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2017.10.17

Journée internationale de la jeune fille: Plan International s’attaque aux grossesses précoces en milieu scolaire

Depuis son instauration en 2012 par la communauté internationale, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque 11 octobre. Cette année, Plan International a décidé de la célébrer sous le signe de la grossesse précoce en milieu scolaire. Consacrée à la promotion de la lutte contre les discriminations et les violences subies par des milliers de jeunes filles, la Journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque année avec un thème précis. Au plan international, elle a été placée cette année sous le thème: «Autonomisation des filles: avant, pendant et après une crise».

Le praesidium de la cérémonie

Mais pour la directrice régionale du Sahel de Plan International, Dr Fatoumata Haidara, «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études, si elle n’a pas pu être économiquement indépendante». Pourtant au Burkina, les statistiques scolaires indiquent que les 13 régions du pays ont enregistré 6 401 cas de grossesses. La réalité de ces chiffres est pourtant supérieure à ce qui est présenté parce que tous les établissements ne déclarent pas les cas de grossesses enregistrés à leur niveau, estimant que cela peut nuire à leur réputation.

Face à ces chiffres alarmants, Plan International a décidé de contextualiser le cas spécifique du Burkina autour des grossesses précoces. Ce thème, à entendre la Directrice régionale du Sahel, est d’actualité car il s’inscrit dans la nouvelle stratégie globale de Plan International qui veut travailler pour le bien-être des enfants mais spécifiquement les jeunes filles de la naissance à l’âge adulte.

Il va donc s’agir de réfléchir ensemble avec les services de l’Etat, les autres acteurs, avec les parents pour prévenir les grossesses précoces en milieu scolaire.

A la différence des autres journées, cette célébration est particulière. Particulière dans le sens où les personnes concernées auront le droit à la parole. «Nous allons donner la parole aux jeunes filles pour qu’elles puissent se prononcer sur la question», a confié Dr Haidara.

Dr Fatoumata Haidara pour qui «on ne peut pas parler d’autonomisation de la jeune fille si elle n’a pas pu continuer au moins ses études… »

Une téléconférence entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya

Pour cette journée, Plan International a initié une téléconférence «Girls Take Over» ou «Les filles prennent le dessus» en français, animée par des jeunes filles entre Ouagadougou, Gaoua et Kaya sur la problématique des grossesses précoces. Des filles jouant le rôle de la représentante international de Plan Internationale, du ministre de la Femme (Astrid Rose Dabiré de la de la classe 1ère D), du ministre de l’Education nationale (Zalica Djini également de la 1èreD), du gouverneur du Centre-Nord (Viviane Sawadogo de la classe de Tle D), de directrice et d’assistante.

De ces échanges, on peut retenir que dans ces trois villes, les grossesses précoces en milieu scolaire sont dues en majeur partie à la curiosité sexuelle, à l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, la pauvreté… Il y a également le manque d’informations sur la santé sexuelle. Il faut ajouter à tout cela le fait que tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant car, parmi eux, se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves.

La photo de famille qui immortalise l’événement

Au regard des causes, les participantes ont formulé des recommandations pour prévenir ces cas de grossesses précoces en milieu scolaire. Il s’agit, entre autres, de procéder à un recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, de réprimer avec fermeté des cas d’abus perpétrés sur les mineurs. Aussi, d’échanger avec les hommes sur les droits des filles, de réviser des programmes pour donner plus de poids à l’enseignement sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes…

A la question de savoir ce que fait Plan International pour accompagner les filles qui se trouvent dans cette situation, le conseiller en éducation Clément Traoré a noté que son institution travaille à maintenir l’enfant à l’école afin qu’il ne soit pas exclu et aussi à ce que sa famille l’accepte.

Ayant joué le rôle de la représentante de Plan International, Edith Sawadogo a invité ses sœurs à faire attention. «Même si on ne peut pas se préserver, qu’on se protège pour éviter les grossesses précoces», a-t-elle conclu.

Madina Belemviré

Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

Plan international Burkina Faso a célébré, le mercredi 11 octobre 2017 dans ses locaux, la Journée de la jeunesse fille. La cérémonie, présidée par la directrice de la région de Sahel, Dr Fatoumata Haïdara, s’est voulue sobre mais pleine de sens.

Plan international Burkina Faso : Les grossesses précoces au cœur de la Journée de la jeune fille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Autonomisation de la jeune fille avant, pendant et après les crises ». C’est autour de ce thème qu’est célébrée à travers le monde, la Journée de la jeune fille. Plan international Burkina Faso a choisi de la contextualiser avec les réalités du pays. « Ce que nous voyons ici au Burkina Faso, c’est la question du mariage précoce et des grossesses précoces. Et dans le cas spécifique, il y a déjà des résultats qui montrent qu’entre 2012 et 2016, au moins 6401 cas de grossesses ont été enregistrés dans toutes les régions du pays parmi les filles scolarisées », a expliqué Dr Fatoumata Haïdara pour justifier le choix de la problématique des grossesses précoces à l’école pour la présente édition.

Une téléconférence animée par des filles entre Ouagadougou, Kaya et Gaoua dans des fonctions de ministres, gouverneur et de représentante résidente de Plan international a permis de toucher du doigt l’ampleur du phénomène dans les régions du Centre-Nord et du Sud-Ouest.

Une situation alarmante

Selon Mlle Astride Rose Dabiré dans le rôle de ministre de la Femme, de la Solidarité Nationale et de la famille, les grossesses précoces sont effectivement un fléau dans la région du Sud-Ouest. Pour preuve, dit-elle, entre 2012 et 2016, dans les écoles, ce sont 1377 filles qui, au lieu de jouir pleinement de leur jeune âge se transforment en adultes responsables d’autres êtres humains. L’ampleur du phénomène est aussi préoccupante dans la région du centre-Nord, selon Mme le gouverneur Viviane Sawadogo. « Nous avons enregistré 108 grossesses dans les écoles primaires et secondaires, entre 2012 et 2016 », rapporte-t-elle.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie de ces jeunes adolescentes. « Elles perdent le sourire dès l’âge de 13, 14 ans, sont repliées sur elles-mêmes et fuient les regards et les railleries de leurs camarades et de leurs entourages », a indiqué « Mme le ministre » Astrid Dabiré (fonction d’emprunt dans la téléconférence). Avant de s’appesantir sur les causes profondes de ces grossesses précoces. « En discutant avec quelques filles, il m’est revenu que ces causes sont la curiosité sexuelle, l’abandon de l’éducation par les parents, la mauvaise compagnie, le manque d’informations sur la santé sexuelle et reproductive (…) », a-t-elle confié. « A l’école aussi, tous les enseignants n’ont pas encore assimilé les questions de droits de l’enfant. Parmi eux se trouvent des auteurs de grossesses précoces de leurs propres élèves. Les auteurs se trouvent aussi parmi les jeunes garçons », poursuit « Mme le ministre de l’éducation nationale », Zalika Djéni.

Des propositions…

A l’issue donc de l’entretien, des solutions pour mettre fin au phénomène ont été définies de commun accord avec toutes les trois autorités, à travers l’initiative de Plan international, « libérer le pouvoir des filles ». Au nombre de celles-ci figurent le recensement systématique des cas de grossesses précoces à l’école pour permettre d’avoir un tableau plus réel, l’apport de moyens adéquats pour faire prendre conscience aux enfants, filles comme garçons des dangers liés aux relations sexuelles. Elles ont également suggéré la révision des programmes, la disponibilité des centres d’écoutes pour les jeunes dans toutes les communes et la création d’une association des jeunes à la lutte contre les grossesses précoces. Enfin, les filles ont fortement recommandé que la répression soit plus ferme en cas d’abus perpétrés sur les mineurs.

Pour Dr Haïdara, le choix de ces régions (Centre-Est, Centre-Nord et Sud-Ouest) n’est pas fortuit : « Pour parler, il faut avoir des données. Nous avons des bureaux au niveau de ces zones, et nous avons des statistiques claires sur lesquelles nous pouvons discuter. Nous allons continuer parce que nous avons une étude qui va couvrir tout le Burkina Faso. Ceci permettra d’avoir des statistiques et à partir de ce moment nous pourrons les partager au niveau national ». 
Dans sa nouvelle stratégie, Plan international Burkina Faso s’engage à travailler pour le bien-être des enfants en général et celui des jeunes filles de la naissance à l’âge adulte en particulier.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net