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2017.03.20

Les souffrances des enfants de parents divorcés

A l’heure de la banalisation du divorce, la souffrance des enfants est souvent oubliée. Pourtant les enfants «victimes» d’une rupture parentale vivent des moments très difficiles. Comment alors s’y prendre pour leur éviter le séisme du divorce.

IL faut éviter aux enfants certaines souffrances et traumatisme liés au divorce
Il faut éviter aux enfants certaines souffrances et traumatismes liés au divorce

Toute séparation de parents mariés a des effets à court ou long terme sur la personnalité des enfants. Habituellement, ils ont peur que tout s’écroule du jour au lendemain. Peur d’être abandonnés ou de souffrir de dépression, peur de manquer de confiance. Malheureusement, c’est un tabou de dire que les enfants souffrent énormément du divorce de leurs parents. En effet, tout le monde défend la thèse selon laquelle «si les parents vont bien, les enfants vont bien». Tenir un autre discours est culpabilisant. La société ne s’efforce-t-elle pas d’entretenir le mythe du « divorce heureux » malgré tout?

Les parents en situation de divorce doivent se rappeler que le séisme du divorce joue un rôle dans la réussite scolaire des enfants. Les disputes et les dénigrements de l’autre parent affectent psychologiquement l’enfant et l’empêchent de se concentrer. Comme dans la plupart des cas, les parents divorcés ne parviennent plus à communiquer, les enfants deviennent des victimes de ce conflit parental qui peut être qualifié de maltraitance psychologique. Souvent aveuglés par leur propre conflit, par leur propre souffrance qu’ils ne parviennent plus à maîtriser, les parents ne sont plus en capacité de prendre la mesure de l’impact psychologique de leurs comportements sur leurs enfants. Ainsi le conflit parental devient destructeur de part la répétitivité des messages contradictoires que peut recevoir l’enfant de la part de ses deux parents.

Il n’y a pas d’expression spécifique du mal-être d’un enfant suite à la séparation de ses parents. À court terme, on peut rencontrer des symptômes tels que les troubles du sommeil ou de l’appétit, l’inhibition, la dévalorisation, l’angoisse, la baisse des résultats scolaires, ou la diminution de la sociabilité. Ces signes manifestent une souffrance, mais ne disent pas sa nature. Les effets à long terme sont moins connus. Ils affectent partiellement la réussite scolaire, l’entrée dans la vie professionnelle, les possibilités de vivre en couple de manière durable.

Il faut bien le dire: la séparation des parents est pour l’enfant qui la vit un effondrement des repères qui étaient les siens. Dans nos pays africains où il n’y a pas de pédopsychiatres, la détresse des enfants de divorcés est plus dramatique qu’ailleurs.

Tous les enfants du monde ont besoin de protection
Tous les enfants du monde ont besoin de protection

Que faire?

Quand des parents se séparent, de quoi l’enfant a-t-il besoin? Avant tout, il lui faut garder des repères structurants, être rassuré et rester à sa juste place d’enfant. Concrètement cela signifie:

-Bien communiquer avec l’enfant. Il faut parler aux enfants des décisions qui sont prises concernant la séparation et ses modalités. La parole des parents doit être vraie et claire. Les non-dits entretiennent l’angoisse. Mais informer les enfants ne signifie pas tout leur dire, et encore moins les charger de choses qui ne sont pas de leur ressort. Les enfants n’ont pas à faire des choix qui les mettent en situation impossible: «Tu veux bien ceci ou cela?» Non, les parents doivent avoir le courage d’assumer la responsabilité de leur choix. Parfois, c’est le choix d’un seul. L’autre subit. Dans ce cas, par amour, il faut que tout soit fait pour ne pas obliger l’enfant à prendre parti. L’enfant est le fruit de ses deux parents. Prendre parti, pour lui, c’est s’amputer d’une partie de lui-même.

Maintenir une continuité dans la vie de l’enfant. Il est important de ne pas chercher à éviter la culpabilité parentale en devenant trop permissif, c’est-à-dire qu’il faut maintenir les mêmes règles et exigences. Ce n’est pas toujours facile. C’est pourtant très important et sécurisant… même si l’enfant va essayer de profiter de la situation.

-Veiller à maintenir l’enfant à sa place. Un enfant doit rester à sa juste place d’enfant, sans ambiguïté. Souvent, l’éclatement du couple entraîne un mal-être des adultes, une solitude pesante. Il est fréquent, surtout s’il n’y a pas recomposition familiale et que l’enfant est unique, que ce dernier soit mis en situation de petit homme ou petite femme de la maison. Ce n’est pas sa place.

-Ne pas instrumentaliser l’enfant. Finalement, il faut veiller à ne jamais utiliser l’enfant pour régler ses problèmes avec l’ex-conjoint. Il est important que les enfants se sentent le droit d’être bien chez chacun de leurs parents, et sache que les deux parents sont contents de cette situation. Il est primordial, pour que l’enfant garde ses repères, qu’il ait l’assurance qu’il pourra garder le lien avec ses deux parents, qu’on fera tout pour cela.

Comme on le voit, même si les divorces sont parfois inévitables, il faut protéger les enfants. Ils ne doivent pas être les victimes privilégiées des séparations. Pour cela, l’intérêt de l’enfant doit toujours primer contre toute autre considération.

Théophile MONE

18:28 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

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