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2016.08.23

Inondations dans la ville de Ouagadougou : Trop peu de canalisations pour éviter le pire

Ouagadougou baigne dans les eaux dès qu’il pleut. Cette année encore, la forte pluviométrie a fait des victimes et continue d’en faire. Des maisons sont tombées, des biens ont été détériorés. Et grave encore, des personnes ont perdu la vie. A chaque saison pluvieuse suffit sa peine, sommes nous tenté de dire. Suite à cela, des mesures urgentes ont été prises par les autorités (l’Etat, la commune) et sont en réalisation. Pour mieux comprendre ce qui arrive à nos Ouagavillois, Arzouma Zombré, Directeur des infrastructures routières et de la mobilité de la commune de Ouagadougou (DIRMO), a bien voulu se prêter à nos questions. Du rôle de sa direction au sein de la commune, en passant par l’état des infrastructures de la ville, sans oublier les causes des inondations, ainsi que les mesures urgentes pour soulager la population, sont entre autres sujets que nous avons abordés avec lui. C’était ce jeudi 18 août 2016.

Lefaso.net : Présentez-nous brièvement la direction dont vous avez la charge.

Arzouma Zombré : La direction dont j’ai la charge, est l’une des grandes directions de la commune. Elle est issue de la division de la Direction générale des services techniques municipaux qui regroupait quatre directions. A la faveur de la réorganisation de l’organigramme de la commune de Ouagadougou en 2013-2014, cette grande direction a été scindée en plusieurs directions, telle que la direction de la construction, la direction du parc et de la maintenance et la direction des infrastructures routières et de la mobilité, communément appelée DIRMO.

Quand la DIRMO a été créée, elle comptait en son sein trois services. Celui des routes et ouvrages hydrauliques, celui des transports et de la sécurité routière, celui de l’éclairage public et des feux tricolores. Une autre réorganisation vient de se faire en fin 2015. Le service de l’éclairage public et des feux tricolores a été érigé en direction de l’énergie de l’éclairage public et des feux tricolores et sort de la coupe de la DIRMO. Et la création d’un service de maitrise d’œuvre technique. Donc la DIRMO compte trois services. Ces services sont subdivisés en sections. Si l’on prend le service des routes et ouvrages hydrauliques par exemple, on a la section des routes en terre, celle des routes bitumées, celle des ouvrages hydrauliques et celle topographique. Il en est de même en ce qui concerne le service des transports avec la section transport et mobilité.

Lefaso.net : Quelles sont les missions de la DIRMO ?

Arzouma Zombré : Elle a en charge l’accompagnement de l’autorité communale dans la mise en œuvre de sa politique en matière de construction, de réhabilitation, d’entretien du patrimoine routier, de gestion des affaires de transports et de la mobilité. Ce qui veut dire que nous devions entretenir les routes en terre, les routes bitumées et aussi participer à la construction de ces ouvrages. Nous devons faire des études de petites et moyennes ampleurs. Quand ce sont des études de grandes ampleurs, nous partons directement aux entreprises.

Lefaso.net : Quel est l’état des infrastructures routières de la ville de Ouagadougou ?

Arzouma Zombré : Nous avons plus de 2000 kilomètres de routes dans la ville de Ouagadougou, bitumées comme non bitumées. Nous avons à peine 400 à 500 kilomètres de route bitumées soit 18% de la voirie communale. Près de 80% des routes sont en terre. Au regard de l’évolution exponentiel du trafic, nous voyons déjà les difficultés que cela cause. L’aménagement de la voirie ne suit pas cette évolution du trafic. Ce qui entraine comme corollaire la vite dégradation des routes en terre dans les quartiers. Il y a des conséquences telles que les nuées de poussière qui se propagent sur les habitations. Ce sont des nuisances.

En ce qui concerne les routes bitumées que nous avons dans la commune, elles sont la plupart vétustes. La moyenne d’âge est de 14 à 15 ans. Alors qu’en matière de construction routière, lorsqu’une route atteint déjà 15 ans, l’on considère qu’elle commence à s’affaiblir, à être amortie. On devrait veiller à apporter un entretien conséquent que ce soit périodique ou courant. Nous avons un autre problème qui fait que nos voies n’arrivent pas à tenir la route. C’est par rapport à l’insuffisance du système d’assainissement. Tout comme le nombre de kilomètres des routes que j’ai donné, au niveau des caniveaux pour le drainage des eaux, nous ne dépassons pas 450 km de caniveaux aménagés au niveau de la ville de Ouagadougou. Nous comptons parmi les principaux collecteurs de la ville, le marigot du Mogho Naaba qui est actuellement en voie d’aménagement dans sa section amont. C’est-à-dire, celle qui va de Watam Kaizer au lycée Universalis. Aussi le canal de Zogona qui a été aménagé, le canal de Wemtenga et le canal central qui côtoie le Lycée Philippe Zinda Kaboré. Ce dernier part se jeter au niveau du barrage numéro 2.

Lefaso.net : Combien coûte l’entretien du réseau routier de la ville de la commune par an ?

Arzouma Zombré  : Chaque année, la commune décaisse entre 500 à 600 millions de F CFA pour l’entretien des routes. En 2014 par exemple, la commune a déboursé près de 800 millions de nos francs pour l’entretien des routes en terre. Nous avons à peu près 100 millions consacrés à l’entretien des routes bitumées. Mais cela est insuffisant au regard de l’état de vieillissement de la voirie. Quand l’Etat central sent qu’il y a un essoufflement au niveau de la commune, il n’hésite pas à nous venir en aide.

Lefaso.net : Qu’est ce qui explique l’accentuation des inondations dans la capitale ?

Arzouma Zombré : Il y a plusieurs facteurs qui expliquent les inondations. En allant de notre comportement aux effets purement techniques. Notre comportement consiste en quoi ? Des gens transforment ce peu de canaux, ce peu de collecteurs que nous avons en dépotoirs. Une fois que vous jetez des déchets par exemple dans ces collecteurs, ils ne font que les obstruer. La pluie arrivée, ces collecteurs sont obstrués, l’eau ne peut que remonter au niveau des concessions. Cela est un des phénomènes.

Aussi, nous avons une insuffisance de drainage. Sur près de 2000 kilomètres de routes, si nous n’avons que 400 kilomètres de caniveaux, il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine de l’assainissement. Nous avons un autre grand problème qui n’est pas le moindre. C’est le disfonctionnement de l’exutoire. Quand vous observez dans la ville de Ouagadougou, tous les cours d’eaux concourent au parc urbain Bangr-Wéogo. C’est l’exutoire principal de l’ensemble des eaux de Ouagadougou. Cela n’est pas sans conséquences car qui dit exutoire suppose que ce sont des endroits qui doivent recevoir des aménagements appropriés. Alors qu’à l’heure actuelle, nous avons des difficultés à ce niveau. Tant que l’exutoire n’est pas dégagé, les eaux ne pourront jamais sortir de la ville rapidement. Si bien que quand c’est obstrué, quand c’est plein, les eaux remontent dans les barrages, ensuite dans les caniveaux et vite les inondations sont arrivées.

Lefaso.net : Depuis les inondations de 2009, qu’est ce qui été fait pour éviter une telle catastrophe ?

Arzouma Zombré : Après les pluies du 1er septembre 2009, des recommandations avaient été faites. Des plans d’actions ont été mis en place à court, moyen et long termes. A court terme il s’agissait de remettre en état toutes les infrastructures qui avaient été endommagées. A court terme, on demandait de voir comment l’exutoire pouvait être dégagé. Et à long terme voir comment augmenter la capacité de gestion des eaux pluviales par des collecteurs appropriés.

Nous sommes en phase avec ces recommandations actuellement car les actions ont commencé tout juste après le 1er septembre 2009 à être exécutées. Si vous allez au niveau du parc Bangr-Wéogo qui est l’exutoire, nous avons, à partir du mur du parc en allant vers Anangnélé, un grand canal qui a été érigé. Cela dans l’optique de drainer les eaux vers Mansili qui est à peu près entre 15 à 20 kilomètres de la ville de Ouagadougou. Il y a encore un autre projet au niveau du ministère de l’Habit, je parle sous leur contrôle, pour une troisième phase pour l’aménagement de l’intérieur même du parc. Cela pour permettre une plus grande fluidité pour l’écoulement des eaux. A l’heure actuelle, nous avons un projet en cours, pour l’aménagement du canal du Mogho Naaba. Tout cela est issu de toutes ces recommandations. Grace à l’Etat central et au concours des partenaires techniques et financiers, on est en train de construire la partie non construite, en amont de ce canal. Seront prises en compte dans les aménagements, certaines zones inondables de la ville de Ouagadougou comme l’école Georges Namoano, que l’on appelle couramment école « poto-poto », non loin du lycée Universalis. Mais aussi, au niveau de Rimkièta, en allant vers le cours d’eau, non loin du grand rond-point, où des écoles sont inondées dès les premières pluies. En plus, à l’arrondissement 4, des caniveaux seront réalisés. Cela nous permet de dire que nous sommes en droite ligne avec les recommandations qui avaient été données après les inondations du 1er septembre 2009.

Lefaso.net : Cette année encore Ouagadougou est sous les eaux. Qu’est ce qui est préconisé pour cette fois-ci ?

Arzouma Zombré : Il y a eu un cumul de précipitations du 18 jusqu’au 20 juillet 2016, ce qui a fait déborder les choses. A l’issue de ces inondations, un comité de crise a été mis en place dans la commune de Ouagadougou. L’Etat central s’est joint à ce comité de crise. Une sortie de terrain, supervisée par le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, a été organisée. A l’issue de cette sortie de terrain, une cellule technique a été mise en place et a été chargée de sortir inventorier tout ce qu’il y a eu comme dégâts. Cette cellule a été composée des techniciens du ministère des Infrastructures, de ceux du ministère de l’Habitat et de ceux de la commune de Ouagadougou. Nous avions pu visiter 51 sites et fait l’état, site par site ainsi que les types de dégradations.

Globalement le constat que nous y avons fait se situe au niveau des remblais d’accès. Les remblais d’accès sont des blocs techniques, c’est-à-dire la partie qui est tout juste collée au pont. La plupart des dégradations sont au niveau des ponts et des radiers, que l’on appelle couramment, cassis ou dos d’âne. Un état a été fait aux autorités et nous attendons justement leurs réactions. Les actions à court terme consistaient à ne pas couper le trafic. Il doit rester fonctionnel, 24heures sur 24 en attendant que l’on puisse avoir les moyens pour réhabiliter conséquemment comme il se doit.

Nous avons demandé aussi que des études soient menées afin de voir les sections des ouvrages qui sont là. Est-ce que ces sections sont suffisantes pour drainer ces eaux ? Pourquoi il y a des remontées d’eaux dans ces ouvrages ? En matière d’hydraulique, c’est un peu complexe car vous pouvez penser que c’est tel ou tel domaine alors que ce n’est pas le cas. Par exemple si Bangr-Wéogo est bloqué, toutes les eaux qui sont charriées sur le bras du marigot de Boulmiougou, le recul ne fera que faire étaler les eaux. Quoi que vous ayez dimensionné, s’il y a un bouchon quelque part, vous aller toujours retrouver ce phénomène. Je ne dis pas que c’est à cause de cela qu’il y a tout cela. Il y a des études qu’il faut faire pour voir.

Lefaso.net : A combien peut-on évaluer la réalisation de ces travaux ?

Arzouma Zombré : La question m’avait été posée lors de la sortie de terrain avec son excellence monsieur le Président Roch Marc Christian Kaboré. Nous sommes toujours en saison pluvieuse donc nous continuons à recenser. La ville est vaste. Il y a un répertoire des ouvrages à notre niveau que nous connaissons, mais il y a des ouvrages de fois que vous n’arrivez plus à répertorier. Nous sommes en train de faire les recensements avec les informations que les gens apportent. Si vous donnez ce montant aujourd’hui et demain vous donnez un autre montant, les gens ne pourront pas vous croire. Comme ce n’est pas un état définitif, nous sommes toujours dans l’attente de ce que l’Etat central va faire. Ce qu’ils vont nous donner pour travailler, nous pourrons communiquer cela officiellement.

Lefaso.net : Aux premières évaluations combien cela faisait ?

Arzouma Zombré : Aux premières évaluations, les documents sont là, on est dans l’ordre de 6 à 7 milliards de F CFA. Sur l’ensemble des 51 ouvrages répertoriés, il y a des murs de clôture qui sont dans les zones inondables qui menacent de céder donc il faut un système d’assainissement pour les sauver. Le recensement concerne tous les douze arrondissements.

Lefaso.net : Comment expliquez-vous le fait qu’à l’issue de la réalisation d’une route, des habitants se plaignent de la montée des eaux dans leurs concessions ?

Arzouma Zombré : Il y a plusieurs explications à cela. Quand vous avez un projet routier, il y a plusieurs outils qu’il faut prendre en compte. On demande à ce que chaque route construite soit suivie par un système d’assainissement. Il y a souvent problème, c’est une réalité. Si vous faites une route qui traverse une zone où les eaux ont l’occasion de se diffuser dans tous les sens pour rejoindre l’exutoire, cela devient un frein. Et pour résorber ce problème il faut mettre en place le système d’assainissement d’où les caniveaux de part et d’autre de la voie.

Nous avons des concessions qui sont exagérément basses par rapport au niveau de la voie. Pour faire la conception de la voie, nous prenons en compte le niveau de l’intérieur de la cour par rapport à la voirie. Vous voyez que sur près de 2 à 3 kilomètres, si on doit prendre le niveau de toutes les concessions pour faire la voie, je ne pense pas que ce soit pratiquement les mêmes choses. Il y a des gens qui sont situés en contre pont, ou en monticule. Nous essayons de prendre le mieux, le niveau qui puisse vraiment faire l’affaire de tous. A savoir, faire de sorte à ce que le bord de caniveaux que nous allons mettre en place ne dépasse pas le seuil des portes des concessions. C’est ce que nous appelons ligne rouge. Parce que c’est pour récolter les eaux et lorsqu’ils sont trop élevés et qu’il y a débordement, les eaux entrent dans ces concessions automatiquement.

Mais il faut qu’on fasse la nuance car dans certains quartiers cela est difficile, sinon impossible à respecter. Combien de gens en construisant mettent au moins une couche de briques par rapport au milieu naturel avant d’enlever leur porte ? Pratiquement cela n’existe pas. Ces portes sont à même le sol (…) Alors que si la hauteur de ces cours d’eaux était à 15 ou 20 centimètres par rapport au terrain naturel le problème ne se poserait pas. Il fallait peut-être qu’il y ait un cahier des charges pour ceux qui sont dans ces zones pour qu’ils rehaussent leurs soubassements. Peut-être qu’il y a eu des failles à ce niveau. Dans les prochains aménagements, je pense que cela sera pris en compte. Cela y va de la sécurité même des habitants hors mis les questions de route.

Vous avez aussi le problème du sous dimensionnement des ouvrages de collecte, par exemple les caniveaux mis de part et d’autre de la route. Quand il pleut, ces caniveaux débordent. Si tout circule normalement il ne devrait pas y avoir de remontée des eaux au niveau des concessions. Avant de faire un ouvrage, il faut faire un sondage de terrain pour retrouver les principaux cours d’eaux qui viennent irriguer cette voie. C’est ce que nous appelons les bassins versants. Quels sont les bassins versants qui arrivent sur cette voie ? C’est au vu de la quantité de ces eaux que les ouvrages qui doivent les contenir sont dimensionnés. S’il se trouve que vous avez mal apprécié le bassin versant il y aura problème. Il y a tout un ensemble de choses qui entrent en compte. Donc cela est complexe.

Lefaso.net : Souvent après la réalisation d’une belle rue, on constate que le revêtement est creusé pour enfouir ou déterrer des fils ou de la tuyauterie ?

Arzouma Zombré : C’est un manquement très grave. Pendant la mise en œuvre des travaux routiers, tout est fait de sorte à ce qu’on ait une plateforme homogène. Cela veut dire des plus petites couches de la plateforme du terrain simple, avec les différentes couches de terre jusqu’au revêtement. Avant les travaux, quand on fait une étude routière, nous adressons une correspondance aux différents concessionnaires comme, la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL), l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), l’Office national des télécommunications (ONATEL). Pour qu’ils nous disent avec les plans de ces différentes routes où est- ce qu’ils ont leurs réseaux ou qu’est-ce qu’ils ont à faire sur ces voiries, pour qu’on puisse en tenir compte pendant les travaux.

L’on nous a toujours fait des factures, soit pour déplacer un réseau qui est situé sur la voie à une profondeur qu’on ne peut pas laisser, soit il faut le rabaisser pour qu’il ne soit plus à l’air libre. Nous prenons ces différentes factures en compte dans nos projets. S’il arrive que pendant l’exécution, les concessionnaires viennent mettre ce qui est prévu et ils se rendent compte qu’il y a des difficultés après, il faut rouvrir. Souvent l’on nous informe que le matériel requis n’est pas disponible immédiatement. On décide de fermer et quand cela va venir on va rouvrir pour remettre. C’est la catastrophe. Quoi que vous fassiez c’est difficile d’avoir un bon compactage de la route quand vous allez rouvrir. Ou bien, cette petite section que vous allez laisser qui sera compactée après, ne sera pas uniforme avec l’ensemble de la chaussée.

De fois ce sont des prévisions qui ne tiennent pas du côté des fournisseurs ou des défaillances constatées plus tard, donc on est obligé d’ouvrir. On regrette cela. Par exemple dans la ville nous avons le réseau d’égouts. C’est après coup que cela a été mis. Conséquence, tous les tronçons ne font que s’affaisser et il faut colmater. C’est parfois plus cher que si on avait pris un certain nombre de précautions dès le départ.

Lefaso.net : Donc cela n’est pas près de s’arrêter.

Arzouma Zombré : On joue à cela pour que cela puisse s’arrêter. On ne peut pas continuer. Cette année, nous avons des travaux à Sigh-Nonghin et à Nongr-Massom. On a bloqué les travaux durant tout le temps que cela faut pour que le concessionnaire puisse passer avec sa filerie avant qu’on ne compacte. Ce qui fausse très souvent les délais d’exécutions.

Lefaso.net : Pour terminer ?

Arzouma Zombré : L’état de la voirie de Ouagadougou se caractérise en matière de voirie revêtue par sa vétusté due à l’évolution du trafic et des surcharges, le vieillissement de la couche de roulement, la qualité de mise en œuvre et l’insuffisance d’ouvrages d’assainissement. Le principal ennemi de la route c’est l’eau. Quand une voirie baigne dans l’eau matin, midi et soir, au lieu des 15 ans avant que l’on ne parle de voie amortie, vous constaterez qu’en trois ans la route est fortement dégradée.

Notre incivisme en brûlant les infrastructures, dégradent nos routes. Ce sont des infrastructures qui ne supportent ni les chocs ni la chaleur. Ce sont des liants, c’est-à-dire le bitume fluide, la laitance que vous avez, avec les différents agrégats. C’est la laitance qui consolide ces différents agrégats. Et quand vous brulez le bitume, cette laitance descend et laisse les agrégats seuls. Du coup, il n’y a plus de consolidation et c’est la désagrégation de la voirie qui est vite prononcée. Ce sont des actions à bannir.

Tout ce que je peux demander à la population, c’est la patience. Je pense que les épreuves que nous vivons actuellement nous interpellent tous. Nous devons revoir le système de travail et de conception. Etre sûr que ce qui vient de dehors est ce qui existe au dehors. Je parlais plus haut du recueil des informations par rapport aux travaux routiers. Il faut être sûr qu’on a pris la totalité du bassin versant de l’ensemble des cours d’eaux qui irriguent pour éviter des désagréments.

Entretien réalisé par Marcus Kouaman
Lefaso.net

19:08 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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