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2016.09.21

Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans

Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
© DR / Autre Presse
 
Lutte contre l’excision : Six filles excisées à Zooré par une vieille de 72 ans
 
Koupèla - La direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a dévoilé, le jeudi 15 septembre 2016 à Koupéla, un cas d’excision sur 6 jeunes filles à Zooré, un village de la commune de Pouytenga, dans le Kourittenga.

Malgré les campagnes de sensibilisation et de mobilisation sociale, la pratique de l’excision a la peau dure au Burkina Faso. En témoigne le récent cas dans le village de Zooré, situé à trois kilomètres de Pouytenga, où six filles ont été excisées. C’est du reste ce que la direction provinciale de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) du Kourittenga a livré à la presse le jeudi 15 septembre 2016.

Selon le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF), Mamadou Ouattara, la découverte de ce cas fait suite à une interpellation de la Gendarmerie après un appel anonyme sur le numéro vert ‘’16’’. Ce qui leur a permis, tout d’abord de faire une mission de reconnaissance pour vérifier la véracité de l’information avant de passer à l’arrestation des coupables.

Si l’excision a été interdite dans les années 1990, elle continue à être pratiquée clandestinement par des exciseuses comme Sabine Korgho, auteure de l’excision sur les 6 fillettes agées de (14) mois à onze (11) ans. Elle a affirmé ignorer que cette pratique était interdite. Résidante à Andemtenga, cette vieille de soixante-douze (72) ans dit avoir hérité ce travail de sa mère. Elle reçoit trois milles (3000) FCFA sur chaque fille excisée.

Pour le cas présent, l’opération s’est déroulée le 05 septembre 2016 et l’exciseuse avance qu’elle avait excisé deux (02) autres filles qu’on avait amenées à son domicile. Elle a indiqué ne plus se rappeler de l’adresse de ces deux filles. Les complices de cette pratique étaient les mères des filles dont les époux sont en Côte d’Ivoire.

C’est le chef de famille, Kaboré Souleymane, grand-père des filles qui a organisé l’opération avec ses belles-filles. Cet acte s’est fait clandestinement, à l’insu même du chef du village de Zooré, Kaboré Souleymane. Il confirme n’avoir eu l’information que le 14 septembre 2016 soit 9 jours après l’opération. Pourtant affirme-t-il, ‘’iI y a toujours eu des réunions et causeries allant dans ce sens devant ma concession et une radio de la communauté nous a accompagnée. Malheureusement, je ne pouvais pas penser qu’avec cela, il y aura encore un cas d’excision.

"C’est par ignorance que l’on pouvait dire avant que c’est une tradition. Face à cette situation qui s’est produit dans mon village je vais lancer une convocation pour réunir le village et rappeler les gens à l’ordre’’. Le directeur provincial de la femme, de la solidarité nationale et de la famille (DPFSNF) Mamadou Ouattara a par ailleurs souligné le caractère difficile de la zone. ‘’En réalité, l’excision a la peau dure au Kourittenga.

C’est malheureux de le dire. Il y a toujours eu des émissions dans les radios de Koupéla et de Pouytenga mais ça perdure’’. Et de rappeler qu’ ‘’en 2014, il y a eu une audience foraine pour laquelle le tribunal de Tenkodogo s’est déporté à Koupéla et le jugement a eu lieu en public au Centre Zacharie.

On pensait que c’était des actes pour dissuader ceux qui s’adonneraient d’aventure à la pratique’’. Selon lui, il faudra continuer les actions de sensibilisation, les causeries, les émissions radio, les cinés débats et réinstaurer encore une audience foraine, espérant que cela permettra de porter un nouveau coup dans la lutte contre la pratique de l’excision.

   AMEDEE SILGA
silgaamedee@yahoo.fr

09:57 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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