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2019.06.22

Situation des déplacés internes : ’’Ouagadougou n’a pas les commodités nécessaires pour les abriter", Laurence Ilboudo

Situation des déplacés internes : ’’Ouagadougou n’a pas les commodités nécessaires pour les abriter

La ministre Laurence Marshall Ilboudo, en charge des questions humanitaires a donné son avis sur l’avenir des déplacés internes installés à Ouagadougou.

Pour elle, Ouagadougou n’a pas la " commodité nécessaire pour abriter ces déplacés". Alors qu’elle est engagée sur tous les fronts à la rescousse des déplacés de tous les sites, la ministre penserait que l’avenir des déplacés de Pazani dans l’arrondissement N9, tout comme les autres déplacés dans les périphéries de Ouagadougou, se trouverait dans les sites déjà aménagés de Barsalgho, Foubè et Kelbo, qui selon elle, peuvent prendre en charge convenablement les déplacés. Ceci, à cause du matériel humanitaire présent sur les lieux.

A en croire ses propos, "deux repas chauds sont servis chaque jour aux déplacés, en plus de l’assistance psychologique adéquate". Mais, force est de constater que, pour les cas particuliers des trois sites de Pazani, les kits de repas ont été suspendus dans la journée du 20 juin 2019. Les sinistrés disent n’avoir bénéficiés d’aucune assistance psychologique, depuis leur arrivée.

Entre autres, la ministre a déclaré que les bus ont été affrétés à ce propos, pour conduire les déplacés sur les nouveaux sites, et déjà plus de 300 volontaires ont été conduits, à leurs nouveaux domiciles. Mais pour les cas des déplacés qui auraient refusés de partir pour les sites affrétés, la ministre a décliné la responsabilité de son département. Ceux-ci seraient aux bons offices de leurs parents , installés non loin de ces zones, à en croire les propos de la ministre. Toutefois, la ministre assure que le gouvernement accomplira les obligations qui sont les siennes.

Pour l’heure, les déplacés de Pazani sont laissés à leur sort. Ils préparent sur les fourneaux de confort, dorment dans les salles de classe, ou en plein air, sans moustiquaire et assainissement. Certains parmi eux tentent de louer des maisons pour s’abriter, en cette période de pluie, en attendant de se chercher un emploi.

Approchés, nombreux de ses déplacés sont toujours sous le choc du traumatisme, après avoir vécu des situations atroces, allant jusqu’à la mort de leurs proches, la perte de leurs avoirs et leurs maisons incendiées. Ils craignent de rentrer chez eux, ou d’aller dans les environs, à cause des représailles des terroristes. D’autres préfèrent construire leur nouvelle vie , loin de ces zones sous menace sécuritaire, afin d’oublier les horreurs.

Lefaso.net

2019.06.18

LES DÉPLACÉS, QUI DOIT S’EN OCCUPER?

Selon le CICR, même si le Burkina vit actuellement des violences armées, il n’en demeure pas moins que le pays n’est pas encore dans un conflit armé. De l’avis de l’organisation, il faut prendre en compte certains indicateurs pour que l’état de conflit armé soit décrété.

Au nombre de ces critères il y a entre autres :

– Le niveau d’intensité des violences : durée, nombre de combattants, types d’armes, effets sur les populations, nombre de victimes, etc.

– Le niveau d’organisation des belligérants : la capacité de recrutement, la hiérarchisation du commandement.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation actuelle touche les populations au point où l’on dénombre plus de 17 milles déplacés internes rien que dans la région du sahel burkinabè du fait des violences. Il faut entendre par déplacé toute personne forcée de fuir son habitat ou son milieu de vie pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Steven ANDERSON

Selon Steven Anderson, coordinateur de la communication pour la délégation régionale du CICR « on parle de plus de 100 milles déplacés internes » au Burkina. Et « c’est une situation sérieuse qui semble malheureusement ne pas se régler puisque des vagues de déplacés viennent d’être enregistrées ».

Ces déplacés fuient des zones où ils sont soit menacés directement ou lorsqu’ils se sentent en danger. Dans l’un ou dans l’autre ils « prennent les devants et abandonnent tous leurs moyens de subsistance » pour sauver leur vie.

Présentation du CICR par la délégation

Très souvent ces personnes arrivent dans des zones d’accueil elles aussi assez démunies poursuit M. Anderson. « C’est donc une problématique avec de multiples aspects » surtout que nous sommes dans une période de soudure.

Et depuis que la situation existe, le CICR a pu observer que « les déplacements dans la région du sahel se font vers Djibo, ce qui fait de cette ville un centre assez important ».

En matière de prise en charge, une opération de soutien a eu lieu il y a quelques semaines au profit des 17 milles déplacés du Soum et une autre est prévue dans les semaines à venir, a laissé entendre M. Anderson.

Mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a pas que les ONG et le CICR qui soient commis à cette tâche de protection et de soutien. L’Etat en effet est le premier garant de ces déplacés, et a obligation de leur venir en aide, puisqu’il a signé en 2009, la convention de Kampala, qui est le premier instrument au monde contraignant les Etats signataires à protéger les déplacés internes du fait de conflits armés.

Ange L. Jordan MEDA
     Infowakat.net