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2015.05.08

Méningite : des cas recensés, le Ministère de la santé fait le point de la situation

1. Situation de la méningite en 2015 au Burkina Faso
De la semaine 1 à la semaine dix-huit de 2015, l’ensemble des districts sanitaires a notifié 1696 cas suspects de méningite dont 182 décès soit une létalité de 10,7%.
L’analyse des données selon le taux d’attaque montre qu’un seul district a franchi le seuil d’alerte en 2015. Il s’agit du district sanitaire de Karangasso-Vigué à la semaine 9 ( du 23 février au 1er mars 2015) avec un taux d’attaque de 6 cas pour 100 000 habitants. Il est à noter qu’aucun district n’a franchi le seuil épidémique en 2015.
Le Ministère de la santé a organisé une campagne de vaccination de masse préventive contre la méningite sur toute l’étendue du pays en décembre 2010.
Le vaccin utilisé est un nouveau vaccin dénommé MenAfriVac et concerne le type de germe appelé méningocoque A. Les personnes vaccinées sont donc protégées seulement contre le méningocoque A pendant 10 ans.

2. Seuils d’interventions de la méningite

Phase d’alerte
Un district est en phase d’alerte quand le taux d’attaque hebdomadaire atteint 5 cas pour 100 000 habitants. 
Définition du Seuil d’alerte
• Pour une population supérieure ou égale à 30 000 habitants, le seuil d’alerte est le taux d’attaque de 5 cas pour 100 000 habitants en une semaine. 
• Pour une population de moins de 30 000 habitants : c’est une incidence de 2 cas en une semaine ou une augmentation du nombre de cas comparée aux années non épidémiques antérieures.

Phase épidémique
• Elle se définit comme la période au cours de laquelle le taux d’attaque a atteint le seuil épidémique ce jusqu’à la fin de l’épidémie.
Définition du Seuil épidémique
• Pour une population de 30 000 à 100 000 habitants, le seuil épidémique est le taux d’attaque de 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine. 
• Pour une population de moins de 30 000 habitants : c’est une incidence de 5 cas en une semaine ou un doublement du nombre de cas sur 3 semaines.

Exemple de doublement de cas : semaine 1 = 1 cas ; semaine 2 = 2 cas ; semaine 3 = 4 cas
Calcul du taux d’attaque : le district de Dièrè avec une population de 250 000 habitants, notifie 10 cas de méningite au cours de la semaine 18.

Le taux d’attaque de la méningite pour le district de Dièrè au cours de la semaine 18 est égal à : 10 /250 000 X 100 000 = 4 cas pour 100 000 habitants.

3. Actions entreprises
Les principales actions menées dans le cadre de la lutte contre la méningite en 2015 sont :
-  l’élaboration de plans de préparation et de riposte à une éventuelle épidémie de méningite au niveau DRS et districts sanitaires ;
-  le suivi hebdomadaire de la tendance épidémiologique de la méningite à tous les niveaux ;
-  la surveillance cas par cas de la méningite ;
-  le pré positionnement des médicaments et consommables pour la prise en charge précoce et gratuite des cas de méningites dans toutes les régions et districts sanitaires ;
-  la rencontre préparatoire de la saison épidémique 2014-2015 avec les Gouverneurs de régions, les DRS, les Partenaires techniques et financiers tenue le 06 février 2015 ; 
-  la rencontre préparatoire de la saison épidémique 2014-2015 avec les autres acteurs de la surveillance épidémiologique de tout le système national de santé.
-  la sensibilisation des populations afin d’adopter des mesures préventives à travers des messages radiodiffusés et télévisés ; 
-  le renforcement des laboratoires en réactifs et consommables pour le diagnostic de la méningite ;
-  la supervision des acteurs des régions et districts sur la préparation pour la prévention et la riposte à une éventuelle épidémie de méningite ;
-  l’introduction du vaccin contre le pneumocoque dans le PEV de routine au dernier trimestre de l’année 2013 ;
-  la tenue hebdomadaire des réunions du Comité national de gestion des épidémies.
-  Le feed-back de la situation épidémiologique aux acteurs.
-  Appuis à l’inve

 

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152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

En mémoire de la date de naissance de son fondateur Henry Dunant, la Croix-Rouge célèbre chaque 8 mai sa journée mondiale. Cette année, c’est sous le thème « Nos principes en action » que sera célébré cet évènement. Ces principes fondamentaux sont Humanité, Impartialité, Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unité et Universalité. Fort de près de 3000 volontaires, la Croix-Rouge Burkinabè n’a cessé, depuis son implantation en 1961, d’être opérationnelle en apportant son assistance aux personnes en situation de crise ou de catastrophes. A 72 heures, de cette célébration mondiale, nous avons rencontré Lazare W. Zoungrana, Secrétaire général de la Croix-Rouge burkinabè. De l’historique du Mouvement international en passant par ses orientations et principes, jusqu’aux activités prévues au programme cette année, notre invité s’est livré à cœur ouvert. Lisez plutôt !

 

 
 
  152e Journée mondiale de la Croix-Rouge : « Notre credo est la mobilisation du pouvoir de l’humanité », dixit Lazare Zoungrana.

Qu’est-ce que la Croix-Rouge ?
LWZ :
 La Croix-Rouge est une institution internationale qui a trois composantes. Il y a le comité international de la Croix-rouge (CICR), la Fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge et les sociétés nationales de la Croix-Rouge ou de Croissant-Rouge qui sont au nombre de 189 à ce jour. La Croix-Rouge burkinabè est l’une de ses sociétés nationales. 

En 1859, Henry Dunant, un homme d’affaires Suisse qui voyageait en Italie, fut témoin des ravages terribles de la bataille de Solferino. De retour à Genève, il écrivit Un souvenir de Solferino, ouvrage dans lequel il relatait ce qu’il avait vu et présentait deux propositions pour améliorer l’assistance aux victimes de la guerre : créer en temps de paix dans chaque pays, des groupes de volontaires chargés de s’occuper des victimes et temps de guerre et obtenir des pays qu’ils acceptent de protéger les secouristes volontaires et les blessés sur le champ de bataille. La première idée a donné naissance aux sociétés nationales telles que la Croix-Rouge Burkinabè et la seconde a préparé le terrain pour la rédaction et l’adoption des quatre (04) conventions de Genève de 1949 acceptées par tous les Etats.

Quelles sont les missions assignées à la croix rouge de façon générale ? 
LWZ :
 Dans un premier temps, la Croix-Rouge a été créé pour apporter secours et assistance aux victimes des conflits armés mais aussi aux victimes des situations de catastrophes. Pourquoi de catastrophes ? Avec l’évolution, on a constaté qu’il y avait également d’autres problèmes auxquels les populations étaient confrontées. Ce qui a conduit à la création de la fédération internationale des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge en 1919 pour s’occuper de la mobilisation de l’assistance internationale en faveur des victimes des situations de catastrophes. Nous pouvons également dire que la Croix-rouge a été créée pour être à proximité des problèmes des populations en général. Tout ce qui est souffrance humaine. Nous avons pour ambitions de travailler à éliminer ces souffrances sous toutes leurs formes possibles. C’est pour cela que nous nous sommes investis dans les projets de développement pour lutter contre la pauvreté, parce qu’on sait que la pauvreté est l’ennemi N°1 des problèmes auxquels les populations sont confrontées.

On entend parler de croix rouge, de croissant rouge et de cristal rouge. Quelle différence existe-il entre ces emblèmes ?
LWZ :
 Il n’y a aucune différence entre les emblèmes. En fait, les pères fondateurs de la Croix-Rouge avaient pour objectif l’adoption d’un signe distinctif qui confèrerait une protection juridique aux services sanitaires des Forces Armées, aux secouristes et aux victimes des conflits armés. Ce signe ou emblème devait être simple et identifiable à distance, connu de tous et identiques pour les amis et les ennemis. Une conférence diplomatique, réunie à Genève en août 1864, adopta une croix rouge sur fond blanc, les couleurs inversées du drapeau Suisse (en hommage à Henry DUNANT). Toutefois, au cours de la guerre qui opposa la Russie à la Turquie de 1876 à 1878, l’Empire Ottoman déclara qu’il utiliserait pour emblème un croissant rouge au lieu d’une croix rouge, tout en acceptant de respecter la croix rouge utilisée par la partie adverse. La Perse opta, elle aussi, pour un signe différent : le lion –et-soleil rouge. Les deux emblèmes furent reconnus lors d’une conférence diplomatique tenue en 1929. En 1980, la République islamique d’Iran décida d’utiliser le croissant rouge au lieu du lion –et-soleil rouge. En décembre 2005, les Etats partis aux conventions de Genève de 1949 ont adopté le protocole additionnel III portant création d’un nouvel emblème : le Cristal-Rouge pour mettre fin à la prolifération des emblèmes. Aussi tout pays qui ne veut utiliser ni la croix ou le croissant peut adopter le cristal. Les trois emblèmes croix rouge, croissant rouge et cristal rouge ont la même force protectrice pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Pouvez-vous nous donner les grandes orientations de l’action humanitaire de la Croix-Rouge burkinabè ?
LWZ :
 Nous avons une mission qui nous a été assignée depuis le niveau international et c’est celle de toujours soulager les souffrances humaines en temps de paix comme en temps d’urgence. C’est également travailler à protéger la dignité humaine, à faire la promotion des valeurs et des principes humanitaires dans le pays et travailler dans le domaine de la santé. Ce sont donc des orientations que nous avons depuis la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et c’est ce qui nous guide en tant que structure nationale. Sur la base de ces orientations, chaque société nationale en fonction des réalités se doit d’avoir un plan stratégique. Nous, notre plan stratégique va être renouvelé cette année pour disposer de l’année 2016 à 2020. Nous ne travaillons pas sans repères. Quand vous êtes appelés à intervenir sur des situations très délicates vous devez donc bien vous préparer. Notre vision est de renforcer nos capacités d’intervention et notre autonomie financière parce que le côté technique et celui financier vont ensemble. Et si ces deux conditions sont réunies, il est évident que nous allons être beaucoup plus rapides et efficaces lorsque nous serons appelés à intervenir dans des cas d’urgences.

Parlant de dispositif, la Croix-Rouge burkinabè dispose-t-elle de moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour mener à bien ses actions dans ce pays ?
LWZ :
 Notre mouvement a plus de 150 ans d’existence. On a donc eu le temps de surmonter plusieurs épreuves et d’avoir les bonnes pratiques. Dire que nous avons les moyens techniques et financiers pour faire face à n’importe quelle situation d’urgence, c’est à la fois oui et non. Oui, parce qu’il y a déjà une bonne volonté affichée et qui est même dictée par notre conseil de gouvernance. Et nous avons également un personnel recruté techniquement pour assurer la mise en œuvre des différentes orientations. Donc, la volonté y est. Vous savez que dans les interventions d’urgences, ce n’est pas toujours les moyens financiers qu’il faut mettre en avant. Nous sommes appelés à intervenir sur des êtres humains et le simple fait d’être présent aux côtés d’une personne en difficulté constitue déjà un réconfort moral pour la personne. Maintenant, il y a des moyens que nous mobilisons aussi bien au plan national qu’international. 

Mais la mobilisation des moyens est liée intrinsèquement au professionnalisme de notre Mouvement. Nous avons eu cette tradition de travailler de façon efficace même si on n’a pas suffisamment de moyens, on aura toujours la possibilité d’assurer le minimum. C’est cela le plus important. Nous prenons toujours les personnes les plus vulnérables. Par exemple si nous avons une dotation pour prendre en charge 10 personnes parmi 1000, nous allons le faire parce que c’est à la hauteur de nos capacités. Et nous le ferons bien. A quoi cela sert-il de faire du saupoudrage ? Non ! On fera toujours en sorte que le peu de moyen que nous avons soit utilisé de façon efficiente et efficace.

Concrètement Monsieur le Secrétaire général, pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions que vous avez eu à mener ?
LWZ :
 Bien sûr ! Vous avez vu les équipes de la Croix-Rouge Burkinabè en action lors des manifestations des 30 et 31 octobre dernier. Ça se passe de commentaires. Quand nous disons que le Mouvement existe, il y en a qui se posent la question : qu’est-ce que ces gens-là font ? Nous avons toujours dit « Nous nous préparons ». Quand vous vous préparez et que vous n’avez pas l’occasion de vous exprimer sur le terrain, les gens ont des doutes finalement. Notre intention, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait même pas de situation pour qu’on intervienne. Mais on se prépare toujours car les conflits ne préviennent pas. Lors des évènements, nous avons fait ce travail parce qu’en amont, nous avons fait un travail de préparation. Ce qui nous a permis d’apporter l’assistance là où il le fallait. Et j’ai été particulièrement très touché parce que quand vous êtes dans le feu de l’action, il est souvent difficile de mesurer l’importance de l’action que vous posez. Après l’insurrection, lorsque nous sommes allés rendre visite à certains blessés de l’hôpital Yalgado Ouédraogo, le témoignage du Directeur général Robert Sangaré nous a fait remarquer à quel point nous avons vraiment rendu service à l’hôpital. Nous avons également permis aux victimes hospitalisées de rétablir le contact avec leur famille et nous avons, avec le soutien de l’UNICEF, recherché et retrouvés 9 enfants égarés suites aux manifestations. Notre action ne s’est pas limitée Ouagadougou, nos volontaires sont intervenus à Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora, Fada N’Gourma et Dori. En dehors de cette assistance, il y a notre intervention en faveur des victimes des inondations, de la crise alimentaire, des conflits intercommunautaires, l’appui aux réfugiés maliens avec la construction d’abris, de sanitaires ; la distribution de vivres de kits d’hygiène, de lampes, de foyers améliorés ; les campagnes de vaccination et de déparasitage du bétail ; la fourniture d’eau potable ; etc.

Quels sont vos partenaires qui vous accompagnent dans l’accomplissement de vos missions ?
LWZ 
 : Sur le plan national, nous avons une diversité de partenaires. Sans être exhaustif, nous travaillons avec des agences du Système des Nations-Unies telles que l’UNICEF avec lequel nous entretenons une étroite collaboration surtout dans le domaine de l’assistance aux enfants, le PAM grâce à qui nous avons mené une importante lutte contre la vie chère dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le HCR pour l’assistance aux refugiés maliens, etc. Nous avons également avec l’appui de représentations diplomatiques telles que l’Ambassade de France avec qui nous avons collaboré à plusieurs reprises lors de l’inondation de 2009, l’Ambassade du Canada, l’Ambassade du Japon, etc. Nous ne pouvons citer les partenaires sans faire cas de l’Etat burkinabè qui nous soutient et qui nous facilite pas mal de choses pour nous permettre d’assister les victimes des situations d’urgence. Il y a aussi des particuliers qui, de temps en temps, peuvent venir apporter un appui à la Croix-Rouge d’une manière ou d’une autre. Au sein du Mouvement Croix-Rouge nous avons l’appui des autres composantes, le CICR, la FICR et les Sociétés Nationales sœurs d’Espagne, de Belgique, de Monaco, de Luxembourg, etc. Notre plus grande richesse est le volontariat, des bénévoles qui donnent un peu de leur temps pour intervenir et s’occuper de la mise en œuvre de certains programmes de la société nationale. Aucun budget au monde ne peut supporter cela, raison pour laquelle notre credo est « la mobilisation du pouvoir de l’humanité » qui consiste à réunir l’ensemble des humains, ceux qui sont en mesure d’apporter l’assistance à ceux qui sont dans le besoin.

Parlez-nous un peu du thème retenu cette année pour la journée mondiale de la Croix-Rouge « Nos principes en action ».
LWZ :
 Les principes fondamentaux sont ce qu’il y a de plus important pour une institution humanitaire comme la Croix-Rouge. Une institution universelle doit forcément lever un certain nombre de préalable parce que vous êtes appelé à intervenir dans des zones ou vous n’avez peut-être pas la même vision de la vie encore moins la même culture. Le plus important pour nous, c’est l’être humain. Le Mouvement a été créé depuis 1863 mais il a fallu 1965 pour que les sept principes fondamentaux de la Croix-Rouge soit proclamés à Viennes. 

Le principe d’humanité est le plus grand principe qui intègre l’ensemble des autres principes fondamentaux car il prône l’amitié entre les peuples, une assistance sans discrimination à chaque fois que nous sommes appelés à intervenir. Ce principe prône également la dignité humaine. Comme je l’ai dit tantôt nous intervenons dans les situations de conflits armées et de catastrophe. La neutralité est également l’un des principes du mouvement car nous devons nous abstenir de prendre part aux hostilités. En troisième position figure le principe d’impartialité qui est un principe actif et qui met l’accent sur la notion de proportionnalité et de non-discrimination. Le principe d’indépendance quant à lui permet à la Croix-Rouge de secourir, d’assister des êtres humains en difficulté sans aucune influence d’ordre politique, religieux etc. Il y a d’autres principes dont le volontariat qui est l’épine dorsale de notre Mouvement sans lequel nous ne pouvons pas travailler, et l’unité qui fait qu’il n’y a qu’une seule Croix-Rouge dans un pays.

Pourquoi le choix du 8 mai pour la commémoration de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ?
LWZ :
 La JM de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est célébrée chaque année le 8 mai pour marquer le jour anniversaire de la naissance de Henry Dunant. Aussi, c’est un temps d’arrêt pour se rappeler la pertinence continue du Mouvement face aux défis humanitaires contemporains, interpeller la communauté internationale sur ses responsabilités face aux problèmes humanitaires, mobiliser le pouvoir de l’humanité, montrer au monde les valeurs de solidarité, de tolérance, de paix, de respect de la dignité de l’homme, permettre aux société nationales de faire connaître leurs activités, et de réaffirmer leur appartenance au mouvement universel de la Croix-Rouge.

Quelles sont les activités au programme du 8 mai, cette année ?
LWZ :
 Nous voulons faire en sorte que la population sache que la Croix-Rouge est la leur et qu’elle sache que nous avons besoin d’elle de quelque nature que ce soit. La célébration du 8 mai a commencé le 2 mai avec une opération de salubrité au CMA (ndlr Centre médical avec antenne chirurgical) du secteur 30 suivi d’un don de 190 paquets de savons à des malades. Nous prévoyons également un panel sur « la pertinence des principes et valeurs humanitaires dans le contexte Burkinabè » qui sera suivi d’une exposition photos sur l’action humanitaire de la Croix-Rouge. Nous aurons une distribution de vivres aux personnes vulnérables le 8 mai. Pour permettre aux personnels et aux volontaires de décompresser, nous prévoyons un match de football. Nous aurons également des célébrations dans les différents comités provinciaux de la Croix-Rouge.

Quelles sont les contraintes que rencontre la Croix-Rouge dans l’accomplissement de ses œuvres humanitaires ?
LWZ : 
Notre souci majeur est la mobilisation des volontaires. Beaucoup veulent être formés comme des secouristes mais la disponibilité fait défaut par moment. Nous pensons qu’il faut toujours continuer les efforts de sensibilisation pour que nous ayons plus de volontaires car dans certaines localités c’est vraiment compliqué pour les comités provinciaux. Aussi, dans la plupart des coordinations, nous n’avons pas suffisamment de personnel si bien que les seuls qui sont là, sont submergés par le travail. L’autre difficulté c’est que les gens ont tendance à se dire que comme la Croix-Rouge est affiliée à des structures internationales, c’est une structure bondée d’argent et qui n’a pas besoin d’appui sur le plan local. Nous ne sommes pas sans ignorer que sur le plan international, il y a la crise financière et nous devrons également intégrer cela dans notre démarche. L’autre aspect, c’est le côté logistique car nous n’en n’avons pas toujours assez pour pouvoir être rapide à intervenir dans certaines localités. Certains véhicules dont nous disposons sont sous forme de location. Ces véhicules viennent souvent en la période de crise et dès lors celle-ci est finie les véhicules repartent. Le côté financier est aussi pertinent pour une structure comme la nôtre qui est appelée à intervenir pour aider des personnes dans le besoin.

Quel est votre appel à lancer ?
LWZ : 
Je lance un appel de paix pour le Burkina Faso. Et comme je vous l’ai dit, nous nous préparons pour intervenir mais ce qui nous préoccupe c’est de ne pas avoir à intervenir. Nous voulons également lancer un appel de solidarité parce que même quand il y a la paix, il y’a des gens qui sont toujours en difficulté et lorsqu’on est en difficulté cela signifie qu’on n’est pas en paix. S’il y’a encore de la solidarité de la part des populations, que celles qui sont nanties puissent soutenir les moins nanties.

Encadré : LWZ : Nous avons tenu les 9, 10 et 11 avril dernier l’assemblée générale de la société nationale au cours de laquelle, l’ensemble des participants ont souhaité que le nom soit changé pour nous permettre de nous conformer à ce qui se pratique dans la sous-région. J’étais pratiquement le seul à cette fonction qu’on appelait directeur national alors que dans les autres pays on parlait de secrétaires généraux. C’est ce qui nous a motivé et pour nous donner plus d’opportunité par rapport à l’organisation des services au sein de la société nationale.

Aïssata Laure G. SIDIBE et Herman Frédéric BASSOLE 
Lefaso.net

 

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2015.05.05

Violences communautaires à Ziniaré : La version et l’appel à l’apaisement de la gendarmerie

Toute une communauté expulsée d’un village. La cause, un mineur de 12 ans accusé de vol de petits ruminants et envoyé à la gendarmerie est libéré parce que mineur. Cela provoque le courroux des accusateurs qui chassent, cassent, brulent. Tel était le spectacle à Ziniaré et à PousgZiga courant avril. Accusés d’avoir pris parti dans le conflit, le commandant de la compagnie et le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ont relaté les faits à la presse. C’était le 30 avril dernier à Ziniaré. Ils ont surtout appelé à l’apaisement et à la cohabitation pacifique entre les communautés peules et mossi.

Dans la cour de la brigade de la gendarmerie de Ziniaré, Diallo Bèrane y réside désormais avec sa famille. Le chef de famille y est obligé parce que ses concessions ont été saccagées, brulées et surtout parce que sa sécurité et celle des membres de sa famille est menacée.

La présence de la communauté peule à la brigade n’était toujours pas tolérée par des manifestants, qui réclamant son départ, est allée jusqu’à faire tomber une partie du mur de la brigade. Pour un soupçon de vol, le vieux Bèrane qui indique que les peuls sont établis dans le village depuis 107 ans, se retrouve sans domicile, sans biens.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie reconnait que les « refugiés » devraient être pris en charge par l’action sociale. Mais cette dernière ne peut assurer la sécurité des « indésirables ». L’action sociale a dressé des tentes pour héberger la communauté peule. Tout a été une fois de plus saccagé. « Nous avons été confrontés à un enjeu sécuritaire. On pouvait libérer les peuls de la caserne. Mais l’action sociale ne pouvait pas assurer leur sécurité. La preuve, elle a tenté de dresser des tentes dans un espace non loin de la brigade. La population s’est encore mobilisée pour aller saccager », se désole le lieutenant Isaac Sanon.

Cette situation est consécutive à une accusation de vol de petits ruminants. Dix moutons et quinze chèvres. Des trois voleurs, deux se seraient échappés. Celui qui est arrêté est un mineur de 12 ans. Il s’appelle Daouda Diallo. Il est présumé voleur, puisque le propriétaire du bétail dit juste avoir « vu la couleur de l’habit de son voleur ». 

L’infortuné, conduit à la brigade de gendarmerie de Ziniaré, ne peut être gardé dans les geôles, il est de ce fait libéré de la gendarmerie. Nous sommes le 14 avril. Cette libération n’est pas du gout de la population de PousgZiga qui manifeste, estimant que la gendarmerie a libéré un voleur.

« La gendarmerie a agi avec professionnalisme, loyauté et sérénité »

Le gouverneur et le commandant la brigade de gendarmerie de Ziniaré ont été accusés d’avoir pris parti dans le conflit. « Ils disent que je suis peul, je ne le suis pas », martèle le commandant la compagnie de la gendarmerie, Lieutenant Isaac Sanon qui ajoute que la gendarmerie a juste fait un travail de sécurité. « Nous sommes là pour la protection des personnes et des biens. Aucunement nous ne pouvons accepter que des concessions soient détruites. Nous avons fait notre travail avec professionnalisme, loyauté et sérénité », a ajouté le Lieutenant.

Les propos du commandant de la compagnie sont corroborés par celui de la brigade. L’Adjudant-chef Jean-Marie Tougouri estime que la gendarmerie a agi dans le sens de la loi. La situation s’est quelque peu calmée, même si la communauté moaga n’est toujours pas prête à accueillir les peuls dans le village. « Que les gens mettent de l’eau dans leur vin afin que nous puissions vivre en paix », lancera le commandant de la brigade de gendarmerie de Ziniaré.

Des milices armées qui se rendent justice

Selon la situation décrite par le lieutenant Sanou, depuis plus d’un mois, la région du plateau central est « infestée » d’associations d’auto-défense qui agissent sans aucune base juridique. « Elles procèdent à des interpellations, des séquestrations et pire, à des sévices corporels à l’encontre d’individus jugés fautifs même à des jugements ». Enlèvement et séquestration de quatre peuls à Boudry pour une affaire de vol de bœufs. C’était le 22 mars. Enlèvement de deux peuls à Boussé, toujours pour une affaire de vol de bœufs. Et bien d’autres cas sont à mettre à l’actif de ces associations d’autodéfense.

Le commandant de la compagnie de gendarmerie de Ziniaré et ses éléments souhaitent que les populations puissent continuer à cohabiter ensemble et à privilégier le dialogue. Par contre, la gendarmerie avec la collaboration de la population va continuer ses actions de sécurité conformément à la loi.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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