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2016.10.02

Burkina: ces maux sociaux, nos vrais ennemis!

Le Burkina ressemble à trois hommes dans un désert. Le premier possède un véhicule tout-terrain. Mais il n’a pas de carburant et ne sait pas conduire. Le second a beaucoup de carburant, mais il n’a pas de véhicule et ne sait pas conduire. Le troisième a grand besoin d’aller très loin. Il peut conduire. Mais n’a ni véhicule ni carburant.

Refus d'aider l'autre. L'égoïsme est la chose la mieux partagée au Burkina
Refus d’aider l’autre. L’égoïsme est la chose la mieux partagée au Burkina

Mais l’égoïsme, la routine et le manque d’imagination les empêchent de trouver la solution. Ce ne sont donc pas la technique, le manque de compétence ou le défaut de «carburant» qui rendent le Burkina Faso malade et l’empêchent de décoller véritablement. C’est le manque d’intelligence et de cœur. Les Burkinabè sont égoïstes, indifférents et hypocrites.

«L’égoïste, c’est celui qui ne pense pas à moi», disait Eugène Labiche. Sans nul doute, l’égoïsme est, comme on dit, tendance aujourd’hui. Il faut dire qu’il s’accorde bien avec l’individualisme, en vogue au Pays des Hommes intègres. Ici au Faso, il y a un double égoïsme: celui qui naît de l’esprit de compétition et celui qui se manifeste par l’indifférence de chacun et de tous. En ce qui concerne le premier, l’esprit de compétition, il est pour beaucoup synonyme de réussite sociale. En effet, il y a des gens qui pensent sincèrement qu’ils sont obligés d’écraser les autres pour se faire une place au soleil. Ceux-là font de l’égoïsme la base de notre culture et l’hypocrisie sa clé de voûte. Leur slogan, on le connaît: «Je dois vivre, fut-ce au détriment des autres». Ainsi justifient-ils l’affirmation de Hobbes: «L’homme est un loup pour l’homme».

Le second est l’égoïsme d’indifférence. Cet égoïsme qui fait que même si quelqu’un est agressé dans la rue, nul ne vient à son aide. Un exemple pour mieux l’expliquer: une personne tombe sur le goudron avec sa moto et se blesse. Pourquoi appeler une ambulance? «Quelqu’un va bien finir par le faire», monologuons-nous souvent. Et qu’arrive-t-il si tout le monde se dit que c’est un autre qui va le faire? Ce qui arrive, c’est qu’il y a une pauvre personne blessée qui est incapable de s’occuper d’elle-même et dont le retard accusé dans sa prise en charge pourrait aggraver sa situation.

L'indifférence et l'hypocrisie se manifestent lors des aciidents. Tout le monde se dit que quelqu'un finira par appeler les secours. Pendant ce temps, les gens s'apitoie sur le blessé  et retardent la prise en charge
L’indifférence et l’hypocrisie se manifestent lors des accidents. Tout le monde se dit que quelqu’un finira par appeler les secours. Pendant ce temps, les gens s’apitoient sur le blessé et retardent la prise en charge

Comme on le voit, notre société est atteinte de plusieurs maladies dont l’une des plus graves s’appelle l’égoïsme. Le plaisir de soi passe avant le bien-être des autres. Et c’est là qu’il y a un problème.

Pour se rendre compte que notre société est archi égoïste, nous n’avons pas besoin d’aller bien loin. Si vous avez de la peine ou des problèmes, combien de personnes vont vraiment vouloir vous aider? On préfère fermer les yeux plutôt que d’aider quelqu’un. Toute chose qui justifie l’affirmation de Stendhal: «Chacun pour soi dans ce désert d’égoïsme qu’on appelle la vie». Mais à quoi serviraient ces remarques sur le repli sur soi, qui nous empêchent de bâtir le Burkina de notre rêve si nous ne commençons pas par développer cette intelligence du cœur en nous-mêmes et autour de nous? Ce serait déjà bien. On dit bien que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Je suis égoïste, toi non plus. Oui, la société manque de plus en plus d'altruisme
Je suis égoïste, toi non plus. Oui, la société burkinabè manque de plus en plus d’altruisme

Nous avons donc intérêt à cultiver de plus en plus les valeurs altruistes. Et ce travail commence devant notre porte: un voisin à saluer, à accepter, à écouter même si ses idées apparentes peuvent nous déranger.

L’autre mal qui mine notre société c’est bien l’hypocrisie. Rares sont les jours où on n’entend pas parler d’empathie, de compassion… Pourtant, quand on regarde autour de soi, on ne peut que constater l’égoïsme, voire l’agressivité ambiante. On parle avec des grands mots, de belles valeurs. Sauf que les gens se comportent au quotidien d’étranges manières. Ils ne font pas ce qu’ils disent. Comme si le changement tant attendu nous sera donné gratis, sur un plateau d’argent. Que nenni. Il viendra de chacun de nous ou ne verra jamais le jour. Ne confondons pas rêve et rêverie

Théophile MONE

19:22 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Some very impressive self-assessment. Indeed, 'homo homini lupus' and ignorance are both quite tough enemies. May there be a better tomorrow. Better us.

Écrit par : kutukamus | 2016.10.02

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