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2016.08.26

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Les vacances scolaires riment avec repos, colonies de vacances, voyages et jeux pour les élèves. Pendant que certains se détendent, d’autres sont tendus. Des élèves, à peine la fermeture des classes, se trouvent des jobs de vacances. On les retrouve dans divers secteurs d’activités comme la mécanique, la soudure, la vente de boisson. On retrouve aussi ces vacanciers parmi les marchands ambulants qui sillonnent les artères de la ville de Ouagadougou. Ce mercredi 24 août 2016, nous avons fait un tour dans les rues de Ouagadougou pour comprendre ce phénomène grandissant.

 

Commerce ambulant : L’autre école de vacances de certains élèves

Force est de constater que nos rues grouillent de marchands ambulants, surtout d’élèves en ces temps de vacances. Certains dans le souci de préparer leur prochaine rentrée scolaire, se trouvent de quoi faire. Des élèves s’adonnent à cette activité afin d’aider leurs parents à supporter les charges liées à leur scolarisation. De Pissy à Kilwin en passant par Dapoya, sans oublier Bendogo, ces quartiers sont des lieux que ces marchands ‘’saisonniers’’ parcourent à longueur de journée, à la recherche de la clientèle.

Moussa est venu de la ville de Yako pour chercher de l’argent et repartir dès la rentrée des classes prévue pour octobre. Elève en classe de 6e, il déambule dans les rues de Ouagadougou, avec sa charrette et sa glacière d’eau pour écouler sa marchandise. Vendu à 25 ou 50 francs CFA le sachet d’eau, « cela rapporte un peu », nous indique le jeune élève. Il ajoute que « sur 500 francs CFA de vendu, j’ai 100 francs ». Mais, Il reconnait que la saison pluvieuse n’est pas faite pour arranger les affaires, car, lorsqu’il pleut, « l’eau ne se vend pas bien ».

Un travail qui est pris au sérieux

Vendeuse d’arachides, Awa loge au quartier Kilwin de Ouagadougou. Assiette sur la tête, elle quitte le domicile familial à 7 heures du matin, pour ne rentrer que le soir vers 16 heures. Par jour, elle peut glaner autour de 1000 francs CFA. Cet argent, cette élève en classe de CEM2 (cours élémentaire moyen deuxième année) dit ne pas compter le dépenser n’importe comment. « Je cotise pour pouvoir payer mes fournitures scolaires à la rentrée des classes », laisse-t-elle entendre. Elle ne rencontre aucune difficulté dans la vente de sa marchandise et ne compte arrêter que la veille de la rentrée des classes.

Safi, une fillette de 7 ans, en classe de CP1 (cours préparatoire première année), dit chercher l’argent pour venir en aide à ses parents. A la question de savoir combien elle gagne. Elle rétorque que « ce n’est pas beaucoup, mais cela vaut mieux que rien ». Tu n’es pas trop jeune pour chercher de l’argent ? A cette question, la jeune fille nous fait un grand sourire, reprend sa glacière d’eau et continue son chemin.

« C’est depuis trois ans que je vends du lotus chaque vacance ». Jérôme, élève en classe de 4ème est un vieux routier dans la vente mobile. Il préfère tourner à la recherche d’argent pour sa scolarité que de rester là, à attendre de l’aide qui ne viendra sûrement jamais. Surtout qu’il ne veut pas voler, comme certains de ses camarades. « C’est vrai, je ne gagne pas beaucoup mais j’arrive à donner quelque chose à ma maman et en garder pour moi » confie-t-il avec fierté. Habitant du quartier Zongo de Ouagadougou, il sillonne les maquis et bars ainsi que les restaurants, sans s’inquiéter de la distance.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

18:36 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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