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2016.10.29

Tabagisme : Plus de 1500 décès par an au Burkina

L’Afrique contre le tabac (ACONTA) interpelle le gouvernement sur la taxation et le système de suivi et de traçabilité des produits du tabac dénommé « codentify ». Cette sortie de l’association à travers une conférence de presse animée dans la journée de jeudi, 27 octobre 2016 à Ouagadougou se veut également une alerte à l’opinion publique.

 
Tabagisme :   Plus de 1500 décès par an  au Burkina

L’application du système « codentify » au Burkina et la « faible taxation des produits du tabac » ont donc été les deux points qui ont conduit à cette sortie de l’ACONTA. Cette association avait également, il y a quelques jours, attiré l’attention des autorités sur l’ampleur de la vente des produits du tabac à proximité des écoles.

Sur le coordonnateur de l’ACONTA, Salif Nikiéma, le système de codage, « codentify » est supposé avoir pour vocation, le suivi et la traçabilité des produits du tabac. C’est une disposition qui devait permettre aux Etats de contrôler tous les produits fabriqués ou importés sur leur territoire. Il consiste à mettre sur les paquets de cigarettes, une sorte de code-barres à l’image des autres produits. Le hic ici, révèle M. Nikiéma, est que c’est l’industrie du tabac qui est, en réalité, à l’origine de la création de cette norme « codentify » via une autre société. Cette dernière est responsabilisée pour mettre ces codes sur les produits de l’industrie du tabac. Ce qui signifierait que l’industrie du tabac s’autocontrôle en réalité. Dès lors, craignent-ils que ces codes puissent être truqués à souhait. Cela pourrait engendrer plusieurs conséquences dont l’évasion fiscale (nombre de produits déclarés à la douane et taxables par exemple.). Les responsables de l’association dénoncent dans cet élan, un arrêté interministériel entre le ministère du commerce et celui des finances qui favorise l’industrie du tabac, ‘’malgré l’opposition des techniciens des impôts et du ministère de la santé ». « Si le ministère du commerce veut s’aligner derrière l’industrie du tabac, qu’il le déclare ouvertement », interpellent les responsables de l’organisation. Par ce texte sus-dénoncé, l’industrie du tabac s’ingèrerait ainsi dans le contrôle antitabac au Burkina. Or, explique le chargé de communication, Adama Zango, les Conventions internationales stipulent clairement qu’il ne doit pas y avoir d’interférence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique des Etats. C’est pourquoi plaide l’ACONTA pour la reconsidération des textes et l’application normale des dispositions internationales, notamment celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’autre point sur lequel, l’association tire sur la sonnette d’alarme concerne la taxation des produits du tabac. S’appuyant également sur des instruments internationaux, Salif Nikiéma dénonce une faible taxation des produits du tabac au Burkina. Le taux de taxation du Burkina varie entre 30 et 40% des prix alors qu’une directive de l’UEMOA requiert un maximal de 45% tandis que la CEDEAO a placé ce taux à 100%. A titre d’exemple, note-t-il, le Ghana a porté son taux de taxation à 150% tandis que la Côte d’Ivoire a instauré une taxe spécifique pour la prise en charge du VIH/SIDA et des effets du tabac. Le Burkina et le Mali sont, selon les conférenciers, les deux pays dans l’espace communautaire à être à la traîne. Selon les responsables de cette organisation de la société civile, une taxation maximale a l’avantage d’engranger des ressources pour l’Etat, réduire la prévalence du tabagisme et partant, la mortalité et la morbidité liées au tabac. Toujours selon eux, des statistiques (qui datent de cinq ans environ) montrent que le Burkina enregistre plus de 1500 décès par an. Des chiffres qui ont certainement connu une évolution, convainquent les conférenciers.

L’ACONTA recommande donc la suppression du taux d’imposition maximal en concertation avec l’UEMOA et l’introduction d’une accise spécifique minimale à atteindre d’ici à 2020.

L’association compte approcher, les jours à venir, l’Assemblée nationale sur ce sujet de santé publique.

O.L.O
Lefaso.net

09:10 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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