topblog Ivoire blogs

2016.09.13

Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina?

Ouagadougou, ville historique et légendaire, baigne de plus en plus dans la vulgarité et les extravagances d’une jeunesse en plein délire et avide de sensations fortes. Tout le monde veut «coller la petite». La dépravation des mœurs est clairement perceptible dans la société burkinabè. Dans certains établissements universitaires et scolaires, dans les quartiers, au marché, dans les night-clubs et autres lieux publics, on assiste à toutes sortes de comportements qui choquent la morale: injures, bagarres, vacarmes, habillement indécent, surtout chez les filles. On se croirait à Sodome ou à Gomorrhe.

Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina (photo: sen24heures.com)
Où allons-nous avec ces dépravations des mœurs au Burkina (photo: sen24heures.com)

Des jeunes dans l’abîme de la dépravation des mœurs

La nature des images qui passent sur le petit écran et les comportements vestimentaires et civiques des jeunes ne sont pas de nature rassurante. Dans nombre de clips qui passent sur les chaînes de télévision, l’exhibition des parties intimes du corps chez les jeunes filles, l’alcoolisme et le tabagisme occupent la majeure partie du temps. Pour un pays comme le nôtre qui doit tout miser sur sa jeunesse, l’avenir est incertain. La dépravation des mœurs bat son plein.

La situation est telle qu’on est en droit de se poser un certain nombre de questions. Quel est l’idéal de la jeunesse burkinabè du 21ème siècle? Peut- on gager sur la bonne gestion de l’héritage par les jeunes burkinabè à la suite de leurs pères? Les médias burkinabè sont-ils conscients de l’influence de leurs programmes sur le comportement des jeunes?

Juste une poignée de minutes passée devant le petit écran pour se distraire et la désolation s’impose. La culture, non, on ne parlera pas de culture mais d’acculturation dégoutante qui s’invite dans votre univers. Les jeunes en panne d’inspiration pourrissent l’univers médiatique et salissent la valeureuse corporation des artistes musiciens. La morale entièrement foulée au pied, leurs sujets se limitent au sexe ou pour employer le thème approprié et à l’amour dont ils ignorent la quintessence. Pourquoi cherche-t-on toujours à singer, à vouloir imiter les autres?

Les jeunes filles, à défaut d’être complètement nues, sont en cache-sexe. Elles exhibent les parties érotiques du corps. Le bal de ces clips sur nos chaînes de télévision à un moment où la restauration des valeurs endogènes agite l’opinion publique est inexplicable. L’habitude vestimentaire des jeunes, notamment les filles en dit long sur l’envergure de la dépravation des mœurs au Pays des Hommes intègres. Dans les centres d’éducation – collèges et universités – les occasions de manifestations culturelles où les sorties pédagogiques se transforment en des moments de débauches.

Lui, selon la Gendarmerie Nationale, se déguisait en prostitué pour agresser clients.
Lui, selon la Gendarmerie nationale, se déguisait en prostituée pour agresser clients.

Si l’on n’y prend garde, la généralisation de ces faits pourrait déboucher sur un désordre social généralisé. Tout a commencé par quelques faits anodins qui ont progressivement pris de l’ampleur. Des films pornographiques et des DVD qui se vendent partout comme de petits pains, les films érotiques dans les portables par le biais des cartes mémoires. Le grand saut s’est effectué avec certains artistes aux chansons immorales. Aujourd’hui, le mal a pris de l’ampleur. Les night-clubs et les salons VIP en prolifération dans la capitale viennent de prendre le relais avec, parfois, des séances de coïts publics qui attirent plusieurs spectateurs.

Ces salons VIP qui regorgent de proxénètes sont fréquentés par des pédophiles discrets.

Hauts lieux de débauche, ils attirent les jeunes filles qui espèrent y trouver des adultes vicieux qui usent de leurs atouts financiers pour fuir l’accoutumance conjugale. La pénombre artificiellement créée favorise des rapports sexuels discrets opérés avec un courage exceptionnel dans un cadre qui exclut la honte et le discrédit.

Mais où allons-nous? Question surprenante mais pertinente au regard du cauchemar auquel on est condamné. Une réponse qui, sans doute, doit surgir dans l’esprit de tous.

Au vu et au su des autorités, des buvettes, des maisons closes poussent comme des champignons. Les films pornographiques se vendent comme de la friandise. L’incivisme est devenu une habitude et chacun peut du jour au lendemain se permettre le luxe qu’il veut, pourvu qu’il ait les moyens. Des moyens que les jeunes n’ont plus de difficulté à trouver.

«C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle», a-t-on appris de Jean Pliya. Dans l’état actuel des choses, cette-nouvelle corde risque de manquer dès que le besoin se fera sentir. Et quand la dépravation des mœurs aura atteint son paroxysme, la nation tremblera.

Construire des infrastructures de nouvelles générations, lancer des réformes, mobiliser des ressources économiques, sont tous des actes louables mais sans une relève de qualité, ce serait peine perdue.

Théophile MONE (lesechosdufaso)

11:59 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Les commentaires sont fermés.