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2015.02.16

Luc Marius Ibriga : « Faisons en sorte que les gouvernants aient peur des gouvernés »

« Le train de vie de l’Etat », c’est sur ce thème que le mouvement Balai citoyen a fait animer un panel à Ouagadougou le samedi 14 février 2015. Un panel qui a eu comme communicateurs, le Contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga ; Justin Bouda représentant le président du CNT (Conseil national de la transition) ; le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Frédéric Nikiéma ; Souleymane Badiel de la CCVC (Coalition contre la vie chère) ; et Me Hervé Guy Kam du Balai à la modération.

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Pour le professeur Luc Marius Ibriga, la réduction du train de vie de l’Etat est gage d’une démocratie véritablement sociale dans notre pays. Son effectivité passe, selon lui, par la réunion de conditions aussi bien conjoncturelles que structurelles. Il faut, précise-t-il au titre des conditions conjoncturelles, « que l’Etat burkinabè soit en phase avec la réalité sociale ». Dans ce sens, M. Ibriga préconise non seulement la chasse aux gaspillages et aux dépenses superflues dans l’administration publique, mais aussi et surtout le recentrage des investissements publics sur les secteurs moteurs du développement. Ces secteurs moteurs ont pour nom, selon lui, l’éducation, la santé, la maîtrise d’eau, l’énergie. 
Et ces conditions conjoncturelles doivent se conjuguer avec des conditions structurelles dont la réunion suscite l’instauration de la bonne gouvernance. A cet effet, il faut un système judiciaire indépendant de l’Exécutif, un Parlement à même de contrôler véritablement l’Exécutif, une presse indépendante et concurrentielle, une administration effectivement républicaine.

Mais, reconnaît le professeur Ibriga, le tout n’est pas de réunir ces conditions conjoncturelles et structurelles ; il faut aussi que les citoyens jouent constamment jouent un rôle de veille. Pour lui en effet, l’effectivité et l’incidence positive sur le long terme de la réduction du train de vie de l’Etat, sont liées à l’existence d’une « citoyenneté active ». D’où l’invite, « Faisons en sorte que les gouvernants aient peur des gouvernés ». C’est, à en croire M. Ibriga, dans un tel climat que la démocratie burkinabè peut véritablement être au service du peuple sur fond de justice sociale. Le bonheur du peuple burkinabè n’est donc pas conditionné par la seule réduction du train de vie de l’Etat.

Et c’est cela le sens du combat de la CCVC aussi. En effet, confie Souleymane Badiel, « Le tout n’est pas de réduire le train de vie de l’Etat ; il est important d’aller au-delà pour que, ce pour quoi le peuple a accepté se sacrifier dans la rue les 30 et 31 octobre 2015, puisse se réaliser. Il faut donc un changement fondamental par rapport au système de gouvernance dans lequel nous nous trouvions avant l’insurrection ».

En attendant, le représentant du CNT au panel du jour, Justin Bouda, a confié - après avoir rappelé que les députés de la transition ont consenti une réduction de leurs émoluments - que « Le CNT va recevoir la commission de réconciliation nationale et des réformes avec des propositions tendant à assainir la gestion des finances publiques et à garantir le respect du bien public ». 
Déjà, il est à noter que le gouvernement de la transition s’est inscrit dans la dynamique de réduction du train de vie de l’Etat. C’est du reste, ce qu’a tenu à rappeler le ministre Frédéric Nikiéma. Il s’agit entre autres, de la non-réfection des bureaux des ministres, du fait que les ministres de la transition ne voyagent pas en ‘’classe affaire’’ dans les avions, les déplacements des ministres dans un même car, la réduction du cortège du Premier ministre ainsi que celui du président du Faso.

 

Fulbert Paré
Lefaso.net

09:07 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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