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2016.09.08

Mutilations génitales féminines: la Première dame souhaite qu’on durcisse la loi

La Première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré a invité le législateur à doser la sanction sur la pratique de l’excision afin qu’elle soit suffisamment dissuasive pour empêcher les exciseuses de récidiver. C’était au cours d’une conférence de presse le samedi 13 août dernier.

En cas de délit d’excision, la loi prévoit des peines d’emprisonnement de 6 mois à 3 ans et de 5 ans à 10 ans s’il y a mort d’homme. Les amandes vont de 150 000 F CFA à 900 000 F CFA pour les auteurs de ce forfait et de 50 000 à 100 000F CFA pour les complices.

Protégeons nos enfants de cette mutilation
Protégeons nos enfants de cette mutilation

Pour Sika Kaboré, la loi n’est pas suffisamment dissuasive pour intimider les exciseuses de récidiver. «On enferme une exciseuse pour 6 mois de prison et au bout des six mois elle ressort, reprend son couteau et nargue toute la communauté autour d’elle. Ou bien on lui demande de payer l’amende de 150 000 F CFA et elle ne va pas en prison parce que les peines ne sont pas cumulatives, mais alternatives. Elle paye l’amende et elle repart chez elle», a déploré Mme Kaboré qui a révélé que certaines exciseuses vont jusqu’à dire qu’elles ont soudoyé le juge pour sortir. «Vous vous rendez compte de l’effet que cela peut produire par rapport au reste de la population?», s’est-elle interrogée.

Sika Kaboré a promis de continuer la lutte  tant qu'il y aura une seule femme burkinabè menacée d'excision
Sika Kaboré a promis de continuer la lutte tant qu’il y aura une seule femme burkinabè menacée d’excision

Entre l’acte et la sanction, Sika Kaboré pense qu’il n’y a pas de commune mesure parce que le clitoris est un organe qui a son utilité. «Nous allons donc demander au juge d’être sévère et on va discuter avec le législateur pour voir comment doser la sanction pour qu’elle soit suffisamment dissuasive afin que les gens ne récidivent pas», s’est-elle convaincue tout en rappelant que le Burkina Faso est leader au plan international dans la lutte contre l’excision. «Nous ne pouvons pas tolérer aujourd’hui que la Une de l’actualité porte sur l’excision alors que nous reconnaissons tous qu’elle est une pratique néfaste pour la femme. Aujourd’hui ce sont des bébés qu’on excise parce qu’on se rend compte qu’à un certain âge l’enfant peut se défendre et dénoncer», a-t-elle déploré en faisant allusion à la tentative d’excision déjouée des sept filles qui ont été sauvées des lames et couteaux mutilateurs au secteur 21 de Ouagadougou.

Les hommes de médias n'ont pas tari de questions lors de ce point de presse
Les hommes de médias n’ont pas tari de questions lors de ce point de presse

Le ministre de la Solidarité nationale, Laure Zongo a confié à cet effet que les gens commencent à prendre conscience qu’en dénonçant, ils peuvent sauver de nombreuses filles. A l’en croire, les statistiques  l’ont démontré puisqu’en 2014, il y a eu 12 cas de dénonciations qui sont passés à 36 cas en 2015.

Mme Kaboré a donc exhorté les populations à contribuer à cette lutte pour éradiquer pour de bon ce phénomène car dit-t-elle, «Tant qu’il y aura une seule fille ou femme burkinabè menacée d’excision, je continuerai la lutte».

Madina Belemviré (http://lesechosdufaso.net/)

13:16 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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