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2016.10.11

Phénomène de la pédophilie au Faso: n’attendons pas d’être scandalisés pour agir

Il existe encore beaucoup de burkinabè qui ne s’imaginent pas  que certaines pratiques sexuelles existent dans leur pays. Par exemple, pour bien de gens, ceux qui s’adonnent sans vergogne à la pratique immorale et honteuse de la pédophilie, sont des nassara. Ainsi, très facilement, on culpabilise les touristes sexuels qui seraient dénués de scrupules et qui considèrent les enfants du tiers-monde comme de véritables produits commercialisables. Pourtant, avec le développement des réseaux sociaux, la dépravation des  mœurs et au regard de ce qui s’est déjà passé au Faso, il y a de quoi être vigilant. Car les pervers sexuels sont maintenant partout.

pedophilie-si-les-enfants-restent-bouche cousue les parents eux doivent parler la dénoncer et la combattre vigoureusement
pedophilie-si-les-enfants-restent-bouche cousue les parents eux doivent parler la dénoncer et la combattre vigoureusement

L’abus sexuel est l’acte lors duquel un enfant est utilisé à des fins sexuelles. Pour déterminer si un comportement est abusif, il est important de tenir compte de certains critères et des circonstances dans lesquelles les faits sont survenus. L’abus sexuel est perpétré par une personne en qui l’enfant a confiance, y compris un parent, un frère, un membre de la famille élargie, un enseignant, un étranger, ou toute autre personne en position de pouvoir, d’autorité et de contrôle sur l’enfant.

L’on se souvient des déboires des pensionnaires du Centre de formation de football « Ziné rouge » (appellation déformée de génie rouge) de Kombissiri qui avaient été  longtemps victimes d’abus sexuels de la part du fondateur en 2013! Cette atteinte à la pudeur, les enfants avaient mis du temps à la dénoncer. Au-delà de la honte et de la peur, ils n’étaient pas sûrs d’être compris et pris au sérieux par des burkinabè qui croient toujours parfois à tort que certaines pratiques perverses ne sont que l’œuvre d’européens. A l’heure d’Internet, de Facebook et du sexe banalisé, la prudence doit être de rigueur. Il ne s’agit pas d’être indigné, ulcéré et scandalisé au moment venu par ces actes abjects, il s’agit- pour les parents, les responsables d’établissements scolaires et autres centres de formation- de prendre dès  maintenant des mesures préventives pour éviter que nos progénitures soient des victimes faciles de prédateurs pédophiles.

Car l’exploitation sexuelle des enfants est une atteinte directe aux droits de l’enfant. C’est une atteinte à la dignité humaine et un frein au développement économique et social d’une nation: briser la vie d’un enfant en l’exploitant sexuellement, c’est aussi briser ses chances de s’intégrer dans la société. Il se trouve que dans notre pays l’ampleur réelle de toutes les formes d’abus et d’exploitation sexuels des enfants est difficile à déterminer du fait du faible nombre de déclarations, les victimes ayant peur de représailles, de la stigmatisation et de l’exclusion sociale, de la persistance de résistances culturelles relatives à la sexualité et aux violences sexuelles…

Au Burkina, le phénomène nous concerne sans doute parce que l’un de ses facteurs déterminants est la pauvreté. Parce qu’également la sensibilisation sur ces pratiques sexuelles honteuses reste parcellaire, sectorielle et souvent ponctuelle, et les messages inadaptés, l’exploitation sexuelle des enfants persistent. Et en catimini puisque les auteurs sont de plus en plus bien organisés.

Pour ce faire, la protection de l’enfance contre toutes les formes d’abus et d’exploitation sexuels doit être l’œuvre de tous. Même si ladite protection dépend avant tout de l’engagement effectif de l’Etat. En effet, l’intérêt manifesté par le pouvoir public pour la protection des enfants, sa prise de conscience de l’ampleur du problème et sa détermination à protéger tous les enfants sont primordiales. En ces débuts de la rentrée scolaire, nos enfants ont besoin de notre protection par l’écoute et le suivi de leur comportement. Aidons donc le pouvoir public à faire son travail dans ce sens. Tous les comportements suspects doivent être dénoncés à l’autorité. Pour la protection des futures générations, l’interpellation vaut certainement la peine. Pour tous et pour chacun.

Théophile MONE

09:56 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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