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2016.10.06

Bobo-Dioulasso: les musulmans en colère contre l’interdiction du port du voile dans une école

Les musulmans de Bobo-Dioulasso sont en colère. Pour cause, le port du voile est interdit au Lycée privé laïc de l’Immaculée Conception (LPLIC) où sont affectés leurs enfants. Les imams de la ville se sont donc retrouvés le mercredi 5 octobre 2016 à l’initiative de la Coordination des associations islamiques de l’Ouest pour échanger sur la question. L’attention des autorités a été attirée sur le sujet qui, selon les imams, serait contraire aux textes en vigueur.

Les orateurs, face aux imams de la ville
Les orateurs, face aux imams de la ville

«Le fanatisme et l’intégrisme religieux sont proscrits. Le port de voile est interdit». C’est ce qui est écrit au chapitre II, aliéna 10 du règlement intérieur du Lycée privé laïc de l’Immaculée Conception (LPLIC) de Bobo-Dioulasso. Cette dernière partie de cette décision portant interdiction du port de voile n’est pas approuvée par les musulmans qui estiment que le port de voile est non seulement «obligatoire à la fille et à la femme musulmanes» mais aussi autorisé par les textes en vigueur. «L’arrêté ministériel n°2014-106/MES/SG du 02 avril 2014 autorise le port du voile islamique dans les établissements d’enseignement secondaire» ont-ils relevé.

Les imams sont venus écouter la voix de la Coordination
Les imams sont venus écouter la voix de la Coordination

Pour eux, ils ne comprennent donc pas pourquoi le fondateur de cet établissement peut prendre de telles décisions. «De nombreuses filles musulmanes sont violentées oralement, moralement et physiquement par cet article du règlement intérieur. Des cas d’exclusions ont même été signalés» s’est offusqué Oumarou Moné, Coordonnateur régional du CERFI dans les Hauts-Bassins.

Ce qui est révoltant, selon les orateurs, c’est que le fondateur, pendant qu’il interdit le port de voile aux enfants musulmans (filles) dans son établissement, rend obligatoire la célébration des messes à tous les enfants sans distinction de religion. «Où est donc le caractère laïc de l’enseignement dans cet établissement?», s’interrogent-ils.

C’est face à cette situation que la Coordination des associations islamiques de l’Ouest a invité tous les imams de la ville en vue d’échanger sur les questions relatives à l’éducation des enfants. Remontés contre l’article du règlement intérieur du LPLIC «qui pourrait être cause de troubles à un moment où les autorités prônent le dialogue inter-religieux, la cohésion et la paix», les imams attirent l’attention des autorités du pays.

Oumarou Moné, leCoordonnateur régional du CERFI
Oumarou Moné, le Coordonnateur régional du CERFI

Tout en la condamnant avec la dernière énergie, les imams de la ville souhaitent que les autorités se saisissent de la question pour obliger l’établissement à supprimer purement et simplement l’article incriminé «qui met en cause la laïcité de l’enseignement privé au Burkina Faso». Dans le cas échéant, ils exigent le retrait de tous leurs enfants affectés par l’Etat dans les écoles confessionnelles où ces derniers sont «souvent contraient à pratiquer d’autres religions». «Si affecter nos enfants dans des écoles confessionnelles n’est pas dangereux, dénoncer certains faits ne le sera pas car forcer nos enfants à pratiquer le christianisme dans certaines écoles est une forme d’extrémisme» s’est offusqué un imam.

Les imams ont été invités à sensibiliser les parents afin qu’ils sachent raison garder. «Nous allons utiliser les voies légales pour résoudre cette question» ont-ils conclu.

Cheick Omar Traoré

18:39 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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