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2016.09.13

Les acquis de l’insurrection sont-ils hors processus démocratique?

A quelques encablures du triste anniversaire du coup d’Etat déjoué, ce qui revient comme une ritournelle est «il faut sauvegarder les acquis de l’insurrection, car le nouveau pouvoir est en train de brader l’esprit et la lettre de l’insurrection…».

Du jamais vu, cette mobilisation contre le pouvoir à vie
Du jamais vu, cette mobilisation contre le pouvoir à vie

C’est quoi les acquis de l’insurrection dans un Etat démocratique? Violente question, comme l’a dit un artiste ivoirien. Les raisons qui ont poussé les populations à sortir braver les crépitements des kalachnikovs sont multiples et multiformes. Et sont le résultat de plusieurs années d’injustice, d’impunité, de mal gouvernance, d’assassinats crapuleux, de pauvreté généralisée, de chômage… Cela, pendant plusieurs années de règne de Blaise Compaoré.

L’insurrection n’est pas l’aboutissement d’une brusque colère, la marmite a bouillonné pendant des années avant de voir le couvercle sauter par la forte vapeur qui n’en pouvait plus de se voir comprimée. Blaise Compaoré et comparses, qui n’avaient rien compris de la colère des populations, avaient cru qu’il suffisait de retirer l’article 37, cause du casus belli selon eux, pour voir les choses rentrer dans l’ordre. Erreur de ‘’gaoua’’!

Les populations, qui ne demandaient que la main, ont décidé de prendre le bras entier, le tronc, la tête, bref tout le corps du pouvoir. Car ce qui n’était qu’une affaire de modification de constitution avait des implications socio-politiques d’une ampleur insoupçonnée par Blaise Compaoré. Heureusement d’ailleurs qu’il était aveuglé par le vertige du pouvoir. L’insurrection a vaincu, la Transition est venue essayer de remettre le pays sur de bons rails, les élections couplées présidentielle et législatives ont bouclé la boucle. Tout cela est considéré comme acquis de l’insurrection. En plus, comme le dit si bien le professeur Laurent Bado, c’est dans la tête que tout se passe. Et on peut le noter, les mentalités ont évolué.

Plus rien ne sera comme avant; ça, c’est le plus grand acquis. Aucun pouvoir, même en rêve, n’osera vouloir modifier la limitation du nombre de mandats présidentiels. Et ça, on n’a même pas besoin d’une association pour le défendre, cela va de soi. Aucun peuple au monde ne souhaite faire une insurrection populaire, on en vient par la force des choses.

Malheureusement, il y a encore des Burkinabè qui n’ont toujours pas mesuré les causes profondes de l’insurrection; ils aiment la brandir comme si c’était quelque chose que l’on pouvait déclencher en claquant les doigts.

Ousmane Hébié (lesechosdufaso)

11:43 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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