kafeu

L’ancien Président du Faso, Président de la Transition, Michel Kafando a, lors d’un entretien avec notre confrère Le Pays, battu en brèche les accusations du pouvoir selon lesquelles les caisses de l’Etat étaient vides après le départ du régime de la Transition.  « Lorsqu’on  dit que la Transition est partie sans laisser le moindre copeck dans  le Trésor  public,  cela n’est pas vrai », dénonce-t-il avant de recommander : « Et tout peut se vérifier ». Plus de 85 milliards de F CFA sont laissés dans le Trésor public, martèle l’ex-président qui dit tout laisser au temps.

Le Pays: Que répondez-vous  aux contempteurs de la Transition qui  accusent celle-ci de malversations financières et économiques ?

Mihcel Kafando: Effectivement, beaucoup de critiques ont été formulées  à l’endroit de la gestion  et de la gouvernance de la Transition, mais je fais observer que c’est  la Transition  elle-même qui a demandé qu’on fasse un audit sur sa gestion et sa gouvernance. C’est dire que nous sommes pour la transparence. Nous aurons été le premier régime à se soumettre  volontairement  à un audit. Ça, il faut le faire remarquer et le reconnaitre. Maintenant, s’il advenait  qu’effectivement des preuves concrètes sont  là,  étayant les critiques, je pense que  la Transition serait  prête à en assumer les conséquences, que ce soit sur le plan collectif ou individuel. Vous aurez observé que je n’ai pas réagi quand toutes ces choses se disaient sur le compte de la Transition, et vraiment, on en a dit. Je n’ai  pas réagi parce que j’ai  toujours privilégié la patience et laissé faire le  temps. Et  j’ai eu  raison d’avoir  laissé faire le temps  car sur certains dossiers pour  lesquels  la Transition a  été accusée, il y a eu un rétropédalage.   Je parle notamment des accusations de blanchiment  des 80  milliards de F CFA durant la Transition. Le gouvernement lui-même a reconnu  que ce n’était  pas une affaire  de la Transition.

Autre chose ; lorsqu’on  dit que la Transition est partie sans laisser le moindre copeck dans  le Trésor  public,  cela n’est pas vrai. Et tout peut se vérifier.

La Transition a laissé dans les caisses · de l’Etat, au moins 85 à 90 milliards de F CFA. Cela peut être vérifié et je tiens  à le dire. Nous  n’avons pas bénéficié de cela quand nous sommes arrivés. Je vous le dis pour que les gens sachent  que quelques  fois, il y des insinuations  qui peuvent provoquer une mauvaise perception de l’action politique. On a parlé aussi des passations de marchés qui n’auraient  pas obéi aux procédures normales. Je vais vous dire une chose : ne serait-ce que pour la commande du matériel électoral, si nous nous en étions tenus à respecter la procédure de passation  des marchés, nous aurions été obligés d’allonger la Transition parce que ça nous  aurait pris  au  moins  quatre mois des douze accordés à la Transition. II faut  se .convaincre que  la Transition  a été une période excep­tionnelle. Elle l’a  d’autant plus été qu’elle a été émaillée de  difficultés et d’obstacles  de tous genres. Il fallait régler  tout en même temps : politiquement, socialement…. Ça n’a  pas été facile.  Pour  le cas  du matériel électoral, si d’aventure  on avait respecté la  procédure et qu’on avait allongé la Transition de quatre mois, qu’est-ce qu’on n’allait pas nous dire ? « Ils sont arrivés et ne veulent pas partir». J’ai donné mon engagement: la Transition durerait  douze mois.

Finalement, nous  avons fait  treize mois et vous savez pourquoi. Pour honorer nos engagements, nous étions obligés de faire face à un certain nombre de contraintes dont la passation des marchés. Il a été aussi question de l’affaire des 57 véhicules disparus. Quand nous sommes arrivés, il y avait déjà ce problème. Vous savez très bien : l’ancien  président (Blaise Compaoré, ndlr) est parti  avec un cortège de véhicules, une cohorte de gens qui l’accompagnaient. Ces gens­ là ont utilisé des véhicules. Peut-être que nous n’avons pas pris le temps de faire l’inventaire aux fins d’avoir tous les détails, mais il y avait les faits, à notre  arrivée. Je voudrais  profiter pour dire que puisque le gouvernement s’est  engagé à faire la lumière sur la disparition des 57 véhicules, il est certainement  temps aujourd’hui que nous sachions exactement ce qu’il en est. Les a-t-on retrouvés ? Entre les mains de qui se trouvaient ces véhicules ? II serait  bon que nous soyons fixés parce qu’une  chose est d’accuser, une autre chose   est de donner les preuves de l’accusation.

 Par rapport justement aux 80 millliards, certes, on a pu dire que l’affaire remonte bien  avant l’arrivée de la Transition, mais on ne l’a pas non plus épargnée.

Ce que je sais, c’est qu’à  l’arrivée de la Transition, il y avait une cellule au niveau des Finances. Elle était chargée de faire la lumière sur tous ces cas de blanchiment d’argent. Et nous avons pris sur nous, de structurer cette cellule et de nommer même un responsable. En tous les cas, pour tous ces dossiers, je me dis qu’il y a l’Autorité de contrôle qui en est saisie.  La Justice également en est saisie. Je pense qu’il faut donner le temps au temps, pour qu’il  y ait une élucidation de toutes ces questions qui ont été soulevées et qui ont été formulées sous forme d’accusations.

           http://226infos.net/