagadougou, les demandeurs devraient avoir une confirmation de leurs requêtes. Une fois que cette phase serait remplie, nous allons utiliser les services de la loterie de manière à ce que le processus se déroule dans la plus grande transparence.

Mais que l’on ne se voile pas la face. Avec un potentiel de 40 000 logements contre près de 200 000 demandeurs, nous sommes vraiment en deçà des besoins. C’est vrai que notre programme constitue une grande ambition par rapport à ce qui a été fait avant. Mais la réalité est que l’offre disponible n’est pas proportionnelle à la demande réelle. Toutefois, nous travaillons dans le cadre de ce programme à mettre en place des mécanismes pour aider les populations à acquérir des logements modernes.
Il faut noter qu’en dehors des opérations que nous diligentons, il y a l’apport des promoteurs privés. Ceux-ci ont acquis des sites sur lesquels ils construisent des logements et cela va contribuer dans le cadre du programme à l’offre en matière d’habitat.

A côté de cela, nous avons un volet du programme que nous appelons assistance à l’auto construction. Vous avez une ville comme Ouagadougou où près de 40% des parcelles ne sont pas mis en valeur pour diverses raisons. Alors, l’assistance à l’auto construction permettra à tous ceux qui sont intéressés de pouvoir bénéficier de l’appui du ministère. Dans cette optique, à l’instar de certains pays, nous comptons mettre en place des pools de maçons, de structures fournisseurs de matériaux de construction… de sorte à ce qu’une bonne partie de ces parcelles non mise en valeur puisse avoir un début de réalisation et satisfaire les populations.

Toujours dans la perspective de la mise en exécution du programme, nous voulons promouvoir les logements collectifs, les HLM, de manière à densifier le tissu urbain. Plus la ville s’étale, plus les coûts de viabilisation sont élevés. L’adduction d’eau potable, la fourniture d’énergie, les ouvrages d’évacuation des eaux usées et pluviales deviennent difficilement réalisable avec l’extension de la ville. Alors, si nous arrivons à faire de la densification en construisant des maisons à niveau, les HLM, nous pourrions réduire les coûts de viabilisation et permettre un plus grand nombre de personnes d’être dans de meilleures conditions de vie dans nos centres urbains.

Concernant ces logements collectifs, les HLM, dont vous parlez ; à quel endroit de Ouagadougou comptez-vous les construire quand on considère qu’initialement il n’y aurait pas eu de places prévues pour ce genre de projet ?

Nous avons identifié un certain nombre de niches foncières. Les HLM ne seraient pas intéressants dans les périphéries. C’est pourquoi nous allons essayer de mettre ce programme dans les zones rapprochées des centres villes. Je prends un exemple : vous avez toutes ces anciennes écoles primaires à vaste étendue où l’on n’arrive plus à remplir les salles parce que la population autochtone a aménagé ailleurs… C’est dans ces endroits par exemple que nous allons construire ces HLM.
Enfin, nous envisageons la construction de nouvelles villes. Il y a déjà un privé qui s’est inscrit dans ce genre de projet. Il s’agit de villes entièrement tracées et nouvellement construites avec tous les équipements nécessaires ; cela va nous permettre de décongestionner le centre-ville de Ouagadougou et d’envisager maintenant un réaménagement en élargissant les voies, en créant des espaces collectifs…

Mais quel est le délai pour ce projet-ci ?

A moyen et long termes. On peut faire des projections…

Alors, nous avons entendu parler entre temps du projet de la ville Yennenga. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

Mais, c’est comme je vous le disais tantôt. Il y a déjà un promoteur privé qui s’y est engagé et nous essayons de l’encadrer. En plus de ce projet, nous envisageons dans le cadre de notre programme la création d’une ou d’autres nouvelles villes. L’intérêt de ces nouvelles villes est qu’elles ne soient pas très éloignées de celles existantes, mais qu’elles permettent à travers des aménagements futuristes de désengorger les grandes villes de sorte à ce qu’on puisse y procéder à des réalisations visionnaires comme la construction de tramways afin d’assurer une mobilité aisée dans les espaces urbains. Il s’agit surtout de les rendre plus agréables et plus fonctionnels. Actuellement, vous vous rendez compte qu’on a des difficultés énormes en matière de mobilité urbaine. Mais, je puis rassurer que le gouvernement est en train de mettre en œuvre un programme de facilitation de la mobilité urbaine.

Par rapport à la nouvelle ville Yennenga, pourriez-vous nous en dire davantage ?

Yennenga est une zone qui sera aménagé avec environ 12 000 ou 15 000 logements. Si vous multipliez ces chiffres par 4 ou 5, le nombre de personnes que pourrait abriter chaque logement, vous pouvez avoir une estimation du nombre de la population qui y vivra. Il faut mentionner qu’en plus des logements, il y aura tous les équipements collectifs, les infrastructures administratives, les espaces verts et commerciaux…

Dans combien de temps Yennenga sera-t-elle érigée ?

C’est une initiative privée. Bientôt, on va poser la première pierre. Le promoteur est en train de mettre les petits plats dans les grands pour que ce projet puisse se réaliser.
Mais, au niveau de l’Etat, nous avons en perspective de créer vers Koubri ou Saponé un nouveau pôle urbain de manière à pouvoir décongestionner Ouagadougou.

La tâche est gigantesque. Il y a beaucoup de travaux à faire. Pensez-vous pouvoir être dans les marges temporelles prévues ?

Vous savez, pour ce qui est des délais, nous n’allons pas attendre de terminer à Kaya pour commencer à Fada. Nous n’allons pas attendre de terminer à Fada pour commencer à Tenkodogo. Tous ces projets pourraient être entamés de façon synchrone dans un délai relativement court.

Est-ce qu’il ne va pas se poser un problème de ressources humaines, financières, logistiques ?

Je vous ai dit que nous allons avoir recours au PPP pour ces réalisations. Les banques sont prêtes à soutenir les promoteurs immobiliers. Les clients, eux, sont solvables. Ceux qui veulent acquérir des logements sur la durée n’ont qu’à suivre les différents mécanismes mis en place. Par exemple à Gaoua, nous sommes arrivés avec les matériaux locaux à faire des logements aux coûts variant entre 3 500 000 FCFA et 4 000 000 FCFA. C’est un exploit. Si l’on échelonne ces sommes sur une durée de 10 ans, constatez vous-même l’avantage. Il est arrivé que des inscrits aient pensé qu’il fallait payer ces maisons au comptant. Non, ce n’est ainsi. Il s’agit plutôt d’un paiement sur la durée. Voilà pourquoi nous parlons des banques lorsque nous parlons du projet.

Lorsque nous allons pouvoir amorcer la phase d’envol de ce projet, nous allons envisager d’y inscrire le secteur informel. Certains pays comme le Sénégal ont réussi à travers des formes d’épargne-logement à intéresser le secteur informel. Pour notre part, nous allons encourager les coopératives d’habitat. Par exemple, il s’agit de prendre des structures comme la SONABEL ou l’ONEA dont le personnel constituerait une mutuelle qui va adhérer à notre programme global. L’on pourrait également étudier cette question au niveau de certains ordres professionnels - l’ordre des médecins - ou de certaines professions libérales. Tout récemment, il y a le syndicat des enseignants du primaire qui était passé me voir concernant cette perspective. En tout cas, toutes ces structures pourraient donc prendre part à la mise en place de ces coopératives d’habitat.

Et au regard de l’expérience de Gaoua, nous sommes très optimistes. A Gaoua, en 5 ou 6 mois, nous sommes passés de 3 promoteurs immobiliers à 160. Il y a eu un printemps de promoteurs dès que nous avons lancé l’ambitieux programme de construction des 500 édifices. C’est vrai que tous les promoteurs n’ont pas la même capacité. Mais nous pensons que nous avons dans ce lot des acteurs sûrs, fiables qui vont nous accompagner dans notre politique.

Pouvez-vous expliquer la procédure, le mécanisme ?

Alors, le mécanisme est le suivant. C’est le promoteur immobilier qui, sur la base d’une convention avec nous ou l’opérateur public qu’est la CEGECI, va chercher son crédit pour la construction effective des logements. A partir de là, le souscripteur ou le demandeur choisit la maison qui l’intéresse et sa banque sert de canal de paiement de la somme à verser suivant la durée de paiement convenue.

Il faut ajouter qu’il existe également le Fonds pour le logement social, une dotation annuelle du budget de l’Etat disposée au niveau de la Banque de l’habitat. Ce fonds permettait de subventionner le taux du crédit ; au lieu de 9 ou 10%, l’Etat prenait en charge la différence de manière à ce que ce taux évolue vers les 5,5% pour rendre le logement encore plus accessible. Mais, présentement nous avons des institutions bancaires privées qui sont autour de 6,5%. Alors, nous sommes en train de revoir cette politique du Fonds du logement social pour permettre à tous les souscripteurs qui rempliraient les conditions de pouvoir en bénéficier. Ce fonds qui était logé à la Banque de l’habitat, nous sommes en train de l’auditer pour en tirer les leçons et voir dans quelles mesures le redynamiser.

Par ailleurs dans le cadre de notre programme, nous allons finir les lotissements de l’ensemble des chefs-lieux de communes rurales. Il en restait 80 ; nous en avons lancés une cinquantaine cette année. Si le processus se passe bien, nous pourrions être dans les délais.

Quels sont les acteurs chargés de ces lotissements ? Est-ce seulement le ministère de l’urbanisme et de l’habitat ou bien les collectivités territoriales sont-elles mises à contribution ?

Vous savez que suite au rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le foncier, il y a eu la commission interministérielle qui a été mise en place. Cette dernière présidée par le Premier ministre est chargée de l’apurement du passif sur le foncier urbain. Et dans ce cadre, il a fait un travail appréciable contrairement à des propos que nous avons lus dans certains organes de presse. Le processus était le suivant : la commission interministérielle devait mettre dans chaque commune ou arrondissement des commissions ad hoc composées des représentants de l’administration, de la société civile, de la commune ou de l’arrondissement (conseillers municipaux). Ce sont ces commissions locales qui devaient, après un recensement des différentes plaintes déposées par les populations, analyser, faire des propositions et les remonter au niveau supérieur.

Actuellement, sur 10 régions, il n’y a que le rapport du Centre que nous n’avons pas reçu ; tous les autre 9 régions ont transmis leurs conclusions qui ont été réceptionnées au niveau de la cellule des experts chargés de leur traitement. Nous voudrions donc rassurer les populations que le travail se déroule normalement. Maintenant, il faut le reconnaître, c’est vrai que nous avons sous-estimé les délais. Nous nous étions donné 6 mois pour terminer ce travail. Mais au regard de l’ampleur des problèmes qui minent ce domaine depuis une vingtaine d’années, nous avons dû nous rendre à l’évidence que si nous voulons faire un travail sérieux et correct, il fallait aller au-delà des délais que nous nous étions fixés. C’est pourquoi nous n’avons pas encore conclu le dossier. Dès que nous aurons reçu le rapport de la région du Centre, nous allons tirer les conclusions de l’ensemble des rapports que nous soumettrons au conseil de ministres qui appréciera.

Nous avons constaté au niveau de la presse qu’il y a des structures de la société civile qui se plaignaient de la faible motivation en ce qui concerne ce travail à faire. Nous disons que la société civile, au-delà des questions financières, a un rôle très important à jouer dans le cadre de la gestion du foncier. Du reste, dans le cadre du budget que nous avons adopté pour ce travail, nous avons prévu un montant forfaitaire et du carburant pour leur permettre de faire le travail.

A côté de ce travail, il avait été demandé de réfléchir sur l’encadrement juridique pour ce qui est des attributions de parcelles. Vous savez que dans le passé, la législation était telle que c’était les maires qui étaient les tout-puissants attributaires de parcelles. Cette situation a occasionné des dérapages, des dérives dont on connaît les conséquences de nos jours. En tout état de cause, dans le cadre du programme présidentiel, nous sommes en train d’apporter des correctifs de sorte à ce qu’il y ait dorénavant une meilleure gestion du foncier au Burkina Faso. Et sur cet aspect, les projets de loi sont déjà prêts, nous allons bientôt les soumettre. Mais au préalable, il faudrait que nous bouclions les travaux de la commission interministérielle.

A Ouagadougou, il y a des arrondissements comme celui de Boulmiougou qui cristallise beaucoup de passions d’ordre revendicatif en matière de lotissement. Comment allez-vous procéder pour pouvoir désamorcer la grogne sociale à ce niveau ?

Comme je l’ai souligné, les plaintes des populations ont été enregistrées de façon décentralisée grâce à la mise en place des commissions ad hoc constituées des représentants de l’administration, des conseils municipaux et de la société civile. Il est revenu à ces personnes ressources vivant dans ces quartiers de mieux cerner les problèmes qui sont posés et d’en proposer les solutions qu’elles estiment idoines. Après cette étape, les dossiers vont être remontés au niveau de la commission régionale qui examinera l’ensemble des propositions de solution avant de les transmettre à l’échelon supérieur, la cellule des experts, dont la mission sera de faire le travail final. Ce travail final sera soumis au comité interministériel qui prendra les décisions définitives.

Mais, je crois qu’il y aura des situations où il serait difficile d’apporter une autre solution que le maintien du statu quo. Lorsque vous avez un ménage qui en toute légalité, à l’époque, a acquis un terrain vendu par un maire véreux ; si ce ménage a investi sur la parcelle et y vit, vous conviendrez avec moi qu’il serait difficile de le déguerpir parce qu’il aurait acquis un terrain détourné par un maire indélicat. Alors, cela pour dire qu’il y aurait des solutions de ce genre qui tiendraient compte des réalités sur le terrain. Pour les cas qui resteraient sans solutions, l’on verrait comment recaser les personnes concernées ailleurs ou bien quelle alternative serait mieux indiquée. En tout, ce sera des décisions fortes à prendre pour apurer ce dossier foncier.

Quelles sont les difficultés que votre département rencontre dans la mise en œuvre de cette politique en matière d’urbanisme et d’habitat ?

C’est sûr ! Il y a des difficultés. Pour ce genre d’opération, le budget n’est jamais suffisant. Les besoins budgétaires sont grands. Mais, il faut inventer des solutions pour pouvoir réaliser tout ce que nous avons prévu. Regardez par exemple les schémas directeurs d’aménagement urbain, en une cinquantaine d’années, on en a fait 14 ; et en 2 ou 3 ans nous sommes autour d’une trentaine.
En ce qui concerne les lotissements, c’est vrai qu’il y en a eu. Mais, il restait toutes ces communes rurales qui n’avaient pas connu leur premier lotissement. Et à ce niveau aussi, nous avons fait, nous faisons des efforts.

Pour la construction des logements au bénéfice des populations, lorsqu’on fait le point, l’on constate que très rares de communes rurales en avaient connue. Ce que nous faisons dans ce domaine est encore une première. Il en est de même pour les questions de viabilisation : cette année, nous avons lancé une vingtaine d’actions pour des ouvertures de voies dans des communes urbaines ; ce processus va d’ailleurs se poursuivre jusqu’à ce que nous puissions couvrir tout le territoire national. C’est vrai que tout cela englouti beaucoup d’argent. Ces réalisations en cours sont à l’image du PNDES qui est un programme très ambitieux. Nous pensons malgré les difficultés être au rendez-vous de 2020.

En dehors des problèmes budgétaires dont vous venez de faire écho, est-ce qu’il y a d’autres types de contraintes ? Techniques ? Logistiques ?

C’est vrai qu’en plus des difficultés budgétaires, il y a celles liées aux ressources humaines et logistiques. Il y a des difficultés dans tous les domaines. Revenant à la question budgétaire, lorsque nous avons voulu mettre en place les commissions ad hoc pour apurer le passif foncier, le premier budget s’évaluait autour de 500 millions. Après arbitrage, nous sommes descendus à 150 millions. Mais cette contrainte n’a pas empêché que le travail commence. Je voudrais rassurer la population que les commissions ad hoc sont en train de faire leur travail.

La seule préoccupation actuelle : les délais. Mais, nous pensons que vaut mieux faire un travail sérieux et définitif, même si le prix à payer c’est la prolongation du délai. Du reste, quand vous voulez creuser un puits, vous pourrez vous dire que cela prendrait 2 semaines ou un mois. Mais en creusant vous pouvez rencontrer des roches plus dures qui vous amènent à revoir le délai que vous vous étiez fixé. Les questions sur le foncier au Burkina Faso, tout le monde le sait, elles ont toujours fait l’objet de grandes passions et provoqué des troubles sociaux.

Cependant, nous avons cette ferme volonté politique d’affronter le problème et d’en trouver une solution. C’est déjà quelque chose à encourager et à accompagner. Il faut donc soutenir les personnes qui ont été désignées pour cette mission afin que le travail aboutisse à un résultat positif, car c’est le prix à payer pour le renforcement de la paix sociale.

Que pensez-vous de l’affirmation selon laquelle la question foncière serait une bombe sociale en souffrance au Burkina Faso ?

Je crois qu’il faut faire un minimum de confiance en ce que nous sommes en train de faire. Déjà nous avons abordé le problème en mettant en place des mécanismes de traitement et de résolution. Nous sommes en train de mettre de l’ordre dans le secteur.

Si vous prenez le cas de la promotion immobilière, il y a eu des projets qui ont été réalisés dans des espaces non destinés à l’habitation. Nous avons pris ce problème à bras le corps en le traitant dans le respect strict de nos outils de planification.
Ensuite, il y a le respect des procédures : il faut reconnaître que notre encadrement juridique est à resserrer de manière à ce que nous puissions trouver désormais remèdes aux problèmes et même les anticiper. A partir de maintenant, nous n’allons plus permettre qu’un individu à lui seul dispose des centaines, voire des milliers d’hectares rien que dans la perspective de la spéculation foncière. Si des opérations sont en projet, il faudrait qu’elles soient crédibles, contrôlables et réalisables dans un délai. Cette volonté d’assainir le secteur nous a amené à initier dans des structures comme la SONATUR le tirage au sort d’attribution des parcelles. Je vous ai parlé également de ce type d’opération que nous avons organisé à Gaoua. Autant d’exemples qui montrent que nous avons pris des engagements que nous tenons à respecter.

Il faut se dire dans la période post-insurrectionnelle dans laquelle nous sommes, il y a des pratiques que l’on ne peut plus imaginer dans notre pays. Par conséquent, nous allons mettre l’encadrement nécessaire pour que les différents processus puissent se passer dans la transparence, l’équité et que ceux qui ont droit puissent en bénéficier.

Sous la transition, il y a eu ce débat sur le bail locatif. Qu’en est-il de cette volonté d’encadrement juridique de ce bail de sorte à éviter la spéculation des prix de location et à garantir aux locataires un minimum de droits ?

Concernant le bail locatif, la question est simple. Sous la transition il y a eu la loi. L’on devrait prendre l’année pour vulgariser cette loi et surtout en prendre les textes d’application à savoir le décret et l’arrêté fixant les barèmes, les conditions.
Quand nous sommes arrivés, nous avons souhaité que cette loi soit adoptée dans le cadre d’un processus participatif. Nous avons donc envoyé le projet de textes aux différents acteurs que sont les syndicats, les professionnels, les bailleurs… Et à la suite, nous avons organisé un atelier national où tous ces acteurs se sont retrouvés. L’atelier national a produit des textes d’application, un décret et un arrêté interministériel qui fixent désormais le cadre des relations entre bailleurs et locataires, les prix de loyers en fonction du standing et de la localisation, en tout cas un certain nombre de mesures pour encadrer le bail locatif à usage d’habitation. Nous avons terminé cette phase et le texte a été soumis pour être adopté en conseil de ministres.
Mais, je voudrais dire que le tout n’est pas d’adopter un texte fût-il le meilleur du monde sur cette question. La réalité sur le terrain est que l’offre en matière de logements locatifs est très faible. On aura beau fait une bonne vulgarisation de la loi, ce n’est pas sûr qu’elle soit bien appliquée. Comprenez donc tout l’intérêt des 40 000 logements qui au-delà d’offrir des cadres modernes de vie aux Burkinabè visent à accroître l’offre en matière de bail locatif.

Lorsque les textes d’application de la loi seront adoptés, qu’est-ce que ceux qui ne vont pas respecter les dispositions encourent ? Existera-t-il un mécanisme pour les amener à s’y conformer ?

Si deux personnes s’entendent sur un contrat et en ses clauses, s’engagent à les honorer mutuellement… Vous ne pouvez pas être au courant des clauses souterraines pour savoir qui est réfractaire. Le problème fondamental : la demande est forte alors que l’offre est faible.

C’est vrai que tous ces textes sur le bail locatif dont on parle visent à encadrer le secteur. Mais, il ne faudrait pas aussi décourager ceux qui investissent dans ce secteur, car si vous tuez la poule, il n’y aura plus d’œufs. C’est parce qu’il y a des maisons à usage d’habitation en bail locatif qu’il y a des locataires. Il faut alors travailler à l’équilibre de sorte à garantir un minimum d’intérêt pour les deux parties.
Maintenant, il faut réglementer l’ensemble des mécanismes pour que par exemple un bailleur ne vienne à l’improviste dire à un locataire de quitter le logement le lendemain. Il y a un minimum de conditions dans lesquelles ces questions pourraient être résolues. C’est cela l’intérêt du texte.

De manière générale, ils sont minoritaires les bailleurs qui établissent des contrats de bail avec les locataires et qui payent les impôts. Qu’est-ce qui sera fait pour que l’Etat puisse récupérer ces droits ?

Nous sommes dans un processus de mis en place du cadastre national. En fait, le cadastre est comme la carte d’identité des propriétés, il permet de repérer les parcelles, les investissements ainsi que leurs valeurs… Si nous disposons de tous ces éléments, ce seraient autant d’indices qui pourraient permettre aux services de la fiscalité de minimiser ce genre d’insuffisances que nous constatons. Il faut travailler à ce que le contribuable accepte de payer les taxes.

Ensuite, il faut moderniser les mécanismes de paiement. Par exemple en Afrique du Sud, toutes les maisons commerciales ont leurs caisses reliées à la direction générale des impôts. Dans ce cas, peut-on échapper à la fiscalité ? C’est de la technologie, il faut qu’on évolue dans ce sens… Un autre exemple : au Rwanda, la direction des impôts n’encaisse rien, il n’y a que de la paperasserie dans cette structure ; tout est payé au niveau de la banque. Il n’y a même pas de contact entre les agents fiscaux et les contribuables et vous pouvez payer tout à partir de votre ordinateur. C’est de la technologie vers laquelle nous devons évoluer. Tant que ce sera des opérations manuelles de paiement, ce sera toujours compliqué… Je crois qu’au niveau de la Direction générale des impôts on travaille à la modernisation des mécanismes.

Que devient le projet « Grand Ouaga » ?

Nous sommes pratiquement prêts pour adopter le schéma directeur du projet « Grand Ouaga ». A un certain moment il y avait eu des problèmes liés à certaines casernes militaires qui sont à présent réglés. Donc, très bientôt, le schéma directeur du « Grand Ouaga » sera adopté.

Quelles sont les limites du « Grand Ouaga » ?

Son aire géographique est constituée de l’ancienne commune centrale et les communes rurales tout autour : Koubri, Saaba, Pabré, Tanghin-Dassouri, Komsilga. C’est ça le « Grand Ouaga ».

En vous écoutant, beaucoup de travaux sont en train d’être faits. Cependant l’opinion semble ne pas être informée de tous ces chantiers. N’auriez-vous pas un problème de communication ?

Au ministère de l’urbanisme et de l’habitat, on ne dort pas. On travaille tous les jours. Je voudrais donc profiter de cette opportunité, de votre plume pour remercier tout le personnel du ministère qui abat un travail formidable. Je crois que la volonté politique est là, les ambitions sont là, et nous sommes en train de réunir les conditions de manière à pouvoir réussir les projets dans le cadre du programme. De ce point de vue, je voudrais féliciter l’ensemble du personnel pour les efforts consentis.
Désormais, nous ferons beaucoup de communication. Nous étions dans une phase de préparation et de rédaction, ce qui ne nous a pas permis de communiquer suffisamment. Vous prenez un cas comme Gaoua, personne n’était au courant des merveilles qui s’y produisaient. 500 logements dont près de la moitié à des prix accessibles, et le tout réalisé en pierres taillées, personne n’osait y croire. Mais, de nos jours c’est une réalité sous nos yeux. Nous allons donc communiquer.

La vision est tracée par le président du Faso, la volonté politique est également là. Nous sommes chargés de mettre en œuvre cette vision et cette volonté politiques. Et celle-ci se traduit par la réalisation de ce programme de développement urbain au bonheur des Burkinabè.

Votre mot de fin ?

Je voudrais vous remercier, encourager Lefaso.net pour tous les efforts faits pour donner l’information. Vous êtes le pionnier dans le domaine de la presse en ligne. Nous voudrions vous demander d’être notre porte-voix au niveau du public, des populations sur le travail qui se fait. Nous voudrions profiter de votre tribune pour rassurer les uns et les autres que nous ne faillirons pas aux engagements que le président du Faso a pris lors de la campagne présidentielle. Nous sommes dans la réalisation de ce programme ambitieux.

Mais, nous avons besoin du soutien de tous. Je prends l’exemple de la circulation routière, l’on aura beau mis des feux tricolores et des panneaux de signalisation partout, si la population n’adhère pas, les résultats ne seront pas atteints. Nous voudrions alors demander beaucoup de compréhension. Dans cette perspective, nous allons faire beaucoup de communication aussi bien dans les capitales provinciales que dans les milieux ruraux de manière à ce que toutes les localités jouent leur rôle de pôle de développement.

Nous allons travailler au développement de l’ensemble des villes du Burkina Faso de sorte à ce qu’il y ait désormais des dynamiques de sédentarisation et d’investissement des populations. Et dans cette logique, nous nous investirons à ce qu’il y ait un minimum d’aménagement et d’équipements collectifs de façon à rendre agréables ces localités. Je vous remercie.

Interview réalisée par Anselme Marcel Kammanl
Lefaso.net
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Journée internationale de la prévention des catastrophes 2017 : Arbollé a abrité la cérémonie en différé

Journée internationale de la prévention des catastrophes 2017 : Arbollé a abrité la cérémonie en différé

Le 13 octobre de chaque année est célébrée la journée internationale de la prévention des catastrophes à travers le monde. Ce jeudi 7 décembre 2017, elle a été fêtée en différé à Arbollé, commune rurale située dans la province du Passoré, au Nord du Burkina-Faso sous le thème « jamais aussi bien que chez soi : réduire l’exposition aux risques et les déplacements forcés ».


Journée internationale de la prévention des catastrophes 2017 : Arbollé a abrité la cérémonie en différé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au regard de l’impact des catastrophes sur les conditions de vie des populations, une journée internationale a été instituée pour inviter les gouvernants à plus d’implication dans la réduction des risques de ces catastrophes. C’est ainsi qu’à la date du 13 octobre de chaque année, une halte est marquée afin de lui porter une attention particulière.

Au Burkina-Faso, même si la commémoration de la journée internationale s’est faite en différé, l’on n’a pas manqué de respecter l’esprit de cette tradition. En effet, le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) avec l’appui de ses partenaires ont, à travers chants et pas de danse, célébré ladite journée avec les populations sinistrées de Arbollé. Pour Mme Aïssata Kabré, chargée de programme à l’ONG christian aid, cette célébration vise particulièrement un appel à l’Etat burkinabé quant à l’opérationnalisation de la loi portant prévention et réduction des risques de catastrophes.

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Le gouverneur de la région du Nord, Hassane Sawadogo

« Cette célébration se veut particulière », a soutenu Mamadou Traoré, président de l’Alliance technique d’assistance au développement(ATAD), dans son discours d’ouverture. Car elle intervient dans un contexte caractérisé par des migrations forcées, des attaques terroristes, et des aléas climatiques. Pour ce dernier, les menaces sont réelles et il faut par conséquent promouvoir et mettre en œuvre des mécanismes pour limiter les dégâts. C’est alors que, avance-t-il, des actions de plaidoyers ont été menées en matière de réduction des risques au sein du réseau national de plaidoyer pour la réduction des risques de catastrophes (réseau réunissant l’ATAD et d’autres partenaires). Et au vu des résultats engrangés, il invite en cette énième commémoration, le gouvernement et l’ensemble des acteurs à envisager les actions de développement à trois niveaux pour que les résultats soient durables. Il s’agit concrètement de prévenir les risques de crises et de catastrophes, de les gérer, et de parvenir à la résilience à travers des actions de développement.

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Le gouverneur, le maire et le Haut-commissaire étaient tous présents à la cérémonie

Le coordonnateur du réseau, s’est quant à lui, attardé sur les résultats de la campagne de production agricole 2017-2018. Et le rapport établi fait état d’un déficit céréalier estimé à 72 677 tonnes touchant directement 17 provinces du pays. Dit autrement, ce sont 620 394 personnes qui seraient en insécurité alimentaire durant la période de juin à août 2018. Il est donc clair pour le coordonnateur que des actions d’envergures soient menées en vue de disponibiliser les vivres dans les zones déficitaires.

Cette journée qui a aussi vu la remise d’un sac de 100 kg de sorgho blanc à douze familles sinistrées par le partenaire christian aid est aussi, selon le gouverneur de la région Hassane Sawadogo, l’occasion d’interpeller les populations sur la réalité des catastrophes et sur la nécessité d’avoir des comportements de prévention et de résilience.

La cérémonie commémorative de la journée internationale de la prévention des catastrophes à Arbollé a refermé ses portes avec la visite de stand du gouverneur de la région, où il a pu découvrir des mets locaux et autres produits agricoles.

Tambi Serge Pacôme Zongo (Stagiaire)
Lefaso.net

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