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2016.11.30

Semaine nationale de la citoyenneté : Consolider la paix sociale par la promotion du civisme

La 13e édition de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC) a été lancée officiellement par le Président du Faso, Roch Kaboré, ce mardi 29 novembre 2016, à Ouagadougou. Ce cadre de promotion du civisme et de la citoyenneté, organisé par le ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique (MJDHPC), se tient du 28 novembre au 3 décembre 2016.

 
Semaine nationale de la citoyenneté : Consolider la paix sociale par la promotion du civisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le contexte burkinabè marqué par une montée vertigineuse de l’incivisme dans les établissements, dans la circulation, l’édition 2016 de la SENAC, ne pouvait mieux choisir que le thème : « Civisme et cohésion sociale au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives pour une meilleure préservation de la paix sociale ». Réfléchir sur un tel thème contribuera sans doute à l’atteinte de la vision du Burkina Faso à l’horizon 2022 en matière de droits humains et de civisme qui est celle de la consolidation de l’Etat de droit. Cela pour une meilleure effectivité des droits humains au service de la paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans son allocution, le Secrétaire général du ministère en charge des Droits humains et de la promotion civique, Paulin Bambara, président du comité d’organisation, a rappelé que la SENAC se tient annuellement depuis 2004. Pour lui, même si des acquis ont été engrangés pendant ces douze ans, il n’en demeure pas moins que l’actualité nationale invite à faire de la culture de la citoyenneté responsable un travail au quotidien.

Comme pour illustrer ses propos, il cite en exemple la multiplication des actes d’incivisme dans la circulation routière et dans les établissements secondaires. Ainsi que la défiance de l’autorité de l’Etat qui interpellent. « Ces actes d’incivisme qui heurtent notre sensibilité sont aux antipodes des valeurs qui fondent notre société et traduisent la fragilité de la paix sociale », laisse-t-il entendre.

Changer de mentalité et de comportement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le Président du Faso, Roch Kaboré, la problématique de l’approbation de la Citoyenneté dans son approche la plus complète tient une place de choix au Burkina, de toutes les urgences légitimes auxquelles, l’on fait face. « L’actualité nationale reste marquée depuis quelques années par une recrudescence et une persistance des actes d’incivisme se manifestant par les violences de tous ordres dans tous les segments de la société », confie-t-il. Pour lui, la défiance de l’Etat, le développement de la justice privée, ainsi que les revendications sociales de plus en plus pressantes et violentes, sont de malheureux cas qui sont légion et ne cessent de prendre de l’ampleur.

L’occasion était bonne pour le Président du Faso de rappeler que les travaux du forum national sur le civisme des 30 et 31 mai 2013, avaient permis de faire un diagnostic assez global des causes de l’incivisme dans les différents domaines. Il s’agit en partie de l’impunité et de la corruption, du sentiment d’injustice sociale, du manque de rigueur dans l’application effective des textes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a invité les uns et les autres à s’investir pleinement dans la construction du Burkina, un devoir citoyen. Pour y parvenir, selon lui, il n’y a pas mille autres manières que de traduire dans les faits et gestes quotidiens les valeurs cardinales du civisme et de la citoyenneté. Cela sans doute impose un changement de mentalité, de comportement pour devenir des citoyens intègres et responsables au grand bonheur de la nation tout entière.

Placée sous le parrainage du ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure Simon Compaoré, cette 13e édition a débuté dans la soirée du 28 novembre 2016 par un cross populaire. Jusqu’au 3 décembre, plusieurs activités de sensibilisation et d’interpellation auront lieu sur l’ensemble du territoire national.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

2016.11.29

La sexualité des personnes âgées, stop aux préjugés

Nombreuses sont les idées reçues à propos de la vie intime des personnes âgées. Dans l’imaginaire collectif, une personne qui vieillit n’est plus désirable, n’a plus de désir.  Pourtant les anciens ont besoin de tendresse, ils ont des besoins émotionnels et physiologiques. Nier cela peut relever d’une mauvaise foi. Aimer, ça permet de se sentir vivant. Les seniors de 60 ans et plus ans peuvent mourir de ne pas être aimés.

Les personnes âgées ont besoin de tendresse et d'affections. Elles ont des besoins émotionnels et physiologiques. Il faut respecter leur intimité
Les personnes âgées ont besoin de tendresse et d’affections. Elles ont des besoins émotionnels et physiologiques. Il faut respecter leur intimité

Malgré l’omniprésence de la sexualité dans notre société, la vie sexuelle des personnes âgées reste un sujet profondément tabou qui continue à susciter déni, malaise et sourires moqueurs. Les corps ridés et la sexualité des personnes âgées ne sont pas des sujets souvent abordés par les médias, comme si le désir était le seul privilège des jeunes.

Bien sûr, on parle de la sexualité des aînés mais uniquement des «jeunes vieux», de ceux qui conservent santé, apparence physique jeune et pouvoir économique. Comme si ceux moins actifs et autonomes, ceux dont les corps ne correspondent plus aux standards de beauté prédominants, les «vrais vieux», ne pouvaient être considérés comme des êtres sexués, des êtres de désir.

Pourquoi un tel clivage entre sexualité et vieillesse? Parce que nous vivons dans une société où la vieillesse, assimilée à la faiblesse, est fortement dévalorisée. Les aînés sont perçus comme des êtres fragiles, malades, passifs, laids, non désirables, quand la sexualité tend à être associée aux notions de santé, de performance, de passion, de beauté et d’attractivité.

De plus, l’activité sexuelle est conçue comme une prérogative des adultes en pleine possession de leurs moyens économiques et physiques et est déniée aux individus considérés comme dépendants, telles que les personnes handicapées ou les personnes âgées. Dans le cas des aînés, tout se passe comme si la perte d’autonomie physique leur ôtait soudainement le statut d’adulte à part entière, les privant du même coup du droit à la sexualité.

Une personne âgée...Nos anciens peuvent mourir de ne pas être aimés
Une personne âgée…Nos anciens peuvent mourir de ne pas être aimés

Pourtant, nos personnes âgées ont des désirs sexuels et certains d’entre eux continuent à avoir des activités sexuelles.

Bien que totalement infondé, le mythe de l’asexualité des aînés a la vie dure et n’est pas sans conséquence. Intériorisé par les personnes âgées elles-mêmes, ce mythe peut être source de culpabilité et de honte pour celles qui conservent un intérêt pour la sexualité. Il peut aussi dissuader les aînés de faire part de leurs préoccupations relatives à la santé sexuelle, par peur d’être jugés négativement ou perçus comme anormaux.

Il n’y a pas de doute, les préjugés sur l’asexualité des aînés subsistent au sein de la population générale. Il est donc urgent de la sensibiliser sur la sexualité des personnes âgées. L’objectif étant de déconstruire le mythe de l’asexualité des aînés pour normaliser le maintien d’un intérêt pour la sexualité et de la vie sexuelle à tout âge.

L’appétence sexuelle et les capacités de réaction sexuelle diminuent certes avec l’âge mais, les capacités d’excitation et orgasmiques sont en principe conservées. À partir de 60 ans et plus, il y a une réduction significative des contacts sexuels. Mais les activités sexuelles, les envies et les fantasmes érotiques perdurent jusqu’à un âge avancé. En fait, c’est leur intensité, leur contenu et leur forme qui se modifient. Ainsi, chez la majorité des hommes et des femmes âgées, l’intérêt sexuel est plus important que l’activité sexuelle en tant que telle.

Les mentalités doivent changer car si les personnes âgées sont perçues comme asexuées, il va sans dire que toute manifestation de désir ou toute forme d’expression sexuelle risque d’être jugée comme anormale, déplacée, choquante voire pathologique. À l’inverse, considérer que la poursuite d’une vie sexuelle constitue la règle, et non l’exception, paraît propice à l’adoption d’attitudes beaucoup plus respectueuses de la part des populations face aux besoins et aux comportements sexuels des anciens.

Il est donc nécessaire de changer le regard porté sur les personnes âgées et de les considérer comme des adultes à part entière, dont il importe de respecter le droit à l’intimité.

Théophile MONE