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2016.10.04

Y a-t-il un autre chemin vers la paix et l’apaisement des cœurs que celui de la justice sociale?

Justice pour ceux qui sont morts par le fait d’appétits gloutons. Justice pour des victimes de la méchanceté de gens qui se croyaient sortis de la cuisse de Jupiter et qui avaient droit de vie et de mort sur les autres. Arrêtons de dire que des concitoyens ont été emprisonnés pour rien et demandons à la justice de se hâter un peu plus pour faire la lumière sur les nombreux crimes économiques et de sang.

Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars
Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars

Des vies humaines ont été enlevées les 30, 31 octobre 2014 et jours suivants. Oui ou non? On a tué des manifestants lors du putsch. Oui ou non? Des Burkinabè ont perdu leurs enfants. Oui ou non? Des enfants ont perdu leurs parents. Oui ou non? Arrêtons de remuer le couteau dans la plaie en tenant des propos irresponsables et hautains. Ne regardons pas seulement nos ventres. Il est facile de dire de pardonner, quand on n’a pas perdu un proche dans de telles circonstances.

Pourquoi veut-on être plus royaliste que le roi? Qui était aux affaires, lorsque la marmite a explosé? Qui a tiré sur les manifestants? Pourquoi des compatriotes ont-ils fui et d’autres pas? Ils savent ce qu’ils ont fait de mauvais. Et c’est à eux de revenir demander le pardon. Pas par procuration.

Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!
Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!

C’est pour cela que le retour du Premier ministre Tiao pour répondre de ses actes est à apprécier. Il pourra se défendre car inculpation ne veut pas dire culpabilité. Il y a déjà des circonstances atténuantes (pas de justice laxiste non plus), à notre avis, dans cette démarche.

Si Blaise et consorts s’étaient mis à la disposition de la justice, peut-être que les comptes avaient été déjà soldés, le pardon accordé, la page tournée et la réconciliation en marche.

Le Burkina veut la paix et la réconciliation mais arrêtons de vouloir arracher cette réconciliation de force comme on l’a fait par le passé avec ce simulacre de journée de pardon. On exige le pardon sans vouloir assumer ses responsabilités. Ça ne marchera pas pour toujours!

Est-on obligé de pardonner à quelqu’un qui ne veut pas faire amende honorable? Le sorcier oublie mais la mère pas, dit un adage bien populaire à ce propos.

Les Echos du Faso

17:11 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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