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L’Assemblée générale des Nations unies a accueilli, lundi 19 septembre 2016 à New York, une réunion de haut niveau sur les mouvements massifs des réfugiés et des migrants. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, y a plaidé pour le «respect strict des règles du droit international, des droits de l’homme et du droit international humanitaire».

Fédérer les pays autour d’une approche plus humaine et mieux coordonnée en matière de gestion des déplacements massifs des réfugiés et des migrants, c’est l’objectif d’une réunion de haut niveau tenue, lundi 19 septembre 2016, au siège de l’ONU à New York. Pour la première fois, l’Assemblée générale a appelé de ses vœux la tenue d’une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement sur les déplacements massifs des réfugiés et des migrants. Selon le secrétaire général de l’Organisation, Ban Ki-moon, cette réunion est l’occasion de proposer un plan d’amélioration de la réponse de la communauté internationale à ce problème. Pour le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, les mouvements de populations sont un phénomène universel historique, qui, en tant que tel, a toujours ponctué la vie des sociétés humaines, pour des  raisons diverses, notamment la quête d’un mieux-être. Comme terreaux fertiles pour les départs massifs de populations, il a cité, entre autres, la pauvreté, la misère, le chômage,  le sous-emploi, les inégalités, les violations massives de la dignité et des droits humains ou encore les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement. «Face à ces fléaux, l’aspiration de partir est naturelle et légitime. Mieux, elle est un droit fondamental de l’homme », a déclaré le chef de l’Etat burkinabè. Il a poursuivi que c’est à l’aune de cette vérité que les analyses et les propositions de solutions au phénomène migratoire auront des chances de prospérer et de produire les fruits attendus.

«Traiter les réfugiés et les migrants avec dignité»

Le président Kaboré a appelé les pays à coopérer efficacement pour arrêter ou mieux contrôler les flux massifs de réfugiés et de migrants. Il a, en outre, souhaité que le monde travaille ensemble au respect strict des règles du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. « Il s’agit surtout, à terme, de placer nos efforts individuels et collectifs dans les stratégies de mise en œuvre et de suivi des ODD (Objectifs de développement durable),  sous-tendues par une démarche bien comprise de responsabilités partagées et de solidarité internationale agissante», a précisé le porte-voix du Burkina Faso. «Je veux réaffirmer ici avec force, qu’accueillis avec humanisme et traités avec respect et dignité, les réfugiés et les migrants sont à même d’apporter une contribution significative au développement de leurs communautés, aussi bien celle de leur pays d’accueil que celle de leur pays d’origine, tout en étant un facteur de rapprochement entre les peuples et les pays», a-t-il fait savoir. Président d’un pays qui accueille 33 000 réfugiés maliens, avec l’appui de partenaires comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), il a martelé que tout mécanisme de gestion qui ne prendrait pas cette dimension en compte est incontestablement voué à l’échec. Aussi, avec  près d’un tiers de sa population vivant dans d’autres pays, le Burkina Faso dit mesurer à sa juste valeur la contribution des émigrés au développement national et au rapprochement entre les peuples.

Des risques et des opportunités

D’où l’élaboration en cours d’une stratégie nationale des migrations, «afin de rendre les migrations à partir du territoire burkinabè plus sûres, régulières et ordonnées», ont indiqué les délégués burkinabè à la rencontre. L’autre proposition faite à cette tribune onusienne par le « pays des Hommes intègres », c’est le renforcement et, le cas échéant, l’adaptation des instruments juridiques et cadres institutionnels des pays, aux niveaux national, régional  et international. En attentant, les chiffres de la migration interpellent. Selon l’ONU, depuis 2000, plus de 46 mille migrants ont perdu la vie sur les routes de la migration dans le monde. Pour les seules années 2014-2015, plus de 10 400 décès ont été enregistrés. Au cours des quatre premiers mois de 2016, 1638 migrants sont morts lors de naufrage en Méditerranée, dans la corne de l’Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique centrale, au Sahel ou à d’autres endroits. A l’échelle mondiale, plus 5400 migrants ont perdu la vie en 2015. « Actuellement, l’Europe est la destination la plus dangereuse au monde pour les migrants en situation irrégulière, en particulier en Méditerranée où 3770 personnes ont perdu la vie en 2015, soit près de 70% du nombre total des décès », a indiqué l’ONU.Pourtant au cours de 2015, des migrants ont envoyé 432 milliards de dollars à destination des pays en développement. Cela représente trois fois le montant de l’aide internationale au développement, à en croire les Nations unies. Conscient de cette réalité, Roch Marc Christian Kaboré a conclu : « les réfugiés et les migrants ne doivent plus être perçus comme des menaces, mais traités comme une source d’opportunités, pour eux-mêmes, pour leurs pays d’accueil et d’origine et pour l’ensemble de la communauté internationale ».

Enok KINDO
(Envoyé spécial à New York)
http://www.sidwaya.bf/