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2016.10.05

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation
© DR / Autre Presse
 
Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation
 
Le 03 octobre a eu lieu la rentrée judiciaire présidée par le président Roch Marc Christian Kaboré. L’opportunité peut être saisie pour dire bonjour à la justice et évoquer les maux qui ternissent son image, dans le secret et ardent souhait qu’elle procède à sa véritable mue. Passage obligé d’une durable réconciliation entre les fils et les filles du Faso.

 

C’est connu, les principaux maux de notre justice sont la corruption et la lenteur. Tout le monde a fini par se convaincre que tout ne tourne pas rond dans nos palais de justice. Notre justice est décriée, accusée de toute part, surtout par les plus faibles.

Les populations attendent tellement de la justice qu’elles oublient souvent que la justice est humaine. Elle est gérée par des hommes avec leurs forces et faiblesses. N’empêche, dans leur quête de justice et de paix, difficile de tolérer l’hypocrisie et les atermoiements des juges de qui dépend notre avenir. Malheur aux juges qui méritent d’être jugés. Bienheureux les juges qui n’obéissent qu’à la loi et au jugement de leur propre conscience. La corruption et la lenteur de la justice, au-delà d’une suspension, contribuent à pendre la réconciliation tant voulue et réclamée. Elles la renvoient dans les calendres grecques.

Corruption. Un mal burkinabè? Augmenter le salaire des acteurs du système judiciaire (magistrats, greffiers, etc.) ne résoudra pas complètement le problème de la corruption. L’amélioration des conditions de vie et de travail peut contribuer à l’éradication de ce phénomène, mais une véritable stratégie opérationnelle de moralisation de la vie publique, notamment judiciaire, est nécessaire. La corruption est un symptôme d’échec d’organisation et de gouvernance au sein des tribunaux.

Pour lutter efficacement contre la corruption au sein de la justice, il faudrait accorder plus d’importance à la transparence du fonctionnement des tribunaux, la sauvegarde électronique des documents, le suivi des déclarations de patrimoine des juges, la publication des sanctions disciplinaires...

Personnel en nombre réduit et surchargé. Nos tribunaux fonctionnent en sous-effectif chronique, juges et greffiers seraient obligés de traiter plus de dossiers qu’il n’en faut par séance. Ce qui explique les méthodes parfois expéditives de certains.

Lenteur. L’approche quantitative influe sur la qualité des jugements et aboutit à des décisions entachées d’irrégularités. L’autre facteur qui grippe la machine de la justice réside dans l’usage de procédures et manœuvres dilatoires pour retarder les jugements. Ainsi, un nombre incalculable d’affaires est renvoyé en appel, voire en cassation, alors que souvent l’issue est un retour à la case départ.

Le plus gros problème de la justice au Burkina est l’élément humain. Très souvent, le personnel judiciaire manque de respect aux justiciables. Il traite de la même manière le tueur, l’escroc ou le petit délinquant. Il ne communique pas assez. Pourtant, aujourd’hui plus qu’hier, la justice est la pierre angulaire de la nouvelle bâtisse que le Burkina veut construire. Elle doit jouer son rôle. Elle doit être solide pour donner plus de stabilité sociale, politique et économique au pays. La justice burkinabè doit contribuer à la manifestation de la vérité. Hic et nunc et ad vitam æternam.

Les Echos du Faso

10:03 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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