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2016.09.21

CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre

CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre
© DR / Autre Presse
 
CESDS : Le colonel Denise Barry à la manœuvre
 
Le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) s’est révélé au public hier 20 septembre 2016 à Ouagadougou. Devant des membres du gouvernement, d’anciens ministres de la Transition, de présidents d’institutions, de représentants de corps diplomatiques accrédités au Burkina Faso, pour ne citer que ceux-là, les géniteurs de ce cadre ont expliqué à l’assistance les raisons, les objectifs, et les ambitions du centre d’études qui veut «penser une nouvelle Afrique au rendez-vous de l’histoire».

Créé en août 2016 par un groupe d’experts militaires, paramilitaires, et d’universitaires, le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) est né de divers constats : remédier à l’absence du Burkina Faso et de l’Afrique, en structures de recherches spécifiquement consacrées aux problématiques de défense et de sécurité. Des raisons ayant prévalues à sa naissance figure aussi la mondialisation, phénomène transversale qui couvre beaucoup de domaines y compris la sécurité. La mondialisation ne doit pas être uniquement perçue comme le développement des énergies visant au bien-être de l’humanité mais elle est aussi teintée d’imaginations destructrices si bien que la violence et l’extrémisme sont d’actualité à travers le monde.

Dans sa vision, le CESDS se veut être un centre de savoirs. Ses géniteurs invitent tous les membres à y mettre tout ce qu’ils ont comme connaissances, convaincus qu’il n’y a«pas de petit savoir » et que c’est en les réunissant qu’ils deviennent des matériaux capables de construire de «belles» solutions. La structure de recherche entend se positionner comme un centre d’idées, de concepts où tous ses adhérents auront leurs places selon leurs expériences, leurs cultures. Elle est aussi un outil d’aide à la décision en ce sens qu’elle se propose d’étudier, d’analyser des problématiques et de faire des propositions. « Il aide les décideurs en leur montrons comment les phénomènes sociaux se transforment en problèmes et comment ceux-ci peuvent trouver solutions », explique le Col-major Honoré Lucien Nombré, directeur du département d’études stratégiques et de recherches. Le CESDS est enfin un cadre dédié à la synergie des travaux des chercheurs pluridisciplinaire. « Il ne s’agit pas d’une organisation de militaires, de paramilitaires ou d’hommes en uniforme, c’est une organisation de pensées et celle-ci n’a pas de vêtement.
Son vêtement, c’est la langue, elle appartient à tous ceux qui se décident à en faire un usage. C’est une communauté de penseurs qui réfléchissent ensemble », dit-il. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une plateforme nationale, régional et sous-régional dans la mesure où les problématiques sécuritaires sont transversales. Les objectifs poursuivis par le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité sont, entre autres, de contribuer à l’instauration d’une culture de la réflexion stratégique dans la gouvernance étatique en Afrique. Selon M. Honoré Lucien Nombré, « nous n’avons pas traditionnellement la vocation de s’asseoir pour réfléchir, on a tendance à croire que ceux qui réfléchissent sont des rêveurs, alors que la pensée dégage des solutions capables de changer une situation à laquelle des hommes et des femmes font face».
« Ni une plateforme ou un ascenseur politique »
Le centre, aux multiples objectifs, se propose de renforcer les capacités stratégiques des Etats et des organisations régionales en la matière. Il est aussi un institut de formation, met son expertise à la disposition des personnes qui souhaitent compléter leurs formations en vue de mieux contribuer à la réflexion stratégique. Selon le Colonel Auguste Dénise Barry, directeur exécutif du CESDS, le centre est un organisme indépendant, doté d’une structure associative. Il ne mènera aucune activité syndicale, politique ou réligieuse, conformément à ses statuts. « Le CESDS n’est ni une plateforme ou un ascenseur politique, ni une officine qui servira à promouvoir des intérêts marginaux », martèle celui qui fut par deux fois ministre de la Sécurité.

L’association, à l’écouter, compte en ce moment une cinquantaine d’experts de profils divers, et enregistre des déclarations d’intentions d’autres experts du côté de la France et de pays de la sous-région. Elle est à but non lucratif mais a cependant besoin de financement pour son fonctionnement. Côté organisation, le centre est composé de quatre organes : une Assemblée générale, la plus importante qui est le cadre où les décisions sont prises, le Conseil d’orientation stratégique et scientifique qui détermine les problématiques à explorer. A ces organes, s’ajoutent la direction exécutive, organe de mise en œuvre des orientations, et le groupe consultatif des partenaires qui vont apporter leurs idées et recommandations au centre. Il renferme par ailleurs des pools (études stratégiques et recherches, institut de formation, revue scientifique et communication et relations publiques). Le président du Conseil d’orientation stratégique et scientifique, assimilable au Conseil d’administration, est le commissaire divisionnaire de police Roger Ouédraogo. La présentation du centre a été ponctuée de détente assurée par Malika la slameuse et Alif Naaba, le prince aux pieds nus, qui ont égayé le parterre d’invités à travers leurs prestations.

Aboubacar Dermé (l'observateur paalga)

10:01 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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