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2016.09.09

Ouagadougou: les cimetières de la honte

    La vie est belle. Car elle est un don inestimable de Dieu. Nous l’aimons et la protégeons du mieux que nous pouvons. Mais sur cette terre, la vie n’est pas éternelle. Nous sommes tous appelés à mourir un jour. Jeune ou vieux, homme ou femme, riche ou pauvre. Aussi, dès que la mort fauche un des nôtres, nous nous empressons de lui trouver une sépulture digne de lui. Afin qu’ «il repose en paix», aime-t-on à le dire. La sépulture est donc un lieu hautement symbolique et chargé d’émotions, puisqu’elle représente la dernière demeure du défunt. C’est à la fois un endroit de souvenir et de recueillement, mais aussi un trait d’union entre les disparus et les vivants. C’est une raison suffisante pour que nos parents décédés aient accès à une place honorable au cimetière. Malheureusement, à Ouagadougou, quand l’un de nos proches meurt, il faut gérer deux difficultés: d’abord dompter la douleur de sa disparition et ensuite trouver une place au cimetière pour l’inhumer.

Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales
Cimetières de Ouagadougou délaissés, sales

Les emplacements disponibles dans les cimetières de la ville de Ouagadougou deviennent insuffisants, les services municipaux devaient aménager d’autres sites s’ils veulent que les citadins continuent d’ensevelir leurs morts dans la quiétude.

La gestion des cimetières doit être absolument revue
La gestion des cimetières doit être absolument revue

Un tour aux cimetières de Tabtenga, de Karpaala, de Balkuy, de Gounghin, de Nagrin,… à titre d’exemples, et vous constaterez que le nombre de places se réduisent comme une peau de chagrin. Dès qu’il y a un départ, les jeunes, encore très solidaires et compatissants, se débrouillent pour trouver un espace dans l’un de nos cimetières souvent déjà saturés. Justement, comme il faut forcément trouver un coin, ils ne regardent plus les tombes existantes. Ils creusent parfois entre plusieurs tombes. Ce qui crée plus de désordre et contribue à dégrader les anciennes tombes (les uns marchent dessus, les autres s’assoient au-dessus…). Il faut en créer d’autres. Et mieux les protéger pour une gestion rationnelle de l’espace. A Gounghin, ceux qui ont les moyens songent à des caveaux maintenant.

Les municipalités, chargées de délimiter les cimetières et de veiller à leur bon entretien, ont visiblement du mal à le faire adéquatement. Les cimetières de Ouaga sont une honte. Quelle tristesse! Comment nos morts peuvent-ils reposer en paix dans des lieux pareils? Maires du Burkina et surtout de Ouagadougou, vous êtes interpellés sur cette question fondamentale.

Théophile MONE

18:14 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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