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2016.09.21

Coup d’Etat et insurrection, bavardages inutiles autour d’événements douloureux

insurgesLa résistance du peuple face au coup d’Etat du 16 septembre 2015 n’appartient à personne. En même temps, elle est le fruit d’une lutte de tout un peuple. Même de ceux qui ont fait le coup. Il en est de même de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre. Avant ces deux dates, il y a le 4 août 1983 date anniversaire de la Révolution démocratique populaire (RDP) ; il y a le 15 octobre 1987, date anniversaire de la Rectification pour les uns et date de l’assassinat de Thomas Sankara ; il y a eu le 13 décembre, date anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo, et même le 30 mars, Journée nationale de Pardon.

En effet, toutes ces dates sont commémorées, chacune en fonction de ce qu’elle représente pour chaque Burkinabè. Si pour les uns, ce sont des dates mémorables et d’héroïsme, pour les autres, elles constituent des souvenirs douloureux dont on ne veut se rappeler. A moins que ce ne soit dans la prière et le recueillement. Si bien que le débat en ce moment sur la commémoration de ces dates par les uns et les autres paraît inutile et même ridicule. Le plus important, semble-t-il, est de se souvenir. Chacun en fonction de ce qu’il ressent. Car, si pendant que les uns jubilent, les autres pleurent (on dira que c’est ainsi qu’est faite la vie) ; la réconciliation tant souhaitée sera vaine ; le vivre-ensemble derrière lequel tout le monde court sera difficile et le développement compromis.

Les révolutionnaires ont passé tout le temps à combattre les réactionnaires. Qui, à leur tour ne leur ont pas facilité le travail. Le dénouement de ce combat entre fils d’un même pays, tout le monde l’a connu. C’est ainsi qu’est arrivée la Rectification le 15 octobre 1987. Après la Rectification, les Sankaristes ont passé le gros de leur temps à combattre ceux qui sont à la base de la liquidation du père de la Révolution. C’est ainsi que les Burkinabè se sont opposés les uns aux autres. Même sous le multipartisme, le système démocratique, ils ne se sont pas faits de cadeaux. Autrement dit, il y a toujours eu quelque chose pour diviser les Burkinabè. Qui, malheureusement font peu d’efforts pour s’entendre sur ce qui les unit. Au contraire, on a comme l’impression que les Burkinabè s’intéressent beaucoup plus à leurs différences.

Il est établi que si aujourd’hui, les Burkinabè sincères se battent pour que la réconciliation soit enclenchée le plus rapidement possible, c’est parce qu’ils sont conscients et demeurent convaincus que rien ne peut se réaliser dans la pagaille, dans une lutte opportuniste de conquête du pouvoir, où chacun ne voit que ses intérêts personnelles.

Face à une telle situation, les hommes politiques ou les partis qu’ils dirigent, doivent s’abstenir effectivement de récupérer des situations qui sont douloureuses pour les uns et qui constituent pour les autres du bonheur. Parce que tout simplement, cela contribue à creuser davantage le fossé et à raviver les tensions. Ce n’est pas de cela que les Burkinabè ont besoin.

Dabaoué Audrianne KANI

 

L’Expressdufaso-bf.com

15:15 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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