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2016.11.11

Rapport mondial sur la nutrition : Il est temps d’agir pour éliminer la malnutrition

Crise planétaire en hausse, la malnutrition touche une personne sur trois dans le monde. En Afrique, tout comme en Asie, ce fléau réduit de 11% le Produit intérieur brut (PIB). Pour savoir ce qu’encoure de manière générale notre planète et en particulier le continent africain en ce qui concerne la nutrition, un rapport mondial a été produit. C’est ce rapport qui a fait l’objet de lancement régional Ouest africain, ce mercredi 9 novembre 2016, à Ouagadougou.

 
Rapport mondial sur la nutrition : Il est temps d’agir pour éliminer la malnutrition

Considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la menace la plus importante dans le monde, la malnutrition sévit dans la région Ouest africaine. Les chiffres qui sortent de ce rapport sont alarmants. Plus de 16 millions d’enfants de moins de 5 ans sont chroniquement malnutris avec dans certaines régions, près d’un enfant sur deux concernés. C’est le temps de l’action car l’heure est grave. Et si rien n’est fait, d’ici quelques années, ce sera l’apocalypse.

Tout n’est pas que négatif, à en croire les conclusions du Rapport sur la nutrition mondiale qui a été publié en juin 2016 et titré : "Des promesses aux impacts : Eliminer la malnutrition d’ici 2030". L’espoir est toujours permis. D’où ce lancement pour la région Afrique de l’Ouest qui a été conjointement organisé par le Groupe régional de travail sur la nutrition (RNWG) et le Rapport mondial sur la nutrition (GNR). L’objectif global étant d’inciter les gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest à prendre des engagements plus SMART (Spécifique Mesurable Atteignable Réaliste Temporel). Mais aussi, à contribuer à la réduction de la malnutrition et la mise en œuvre de ces engagements à travers des actions concrètes.

Ce lancement régional qui a regroupé la centaine de participants (représentants du Système des Nations Unies, des gouvernements, de la société civile), avait bien entendu plusieurs objectifs spécifiques. Il s’agissait en partie d’attirer l’attention sur l’existence et le contenu du dernier rapport mondial sur la nutrition et sur les possibilités d’action, d’identifier les meilleures pratiques et actions pour améliorer de manière significative la nutrition infantile en Afrique de l’Ouest, de définir une feuille de route pour les participants des pays pour relayer l’information sur le rapport et les conclusions d’ateliers nationaux.

Beaucoup d’engagements, mais peu d’actions

Dans son mot introductif, Souleymane Traoré, a, au nom du représentant de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) au Burkina, souhaité la bienvenue aux participants et aux partenaires à ce lancement. Pour lui, malgré les progrès accomplis, la situation nutritionnelle en Afrique de l’Ouest est toujours alarmante. Car même en période dite de bonne année, « près de 4,5 millions d’enfants souffrent gravement de malnutrition aigüe ».

Selon Souleymane Traoré, de nombreux engagements au niveau international, régional et sous régional, pourraient permettre de « faire face à ce fléau mondial ». Au nombre de ces engagements, existerait la déclaration de Malabo de l’Union africaine de 2014, la 2e conférence internationale sur la nutrition, la stratégie régionale africaine sur la nutrition 2015-2016 et l’initiative pour la faim zéro de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais aussi les ODD (Objectifs de développement durable). A l’entendre, d’autres initiatives qui traduiraient « la forte volonté politique d’éliminer la malnutrition sous toutes ses formes » auraient déjà vu le jour.

Avant de déclarer ouverts les travaux de lancement au nom de la ministre de l’Economie, Madame Pauline Zouré, Secrétaire d’Etat en charge de l’Aménagement du territoire, a laissé entendre que « la nutrition est une question qui nous concerne tous ». Puisque cela y va du développement humain et économique. Pour elle, la nutrition se situe bien au-delà de la santé publique et de l’alimentation. Et cette alarmante situation du nombre d’enfants malnutris, a conduit l’Etat burkinabè ainsi que d’autres à prendre des engagements.

Pour la Secrétaire d’Etat, l’adoption du Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016 – 2020, « intègre la question de la nutrition avec des orientations globales pour en faire une priorité réelle ». C’est ainsi que des précisions sur ces priorités ont été faites à travers la politique nationale de nutrition révisée qui indique des cibles réalistes. Raison pour laquelle un plan stratégique multisectoriel (2016-2020) serait en cours de finalisation. Pour illustrer ses propos, elle a pris pour exemple la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans et pour les femmes enceintes au Burkina Faso. Qui, selon elle, réduira sans doute le taux de mortalité maternelle et infantile et influera sur les indicateurs de la malnutrition.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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