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2015.03.11

Déguerpissement des sites à risques : Des milliers de Burkinabè sans abri à Abidjan, où est passé le Cosib ?

Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Abidjan- Ils sont des milliers et des milliers à avoir été déguerpis du quartier Gobelet dans la commune de Cocody, il y a dix jours de cela. Dix jours après le passage des bulldozers destructeurs que ces nombreuses familles dorment à la belle étoile sans le moindre espoir d'un hypothétique refuge.


Abandonnées qu'elles sont à leur propre sort. En effet, depuis deux semaines le ministère de la construction a renoué avec les démolitions des sites à risques qu'il avait répertoriés lors de la saison pluvieuse qui avait causé l'effondrement de plusieurs maisons.

Le 20 février 2015, les sous-quartiers Gobelet château, Boston et CMA ont été rayés du site. Les habitants dont les plus anciens y résidaient depuis plus de 40 ans, sont subitement devenus des cas sociaux. Si les raisons du déguerpissement avancées par l'administration restent inattaquables d'autant plus que ces opérations concernent plusieurs sites à la fois (Gobelet, Gesco, Rivera2, Attécoubé ect), ce sont les conditions de mise en demeure qui sont décriées par les déguerpis.

En effet alors que le ministère de la construction soutient avoir indemnisé les riverains installés sur ces sites à risque à hauteur de 150 mille par famille, elles sont nombreuses celles qui déclarent n'avoir pas reçu cette somme. Mieux sur le site de Gobelet par exemple, il se trouve que loin d'être une installation illégale pour l'ensemble des habitants, certains justifient bien de documents administratifs de propriété. C'est du reste ce que soutient le porte-parole du chef de Gobelet, M. Douamba Boukary qui estime que cette opération cache une tentative d'expropriation. Ce qui met naturellement en colère la troupe qui n'entend pas se laisser faire. Mais en attendant de tirer au clair cette confusion administrative, ce sont des milliers de personnes déjà déguerpis qui broient du noir. Certains ont trouvé refuge à l'église Cma mais leurs conditions de vie restent déplorables. D'autres dorment tout simplement à la belle étoile. C'est une galère indescriptible d'autant plus que leurs enfants, des milliers d'écoliers ont aussi vu leurs établissements scolaires détruits. Une année scolaire compromise.

Parmi ces déguerpis la communauté burkinabè compte pour plus de 80%. Ces derniers attendent en vain depuis dix jours l'assistance de leur ambassade et de leur consulat général. Mais en réalité, la représentation diplomatique burkinabé en Côte d'Ivoire n'a pas de solution pour ses déshérités. L'action sociale y étant défaillante. Pourtant face un tel drame humain l'on attendait du Comité de solidarité internationale pour le Burkina Faso (Cosib) une réaction dans la prise en charge. La charité bien ordonnée, dit-on, commence par soi-même. C'est bon de demander à la diaspora de cotiser pour aller soigner les victimes de l'insurrection populaire à Ouagadougou. Mais ce serait encore mieux d'œuvrer à redonner un minimum de dignité humaine à ces déguerpis qui ont perdu tout repère.

Sir Alfred (bayiri.com)

05:50 Publié dans ACTUALITÉ SOCIALE INTERNATIONALE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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