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2016.10.17

Tolérance zéro en matière de MGF au Burkina : Sika Kaboré fonde son espoir sur l’approche éducative

La première Dame du Burkina et présidente d’honneur du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, Madame Sika KABORE a animé une conférence de presse sur la lutte contre la pratique de l’excision le samedi 13 août 2016 à Ouagadougou. Photo d'archives utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
La première Dame du Burkina et présidente d’honneur du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, Madame Sika KABORE a animé une conférence de presse sur la lutte contre la pratique de l’excision le samedi 13 août 2016 à Ouagadougou. Photo d'archives utilisée à titre d'illustration
Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique moyenâgeuse dont l’Etat burkinabè a du mal à se débarrasser. Pour donc parvenir à la tolérance zéro, les défenseurs des droits de la femme et de la fille fondent leur espoir sur l’approche éducative, c’est-à-dire l’insertion de modules MGF dans le système éducatif. Et pour bénéficier de l’appui des élus nationaux, la coordonnatrice de la campagne nationale, la première Dame, Sika Kaboré, a plaidé la cause devant l’Assemblée, lors d’un atelier, les 14 et 15 octobre 2016, à Ouagadougou.

Au Burkina, ces pratiques néfastes que sont les MGF restent malheureusement, encore très répandues, aussi bien géographiquement qu’ethniquement. En 2010, les résultats de l’Enquête démographique et de la santé (EDS) IV ont révélé que 76% des femmes burkinabè de 15 à 49 ans, ont déclaré avoir subi une mutilation génitale féminine. Fort heureusement, par la volonté politique affirmée au sommet de l’Etat et la conjonction des actions du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), des ONG, de la société civile, ainsi que des partenaires au développement, le taux de prévalence chez les filles de 0 à 10 ans est passé de 36% en 1996, à 20% en 2003 et chez les filles, de 0 à 14 ans, il est passé de 13,3% en 2010, à 11% en 2015.

«Ces données me confortent dans cette conviction qu’au Burkina, l’élimination d’une telle pratique ne relève pas de l’impossible, pour peu que nous nous y engagions résolument tous et chacun à son niveau», a expliqué la première Dame, Sika Kaboré. Toutefois, elle a souligné que la baisse sensible des indicateurs cache tout de même des poches de résistance marquées par les pratiques clandestines et transfrontalières, de même que la baisse de l’âge des victimes.

Pour donc atteindre la tolérance zéro, la première Dame a plaidé pour l’insertion de modules MGF dans les contenus éducatifs, car cela va permettre d’agir simultanément, aussi bien sur les enfants que sur les enseignants et les parents, ce qui suscitera ainsi la dynamique sociale à même d’accélérer l’avènement de la tolérance zéro aux MGF dans notre pays.

«Dans la lutte farouche que nous menons au quotidien pour la promotion et la protection des droits des femmes et des enfants, le soutien indéfectible des élus nationaux est, à tout point de vue, précieux et constitue un atout majeur», a lancé la première Dame aux parlementaires. Selon elle, le rôle du député est capital dans sa circonscription électorale. En tant que responsable politique, il est en mesure de créer une synergie de lutte avec tous les acteurs, en collaboration avec les élus locaux. «Votre engagement associé à celui des conseillers municipaux contribuera, à n’en point douter, à accélérer de façon radicale, l’atteinte de la tolérance zéro au MGF», a conclu Sika Kaboré.

Pour le président de l’hémicycle, Salifou Diallo, cette initiative ne s’en tient pas seulement au symbole, elle se veut être avant tout, un appel à des actions concrètes. «Je puis vous assurer que notre auguste Assemblée jouera toute sa partition dans ce sens», a-t-il confié à la coalition. Par ailleurs, il a rappelé que beaucoup reste à faire, tant il est vrai que ces résultats cachent de grandes disparités. «Il subsiste des poches de résistance et pour celles-ci, il nous faudra redoubler d’ardeur et de vigilance». Salifou Diallo par conséquent, en appelle à tous les segments de la société : autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses, à se donner la main pour conduire une lutte conséquente contre cette violence faite aux femmes et jeunes filles.

Le président de l’Assemblée nationale s’est lui aussi, dit convaincu du bien- fondé de l’introduction de modules MGF, dans le système éducatif. «Plus que jamais, il faut que les tout-petits soient éduqués et sensibilisés aux contenus des mutilations génitales féminines» .

Aline Ariane BAMOUNI

12:08 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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