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2016.11.08

Santé : Intensifier la lutte contre le Noma, cette maladie dévoreuse des visages

Ouagadougou abrite du 9 au 11 novembre 2016 un atelier inter-pays du programme régional de lutte contre le Noma. Le Noma, cette gangrène infectieuse de la face qui, en une dizaine de jours peut transformer un visage angélique en un masque monstrueux, fait chaque année plusieurs dizaines de victimes dans notre pays. Pour en savoir un peu plus sur cette maladie, nous avons rencontré Dr Rose Drabo, chirurgienne dentiste, responsable de l’unité de santé orale du programme national de maladies non transmissibles.

 
Santé : Intensifier la lutte contre le Noma, cette maladie dévoreuse des visages

Pouvez-vous nous présenter le programme national de lutte contre le Noma ?

Le programme national de lutte contre le Noma est un ensemble d’activités de soins curatifs et de prévention du Noma par la formation du personnel de santé, l’appui des structures sanitaires en médicaments et consommables, l’appui des associations et ONG dans la prise en charge des patients et la sensibilisation des populations sur le Noma. C’est un programme du Ministère de la Santé du Burkina logé dans un autre programme plus vaste qui est celui des Maladies Non Transmissibles.

Qu’est-ce que le Noma ?

Le Noma par définition est une gangrène infectieuse de la face qui commence à l’intérieur de la bouche, évolue très rapidement, c’est-à-dire une dizaine de jours, pour aboutir à la destruction des structures de la bouche et de la face.

Comment contracte-t-on le Noma ?

Pour répondre à cette question, il faut dire d’entrée de jeu que le Noma est une maladie non contagieuse ; c’est ce qui lui vaut d’être logé dans le Programme National des Maladies Non Transmissibles.

Est susceptible de contracter cette maladie, toute personne ayant un organisme affaibli : par une infection récente comme c’est le cas d’un enfant en convalescence de la rougeole ; organisme affaibli par le virus de l’infection à VIH comme le cas d’un adulte de nos jours qui fait le Noma ; organisme affaibli par la faim comme c’est le cas malheureusement encore de la malnutrition chez les enfants dans les pays en développement et comme c’était le cas hier des grandes privations alimentaires dans les camps de concentration nazi.

Quels sont les risques liés à la maladie ?

Le premier risque lié à la maladie est la mort car il s’agit d’une infection très sévère. L’on estime qu’en l’absence de traitement rapide et adapté, 9 malades sur 10 meurent.
Quand le malade échappe à la mort, le risque de séquelles est élevé et cela se comprend car nous l’avons dit, il s’agit d’une gangrène qui détruit la face et la bouche. Les mutilations de la face vont être source de préjudices esthétiques parfois majeurs et de rejet du malade par sa communauté. Elles peuvent aussi entraîner des conséquences fonctionnelles à type par exemple d’incontinence salivaire, de difficultés à s’alimenter ou à parler. Le malade souffrant dans sa peau et rejeté par son entourage va endurer une autre souffrance, la souffrance psychologique.

A quel est l’âge peut-on être exposé au Noma ?

À tout âge, l’on peut être exposé au Noma.
Mais sont plus exposés, les enfants d’âge compris entre 2 et 6 ans car plus potentiellement exposés à la malnutrition, à des infections telles : la rougeole, le paludisme, etc. et aussi à l’infection à VIH des parents.

Quel est le pourcentage de personnes atteintes de Noma au Burkina Faso ?

Il y a peu de données épidémiologiques récentes ; mais en 1998, la fréquence hospitalière du noma était de 15,1 cas pour 1 000 hospitalisations

Quel est le nombre de personnes qui bénéficient de la prise en charge au Burkina Faso ?

Le Burkina Faso s’investit dans la lutte contre le Noma par l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant et sa survie par l’adoption des mesures sans précédentes de la gratuité des soins médicaux chez la mère et l’enfant de moins de 5 ans.

Comment se fait la prise en charge ?

La prise en charge du Noma commence dès le CSPS (Centre de Santé et de Promotion Sociale) qui est souvent le premier niveau de contact du malade dans la pyramide sanitaire ; dans ce centre de santé, des perfusions de sérum et l’administration d’antibiotiques sont commencées puis le malade est référé à un centre hospitalier.
La réparation des séquelles est chirurgicale ; elle est faite au CHU par les chirurgiens burkinabè et parfois par des chirurgiens des pays du Nord, à l’occasion de missions humanitaires.

Quels sont les comportements à adopter pour éviter de contracter le Noma ?

Les comportements à adopter pour éviter de contracter le Noma sont avant tout d’ordre collectif ; il s’agit de la lutte contre la pauvreté !

Quels conseils pouvez-vous donner à la population pour la sensibiliser ?

Les conseils à la population pourraient être :
-  faire vacciner les enfants
-  bien nourrir les enfants
-  veiller à une bonne hygiène bucco-dentaire chez les enfants
-  consulter à temps un centre de santé devant tout problème de santé.

Entretien réalisé par Yvette ZONGO (Stagiaire)
Lefaso.net

14:53 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Je me rappelle en 2004 quand je faisait mon stage de fin d'année au "centre une vie meilleure" de la Croix Rouge il y'avait régulièrement des équipes de médecins qui venaient de l'extérieur pour des opérations chirurgicales de réparation gratuites des séquelles de cette maladie et celle du "bec de lièvre" au profit des populations .Un jour j’étais en conversation avec un Docteur Norvégien qui faisait partie d'une équipe venue a cet effet...De notre débat il avait beaucoup insister sur le fait que le Noma était uniquement "une maladie de pauvre" car ayant pour cause essentiellement le manque d’hygiène buccale...En effet beaucoup de nos populations ne disposent pas d'eau potable pour la consommation n'en parlons pas d'eau pour se laver...cependant il faut instaurer des habitudes pour nos enfants surtout le matin : la première des choses après le réveil c'est de se laver le visage et se rincer la bouche pas forcement avec une brosse a dent on peut le faire ne ce reste qu'avec un cure dent...

Écrit par : THIENI | 2016.11.12

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