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2012.03.30

POURQUOI LES PROJETS ET PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES PROBLEMATIQUES SOCIALES ECHOUENT ?

POURQUOI LES PROJETS ET PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES PROBLÉMATIQUES SOCIALES ÉCHOUENT?

Beaucoup de partenaires au développement investissent des sommes colossales pour la réalisation d’un certain nombre d’activités de sensibilisation sur des problématiques sociales que sont : les violences faites aux femmes (les mutilations génitales féminines (MGF), le rapt, les violences conjugales.), la traite et les pires formes de travail des enfants etc….
Il faut souligner que ces phénomènes sociaux ont des impacts négatifs tant sur le plan social, sanitaire, économique, que politique pour les victimes.
En somme ces phénomènes sociaux constituent dans leur ensemble un obstacle à l’épanouissement et au bien-être des groupes sociaux spécifiques (femmes, enfants etc. …)
Pour le bon fonctionnement de ces projets et programmes leurs concepteurs nouent des protocoles de partenariats tantôt formels pour les uns tantôt non formels pour les autres avec les services techniques de l’Etat en vue d’un accompagnement technique dans l’exécution de leurs activités.
Quelle analyse pouvons-nous faire de ces protocoles de partenariats ? Sont-ils aussi nécessaire à la bonne exécution des projets et programmes ? Ces protocoles de partenariats ne sont-ils pas à l’origine des échecs de ces projet et programmes ?
Sans doute que la réponse à ces questions est très capitale pour une bonne appréhension de ces échecs qui sont très préjudiciables au bien-être des femmes et des enfants ainsi qu’au développement social de nos Etats.
Il faut reconnaitre que ces protocoles de partenaires sont indispensables à la bonne exécution des activités. La connaissance du milieu notamment en ce qui concerne : les habitudes, les normes sociales, les comportements, et les valeurs n’est pas évidente pour les promoteurs de ces projets ou programmes d’où la nécessité de faire appel aux compétences techniques de l’Etat. Mais force est de reconnaitre que l’appel à ses compétences ne semble pas se faire au profit de la bonne exécution des projets et programmes ce qui reviendrait à se poser la question de savoir si ces protocoles de partenariats ne sont-ils pas à l’origine des échecs que rencontre les projets et programmes ?
Il n’est plus un secret de polichinelle que l’administration burkinabé fait face aujourd’hui d’une part a des problèmes de corruption, et d’autre part à des difficultés de gestion des ressources humaines, matérielles et financières. Dans certaines institutions l’heure est critique car les relations de copinages et d’appartenance religieuse sont au diapason de la gestion, ce qui est contraire au caractère laïc de l’Etat et de ses institutions.
Bref on remarque que le choix des agents pour l’accompagnement technique des projets et programmes dans nos institutions laisse à désirer car se basant sur des critères n’ayant rien en rapport avec le mérite et la compétence. Plusieurs scénarios s’offrent aux responsables au cours de leur choix :
- Parce qu’il est de la même promotion que moi alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il prie dans la même église ou la même mosquée que moi alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il est mon meilleur ami alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il est disposé à partager ce qu’il aura comme espèces sonnantes et trébuchantes avec moi je porte mon choix sur lui
Ces différentes situations nous conduisent directement sur les critères qui fondent ces protocoles de partenariats.
En effet, le partenariat en pareil cas fait toujours référence à l’entité administrative et au projet ou programme et exclu toute personnalisation c’est-à dire individu-projet ou programme. Ces situations d’amalgames dont sont responsables certains dirigeants des institutions Etatiques ou des projets/programmes constituent un véritable obstacle à la bonne exécution des projets ou programmes sensés lutté contre les problématiques sociales. En tant que technicien la question est de se demander s’il n’est pas judicieux pour ces projets et programmes de se pencher sur l’efficacité de chaque protocole de partenariat avant de le conclure ? Ne faut-il pas à certain moment procéder à un recrutement pur et simple d’un agent ayant les qualités souhaitées sur le marché du travail ? En termes d’efficacité et d’efficience ils ont tout à gagner en procédant ainsi. Mais il faut souligner, qu'en choisissant de nouer des protocoles de partenariats avec les institutions Etatiques un certain nombre de situation doivent être claire pour les promoteurs de ces projets et programmes :
*Au sein d’une institution plusieurs agents peuvent posséder les mêmes compétences et qualités requises d’où la nécessité pour un bon fonctionnement du projet de ne pas porter une préférence sur un agent quelconque pour l’accompagnement technique
*Partant du principe que « Nul n’est indispensable pour le bon fonctionnement d’un service » les promoteurs de projets ou programmes doivent se dire que la personne désignée pour les accompagner peut leur fossé compagnie à tout moment pour diverses raisons et que la continuité de leurs activités ne doit pas en pâtir
*Que les projets ou programmes soient disposés à être accompagner par tous les agents techniques compétents de la structure institutionnelle.
La prise en compte de ces éléments est d’une importance capitale pour la réussite d’un projet ou programme voulant instituer un protocole de partenariat avec une structure institutionnelle pour un éventuel accompagnement technique.
La plupart des échecs des projets et programmes de lutte contre les problématiques sociales ont en partie pour origine ces petits détails, qui reflètent la subordination de l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt personnel.



Thieni Hama
Educateur Social

11:51 Publié dans SUJETS DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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