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2012.03.30

POURQUOI LES PROJETS ET PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES PROBLEMATIQUES SOCIALES ECHOUENT ?

POURQUOI LES PROJETS ET PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LES PROBLÉMATIQUES SOCIALES ÉCHOUENT?

Beaucoup de partenaires au développement investissent des sommes colossales pour la réalisation d’un certain nombre d’activités de sensibilisation sur des problématiques sociales que sont : les violences faites aux femmes (les mutilations génitales féminines (MGF), le rapt, les violences conjugales.), la traite et les pires formes de travail des enfants etc….
Il faut souligner que ces phénomènes sociaux ont des impacts négatifs tant sur le plan social, sanitaire, économique, que politique pour les victimes.
En somme ces phénomènes sociaux constituent dans leur ensemble un obstacle à l’épanouissement et au bien-être des groupes sociaux spécifiques (femmes, enfants etc. …)
Pour le bon fonctionnement de ces projets et programmes leurs concepteurs nouent des protocoles de partenariats tantôt formels pour les uns tantôt non formels pour les autres avec les services techniques de l’Etat en vue d’un accompagnement technique dans l’exécution de leurs activités.
Quelle analyse pouvons-nous faire de ces protocoles de partenariats ? Sont-ils aussi nécessaire à la bonne exécution des projets et programmes ? Ces protocoles de partenariats ne sont-ils pas à l’origine des échecs de ces projet et programmes ?
Sans doute que la réponse à ces questions est très capitale pour une bonne appréhension de ces échecs qui sont très préjudiciables au bien-être des femmes et des enfants ainsi qu’au développement social de nos Etats.
Il faut reconnaitre que ces protocoles de partenaires sont indispensables à la bonne exécution des activités. La connaissance du milieu notamment en ce qui concerne : les habitudes, les normes sociales, les comportements, et les valeurs n’est pas évidente pour les promoteurs de ces projets ou programmes d’où la nécessité de faire appel aux compétences techniques de l’Etat. Mais force est de reconnaitre que l’appel à ses compétences ne semble pas se faire au profit de la bonne exécution des projets et programmes ce qui reviendrait à se poser la question de savoir si ces protocoles de partenariats ne sont-ils pas à l’origine des échecs que rencontre les projets et programmes ?
Il n’est plus un secret de polichinelle que l’administration burkinabé fait face aujourd’hui d’une part a des problèmes de corruption, et d’autre part à des difficultés de gestion des ressources humaines, matérielles et financières. Dans certaines institutions l’heure est critique car les relations de copinages et d’appartenance religieuse sont au diapason de la gestion, ce qui est contraire au caractère laïc de l’Etat et de ses institutions.
Bref on remarque que le choix des agents pour l’accompagnement technique des projets et programmes dans nos institutions laisse à désirer car se basant sur des critères n’ayant rien en rapport avec le mérite et la compétence. Plusieurs scénarios s’offrent aux responsables au cours de leur choix :
- Parce qu’il est de la même promotion que moi alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il prie dans la même église ou la même mosquée que moi alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il est mon meilleur ami alors je porte mon choix sur lui
- Parce qu’il est disposé à partager ce qu’il aura comme espèces sonnantes et trébuchantes avec moi je porte mon choix sur lui
Ces différentes situations nous conduisent directement sur les critères qui fondent ces protocoles de partenariats.
En effet, le partenariat en pareil cas fait toujours référence à l’entité administrative et au projet ou programme et exclu toute personnalisation c’est-à dire individu-projet ou programme. Ces situations d’amalgames dont sont responsables certains dirigeants des institutions Etatiques ou des projets/programmes constituent un véritable obstacle à la bonne exécution des projets ou programmes sensés lutté contre les problématiques sociales. En tant que technicien la question est de se demander s’il n’est pas judicieux pour ces projets et programmes de se pencher sur l’efficacité de chaque protocole de partenariat avant de le conclure ? Ne faut-il pas à certain moment procéder à un recrutement pur et simple d’un agent ayant les qualités souhaitées sur le marché du travail ? En termes d’efficacité et d’efficience ils ont tout à gagner en procédant ainsi. Mais il faut souligner, qu'en choisissant de nouer des protocoles de partenariats avec les institutions Etatiques un certain nombre de situation doivent être claire pour les promoteurs de ces projets et programmes :
*Au sein d’une institution plusieurs agents peuvent posséder les mêmes compétences et qualités requises d’où la nécessité pour un bon fonctionnement du projet de ne pas porter une préférence sur un agent quelconque pour l’accompagnement technique
*Partant du principe que « Nul n’est indispensable pour le bon fonctionnement d’un service » les promoteurs de projets ou programmes doivent se dire que la personne désignée pour les accompagner peut leur fossé compagnie à tout moment pour diverses raisons et que la continuité de leurs activités ne doit pas en pâtir
*Que les projets ou programmes soient disposés à être accompagner par tous les agents techniques compétents de la structure institutionnelle.
La prise en compte de ces éléments est d’une importance capitale pour la réussite d’un projet ou programme voulant instituer un protocole de partenariat avec une structure institutionnelle pour un éventuel accompagnement technique.
La plupart des échecs des projets et programmes de lutte contre les problématiques sociales ont en partie pour origine ces petits détails, qui reflètent la subordination de l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt personnel.



Thieni Hama
Educateur Social

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2012.03.20

Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) : Voici le rapport 2010

L’Autorité supérieure du contrôle d’Etat (ASCE) a remis ce vendredi 24 juin 2011 au Président du Faso, son Rapport général annuel au titre de l’année 2010. Selon le premier responsable, M. Bruno BESSIN, la structure a effectué 30 missions de contrôle et produit 23 rapports. Le document en fichier joint




Rapport_2010_de_l_ASCE.pdfTELECHARGER

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Le Burkina Faso participe à la 56ème session de la Commission de la condition de la femme

Commission de la condition de la femme a tenu sa 56ème session à New York, du 27 février au 9 mars 2012 avec comme thème prioritaire :« L’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’élimination de la pauvreté et de la faim, le développement et le règlement des problèmes actuels ». Les travaux ont consisté en un débat général, une table ronde de haut niveau ainsi que cinq (05) panels.

La délégation du Burkina Faso conduite par Madame Nestorine Sangaré, Ministre de la Promotion de la Femme comprenait des points focaux et experts de plusieurs ministères, de l’Assemblée National ainsi que de la société civile.

Les participants à la table ronde de haut niveau ont saisi l’occasion pour, d’une part, insister sur l’importance de l’éducation et de l’emploi en zones rurales, et d’autre part, débattre de la question du micro-financement, partager leurs meilleures pratiques et rappeler la nécessité de veiller au respect du droit des femmes à l’accès à la terre et à la propriété.

Intervenant à la table ronde, Madame Nestorine Sangaré a souligné que la situation des femmes rurales avait été identifiée depuis les années 1960 comme étant la base de l’intégration des femmes au processus de développement. Elle a également indiqué qu’en dépit des efforts entrepris, le respect du droit des femmes rurales dans le processus de développement rural reste sujet à caution. Madame le Ministre a estimé que le soutien apporté aux femmes doit tenir compte de leurs besoins réels ainsi que des dynamiques sur le terrain, pour ne pas courir le risque de maintenir celles-ci sous la dépendance des seuls microcrédits qui riment avec microéconomie. Elle a pour ce faire, insisté sur l’importance d’un appui conséquent et de transfert de technologies.

Le débat général de la session axé sur le point 3 de l’ordre du jour relatif au suivi de la quatrième Conférence mondiale et de la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée générale, sur les femmes en 2000 a permis aux participants d’insister sur la nécessité de promouvoir et de renforcer le rôle des femmes rurales dans la lutte contre l’élimination de la faim et de la pauvreté, en investissant davantage dans l’éducation, dans les infrastructures et en leur garantissant aussi un accès à la propriété, aux services financiers, ainsi qu’à des services de soins et d’aide dans l’accomplissement des charges familiales et domestiques. Certains délégués ont également dénoncé l’insuffisance des politiques adaptées, du fait notamment de l’absence des femmes dans les prises de décisions.

Dans sa déclaration au débat général, Madame le Ministre de la Promotion de la Femme a indiqué que le Burkina Faso a adopté en 2009 une loi sur les quotas et a révisé le Code pénal pour protéger davantage les droits des femmes. Elle a évoqué la révision du régime foncier rural qui met l’accent sur la protection des droits fonciers des femmes rurales et prévoit l’organisation de campagnes d’attribution de terres aménagées par l’État à des couches de populations vulnérables, dont les femmes. Elle a indiqué que la délivrance de titres de propriété permettra aux bénéficiaires d’obtenir des financements auprès des institutions bancaires.

Elle a par ailleurs reconnu qu’en dépit de ces avancées, des défis demeurent, notamment le taux élevé d’analphabétisme des femmes, la pauvreté et les pesanteurs socioculturelles qui favorisent des pratiques néfastes telles les mutilations génitales féminines.

Sur ce sujet, Madame Nestorine Sangaré a formulé le vœu que la Commission prenne en compte la préoccupation de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine tenue en juillet 2011 à Malabo, qui invite l’Assemblée générale des Nations Unies à adopter une résolution sur l’élimination cette pratique.

Ce vœu a été entendu, par la Commission qui a adopté une décision recommandant l’examen de la question de l’élimination des Mutilations Génitales Féminines(MGF) à la soixante-septième session de l’Assemblée générale des Nations Unies au titre du point de son ordre du jour intitulé : "Promotion de la femme".

Cependant, il est regrettable de constater que malgré les longues négociations qui ont débordées sur la période prévue pour la session, les délégations ne soient pas parvenues à un consensus qui aurait permis d’adopter les conclusions concertées du débat général et des tables rondes que la Commission a tenus sur le thème de l’autonomisation des femmes rurales. Les désaccords ont portés sur certains points concernant principalement le concept du genre et de l’égalité des sexes, ainsi que le transfert de technologie dans le contexte rural. En absence de consensus, la Présidente de la 56ème session rédigera un document résumant les travaux de la session

En marge des travaux de cette 56ème session de la Commission de la condition de la Femme, la délégation du Burkina Faso a également pris part activement à un certain nombre d’évènements parallèles au nombre desquels la réunion de haut niveau organisé par la Coalition pour l’interdiction mondiale des MGF, au Concert de levée de fonds organisé par la Mission Permanente de l’Italie auprès des Nations Unies en collaboration avec le FNUAP et l’UNICEF, sous le thème :« Raise your voice to end Female Genital Mutilation », et au Séminaire organisé par la Chine (Taiwan) sur le thème : « l’Autonomisation des femmes rurales : relever le défi de la pauvreté, de la faim et du développement ».

Par ailleurs, Madame le Ministre s’est prêtée aux questions de la presse onusienne relativement au thème de la présente session et à la politique des autorités burkinabè en matière de promotion de la femme.

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2012.03.18

Nicolas Sarkozy pour la création d’un « F.B.I » anti-fraudeurs

Nicolas Sarkozy présente son projet pour 2012-2017. Il s’annonce musclé. La défiscalisation et les libéralités dont bénéficieront les puissants, entraîneront pour les pauvres une diminution des aides et autres prestations sociales. Nicolas Sarkozy projette de faire pression sur les misérables, les sans-travail, les demandeurs d’emploi. Plus de précarité et moins de soins. Les contrôles vont s’accroître, il envisage même la création d’un « FBI » anti-fraudeurs (textuel !) (1).
I - Pression sur les travailleurs

Défiscalisation des heures supplémentaires

Il veut réduire les salaires indirects et les contributions qui financent la solidarité : « Je crois au heures supplémentaires défiscalisées. Il y a 9 millions de français qui ont amélioré leur pouvoir d’achat grâce aux heures supplémentaires » (2).

Pas d’augmentation de salaire et baisse de nombre de fonctionnaires

Il compte aussi poursuivre le plan social d’Etat déjà engagé : « 26 Md€ d’économies seront réalisées sur les dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales : 7 Md€ sur les dépenses de personnel de l’Etat et des collectivités territoriales : cela correspond à un effort de maîtrise de la masse salariale du même ordre de grandeur que celui que nous faisons actuellement. Pour les financer, le non remplacement de un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (1 sur 2) sera maintenu, hors enseignement primaire. » (3).

Baisse du « salaire différé »

Le candidat annonce : « Il faut baisser le coût du travail et réfléchir ensemble au financement de notre protection sociale » (4). Le journaliste ne croit pas bon de l’interroger à ce sujet. Manque de temps sans doute…

Augmentation du temps de travail

Il veut augmenter le temps de travail : « Sortir des 35 heures en inventant une nouvelle démocratie sociale. (…) Nous devons travailler plus. L’action du gouvernement a été constante dans ce domaine depuis 2007, avec la réforme des retraites et l’assouplissement des 35 heures » (5).

Le travail des adolescents

La formation des pré-adolescents et des adolescents sera stoppée pour qu’ils rentrent plus tôt dans le marché du travail : « Nous donnerons à ceux qui le souhaitent la possibilité d’entrer dans l’apprentissage dès 14 ans » (6).
II - Pression sur les chômeurs

Nouvelles obligations envers les chômeurs

« On va former les gens pour des métiers où il y a des offres d’emplois » affirme-t-il sur TF1. Après le « droit » à la formation, il propose des « devoirs » : « L’obligation pour chacun de nos compatriotes, qui ont reçu une formation qualifiante pour un métier qualifié, d’accepter l’offre d’emploi qu’on lui propose » (7).

Officialisation du travail gratuit

Il veut aussi « rendre obligatoire pour les bénéficiaires du RSA d’effectuer 7 heures d’activité d’intérêt général par semaine. » (8)

Diminution des minima sociaux

« Nous diminuerons donc le RSA socle pour les personnes qui refuseraient un contrat d’insertion, alors qu’elles peuvent travailler ». (9)
III - Pression sur la santé

Moins de soins

Plus de travail et moins de santé, c’est le programme annoncé de l’UMP : « Nous voulons (…) faire disparaître les examens et prescriptions inutiles, en responsabilisant patients et prescripteurs, pour que chaque euro dépensé le soit à bon escient, à l’hôpital comme en ville. L’équilibre financier de notre système de santé dépend, en effet, des comportements de chacun ». (10)

Déremboursement des médicaments

Les remèdes seront plus que jamais à la charge des malades : « 13 Md€ d’économies seront réalisées entre 2013 et 2016 dans l’assurance-maladie (…). 4 Md€ sur le prix des médicaments, des produits de santé et des actes : l’effort portera en priorité sur les médicaments (3 Md€ entre 2013 et 2016, contre 3 Md€ obtenus entre 2008 et 2011) » (11)

Baisse des prestations chômages

« Nous voulons rendre les allocations chômage dégressives dans le temps, dès lors que le taux de chômage commencera à diminuer, pour encourager le retour à l’emploi ». (12)
IV- Création d’un FBI anti-fraude

Plus de police sur le terrain

« Pour améliorer l’efficacité et la visibilité des forces de sécurité, nous souhaitons renforcer leur présence sur le terrain en généralisant les patrouilleurs, en allégeant les procédures administratives, en développant les nouvelles technologies les plus efficaces et en faisant un usage régulier des forces mobiles » (13).

Augmentation du fichage social

« Nous souhaitons créer une carte sociale sécurisée. Sur le modèle de la carte Vitale, chaque citoyen sera titulaire d’une carte sociale biométrique et d’un numéro unique d’enregistrement. Cette carte regroupera les informations ouvrant des droits (état civil, situation familiale et professionnelle, etc.) » (14).

Augmentation du contrôle social envers les pauvres

« Nous engagerons une lutte déterminée contre la fraude et nous ne tolérerons pas que certains se placent dans la position du « passager clandestin ». Nous ferons une transparence totale sur le versement des aides et leur contrôle ». (15)

Création d’un FBI anti-fraudeur

« Nous voulons enfin créer un « FBI » de la lutte contre les fraudes, corps d’inspecteurs des contrôleurs qui aurait compétence sur toutes les fraudes sociales et fiscales » (16)
V - Prudence, citoyen !

A l’occasion de l’élection de 2007, Nicolas Sarkozy décrivait en partie ses intentions, ses axes programmatiques. Aujourd’hui encore, une lecture à la lettre, des programmes, discours, interventions télévisées est nécessaire pour ne pas se laisser hypnotiser par les effets rhétoriques, les procédés stylistiques d’un des candidats des riches, amis des financiers et de la finance…

L’allègement des salaires différés et des contributions dites « charges » entraine moins de prestations sociales, et donc moins de solidarité matérielle, par incidence, la précarité augmente et le candidat envisage donc d’accroître le contrôle social : tout cela s’inscrit dans la même logique…

La « logique FBI » du candidat Nicolas Sarkozy

En 2012, le présidentiable n’envisage plus seulement de porter des lunettes de style « Police » ou d’arborer un Tee-shirt « NYPD », il envisage la création des services qui vont avec…

Nicolas Sarkozy, Président de la République française, candidat à la présidence, veut imposer aux français, aux pauvres, « la vie FBI » (17) : celle des contrôles, des flicages, de la délation, de la suspicion, des pointages et des fichages. (18)

Ce mot du poète Victor Hugo dans Choses Vues : « La police partout, la justice nulle part. » (19).

Eric W. Faridès (pour Le Grand Soir).arton16531-45d57.jpg

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GOUVERNANCE ET ADMINISTRATION

Une société doit être gouvernée. Il faut qu’on y établisse des règles et qu’on les fasse respecter. Si un groupe n’a aucune cohésion, si on y entre et en sort comme d’un moulin, ce n’est pas une société. C’est quand on y a des choses en commun et qu’on y tient qu’un groupe apparaît comme une « communauté ». On veut alors que cette communauté perdure et de cette volonté de permanence dans l’association naît un sentiment d’appartenance.


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SYSTEMES DE SOCIETE

Filed under: Auteur — pierrejcallard

On parle d’une Nouvelle Société, mais qu’est-ce qu’une société ? Une société est un système. Le mot “système” est utilisé dans plusieurs disciplines et revêt des sens si différents, que son emploi peut jeter la confusion. Un système, dans le sens où nous l’entendons ici, est un ensemble d’éléments en interaction ; un système est entièrement défini par ses éléments et les interactions qui constituent son fonctionnement. Il existe une immense variété de systèmes: naturels, artificiels, fermés, ouverts… Votre corps est un système. VOUS êtes un système.
Une société est un système dont les individus sont les éléments et dont les interactions sont des activités de production et d’échange, “échange” incluant ici toute forme de transmission de biens, de services ou d’information, avec ou sans contrepartie, consentie ou imposée. Une société est donc un lieu d’échanges. Échanges d’idées, de connaissances, de sentiments, de bien et services. On y donne, on y prend, on y vend et achète et l’on y troque. On y met aussi en commun les forces et les ressources dont on dispose, ce qui n’est qu’une autre forme d’échange.

Chaque société est un système qui a ses façons de faire, plus ou moins efficaces, plus ou moins satisfaisantes pour ceux qui en sont parties. Efficacité et satisfaction dépendent largement de ce que sont les sociétaires, de leurs valeurs et de ce qu’ils font, mais, si le résultat n’est pas conforme à leurs espoirs, ce sont toujours les façons de faire qui seront blâmées, puisque se sont toujours dans les interactions que les insuffisances se manifestent. Critiquer ces façons de faire, c’est critiquer « le système ».
Le Système est donc vu comme le méchant loup dans la bergerie des citoyens innocents, ce qui est loin d’être faux. Les maux qui nous viennent du Système et ceux dont est responsable la simple nature humaine, cependant, se confondent souvent et la confusion est rarement innocente. Les vicissitudes qui nous viennent de la nature sont ainsi imputées au Système par tous les marchands d’illusions, alors que, pour protéger des intérêts acquis, des problèmes qu’il serait facile de résoudre sont parfois présentés comme des fatalités

C’est la première confusion à éviter quand on parle d’apporter des changements fondamentaux à la société. Or, le loup se déguise en Mère Grand, en Chaperon Rouge et même en descente de lit quand ça l’arrange. Dans la pénombre, l’inverse n’est pas non plus exclu. Il est donc vital de diffuser un signalement précis du Système, car nous sommes désormais bien nombreux à dénoncer le “système” et, à défaut de reconnaître le loup de profil comme de face, on risque de plus en plus de se tirer dessus entre chasseurs.

On risque surtout de tirer en l’air, d’imputer à une société en particulier ce qui est commun à toutes les sociétés et dont il est donc oiseux d’accuser le système qui y prévaut. Ainsi, les sociétés que nous connaissons, y compris celle dans laquelle nous vivons, sont des structures qui ont pris forme spontanément, longtemps avant qu’un intello de service ne décide de les appeler “sociétés” et n’en analyse le fonctionnement. Ces sociétés n’ont donc pas été créées sur plan, pour une finalité, mais se sont développées selon les circonstances. Ce sont des sociétés qu’on pourrait dire “naturelles”.
Les principes de fonctionnement des sociétés naturelles n’ont pas été créés non plus; ils ont simplement été découverts, de même qu’on n’a pas créé, mais qu’on a simplement découvert la Loi de la gravité, celle de la conservation de l’énergie et autres lois de la nature. Il y a longtemps qu’on a découvert les règles qui régissent le fonctionnement des sociétés naturelles: ce sont celles qui découlent de la nature humaine.

Il y a deux principes fondamentaux qui déterminent l’avènement, le fonctionnement et l’évolution des sociétés qui se sont ainsi créées spontanément.
Le premier est que l’ÉGOÏSME EST PARTOUT. Chaque “sociétaire” tente de retirer tout ce qu’il peut de la société en y contribuant le moins possible. Altruisme, dévouement et abnégation peuvent exister dans une société naturelle – surtout quand, comme l’explique Maslow, l’individu, bien repu, cherche des plaisirs plus subtils ou voit son bénéfice au ciel ou ailleurs – mais le comportement prévalent d’une société, celui qui permet de prévoir son fonctionnement, c’est que chacun tire à soi la couverture. Ceci demeure vrai, même si certains mettent à le faire plus d’élégance et moins de malveillance que d’autres.

Le second est que LA FORCE TRIOMPHE TOUJOURS. Au départ, il y a la simple force physique, à laquelle s’ajoute vite celle des armes; ensuite, il y a l’intelligence, à laquelle vient s’ajouter l’information, prenant la forme de la connaissance puis de la formation ; enfin, il y a la richesse, laquelle permet de manier la promesse en plus de la menace. Les circonstances modifient les rapports de force et il faut en tenir compte, mais, dans une situation donnée, le plus fort gagne toujours.

Dans une société idéale, ces principes ne s’appliqueraient pas. Chacun exécuterait avec abnégation et enthousiasme la tâche qui lui est dévolue et l’appartenance au groupe serait joyeusement consentie. C’est la situation qu’on imagine dans un monastère bénédictin. Hélas, les États que l’histoire a connus jusqu’à ce jour n’ont pas été des sociétés idéales. Si on veut que ce soit l’altruisme et la justice qui prévalent, il faut que le système l’impose et il faut d’abord lui montrer à le faire.

Pierre JC Allard

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La réémergence de la Chine en tant que puissance mondiale



La réémergence de la Chine en tant que puissance mondiale

L’histoire du pouvoir dans le monde a été déformée par des historiens eurocentrés qui ont ignoré le rôle dominant de la Chine dans l’économie mondiale de 1100 à 1800. La brillante rétrospective historique que John Hobson fait de l’économie mondiale de cette période fournit des quantités de données empiriques qui prouvent la supériorité économique et technologique de la Chine sur la civilisation occidentale pendant la plus grande partie du millénaire précédent avant qu’elle se soit assujettie et ne commence à décliner au 19ième siècle.
La réémergence de la Chine en tant que puissance économique nous conduit à nous interroger sur son ascension et sa chute précédentes et sur les menaces intérieures et extérieures qui pèsent dans le futur immédiat sur cette superpuissance économique renaissante.
D’abord nous soulignerons les principaux aspects de l’ascension historique de la Chine et de sa supériorité économique sur l’Occident avant le 19ième siècle à partir du livre de John Hobson, "Les origines orientales de la civilisation occidentale". Etant donné que la majorité des historiens économiques occidentaux (libéraux, conservateurs ou marxistes) ont représenté la société chinoise comme stagnante, arriérée et bornée, un "despotisme oriental" selon leur expression, il est nécessaire de montrer qu’il n’en était rien. Il faut aussi particulièrement montrer comment la Chine, la puissance mondiale technologique de 1100 à 1800, a permis l’ascension de l’Occident. C’est seulement en empruntant et en assimilant les innovations chinoises que l’Occident a pu opérer la transition vers l’économie capitaliste et impérialiste moderne.

Dans la seconde partie nous analyserons les facteurs et les circonstances qui ont amené le déclin de la Chine au 19ième siècle et la domination, l’exploitation et le pillage subséquents de ce pays par les puissances impériales occidentales, d’abord l’Angleterre puis le reste de l’Europe, le Japon et les Etats-Unis.

Dans la troisième partie, nous soulignerons brièvement les facteurs qui ont mené à l’émancipation de la Chine de la règle coloniale et néocoloniale et nous analyserons sa récente percée comme deuxième plus grande économie mondiale.

Enfin nous étudierons les menaces passées et présentes qui pèsent sur l’avènement de la Chine comme puissance économique mondiale en mettant en lumière les similitudes entre le colonialisme anglais des 18 et 19ièmes siècles et les stratégies impériales étasuniennes actuelles et en montrant les forces et les faiblesses des réactions chinoises passées et présentes.

LA CHINE : L’ascension et la consolidation de sa puissance mondiale de 1100 à 1800

A l’aide de comparatifs systématiques, John Hobson fournit énormément de données concrètes qui démontrent de façon indiscutable la supériorité mondiale économique de la Chine sur l’Occident et en particulier sur l’Angleterre. En voilà quelques unes :
Dès 1078 la Chine était le plus grand producteur au monde d’acier (125 000 tonnes) tandis que l’Angleterre n’en produisait encore que 76 000 tonnes en 1788.
La Chine était le leader mondial de l’innovation dans la production textile, sept siècles avant la "révolution textile" anglaise du 18ième siècle.
La Chine était la première puissance commerciale et faisait du commerce avec la plus grande partie de l’Asie de l’ouest, de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Europe.
La "révolution agricole" chinoise et sa productivité dépassaient l’Occident au 18ième siècle.
Ses innovations dans la production de papier, de livres imprimés, d’armes à feu et d’outils, en ont fait une superpuissance dont la production était exportée dans le monde entier grâce à un système de navigation des plus avancés.
La Chine possédait les bateaux de commerce les plus grands. En 1588 les plus grands bateaux anglais pouvaient transporter 400 tonnes de fret, les navires chinois 3000 tonnes. Même à la fin du 18ième siècle, les marchands chinois disposaient encore de 130 000 navires de commerce privés, infiniment plus que les Anglais. Le Chine a gardé ce rôle dominant dans l’économie mondiale jusqu’au début du 19ième siècle.
Les fabricants Anglais et Européens qui ont suivi l’exemple de la Chine, en copiant et assimilant ses plus grandes avancées technologiques, étaient pressés d’entrer sur le marché chinois moderne et lucratif.
Jusqu’en 1750, le revenu per capita des Chinois égalait celui des Anglais grâce à leur système bancaire, leur économie basée sur du papier monnaie stable, leur production manufacturée et de bons rendements agricoles.
La position dominante de la Chine a été remise en question par la montée de l’impérialisme britannique qui a adopté les avancées technologiques, maritimes et commerciales de la Chine et d’autres pays d’Asie pour devenir une puissance mondiale en brûlant les étapes.

L’IMPERIALISME occidental et la déclin de la Chine

Les piliers de la conquête britannique et occidentale de l’Orient sont la militarisation des états impériaux, le manque de réciprocité dans leurs relations économiques avec les pays étrangers et la nature de l’idéologie occidentale impériale qui permettait et justifiait la conquête de pays étrangers.
A la différence de la Chine, la révolution industrielle britannique et son expansion au delà des mers est le fruit d’une politique guerrière. Selon Hobson, entre 1688 et 1815, l’Angleterre était en guerre 52% du temps. Tandis que la prospérité chinoise reposait sur le libre échange, la production de biens et les innovations commerciales et bancaires, les Britanniques préféraient les barrières douanières, les conquêtes militaires et la destruction systématique des entreprises étrangères compétitives ainsi que le vol et le pillage des ressources locales. La suprématie chinoise était basée sur "les bénéfices réciproques" des partenaires, tandis que les Britanniques avaient recours à des armées de mercenaires, la répression sauvage et la méthode "diviser pour régner" pour attiser les rivalités locales. En cas de résistance des autochtones, les Anglais (comme d’autres puissances impérialistes) n’hésitaient pas à exterminer des communautés entières.

Incapables de rentrer en compétition avec le marché chinois, l’Angleterre a eu recours à la puissance militaire brute. Elle a armé et formé des mercenaires recrutés dans ses colonies en Inde et ailleurs pour forcer la Chine à importer ses produits et pour lui imposer des traités inégaux à des tarifs préférentiels. La Chine a été inondée d’opium britannique produit dans ses plantations d’Inde au mépris des lois chinoises qui interdisaient ou régulaient l’importation et la vente de narcotiques. Les dirigeants chinois habitués depuis longtemps à la supériorité de leur commerce et de leur fabrication n’étaient pas préparés aux "nouvelles règles impériales" du pouvoir international. La propension occidentale à coloniser des pays par les armes, à piller leurs ressources et à recruter d’énormes armées de mercenaires commandés par des officiers européens a mis fin à la puissance internationale de la Chine.

La base de la suprématie économique de la Chine était la "non ingérence dans les affaires internes de ses partenaires commerciaux". A l’opposé les impérialistes britanniques sont intervenus brutalement en Asie pour adapter les économies locales aux besoins de l’empire (en éliminant les concurrents économiques, y compris les fabricants de coton indiens plus efficaces) et ont pris le contrôle des appareils politiques, économiques et administratifs locaux pour mettre en place la colonisation.

L’empire britannique s’est construit en s’appropriant les ressources de ses colonies et en militarisant massivement son économie. Sa puissance militaire a bientôt supplanté celle de la Chine. La politique étrangère de la Chine a été handicapée par la confiance exagérée des élites dirigeantes dans les relations commerciales. Les officiels chinois et les grands marchands qui cherchaient à se concilier les Britanniques, ont convaincu l’empereur de leur accorder des concessions extra-territoriales dévastatrices et de leur ouvrir leur marché au détriment des fabricants chinois tout en renonçant à leur souveraineté locale. Comme toujours les Britanniques ont attisé les querelles internes et fomenté des révoltes pour déstabiliser davantage le pays.

La pénétration occidentale et britannique du marché chinois et la colonisation de la Chine ont créé une nouvelle classe : les riches "compradores" chinois qui importaient les marchandises anglaises et facilitaient la conquête des ressources et des marchés locaux. Le pillage impérialiste a engendré une plus grande exploitation de la grande masse des paysans et de ouvriers chinois écrasés par de lourds impôts. Les dirigeants de la Chine pressuraient la paysannerie pour payer les dettes de guerre et les déficits commerciaux imposés par les puissances impériales occidentales. Cela a conduit les paysans à la famine et à la révolte.

Au début du 20ième siècle (moins d’un siècle après les Guerres de l’Opium), la Chine avait perdu son statut de puissance économique mondiale ; elle était devenue un pays brisé, à demi colonisé et dont l’immense population était réduite à la pauvreté. Les principaux ports étaient contrôlés par les officiels de l’impérialisme occidental et l’intérieur du pays était régi par des seigneurs corrompus et brutaux. Des millions de personnes étaient devenus esclaves de L’opium anglais.

LES UNIVERSITAIRES britanniques : Eloquents défenseurs des conquêtes impériales

Toute la classe académique occidentale -et à sa tête les historiens impérialistes anglais- ont attribué la domination impérialiste anglaise sur l’Asie à "la supériorité technologique" de l’Angleterre et la pauvreté et de la Chine et sa colonisation au "retard oriental" sans mentionner la supériorité millénaire du commerce et des avancées techniques de la Chine qui a duré jusqu’au début du 19ième siècle. A la fin des années 1920, avec l’invasion impériale japonaise, la Chine a perdu son unité. Sous la loi impériale, des centaines de millions de Chinois sont morts de faim ou ont été dépossédés ou assassinés pendant que les puissances impériales occidentales et le Japon pillaient son économie. Cela a complètement discrédité toute l’élite chinoise collaboratrice des "Compradores" aux yeux des Chinois.

Le souvenir du pays prospère, dynamique et puissant qu’a été autrefois la Chine est resté dans la mémoire collective du peuple chinois mais a été complètement occulté par les prestigieux intellectuels étasuniens et anglais. Les commentateurs occidentaux ont discrédité la mémoire collective de la suprématie de la Chine en la qualifiant d’illusion ridicule due à la nostalgie des seigneurs et de la royauté, et à l’arrogance sans fondement des Han.

LA CHINE renaît des cendres du pillage et de l’humiliation impériales : La révolution communiste chinoise

C’est le succès de la révolution communiste chinoise du milieu du 20ième siècle qui a rendu possible l’ascension de la Chine moderne à la place de seconde économie mondiale. L’armée "rouge", l’armée populaire de libération, a vaincu d’abord l’armée impériale japonaise et ensuite l’armée impérialiste étasunienne soutenue par le Kuomintang, l’armée "nationaliste" menée par les "compradores". Cela a permis la réunification de la Chine en un état souverain indépendant. Le gouvernement communiste a aboli les privilèges extra-territoriaux des impérialistes occidentaux, mis fin au pouvoir des seigneurs de guerre et des gangsters et chassé les propriétaires millionnaires de bordels, les trafiquants de femmes et de drogues ainsi que les autres "fournisseurs de service" de l’empire étasuno-européen.

A tous les sens du mot, la révolution communiste a forgé l’état chinois moderne. Les nouveaux dirigeants ont alors procédé à la reconstruction d’une économie ravagée par les guerres impériales et le pillage des capitalistes japonais et occidentaux. Après plus de 150 ans d’infamie et d’humiliation, le peuple chinois a retrouvé sa fierté et sa dignité nationales. Ces éléments socio-psychologiques ont joué un rôle essentiel dans la capacité du pays à se défendre contre les attaques, le sabotage, les boycotts et les blocus étasuniens qui ont suivi la libération.

Contrairement à ce que prétendent les économistes occidentaux et les économistes néolibéraux chinois, la dynamique croissance de la Chine n’a pas commencé en 1980. Elle a commencé en 1950 avec la réforme agraire qui a procuré de la terre, des infrastructures, des crédits et de l’assistance technique à des centaines de millions de paysans et ouvriers agricoles misérables. Grâce à ce qui est aujourd’hui appelé "capital humain" et à une gigantesque mobilisation sociale, les communistes ont construit des routes, des aérodromes, des ponts, des canaux et des lignes de chemin de fer de même que les industries de base, comme le charbon, l’acier, le fer, qui ont constitué la colonne vertébrale de l’économie de la Chine moderne. Le vaste système d’éducation et de santé de la Chine communiste a produit une force de travail motivée, instruite et en bonne santé. Son armée hautement professionnelle a empêché les Etats-Unis d’étendre leur empire militaire à travers la péninsule coréenne jusqu’aux frontières de la Chine. De même que les historiens et propagandistes ont fabriqué l’histoire d’une Chine "décadente et stagnante" pour justifier leur brutale conquête, de même leurs homologues contemporains ont réécrit l’histoire des trente premières années de la Révolution Communiste chinoise, en niant son rôle positif dans le développement de tous les éléments d’une économie, d’un état et d’une société modernes. Il est clair que la rapide croissance de la Chine a été la conséquence du développement de son marché intérieur, de la formation rapide de scientifiques, de techniciens et de travailleurs qualifiés et que le filet de sécurité sociale qui protégeait et promouvait la mobilité des ouvriers et des paysans étaient les fruits de la planification et des investissements communistes.

La montée en puissance de la Chine sur l’échiquier mondial, a commencé en 1949 par l’évincement de toute la classe financière spéculatrice parasite des "compradores" qui avaient servi d’intermédiaires aux impérialistes européens, japonais et étasuniens pour drainer les grandes richesses de la Chine.

LA TRANSITION chinoise vers le capitalisme

A partir de 1980, le gouvernement chinois a opéré un changement dramatique dans sa stratégie économique : Au cours des trois décennies suivantes il a ouvert le pays à des investissements étrangers d’envergure ; il a privatisé des milliers d’industries et il a mis en place une politique délibérée de concentration des revenus dans le but de récréer une classe économique dominante de milliardaires liés aux capitalistes étrangers. Le projet de la classe politique chinoise dirigeante était "d’emprunter" les connaissances techniques nécessaires pour entrer sur les marchés étrangers par l’intermédiaire des entreprises étrangères à qui ils fourniraient une abondante main d’oeuvre bon marché. L’état chinois a redirigé des subventions publiques massives pour générer une haute croissance capitaliste en démantelant son système national gratuit de soins et d’éducation. Il a cessé de subventionner la construction des habitations de centaines de millions de paysans et d’ouvriers d’usines pour fournir des fonds à des spéculateurs immobiliers pour construire des appartements de luxe privés et des gratte-ciel de bureaux. La nouvelle stratégie capitaliste chinoise, de même que sa croissance à deux chiffres, s’est enracinée dans les profonds changements structurels et les investissements publics massifs rendus possibles par l’ancien gouvernement communiste. "L’envolée" du secteur privé chinois a eu comme fondement les immenses dépenses publiques consenties depuis 1949.
La nouvelle classe capitaliste triomphante et ses collaborateurs occidentaux se sont vantés d’être les artisans du "miracle économique" de la Chine et de son ascension à la seconde place dans l’économie mondiale. Cette nouvelle élite chinoise est moins pressée de mentionner la place de la Chine en ce qui concerne les brutales inégalités de classes car on ne trouve pire qu’aux Etats-Unis.

LA CHINE : De la soumission aux impérialistes à la compétitivité internationale

La croissance soutenue du secteur industriel de la Chine a été le résultat d’investissements publics très ciblés, de profits élevés, d’innovations techniques et d’un marché intérieur protégé. Le capital étranger a fait bien sûr des profits mais toujours dans le cadre des priorités et des règles de l’état chinois. La "stratégie d’exportation" dynamique du régime a produit d’énormes surplus commerciaux qui ont fait de la Chine un des plus grands créanciers de la planète et surtout des Etats-Unis. Pour maintenir sa dynamique industrielle, la Chine a du importer de grands quantités de matières premières ce qui l’a conduit à faire des investissements importants à l’étranger et à conclure des accords commerciaux avec des pays exportateurs de minerais et de produits agricoles comme l’Afrique et l’Amérique Latine. Dès 2010, la Chine, supplantant les Etats-Unis et l’Europe, est devenue le principal partenaire de beaucoup de pays d’Asie, d’Afrique, et d’Amérique Latine.
La Chine moderne, comme celle de 1100 à 1800, est devenue une puissance économique mondiale grâce à sa prodigieuse capacité de production. Le commerce et les investissements se faisaient dans le cadre d’une stricte politique de non-ingérence dans les affaires intérieures de leurs partenaires commerciaux. A la différence des Etats-Unis, la Chine n’a pas mené des guerres sans merci pour le pétrole ; au contraire elle a signé des contrats lucratifs. Et la Chine ne fait pas la guerre dans l’intérêt des Chinois de l’étranger comme les Etats-Unis ont fait pour Israël au Moyen-Orient.
Le rapport entre la puissance économique chinoise et sa puissance militaire est à l’opposé de celui des Etats-Unis, un gros empire militaire parasite dont l’influence économique internationale continue de diminuer.
Les dépenses militaires des Etats-Unis sont 12 fois supérieures à celles de la Chine. L’armée étasunienne tient le rôle principal dans les efforts de Washington pour empêcher la Chine de devenir une puissance mondiale.

L’ASCENSION de la Chine : L’histoire va-t-elle se répéter ?

La croissance de la Chine a été d’environ 9% par an et la qualité et la valeur de ses produits augmentent rapidement. Au contraire, les Etats-Unis et l’Europe ont stagné autour de 1% de croissance de 2007 à 2012. Les créatifs savants et techniciens chinois ont assimilé les dernières inventions occidentales (et japonaises) et les ont améliorées, diminuant ainsi leur coût de production. La Chine a remplacé les "institutions financières internationales" contrôlées par les Etats-Unis et l’Europe (le FMI, la banque mondiale et la banque interaméricaine de développement) comme principal prêteur de l’Amérique Latine. La Chine continue d’être le premier investisseur dans les ressources minières et l’énergie africaines. La Chine a pris la place des Etats-Unis comme premier partenaire commercial d’Arabie Saoudite, du Soudan, premier acheteur de pétrole iranien et est en passe de devenir aussi le premier acheteur de produits pétroliers vénézuéliens. Aujourd’hui la Chine est le premier fabriquant et exportateur mondial, dominant même le marché étasunien tout en jouant le rôle de bouée de sauvetage financière grâce à ses 1300 milliards de dollars de bonds du trésor étasuniens.
Sous la pression des travailleurs, des fermiers et des paysans, les dirigeants chinois ont développé le marché intérieur en augmentant les salaires et les dépenses sociales pour rééquilibrer l’économie et éviter le spectre de l’instabilité sociale. Au contraire, aux Etats-Unis, les salaires et les services publiques vitaux ont décliné de façon alarmante en termes absolus et relatifs.
Tout cela laisse présager que la Chine va prendre la place des Etats-Unis comme première puissance économique mondiale dans les dix années qui viennent, si l’empire étasunien ne l’attaque pas et si les profondes inégalités de classe chinoises ne provoquent pas un soulèvement général.
De sérieuses menacent pèsent sur l’ascension de la Chine dans le monde. Contrairement à ce qui s’est produit dans le passé, la puissance économique de la Chine moderne n’est pas accompagnée de visées impérialistes. La Chine est sérieusement en retard par rapport aux Etats-Unis et à l’Europe pour ce qui concerne la capacité de mener des guerres de conquête. Cela a sans doute permis à la Chine d’utiliser plus de financement pour générer de la puissance économique mais la Chine est aujourd’hui sans défense devant la supériorité militaire étasunienne, son énorme arsenal, ses bases avancées et ses positions géo-militaires stratégiques au large des côtes chinoises et dans les territoires adjacents.

Au 19ième siècle, l’impérialisme britannique a détruit la position de la Chine sur la scène internationale grâce à sa supériorité militaire en saisissant les ports chinois - à cause de la confiance de la Chine dans sa "supériorité commerciale".

La conquête de l’Inde, de la Birmanie et de la plus grande partie de l’Asie a permis à l’Angleterre d’établir des bases coloniales et de recruter des armées locales de mercenaires. Les Anglais et leurs alliés mercenaires ont encerclé et isolé la Chine, ce qui a déstabilisé le marché chinois et permis d’imposer de brutaux accords commerciaux. L’armée de l’empire britannique dictait à la Chine ce qu’elle devait importer (et l’opium représentait 50% des exportations anglaises dans les années 1850) tout en neutralisant sa plus grande compétitivité par des tarifs préférentiels.

Aujourd’hui les Etats-Unis poursuivent la même politique : la flotte étasunienne patrouille et contrôle les voies commerciales maritimes de la Chine et ses ressources en pétrole off-shore à partir de ses bases. La Maison Blanche de Obama et Clinton est en train de préparer une réponse militaire rapide, à partir de ses bases en Australie, Philippines, et ailleurs en Asie. Les Etats-Unis intensifient leurs efforts pour gêner l’accès chinois aux ressources étrangères stratégiques tout en soutenant les séparatistes "issus de peuple" et les "insurgés" en Chine occidentale, Tibet, Soudan, Birmanie, Iran, Libye, Syrie et ailleurs. Les accords militaires étasuniens avec l’Inde et la mise en place d’un régime fantoche interchangeable au Pakistan ont fait progresser ses efforts pour isoler la Chine. La Chine est fidèle à sa politique de "développement harmonieux" et de "’non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays" et elle est restée neutre quand l’armée impérialiste des Etats-Unis et de l’Europe a attaqué un des partenaires commerciaux chinois dans le but principal de contrecarrer l’expansion commerciale pacifique de la Chine.

La Chine n’a pas de stratégie politique et idéologique pour protéger ses intérêts économiques à l’étranger et cela a encouragé les Etats-Unis et l’OTAN à mettre en place des régimes hostiles à Pékin. L’exemple le plus frappant est celui de la Libye où les Etats-Unis et l’OTAN sont intervenus pour renverser un gouvernement indépendant dirigé par le président Kadhafi avec qui la Chine avait signé des accords commerciaux s’élevant à plusieurs milliards de dollars. Le bombardement des villes, ports et installations pétrolières de la Libye par l’OTAN a forcé la Chine à rapatrier 35 000 ingénieurs du pétrole et ouvriers de la construction Chinois en quelques jours. La même chose est arrivée au Soudan où la Chine avait investi des milliards pour développer l’industrie du pétrole. Les Etats-Unis, Israël et l’Europe ont armé les rebelles soudanais pour désorganiser la production de pétrole et attaquer les Chinois qui travaillaient dans le pétrole. Dans les deux cas la Chine a laissé les impérialistes étasuniens et européens attaquer ses partenaires commerciaux et endommager ses investissements sans réagir.

Sous Mao Zedong, la Chine contrecarrait activement l’agression impériale. Elle soutenait des mouvements révolutionnaires et des gouvernements indépendants du Tiers Monde. Aujourd’hui la Chine ne soutient plus activement des gouvernements ou des mouvements capables de protéger ses accords commerciaux et ses investissements à l’étranger. L’incapacité de la Chine à s’opposer à la montée de l’agression militaire étasunienne contre ses intérêts économiques est due à de profonds problèmes structuraux. La politique étrangère de la Chine repose sur de gros intérêts commerciaux, financiers et industriels qui comptent sur leur "compétitivité économique" pour gagner des parts de marché et qui ne comprennent rien aux fondements militaires et sécuritaires de la puissance économique mondiale. La classe politique chinoise est profondément influencée par une nouvelle classe de milliardaires qui ont des liens étroits avec les fonds d’équité occidentaux et qui ont absorbé les valeurs occidentales sans les remettre en question. La preuve, ils envoient leurs enfants étudier dans les universités élitistes des Etats-Unis et d’Europe. Ceux-là veulent "s’entendre avec l’Occident" à tous prix. Comme ils ne comprennent pas bien comment on construit un empire militaire, ils ne réagissent pas comme il le faudrait à chaque fois que les Impérialistes entravent leur accès aux ressources et aux marchés. L’approche "les affaires avant tout" de la Chine a peut-être été la bonne tant qu’elle était un pion sur l’échiquier économique mondial et que les impérialistes étasuniens considéraient son "ouverture au capitalisme" comme une occasion de mettre la main sur les entreprises publiques chinoises et de piller son économie. Mais quand la Chine (à la différence de l’ancienne URSS) a décidé de garder le contrôle des capitaux et de développer une "politique industrielle" planifiée et contrôlée par l’état en redirigeant les capitaux occidentaux et le transfert des technologies vers des entreprises d’état qui ont réussi à pénétrer les marchés intérieurs et étrangers étasuniens, Washington a commencé à protester et à parler des mesures de rétorsion. Les énormes surplus commerciaux de la Chine par rapport aux Etats-Unis ont provoqué une réaction à deux tranchants de la part de Washington. Washington a vendu de grandes quantités de bons du trésor étasuniens aux Chinois et a commencé à développer une stratégie globale pour enrayer l’avancée de la Chine. Comme les Etats-Unis n’avaient pas la capacité économique d’empêcher le déclin de leur pays , ils ont eu recours à leur seul "avantage comparatif" —leur supériorité militaire basée sur un réseau de bases offensives réparties sur toute la planète, de régimes clients, d’ONG et de mercenaires idéologiques ou armés. Washington s’est tourné vers son vaste appareil de sécurité visible et invisible pour nuire aux partenaires commerciaux de la Chine. Washington compte sur ses relations de longue date avec des leaders corrompus, des opposants, des journalistes et des nababs médiatiques pour qu’une puissante couverture de propagande soit déployée pendant que son offensive militaire contre les intérêts chinois à l’étranger progresse.

la Chine ne possède rien de comparable à l’appareil planétaire de sécurité étasunien parce qu’elle pratique une politique de non-ingérence. Elle n’a opposé à l’offensive en bonne voie de l’Occident impérialiste, que quelques initiatives diplomatiques comme des tracts en anglais pour expliquer sa politique, l’utilisation de son droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU pour contrecarrer les efforts des Etats-Unis visant à renverser le régime indépendant d’Assad en Syrie et pour s’opposer aux sanctions drastiques contre l’Iran. Elle s’est aussi insurgée vigoureusement quand la secrétaire d’état Hilary Clinton a exprimé des doutes au vitriol sur la "légitimité" de l’état chinois suite à son vote contre la résolution des Etats-Unis et de l’ONU préparant une attaque contre la Syrie.

Les stratèges militaires chinois sont de plus en plus conscients, et inquiets, de l’intensification de la menace militaire contre la Chine. Ils ont demandé et obtenu une hausse de 19% du budget militaire au cours des 5 dernières années (2011-2015). Mais même avec cette augmentation, le budget militaire de la Chine est encore 5 fois inférieur à celui des Etats-Unis et la Chine n’a pas de base à l’étranger tandis que les Etats-Unis en ont 750. Les opérations des services secrets chinois à l’étranger sont quasi-nulles. Ses ambassades sont gérées par et pour des intérêts commerciaux à courte vue qui n’ont rien compris à la brutale politique de changement de régime de l’OTAN contre la Libye et ont négligé d’informer Beijing de ce que cela signifiait pour l’état chinois.

Il y a deux autres faiblesses structurelles qui empêchent la Chine de devenir une puissance mondiale. Elles proviennent de l’intelligentsia hautement "occidentalisée" qui a avalé sans discernement la doctrine économique des Etats-Unis sur la libre circulation des produits en ignorant la militarisation de son économie. Ces intellectuels chinois répètent comme des perroquets la propagande étasunienne sur "les vertus démocratiques" des campagnes électorales présidentielles qui coûtent des milliards de dollars tout en soutenant une déréglementation financière qui aurait permis à Wall Street d’engloutir les banques et les avoirs chinois. De nombreux intellectuels et consultants d’affaire ont été formés aux Etats-Unis et sont influencés par leurs liens avec des universitaires étasuniens et des institutions financières internationales directement liées à Wall Street et à la City de Londres. Ils ont prospéré et sont devenus des consultants grassement payés qui ont des postes prestigieux dans les institutions chinoises. Ils identifient la "libéralisation des marchés financiers" avec "les économies de pointe" qui selon eux permettraient de mieux s’intégrer au marché mondial au lieu de les considérer comme la source principale de la crise financière économique mondiale actuelle. Ces "intellectuels occidentalisés" ressemblent aux "Compradores" du 19ième siècle qui sous-estimaient, pour ne pas dire niaient, les conséquences à long terme de la pénétration impériale occidentale. Ils ne comprennent pas que la déréglementation financière aux Etats-Unis a causé la crise actuelle ni qu’elle aboutirait à la main mise de l’Occident sur le système financier chinois —qui aurait pour conséquence de rediriger l’épargne intérieure chinoise vers des activités non productives (la spéculation immobilière), de causer une crise financière et finalement d’empêcher la Chine d’atteindre une position dominante.

Ces cadres branchés* chinois imitent le style consumériste occidental dans ses pires aspects et leurs opinions politiques découlent de ce style de vie et de leur identification aux Occidentaux qui les rendent incapables de la moindre solidarité avec leur propre classe ouvrière.

Il y a un fondement économique aux sentiments pro-occidentaux des néo-compradores chinois. Ils ont transféré des milliards de dollars sur des comptes en banque étrangers, acheté des maisons et appartements luxueux à Londres, Toronto, Los Angeles, Manhattan, Paris, Honk Kong, et Singapour. Ils ont un pied en Chine (la source de leur richesse) et l’autre en Occident (où ils consomment et cachent leur fortune).

Les compradores occidentalisés sont profondément intégrés dans le système économique chinois et ont des liens familiaux avec les dirigeants politiques, les membres de l’appareil du parti et de l’état. Moins étroits sont leurs liens avec l’armée et avec les mouvements sociaux grandissants, même si certains étudiants "dissidents" et intellectuels militants du "mouvement démocratique" sont soutenus par les ONG impérialistes occidentales. En gagnant de l’influence les compradores affaiblissent les puissantes institutions économiques de l’état qui sont à l’origine de la percée de la Chine comme puissance économique internationale, exactement comme au 19ième siècle quand ils servaient d’intermédiaire à l’empire britannique. Au 19ième siècle, sous couvert de "libéralisme", les Anglais ont rendus plus de 50 millions de Chinois dépendants de l’opium en moins d’une décennie. Aujourd’hui, sous couvert de "démocratie et de droits humains" les navires étasuniens patrouillent au large des côtes chinoises. Les élites qui ont piloté l’ascension de la Chine ont créé des inégalités monumentales entre les milliers de nouveaux milliardaires et multi-millionaires au sommet et les centaines de millions de travailleurs, de paysans et de travailleurs émigrés appauvris tout en bas.

La rapide accumulation de richesse des Chinois s’est faite à travers l’intense exploitation des travailleurs qui furent dépouillés du filet de sécurité sociale et de la réglementation du travail que le communisme leur garantissait. Des millions de familles chinoises sont aujourd’hui dépossédées au profit des promoteurs/spéculateurs immobiliers qui construisent des tours de bureaux et d’appartements luxueux pour l’élite locale et étrangère. Ces caractéristiques brutales du capitalisme chinois ont fait naître une revendication massive et grandissante qui concerne à la fois le travail et le logement. Le slogan des promoteurs/spéculateurs : "S’enrichir est merveilleux" ne trompe plus personne. En 2011 il y a eu plus de 200 000 mouvements populaires dans les usines des villes de la côte et dans les villages ruraux. La prochaine étape sera sans nulle doute, l’unification de ces luttes en nouveaux mouvements sociaux nationaux qui au nom de la lutte des classes exigeront qu’on leur rende les services de santé et d’éducation qu’ils avaient sous le régime communiste ainsi qu’une plus grande partie de la richesse de la Chine. La lutte pour des augmentations de salaire peut se transformer en lutte pour plus de démocratie sur le lieu de travail. Pour répondre à ces demandes populaires, les nouveaux compradores libéraux occidentalisés de la Chine ne pourront pas proposer leur "modèle" américain en exemple car les travailleurs étasuniens sont en train d’être dépouillés de tout ce que les Chinois demandent maintenant qu’on leur rende.

La Chine déchirée par l’intensification des conflits de classe et des luttes politiques ne peut pas maintenir sa progression vers le leadership économique mondial. L’élite chinoise n’est pas en mesure d’affronter la menace militaire impérialiste étasunienne tout le temps que ses alliés, les compradores, font partie de l’élite libérale intérieure et d’autre part la société est profondément divisée avec une classe laborieuse de plus en plus hostile. Il faut mettre fin à l’exploitation sauvage des travailleurs chinois pour pouvoir affronter l’encerclement militaire étasunien de la Chine et la déstabilisation économique de ses marchés étrangers. La Chine possède d’énormes ressources. Avec des réserves se montant à 1 500 milliards de dollars, la Chine peut financer un service national de santé et d’éducation publique pour tout le pays.

La Chine a les moyens de mettre en place un "programme de logements publics" pour les 250 millions de travailleurs émigrants qui vivent dans une misère noire. La Chine peut imposer un système d’impôts progressifs à ses milliardaires et millionnaires et financer des coopératives pour les petits fermiers et des industries rurales pour rééquilibrer l’économie. Le programme de développement de l’énergie alternative comme les panneaux solaires et les éoliennes est un premier pas vers la solution du grave problème de la pollution. La dégradation de l’environnement et les problèmes de santé qu’elle entraîne inquiètent des dizaines de millions de personnes. Finalement la meilleure défense de la Chine contre les conquêtes impérialistes, est encore un régime stable basé sur la justice sociale pour ses centaines de millions d’habitants et une politique étrangère de soutien des mouvements et régimes étrangers opposés aux puissances impérialistes et dont l’indépendance est vitale pour la Chine. Ce qu’il faut, c’est une politique active basée sur des entreprises militaires conjointes et mutuellement profitables et de la solidarité diplomatique. Il y a déjà un petit groupe d’intellectuels chinois qui a soulevé la question de la menace militaire étasunienne grandissante et qui "dit non à la diplomatie à la pointe du canon".

La Chine moderne a beaucoup de ressources et d’avantages dont ne disposait pas la Chine du 19ième siècle quand l’empire britannique l’a soumise. Si les Etats-Unis continuent leur politique agressive d’escalade militaire contre la Chine, Beijing peut déclencher une sérieuse crise fiscale en mettant sur le marché une partie des centaines de milliards de bonds du trésor étasunien qu’elle détient. La Chine, une puissance nucléaire, devrait s’allier avec un voisin qui a lui aussi l’arme atomique et qui lui aussi est menacé, la Russie, pour affronter et faire taire la belliqueuse et vociférante secrétaire d’état américaine, Hilary Clinton. Le président de la Russie, Poutine, va augmenter ses dépenses militaires de 3 à 6% du PIB pendant la prochaine décennie pour contrecarrer l’offensive des bases de missiles de Washington aux frontières russes et enrayer les tentatives du régime d’Obama de renverser des gouvernements alliés comme celui de la Syrie.

La Chine a de puissants réseaux commerciaux, financiers et d’investissement dans le monde ainsi que des partenaires économiques puissants. Ces liens sont devenus essentiels pour la croissance de beaucoup de pays du monde développé. En s’attaquant à la Chine, les Etats-Unis devront faire face à l’opposition de nombreux membres de la puissante élite internationale qui tire profit du marché. Peu de pays et peu de leurs élites veulent prendre le risque de lier leur destin à un empire économiquement instable qui se maintient grâce à de destructrices occupations militaires coloniales.

En d’autres termes, la Chine moderne, en tant que puissance internationale, est incomparablement plus forte qu’au début du 18ième siècle. Les Etats-Unis n’ont pas la puissance coloniale que l’empire britannique possédait après les Guerre de l’Opium. De plus, de nombreux intellectuels chinois et la vaste majorité des citoyens chinois n’ont aucunement l’intention de laisser les "compradores occidentalisés" d’aujourd’hui vendre leur pays. Rien n’accélèrerait davantage le clivage politique de la société chinoise ni ne hâterait plus l’avènement d’une seconde révolution sociale chinoise que des dirigeants timorés qui se soumettraient à une nouvelle ère de pillage impérialiste occidental.

James Petras

James Petras est un professeur de sociologie de Binghamton University, New York, à la retraite. Il lutte depuis 50 ans pour l’égalité et conseille les sans-terre et sans-travail du Brésil et d’Argentine. Il a co-écrit Globalization Unmasked (Zed Books). Son dernier livre est : The Arab Revolt and the Imperialist Counterattack.

Pour consulter l’original et les notes : http://dissidentvoice.org/2012/03/chinas-rise-fall-and-re-em...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note : *Dans le texte : yuppy : Young urban professional

07:39 Publié dans SUJETS DIVERS | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2012.03.17

LA LIBERATION DE LA FEMME:UNE EXIGENCE DU FUTUR


Discours du capitaine THOMAS SANKARA Le 8 mars 1987 plein de sens et de signification.



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09:11 Publié dans PROMOTION ET PROTECTION DE LA FAMILLE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2012.03.10

LA RELATION EDUCATIVE

                 RELA EDUC.jpg   Menus larcins, violence, prostitution, toxicomanie, désertion… ! Ce sont là les visages multiples et désolants de la déviance/ délinquance et en même temps les maillons tragiques d’une chaîne capable d’étouffer tout le devenir social d’un jeune humain. Il est certain que la délinquance juvénile représente à l’heure actuelle un des problèmes les plus angoissants qui se pose aux sociétés organisées. Nous pouvons évoquer plusieurs raisons à l’appui de cette assertion.

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                                                         Présentation Bamogo Y Idrissa
                                   PDFLA RELATION EDUCATIVE.pdf TELECHARGEMENT

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HISTORIQUE DE LA PROMOTION DE LA FEMME ET DU GENRE AU BF

Pour avoir une idée sur l’évolution de la femme au Burkina Faso.De l’époque coloniale a nos jours.


PDFHistorique de la promotion de la femme et du genre.pdfTELECHARGER

07:02 Publié dans PROMOTION ET PROTECTION DE LA FAMILLE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer