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2016.10.18

Boi Tarcisio, l’Italien qui vend du porc au four à Ouaga

Le commerce du porc est exercé au Burkina par de nombreuses personnes qui arrivent souvent à joindre les deux bouts. Dans les quartiers, les marchés, devant les débits de boisson, il est rare de ne pas rencontrer des fours sur lesquels est inscrit: «Vente de porc au four». Dans la majeure partie des cas, ce sont les autochtones qui s’adonnent à ce métier. Mais de plus  en plus cette donne tend à changer. Et pour preuve, nous avons découvert une personne de nationalité étrangère qui s’intéresse à la cuisson et à la vente de la viande de porc, avec des méthodes particulières. Il s’appelle Boi Tarcisio, d’origine italienne. Nous l’avons rencontré le 15 octobre 2016 devant son fourneau à Tampouy, près de la salle de cinéma, pour mieux connaître ses recettes.

Boi Tarcisio à l’œuvre
Boi Tarcisio à l’œuvre au début

«Tu mangeras à la sueur de ton front», nous enseignent la Bible et le Coran. Boi Tarcisio, Italien de nationalité, ne dira pas le contraire. Lui qui est arrivé au Pays des Hommes intègres il y a de cela six ans avec son ami. Il a décidé de s’y installer après avoir été conquis par l’accueil chaleureux que lui et son ami ont bénéficié de la part des Burkinabè. Comme il fallait survivre dans un nouveau contexte, Boi Tarcisio décide de se lancer dans la vente de la viande de porc grillée, se souvient-il comme si c’était hier. Cependant, l’Italien nous confie que le choix de ce commerce n’est pas fortuit, car c’est depuis l’âge de 13 ans qu’il a appris aux côtés de son grand-père et son père, à cuire cette qualité de viande, qui est originale de son avis.

M. Tarcisio à la fin de sa cuisson, prêt à servir
M. Tarcisio à la fin de sa cuisson, prêt à servir

«Au Burkina, ils n’utilisent que le four pour cuire cette viande qui contient beaucoup de parasites», a-t-il remarqué. Or dit-il, la viande de porc a aussi beaucoup de graisse qui s’avère très mauvaise pour la santé et il faut éviter à tout prix d’envoyer les clients à l’hôpital. C’est pourquoi, «ma manière de cuire la viande est originale parce que je la mets dans une sorte de manivelle au feu comme un barbecue, et je la fais tourner jusqu’à ce que la graisse disparaisse», a-t-il dévoilé tout en précisant que cette méthode permet de tuer tous les parasites.

Certaines personnes ont essayé de faire comme lui sans succès, car il est le seul à détenir les secrets, se vante-t-il: «Cela plaît bien aux gens parce qu’il n’y a pas un seul client qui s’est déjà plaint de ma manière de cuire la viande. Au contraire, ils apprécient».

Tarcisio a par ailleurs fait remarquer que ce métier lui permet de subvenir aux besoins de son épouse qui est burkinabè et de leurs deux enfants. De ce fait, il a dit qu’il n’envisage plus repartir chez lui en Italie et compte rester au Burkina pour toujours où il est devenu Burkinabè. Comme quoi «il n’y a pas de sot métier mais de sottes personnes» comme le dit si bien l’adage populaire.

Madina Belemviré

09:44 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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