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2016.11.25

Inceste et viol: la honte doit changer de camp!

Depuis la nuit des temps, les sociétés africaines, asiatiques et occidentales ont toutes du mal à traiter certains de leurs maux qui restent encore des tabous gardés bien secrets, car difficiles à s’en débarrasser sans humiliation! Ces maux se caractérisent par des agressions sexuelles violentes sur une victime généralement surprise et menacée.

Chaque acte sexuel forcé est un instrument de déshumanisation. Il est une négation de la volonté de la victime, le mépris de son consentement. Le viol et l’inceste sont une humiliation, un crime.

Sous l’effet de la peur, de la pression de l’entourage, de la volonté d’oublier, une majorité des femmes violées ou victimes d’inceste ne portent pas plainte.

Pourtant pour lutter contre ces actes barbares, les agresseurs doivent être dénoncés, jugés et condamnés. Le viol n’est pas une fatalité. Il est le signe d’une société profondément malade. Ici au Faso comme ailleurs, cette réalité peut changer. Cette réalité doit changer!

Le viol et l'inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.
Le viol et l’inceste sont des crimes à dénoncer et à condamner énergiquement.

L’inceste est une relation sexuelle interdite entre un homme et une femme liés par un quelconque degré de parenté entrainant l’impossibilité du mariage. Autrement dit, nous entendons par inceste toutes les agressions sexuelles commises au sein de la famille sur un mineur par son ascendant, son frère ou par toute autre personne, membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. Le viol, lui, reste un acte violent à caractère sexuel, qui porte atteinte physique et psychique sur autrui, c’est-à-dire sur une personne non consentante, qu’elle soit mineure ou majeure, garçon ou fille, jeune homme ou jeune femme!

Contrairement aux idées reçues, le viol n’a rien à voir avec un désir soi-disant incontrôlable, un acte de psychopathe. Il n’existe pas de profil-type de violeur. Les viols ne sont pas spécialement le fait de psychopathes, d’alcooliques, d’anormaux ou d’obsédés sexuels. Au contraire, ils sont souvent commis par des hommes parfaitement intégrés socialement, parfois même au-dessus de tout soupçon. De même, ce ne sont pas surtout les filles provocantes, aguicheuses qui sont violées. Ce ne sont pas la tenue et le comportement d’une femme qui provoquent le viol; c’est le violeur qui est coupable. Les victimes de viol sont très souvent culpabilisées ou ressentent de la honte. C’est une inversion des responsabilités. Ce n’est pas à la victime d’être transformée en accusée.

Si en Europe les victimes ont la chance de pouvoir dénoncer leurs agresseurs sexuels devant les juridictions avec la possibilité qu’ils soient sanctionnés à la hauteur des actes prouvés, il y a encore un gros travail à faire au sein de certaines sociétés africaines, mal en points face à des traditions qui cherchent toujours à éviter une humiliation au sein du cercle familial! Pourtant la plupart des agressions sexuelles (viol et incestes) sont commises dans la sphère familiale élargie. Les victimes sont dans leur immense majorité des filles, le plus souvent jeunes. Les viols «conjugaux» sont, sous nos cieux, d’un genre encore peu judiciarisé, dont la dénonciation est rare sinon inexistante. On parle souvent de femmes battues pour se rendre compte plus tard, qu’il s’agit, au fond, de viol et de coups infligés à une femme par un homme violent.

Meilleurs moyens de lutte et de prévention

Une prévention plus rigoureuse, des peines plus sévères pour les agresseurs et une meilleure protection pour les victimes sont les meilleurs moyens de lutter contre l’inceste et tous ses corolaires. Une sévérité accrue peut, en effet, s’accompagner de dénonciations plus fréquentes d’un crime traditionnellement très peu déclaré par les victimes.

Afin d’améliorer également la prévention, l’Etat pourrait compléter les missions du service public de l’enseignement en prévoyant que les écoles, les collèges et les lycées assurent dans notre pays une mission d’information sur les violences et une éducation à la sexualité. Ainsi la problématique des violences intrafamiliales à caractère sexuel pourrait être abordée avec les élèves par les chefs d’établissement en collaboration avec les associations intéressées à la protection de l’enfance. La sensibilisation, les témoignages, les jugements et sanctions sévères pour les faits de viols et d’incestes avérés permettrons de prévenir ces maux sociaux et de faire changer la peur et la honte de camp.

Théophile MONE

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