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2015.02.11

Lutte contre la pauvreté : Favoriser l’utilisation des données statistiques

Faire connaître les données et les informations disponibles, indiquer les utilisations principales qui sont faites ou qui pourraient être faites avec ces données, relever les limites d’utilisation des informations, et inciter les utilisateurs non seulement à mieux se documenter mais aussi à avoir des positions critiques constructives par rapport aux statistiques disponibles sur la lutte contre la pauvreté, c’est à ces fins que le Programme d’appui au renforcement de la gestion des finances publiques et des statistiques (Par-Gs) a assuré une formation les 26 et 27 janvier 2015 à Ouagadougou. A l’occasion, l’existence et l’utilisation effective de ces données statistiques ont été passées au peigne fin. Il en ressort que l’inefficacité encore patente des efforts de lutte contre la pauvreté tient non seulement à l’inaccessibilité mais aussi au manque de fiabilité, desdites données pourtant abondantes.

 

Lutte contre la pauvreté : Favoriser l’utilisation des données statistiques

Cette formation a réuni des représentants de structures qui s’investissent activement dans la lutte contre la pauvreté ; et qui de ce fait, utilisent ne serait-ce que de façon intermittente, des données et des informations techniques relatives à la question de la pauvreté. Elle a été l’occasion pour le formateur, l’ingénieur statisticien Mathias Sanou, de mettre à nu la problématique de la pauvreté, et de situer sur l’existence et la disponibilité des données statistiques y relatives. Mais l’autre réalité que M. Sanou a relevée, c’est qu’il existe des limites quant à l’utilisation de ces données. Des limites tenant à l’inaccessibilité et à la fiabilité desdites données.

A en croire Hamidou Ouédraogo, représentant du SPONG (Secrétariat permanent des Organisations non gouvernementales) à la formation, cette inaccessibilité est réelle « dans la mesure où les structures qui sont chargées de produire ces données, ne les mettent pas à la disposition des utilisateurs à temps ». Et d’ajouter, « Même les services techniques qui sont censés répercuter ces données, ne les ont pas à temps ». De même, Seydou Traoré, représentant du Patronat burkinabè, précise que « Le problème des données statistiques dans notre pays, est leur indisponibilité ». Il faut, selon lui, « courir d’un ministère à un autre, d’un service à un autre » quand on en a besoin.

Pour sa part, Thomas d’Acquin Pouya, le représentant de l’AMBF (Association des municipalités du Burkina Faso), confie que la présente formation a permis de noter qu’il y a quand même une amélioration à ce sujet, une amélioration tenant à l’existence d’une banque de données au niveau de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD).

Des données discordantes

Quant au manque de fiabilité, elle tient selon Hamidou Ouédraogo, au fait que certaines données sur les mêmes phénomènes, diffèrent d’une structure productrice de telles données à une autre. En 2010 par exemple, s’agissant de la scolarisation des filles, tandis que l’INSD affichait un taux brut de 63,5%, le MENA (Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation) lui, brandissait 71,2%. Ce qui amène les structures utilisatrices de telles données à devoir faire des croisements de valeurs. 
A l’issue de cette formation de 48 heures, Hamidou Ouédraogo promet d’éviter désormais un tel croisement, et de faire plutôt une analyse technique conséquente afin de prendre les données qui conviennent mieux au document à renseigner ou au programme à exécuter. Déjà, se réjouit-il, « J’ai appris que beaucoup de données statistiques existent ». Selon lui, et c’est d’ailleurs ce que relève également Seydou Traoré du Patronat burkinabè, « de telles formations permettent aux utilisateurs de données statistiques de savoir où les trouver et d’être outillés pour pouvoir faire une lecture technique de ces données afin de mieux les exploiter ».

Il est donc permis d’espérer une utilisation optimale désormais, des données statistiques relatives à la lutte contre la pauvreté ; du moins, par les structures qui ont été représentées à cette formation de deux jours. Mais le tout, disons-le net, n’est pas d’utiliser des statistiques, aussi exactes soient-elles, pour faire reculer la pauvreté dans notre pays. Il faut surtout réussir le pari d’éradication, ou à tout le moins, de réduction sensible de la corruption qui est malheureusement devenue le sport favori dans certains milieux.

Fulbert Paré
Lefaso.net

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