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2016.10.03

Procès Safiatou Lopez : Le juge décide de vider la salle d’audience

Safiatou Lopez du Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC) était devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, ce vendredi 30 septembre 2016. Elle comparait suite à une plainte du Procureur du Faso pour des propos qu’elle aurait tenu à l’encontre de l’institution judiciaire.

       
Procès Safiatou Lopez : Le juge décide de vider la salle d’audience

Poursuivi par le Procureur du Faso pour invitation à incendie d’une institution de l’Etat, Safiatou Lopez était devant le juge. Accompagnée par des jeunes venus la soutenir, ces partisans étaient divisés en deux groupe. Un à l’intérieur de la salle d’audience et l’autre devant le palais de justice. Ces jeunes devant le palais, pancartes en mains, n’ont cessé de chanter. Ces chants étaient audibles depuis la salle d’audience en plus.

Convoquée à la barre lorsque leur leader se dirigeait vers les juges, les partisans fortement mobilisés dans la salle, entonnèrent l’hymne national. Safiatou Lopez marque un temps d’arrêt, se tourne vers eux et entonne le chant de la victoire. Cette attitude n’a pas été du gout des juges qui se retirent de la salle d’audience et demande à la sécurité, mobilisée pour l’occasion, d’évacuer la salle d’audience. Ce qui fut fait.

C’est dans une salle d’audience vide qu’elle fut entendue. L’avocat de la défense a demandé le renvoi du procès pour mieux défendre sa cliente. Requête acceptée par le juge. Le dossier est alors renvoyé pour le 7 novembre prochain.

Marcel Tankoano, président du M21, était présent au palais de justice pour soutenir sa consœur Safiatou Lopez. Pour lui la mobilisation des OSC n’était pas pour intimider les juges mais plutôt pour soutenir « une qui se bat pour la liberté et la communication pour que notre pays avance ». Elle a eu à regretter un fait au niveau de la justice burkinabè en disant que ce serait regrettable que la justice burkinabè connaisse le sort de l’Assemblée nationale qui a été incendiée lors de l’insurrection populaire, clame-t-il.

Selon lui, elle a utilisé le conditionnel et aujourd’hui cette phrase la suit. « Convoquer des gens qui ont simplement donné leur point de vue pendant que des criminels se pavanent, qu’on libère des gens impunément », s’offusque Marcel Tankoano.
Pour Safiatou Lopez, cette plainte n’émane pas seulement du Procureur du Faso car tous les syndicats de magistrat ont porté plainte contre elle parce qu’elle aurait proféré des menaces contre l’appareil judiciaire. Alors qu’il n’en est rien. Pour elle, c’est une question de personne mais pas une question de justice. Voilà pourquoi l’on s’acharne sur elle. Elle prend pour exemple les propos des 4e vice-président de l’Assemblée et du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui disent que le Président du Faso risque de ne pas terminer son mandat et que ce qui est arrivée à Blaise Compaoré risque de l’arriver. Ils n’ont pas été entendus alors que ce sont des propos forts.

« L’anniversaire du putsch, on libère celui la même qui était dans l’appareil d’Etat et qui a favorisé le putsch », s’indigne-t-elle. Elle condamne cette justice à deux vitesses. Et déplore le manque d’impartialité dans ce dossier car les juges sont à la fois, juge et partie en même temps puisque c’est eux qui ont porté plainte contre elle.

Nous y reviendrons dans un entretien qu’a bien voulu nous accorder Safiatou Lopez et Marcel Tankoano en ce qui concerne cette affaire.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

10:11 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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