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2015.03.08

Bibiane Ouédraogo/Boni, ministre de la Promotion de la Femme et du Genre : « Le 8-Mars doit être repensé »

 
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En plein dans les préparatifs de la commémoration de la 153ème Journée internationale de la femme, le ministre de la Femme et du Genre, Bibiane Ouédraogo/Boni a accepté, avec votre quotidien L'Express du Faso et d'autres organes (Le Pays, la TNB), de donner des précisions sur les contours de cette célébration au niveau national. Le thème de cette édition, les motifs du pagne, les festivités, les priorités de son département, les actions en vue pour les femmes, Bibiane Ouédraogo/Boni donne des éclaircissements sur ces sujets.


Le monde entier va commémorer la Journée internationale de la femme le 8 mars prochain. Sous quel signe placez-vous le thème de cette commémoration ?

Nous l'avons placé sous le signe d'un renouveau pour l'amélioration des conditions de vie des femmes au Burkina Faso.

Est-ce que toutes les femmes profitent des retombées du 08 mars ?

Je peux dire oui dans une certaine mesure, compte tenu du fait que les recommandations sont tenues et mises en place, mais d'un côté, pour les femmes qui n'assistent pas aux discussions, il y a des spécificités qui ne sont pas évoquées, et celles qui ne sont pas prises en compte ; de manière globale, les problèmes des femmes sont similaires, même si ce n'est pas à tous les niveaux

Chaque année il y a une thématique bien précise, liée à la commémoration de cette journée, cette année c'est la question de l'autonomisation économique des femmes. Quel bilan faites-vous ?

En ce qui concerne la situation économique des femmes burkinabè, jusqu'à présent, on n'a pas atteint un certain degré, mais ce qu'il faut retenir, c'est que les femmes burkinabè sont très actives. Elles sont représentées sur le plan économique et lorsqu'on se réfère aux statistiques, elles sont à 70 % au secteur informel dans le Produit intérieur brut (PIB), dans le domaine agricole ; elles sont présentes dans tous les secteurs d'activités. Par exemple, dans le domaine industriel, elles y sont, mais le taux est réduit. Notre ambition est que d'ici 2063, dans le cadre de l'agenda 2063, nous aurons plus de femmes entrepreneures au Burkina Faso.

Nous sommes dans une période de transition. Que fait le gouvernement pour résoudre tant soit peu les difficultés des femmes ?

Pour ce gouvernement de transition, la priorité pour les femmes, c'est de mettre à leur disposition les ressources financières pour qu'elles puissent vraiment mener leurs activités. Je profite de votre micro pour dire que le guichet entrepreneuriat mis à la disposition des femmes prend en compte quand même un certain nombre de critères, c'est-à-dire que ce ne sont pas des fonds qui sont donnés gratuitement, où on vient, on prend et on ne sait pas ce qu'on va faire avec. Il y a des critères qui ont été élaborés et il faut répondre à ces critères. Depuis l'année dernière, il y a un travail préalable qui a été fait et nous sommes en train de récupérer les dossiers et de faire un refiltrage de ces dossiers. N'ignorez pas que l'année dernière, il y a eu beaucoup de difficultés ; cette année, nous récupérons les dossiers et nous les passons au peigne fin afin que l'attribution de ces fonds se fasse de façon équitable, juste et transparente.

Qu'est-ce qui est fait pour minimiser le côté festif de la célébration ?

Lorsqu'on dit le côté festif, je me dis que c'est une journée dédiée à la femme, c'est normal que la femme se réjouisse, mais dans ces temps de réjouissances, il faut souvent des réjouissances réfléchies. Nous avons commencé avec la marche de lancement et il y a eu un atelier bilan, l'animation des thèmes ; nous allons continuer avec la célébration des mariages collectifs, un match de football et une course cycliste ; c'est vraiment des réjouissances réfléchies. A mon niveau, je ne vois pas de côté festif, car nous n'organisons pas de soirée dansante.

Est-ce que cette année, le côté festif a été annulé à cause de l'austérité ou bien ça sera ainsi tous les 08 mars à venir ?

Je pense que le 8 mars doit être repensé. Vraiment, pas de choses qui marquent des excès. Cette année, après la cérémonie officielle, nous n'organisons pas de déjeuner, pas de cocktail. Après la cérémonie, chacun rentre chez lui et la Journée va se terminer de manière simple.

L'excision, le mariage forcé, l'analphabétisme sont des difficultés que vivent les femmes, cela reste aujourd'hui une brûlante actualité. Qu'en pensez-vous ?

Le cas du mariage forcé relève de la compétence du ministère de l'Action sociale. Récemment à Dori, il y a eu des actions qui ont été menées dans ce sens. Pour ce qui est de l'excision, il faut qu'il y ait plus de rigueur dans le suivi et aussi le renforcement des méthodes coercitives. L'application des sanctions va contribuer à susciter la peur dans la vie de ceux qui veulent s'adonner à cette pratique.

Que comptez-vous faire pour les femmes en situation de handicap qui ont des difficultés pour accéder au financement ?

A l'issue du bilan du 8 mars, nous allons prendre le temps de réfléchir là-dessus. Les femmes handicapées et les veuves ont effectivement soulevé le problème pour savoir les dispositions que le ministère prendra. En toute chose, il faut prendre le temps de réfléchir, avant de mener des actions concrètes au lieu de répondre rapidement et ne pas pouvoir tenir ses engagements. Nous allons prendre le temps de réfléchir et à la suite de ses réflexions, nous proposerons des solutions.

Parlez-nous brièvement des fonds mis à la disposition du secteur informel. A combien s'élève cette somme et comment le dispatching va se faire ?

Au niveau du secteur informel, il y a une enveloppe d'environ 4 milliards et je crois qu'à ce niveau, ce sera des associations qui vont pouvoir avoir accès à ces fonds avec des taux de remboursement acceptables ce qui est différent des structures financières. Etant donné que c'est une mesure sociale, les taux sont vraiment bas.

Firmin OUATTARA
Marthe TAOKO

04:38 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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