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2016.09.25

Insurrection populaire et putsch manqué : la CCVC fait le bilan des acquis et des limites pour les populations

Chrysogone Zougmoré - 1er vice-président de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC)
© DR / Autre Presse
 
Chrysogone Zougmoré - 1er vice-président de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC)
 
La Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude et pour les libertés (CCVC) a organisé un panel ce samedi 24 septembre 2016 à Ouagadougou. Sous le thème « défense et approfondissement des acquis de l’insurrection et de la résistance au putsch », les communicateurs ont passé au peigne fin les différents acquis des deux évènements politiques pour le peuple burkinabè.

Chaque composante du peuple burkinabè a joué un rôle significatif dans la lutte insurrectionnelle, et un rôle décisif dans la résistance contre le putsch. Pour le Président de la CCVC, Chrysogone Zougmoré, étant dans une période de commémoration et de revendication de la paternité de ces deux évènements socio politiques importants du Burkina, la coalition a décidé de se situer dans la réflexion pour faire en sorte « que les prochaines fois, les victoires soient plus savoureuses ».

Pour faire un bref état des lieux et un bilan de ces deux luttes, Chrysogone Zougmoré affirme sans sourciller que les attentes du peuple burkinabè restent actuelles. « Ce qui a poussé le peuple à se soulever est toujours là. Les choses s’empirent, d’ailleurs, pour les dossiers des crimes économiques, nous sommes au point zéro », lance-t-il. Pour cela, il annonce que ce panel est une activité très importante, mais un travail sera fait pour mieux organiser la population pour mieux résister et changer les choses.

« ...Cette fois ci, ils n’auront pas le temps de traverser les frontières »

Le premier communicateur du panel, Gabin Korbéogo, qui est revenu sur les fondements de ces deux crises, affirme que celles-ci ont eu une portée non seulement nationale et sous régionale, mais également mondiale. Cela a mis en relief l’avancée de la conscience anti impérialiste, anti oppresseur, la détermination du peuple burkinabè et donner de l’espoir aux peuples opprimés. Par-delà les acquis, le communicateur a décelé un certain nombre de limites.

Il s’agit, entre autres de la faible participation de la population paysanne et le poly séparatisme dans la direction de la lutte, qui n’a pas permis de diriger fermement la lutte, conduisant ainsi l’armée à prendre ses responsabilités. A la lumière de tout ceci, Gabin Korbéogo veut que l’on considère cette insurrection et le putsch manqué comme des « victoires d’étapes », en invitant toutefois le peuple à renforcer sa lutte pour que les prochains nœuds de l’histoire soient mieux réussis.

Des discours démagogiques...

Pour faire un état des lieux de la situation des populations après l’insurrection et le putsch manqué, Mahamoudou Fayama a livré sa communication. Selon lui, il n’y a véritablement pas de changement dans la situation actuelle du Burkinabè. Il en veut pour preuve, la cherté des soins médicaux et des médicaments, l’augmentation des frais de scolarité dans de nombreuses écoles privées du pays, la situation critique à l’Université publique, et le problème d’emploi des jeunes. Il a relevé que ces réalités s’accompagnent du non-paiement de la dette intérieure, contraignant les Petites et moyennes entreprises (PME) à mettre la clé sous le paillasson. Dans sa communication, il est également ressorti que les actuelles autorités « ont trahi l’esprit de l’insurrection, avec des discours démagogiques ». Ce qui fait évanouir les espoirs, surtout « avec les libertés provisoires révoltantes et les manœuvres pour couvrir les auteurs de ces faits historiques graves », selon lui.

A la fin du panel, les participants n’ont pas marchandé félicitations et questions, démontrant de l’intérêt qu’ils ont accordé au thème. Basolma Bazié, Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B), qui a participé au panel, indique et salue les acquis engendrés par le peuple et pour le peuple, mais déplore la mauvaise gouvernance du régime en place.

« Les délinquants aux cols blancs sont libérés, les mêmes tripatouillages se font toujours au niveau de la justice, avec des ratures sur des décisions... ». Il poursuit en demandant au peuple de se mobiliser davantage, pour la justice, car « cette fois ci, ils n’auront pas le temps de traverser les frontières ».

Armelle Tapsoba

12:01 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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