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2016.10.04

Rancœur politique de certains opposants

Dans une démocratie, l’opposition constitue un contre-pouvoir. Elle contrebalance en effet les pouvoirs et les points de vue politiques. Son rôle est essentiel. C’est pourquoi d’ailleurs elle a un statut. L’opposition n’a pourtant pas seulement un rôle de contestation, de destruction.

Certains opposants politiques, désavoués par les électeurs et déçus, passent leur  temps à attiser le feu. Mauvaise stratégie pour redorer leur image
Certains opposants politiques, désavoués par les électeurs et déçus, passent leur temps à attiser le feu de la rancœur. Mauvaise stratégie pour ceux qui veulent redorer leur image

Un opposant démocratique est un acteur de la vie politique, œuvrant pour plus de démocratie, plus de respect des engagements des dirigeants, plus de débat dans l’espace public. Malheureusement, certains opposants politiques oublient leur rôle en s’adonnant à cœur joie à la critique stérile dans le seul but de détruire ou de saper l’action des dirigeants du moment. Très tatillons, ces opposants, déçus d’avoir été vomis par les électeurs, scrutent les moindres faux pas des autorités légitimes pour s’ériger en donneurs de leçons. Parce qu’ils n’admettent pas l’isolement dans lequel ils sont fourrés. Ils ont surestimé, entre-temps, leur aura politique et sont tombés dans le narcissisme béat.

Désavoué par les électeurs, ils ont cru bon se transformer en opposants véhéments et fougueux en exploitant toutes les colères des citoyens. Dans l’espoir de redorer leur image. C’est de la rancœur politique. Pourtant, dans un pays comme le Burkina Faso, les opposants devraient davantage prendre conscience que leur mission est d’œuvrer pour plus de démocratie, pour des représentants politiques plus responsables et soucieux de la cause publique, bref pour une politique plus noble et plus saine.

Il ne s’agit pas de tenir un éternel et redondant discours démagogique. Il ne s’agit pas non plus d’avoir à l’esprit une éternelle critique stérile encore moins une velléité de seulement détruire sans être une force de propositions.

Il s’agit de contribuer à l’évolution des idées et des pratiques politiques. Il s’agit de prendre part à un projet collectif noble et humaniste dans un vrai processus démocratique. L’enjeu n’est pas une querelle de personnes mais d’œuvrer pour le bien public. Au lieu de cela, certains de nos opposants politiques, mus par la colère, la tristesse et la jalousie (?) semblent emprunter la voie de la vengeance. Estimant avoir vécu de véritables injustices ou une profonde désillusion, ils n’arrivent plus à se battre honnêtement et justement. Ils cherchent à faire douter les gouvernants actuels et exacerbent les peurs et les sentiments d’injustices et d’impunité. Ils attisent le feu. Mais le fait de conspuer ledit pouvoir se situe aux antipodes de l’éthique politique et de la morale de notre société. Cette propension à jeter le discrédit sur les institutions démocratiques du pays et à distiller dans l’opinion le scepticisme doit cesser. De toutes les façons, pour émerger hors de l’eau – la vie politique étant faite de hauts et de bas -, certains de nos opposants politiques doivent revenir au b.a.-ba de leur mission: ramer à contre-courant, mais dans le bon sens.

Théophile MONE

17:05 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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