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2017.11.04

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

48 heures après la commémoration de l’an III de l’insurrection populaire, le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuple (MBDHP), a animé une conférence de presse ce jeudi, 2 novembre 2017 à Ouagadougou. Au menu des échanges : la marche-meeting du samedi, 4 novembre 2017 à Ouagadougou.

Dossiers de crimes au Burkina : Le MBDHP annonce la fin de la récréation à partir du 4 novembre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon le principal intervenant à la conférence de presse, Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP, l’insurrection populaire, qui a abouti à la chute du régime Compaoré, offrait une « opportunité historique » pour élucider les crimes de sang et les crimes économiques commis sous la IVème République. Le « peuple insurgé » avait la conviction que cette opportunité serait non seulement saisie, mais également exploitée pour la vérité et la justice.

Le MBDHP estime que les procédures contre des dignitaires civils et militaires du régime déchu ne semblent pas connaître beaucoup d’avancées. C’est pourquoi appelle-t-il à une mobilisation générale et au resserrement des rangs dans la lutte contre l’impunité ce samedi, 4 novembre 2017 à partir de 8h à la place de la Nation (Place de la révolution) pour exiger la justice pour tous les martyrs de l’insurrection populaire et de la résistance au putsch de septembre 2015 (instruction sérieuse et jugement de tous les dossiers de crimes impunis, rapatriement des fonds expatriés, ouverture de procédures judiciaires sur tous les cas de crimes économiques, identification et saisie des biens et fonds détournés). C’est la « marche contre l’impunité ».

M. Zougmoré a rappelé que le MBDHP avait lancé en mars 2015, trois procédures contre des dignitaires civils et militaires du régime déchu « pour assassinats, tentatives d’assassinat, complicité d’assassinat et tentatives d’assassinat » lors des évènements d’octobre 2014. La première procédure concernait une lettre de demande de mise en accusation adressée à l’époque au président du Conseil national de la Transition (CNT). La requête visait la mise en accusation du président Blaise Compaoré, du Premier ministre Beyon Luc Adolphe Tiao et du ministre de la sécurité, Jérôme Bougouma. Cette procédure ciblait, dit-il, des personnalités au sein du gouvernement, que d’engager la responsabilité pénale de l’ensemble de l’exécutif, notamment des ministres présents au Conseil des ministres du 21 octobre 2014 (date à laquelle, décision été prise de passer le projet de révision de l’article 37 devant les députés, ndlr).

‘’Comme à leur habitude, les autorités judiciaires de notre pays attendent les veilles de commémoration pour annoncer à grand renfort de publicité que la justice suit son cours, que des personnes ont été auditionnées et/ou inculpées etc. Ce fut encore le cas la semaine dernière. En décembre prochain, nous reverrons sans doute les mêmes autorités judiciaires faire le point de ce qu’elles qualifieront ‘’d’avancées’’ dans le dossier Norbert Zongo, et pendant ce temps, des commanditaires, assassins et complices présumés vaquent librement à leurs occupations’’, ont soulevé en substance les responsables du MBDHP.

Le MBDHP déplore la lenteur dans le traitement des dossiers pendants. Pour Chrysogone Zougmoré, le sacrifice consenti par le peuple et le sang versé « pour la liberté et le progrès social véritable », interpellent tous à plus d’abnégation, d’engagement et de constance dans la lutte contre l’impunité et pour les libertés démocratiques.

« Nous avons attendu pendant un certain temps et nous avons laissé le temps au gouvernement en place d’agir. 22 mois après la prise du pouvoir, c’est suffisant, il faut agir. S’il y a toujours des gens qui vivent avec des balles dans leur corps et que rien n’est fait pour pallier à cette situation, on ne peut pas continuer à nous dire d’attendre, parce que si on doit attendre, on arrivera à des situations malheureuses et qui ne feront qu’aggraver le sort des blessés », a relevé le représentant du collectif des avocats des victimes de l’insurrection populaire, Me Prosper Farama pour qui, il est donc temps d’élever la voix.

OL
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Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

Environ 25 000 réfugiés vivent au Burkina. La majeure partie de cette communauté réside dans les camps de Mentao à Djibo et de Goudoubo à Dori. Ces derniers bénéficient de séances de sensibilisation régulières en vue d’une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes. Mais une partie de ces réfugiés, notamment ceux vivant dans les centres urbains semblent être des laissés-pour-compte. C’est pourquoi, la Commission nationale des réfugiés (CONAREF), le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) et le bureau national de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a initié l’organisation des journées de sensibilisation des réfugiés urbains, le 02 novembre 2017, à Ouagadougou et le 07 novembre à Bobo-Dioulasso.

Burkina : Les réfugiés urbains sensibilisés pour une cohabitation harmonieuse avec les populations hôtes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réfugiés vivant sur le sol burkinabè en 2017 sont estimés à environ 25 000 personnes. La majorité d’entre eux vit dans la région du Sahel, notamment dans les camps de Mentao et de Goudoubo. Mais ils sont 887 réfugiés et 70 demandeurs d’asile à ‘’élire domicile’’ à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, selon la vérification de la population réfugiée menée au cours du second semestre de l’année 2017.

Le statut de réfugié étant provisoire en principe, il convient de chercher des solutions permanentes à la situation de ces réfugiés, d’où l’importance de discuter avec eux par rapport à leur avenir. Les réfugiés résidant dans les camps bénéficient de séances de sensibilisation régulières. Ce qui n’est pas le cas des réfugiés urbains qui, pourtant en ont autant besoin.

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une vue des participants à la cérémonie d’ouverture

Ces journées de sensibilisation constituent donc le symbole de ce dialogue pour pouvoir trouver des solutions durables à leur situation. Elles permettront de réfléchir sur leur intégration socio-économique et légale dans le pays d’asile. Au cours de ces deux journées de sensibilisation, les réfugiés urbains auront droit à des communications sur leurs droits et devoirs, sur la question de l’intégration locale dans le contexte sécuritaire actuel et sur l’épineuse problématique de la recherche de l’emploi au Burkina.

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photo de famille

« Nous espérons que grâce à ces échanges, ils sauront que nous sommes avec eux pour la recherche de solutions et qu’on va leur donner des conseils, discuter avec eux de toutes les alternatives possibles pour qu’ils puissent avoir cette dignité qui leur a manqué lorsqu’ils sont devenus réfugiés. Si les échanges sont constructifs, nous pourrons sortir d’ici, peut-être, avec des pistes de solutions pour que ces personnes puissent avoir l’autosuffisance que nous souhaitons pour elles », a précisé Mahoua Bamba Parums, représentante adjointe du HCR au Burkina.

Dans un contexte socio-politique et économique actuel fait d’attaques terroristes avec son corollaire de stigmatisation et de suspicion, ces journées se justifient pleinement. « Dans un tel contexte, il est important, voire nécessaire que les réfugiés, déjà indexés sous d’autres cieux, puissent être entretenus des stratégies pour une intégration harmonieuse au sein des populations burkinabè. Une journée de sensibilisation pour les réfugiés urbains est indispensable.

Dans la gestion des réfugiés, il y a les aspects protection, le rapatriement, la réinstallation et l’intégration locale. Pour réussir une intégration locale, il faut sensibiliser les réfugiés sur leurs droits et leurs devoirs. La forme la plus réussie de l’intégration locale, c’est la naturalisation. D’où la nécessité d’organiser une journée de sensibilisation pour les réfugiés qui est différente de la journée du réfugié que nous organisons le 20 juin », a souligné Issa Joseph Paré, le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF).

Moussa Diallo
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09:53 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

2017.11.01

JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE : Peut-on vaincre le mal par des mots ?

JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE : Peut-on vaincre le mal par des mots? 

Le 17 octobre de chaque année et ce depuis 1987, le monde entier renouvelle son vœux pour un monde de plus en plus débarrassé de la misère et de l’extrême pauvreté. En 30 ans de lutte, la misère a-t-elle reculé ? Certes, il faut reconnaître que par rapport aux années 90, il y a eu des efforts quand on compare le taux de scolarisation, d’accès à l’eau potable, à la santé, à l’éducation etc. Malheureusement, ce n’est qu’un petit pas face aux victimes de plus en plus nombreuses de l’extrême pauvreté endémique. Dans le monde entier, en fait de lutte contre la misère, l’heure est loin d’être au triomphalisme. Plus d’un milliard d'êtres humains vivent dans ce que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) appelle la « misère absolue », sans revenu fixe, sans travail régulier, sans logement adéquat, sans soins médicaux, sans nourriture suffisante, sans accès à l'eau potable, sans école. 30 ans après l’appel à l’action du Père Joseph Wresinski, le géniteur de cette « Journée du refus de la misère », à un monde de partage, on constate avec regret que la destruction de plus d’un milliard d'êtres humains par la faim s'effectue toujours dans une sorte de désinvolture glaciale, sur une planète pourtant débordante de richesses. Et tout semble être fait pour que la situation empire au regard des signaux actuels : les changements climatiques, le terrorisme, l’insécurité, la montée des égoïsmes nationaux avec plus que jamais la « culture du chacun pour soi » ; toutes choses qui constituent malheureusement des causes qui annihilent les efforts fournis pour une planète en manque des trois repas quotidiens. Quand on regarde la marche du monde, on ne peut que parvenir à la conclusion que la misère est un phénomène entretenu et voulu. Toutes les études ont démontré à suffisance que la terre regorge du nécessaire pour nourrir ses occupants. Il faut donc aller au-delà des hypocrisies et sortir des sentiers battus, si l’on veut une planète où personne ne mange de vache enragée.

La pauvreté extrême est la conjugaison de plusieurs échecs

D’ici à 2030, le monde devrait être débarrassé de l’extrême pauvreté, selon les prévisions du PNUD. Cela est-il possible quand on sait que chaque année, des dizaines de millions de mères gravement sous-alimentées mettent au monde des dizaines de millions d'enfants malnutris ? Comment faire en sorte que les richesses augmentent avec la démographie ? C’est un aspect sur lequel on aurait tort de faire l’impasse. La lutte contre la misère n’est pas qu’économique. Elle est multidimensionnelle. L’Afrique, par exemple, constitue le lieu où la misère la plus crasse fait le plus de victimes. Certains pays d’Asie se sont extirpés des griffes de ce mal, par leur ardeur au travail. Plutôt donc que de se lamenter sur leur sort, les Africains gagneront à se remettre au travail avec plus de détermination. Par ailleurs, ce fléau tire sa source de l’individualisation à outrance de la société, née du capitalisme sauvage. Partout où cette idéologie est quasiment institutionnalisée, l’on voit mal comment on pourrait venir à bout de la pauvreté, sauf à vouloir faire preuve d’hypocrisie. Dans un tout autre registre, la pauvreté extrême est la conjugaison de plusieurs échecs : échec de la production alimentaire, échec de l’accès à l’énergie et surtout échec de la politique des Etats. Comment vaincre le mal avec des mots ? Pire, dans un monde victime des changements climatiques, il faut convenir que l’agriculture pratiquée avec des moyens rustiques ne pourra guère permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. La question de la modernisation de l’agriculture est donc un passage obligé en Afrique, pour vaincre la misère. L’accès à l’énergie est également l’une des voies pour venir à bout de l’extrême pauvreté et sortir de l’ornière. Partout en Afrique, il faut relever le défi de l’électrification rurale.

Enfin, vaincre la pauvreté est d’abord un choix politique. Mais quand on a à la tête des Etats sous-développés, des gouvernants sans vision, qui pensent plus à leur panse qu’aux besoins vitaux des populations, on ne peut qu’avoir des hommes et des femmes affamés, éclopés par les souffrances quotidiennes. Pour vaincre la misère, peut-être l’Afrique devrait-elle commencer par avoir des gouvernants qui mettent au cœur de leur politique l’humain.

Ousmane TIENDREBEOGO

En savoir plus sur http://lepays.bf/journee-mondiale-refus-de-misere-on-vaincre-mal-mots/#lkuzFVE2zZej8DhT.99

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Abandonner le mariage des enfants : un impératif humaniste et économique pour l’Afrique

Abandonner le mariage des enfants : un impératif humaniste et économique pour l’Afrique

par Ahmadou Ndiaye est analyste politique pour le think tank l’Afrique des Idées et consultant en développement international.

Du 23 au 25 octobre s'est tenue à Dakar une réunion de haut niveau visant à insuffler un nouvel élan politique pour mettre fin au mariage d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Tribune. L’initiative, portée par une coalition d’organisations de la société civile et d’agences des Nations unies dont Save the Children et ONU Femmes, a été accueillie par l’État du Sénégal et l’Union africaine à un moment urgent. Parce que le mariage d’enfants – défini comme une union légale ou coutumière impliquant au moins un individu de moins de dix-huit ans – concerne plus de 700 millions de personnes dans le monde en 2015. En Afrique, ce sont 125 millions de femmes et de filles qui sont touchées par la pratique ; elles sont principalement pauvres et vivent en zone rurale.

Le mariage d’enfants est une violation grave des droits humains et une forme sévère d’abus sur les enfants qui hypothèque les agendas de développement mondial et africain en excluant une grande partie de la jeunesse.

En Afrique de l’Ouest et du Centre, plus de 40% des filles sont mariées avant l’âge de dix-huit ans. La pratique est globalement déterminée par des facteurs multiples et reliés dont les normes sociétales, l’inégalité entre les sexes et la pression économique. En effet, le mariage à un jeune âge est valorisé dans beaucoup de sociétés qui relèguent encore les femmes à des rôles domestiques et reproducteurs. L’honneur des familles y est trop souvent lié à la virginité des filles ou l’absence de grossesses hors mariage. Le mariage précoce des filles peut ainsi constituer un moyen pour les parents de se décharger financièrement et d’étendre leur réseau de solidarité économique.

L’Afrique peut-elle développer et soutenir ses économies en excluant près de la moitié de sa population ?

Des spécificités culturelles et religieuses viennent évidemment renforcer ces déterminants mais il est important de souligner que le mariage d’enfants est aussi permis, dans des États de droit pour la plupart, grâce au cadre légal qui renferme des incohérences internes sur la définition de l’enfance et de la minorité sexuelle, en raison de l’existence de plusieurs sources du droit. Mais aussi une discrimination concernant l’âge minimum légal pour le mariage, la fille ayant souvent le droit de se marier plus tôt que le garçon. Faudrait-il y voir un paradoxe étant donné que les obligations conventionnelles de ces pays définissent pourtant clairement l’enfant et prohibent son mariage ; normalisent le droit à l’égalité et interdisent les discriminations basées sur le sexe ?

Le mariage d’enfants entrave non seulement les droits humains des filles à l’égalité et à l’enfance, c’est aussi une cause principale de la mortalité maternelle chez les 15-19 ans et du décrochage scolaire chez les filles. Le mariage d’enfants est un frein majeur aux objectifs de développement durable concernant la santé maternelle et l’éducation des filles. Par ailleurs, d’un point de vue économique, les filles se mariant précocement ont davantage d’enfants et présentent un niveau d’études relativement faible. Le mariage d’enfants agit donc négativement sur le pouvoir d’achat et les revenus. Ceci s’explique par le plus fort croît démographique rapporté au plus faible niveau d’éducation de la population.

L’Afrique peut-elle développer et soutenir ses économies en excluant près de la moitié de sa population ? La communauté internationale peut-elle relever le défi du développement durable à l’horizon 2030 sans s’attaquer systématiquement et durablement à la pratique néfaste du mariage d’enfants ? Autant de réflexions qui illustrent les liens d’interdépendance entre réalisation des droits humains et développement économique en Afrique.

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Pour le Pnud, les inégalités de genre « coûtent 95 milliards de dollars par an » à l’Afrique subsaharienne

Pour le Pnud, les inégalités de genre « coûtent 95 milliards de dollars par an » à l’Afrique subsaharienne

Dans son rapport 2016 sur le développement humain en Afrique, le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) estime que les disparités de genre engendrent un manque à gagner de 95 milliards de dollars par an en moyenne en Afrique subsaharienne. Pour l'instance onusienne, combler les écarts entre hommes et femmes sur le marché du travail, dans l’éducation et dans la santé est "un impératif pour le développement" de la sous-région.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) a consacré l’édition 2016 de son rapport sur le développement humain en Afrique à la question des disparités de genre au sud du Sahara. La nouvelle étude, rendue publique le 28 août, a pour sous-titre « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique ».

Dans ce rapport, les équipes de l’instance onusienne ont tenté de mesurer les disparités de genre dans les pays subsahariens à travers l’Indice d’inégalité de genre (IIG), mais également ce que cela représentait comme manque à gagner pour les économies de la région.

Égalité de genre et développement humain

Pour le Pnud, il existe plusieurs canaux (voir le graphique ci-dessous) par lesquels une égalité accrue entre hommes et femmes affecte positivement le développement économique et humain d’un pays, que ce soit à travers l’augmentation de la participation de celles-ci à la vie économique, le renforcement des capacités des générations actuelles et futures ou une croissance plus inclusive.

(Cliquez ici pour accéder à une version grand format du graphique)

Egalité des genres et développement humain PNUD

 

L’IIG est calculé à partir de plusieurs indicateurs [pour plus de détails sur la méthode utilisée par le Pnud, se reporter à cette note technique] : en matière de santé reproductive (taux de mortalité maternelle et taux de fertilité des adolescentes), d’autonomisation des femmes (représentation parlementaire des femmes et part des femmes de plus de 25 ans ayant eu une éducation secondaire) et le statut économique (participation au marché du travail et taux d’activité de la population active féminine).

L’infographie ci-dessous présente les « meilleurs et les pires élèves africains » en matière d’IIG.

 

 

Pour le Pnud, ces inégalités de genre ont un impact bien réel sur le développement des économies africaines.

« Le fait que les femmes ne soient pas davantage intégrées à l’économie nationale représente un coût économique élevé pour les pays concernés », explique le Pnud dans son rapport.

« Accélérer la concrétisation de l’égalité des genres »

Selon les estimations des experts du Pnud, mesurées à partir d’enquêtes qualitatives et d’analyses quantitatives réalisées à travers le continent, « les pertes économiques annuelles dues aux écarts entre les genres en Afrique subsaharienne pourraient dépasser, entre 2010 et 2014, 90 milliards de dollars, culminant à près de 105 milliards de dollars en 2014 ».

Pour l’organisation multilatérale, « ces résultats confirment que l’Afrique passe à côté de son plein potentiel de croissance parce qu’une part considérable de sa réserve de croissance – les femmes – n’est pas pleinement exploitée ».

Le Pnud estime qu’une augmentation de 1 % de l’indice d’inégalité de genre contribuerait à améliorer l’indice de développement humain (IDH) d’un pays de 0,75 %.

Aussi l’organisation dirigée par la Néo-Zélandaise Helen Clark appelle-t-elle les gouvernement africains, mais également les ONG et le secteur privé à « accélérer la concrétisation de l’égalité des genres », qui est, rappelle le Pnud, le cinquième des 17 Objectifs de développement durable adoptés fin 2015 et censés être réalisés d’ici à 2030.

Source: Jeune Afrique

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PSCE/JF 2017 : Un programme de lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso

Le programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE/JF) a organisé le samedi 28 octobre 2017 à Bobo-Dioulasso, une rencontre d’échanges et de dialogue avec les jeunes et les femmes du contingent 2017 déployés sur les chantiers de développement du Burkina Faso. Placée sous la présidence du Dr Smaila Ouédraogo, ministre de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles, cette rencontre s’est tenue sous le thème « La contribution du PSCE/JF à l’atteinte des objectifs du PNDES ».

PSCE/JF 2017 : Un programme de lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amphithéâtre de l’École Nationale des Enseignants du Primaire (ENEP Bobo) a refusé du monde ce samedi 28 octobre 2017 à l’occasion de la cérémonie de mobilisation des jeunes et des femmes dans le cadre du Programme Spécial de Création d’Emplois pour les Jeunes et les Femmes (PSCE/JF). Debout dans la salle ou assis sous les arbres, ces derniers n’ont pas voulu se faire conter l’évènement. En effet, cette forte mobilisation a été saluée par le ministre Smaila Ouédraogo qui, selon lui démontre l’attachement que la population des Hauts-Bassins a pour le Burkina Faso et l’illustration parfaite de l’intérêt qu’elle accorde aux efforts du gouvernement en faveur des jeunes et femmes.

A l’en croire, cette initiative vient renforcer les actions du ministère en faveur de l’emploi des jeunes et des femmes. Cependant, il n’a pas manqué de rappeler que les données objectives se rapportant à la problématique de l’emploi au Burkina Faso montrent que de nombreux jeunes de notre pays sont sans emploi et les statistiques en sont révélatrices.

Toutefois, il reste convaincu que c’est en améliorant l’employabilité des jeunes et des femmes, en développant leur esprit de créativité et d’entreprise que « nous parviendrons ensemble à faire de nos jeunes et femmes de véritables acteurs de développement économique et social ».

Ainsi, c’est dans cet élan de volonté que le gouvernement du Burkina Faso a initié en novembre 2012, le PSCE/JF qui se présente comme un outil incontournable de lutte contre la pauvreté. Cet outil a été présenté à l’ensemble de la population des Hauts-Bassins et singulièrement à celle de la ville de Sya.

En effet, au cours de cette rencontre, il s’est agit pour les acteurs du ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles, de donner une visibilité aux actions entreprises par le PSCE/JF en termes de promotion d’emplois au profit des jeunes et femmes ; de situer le bien fondé du programme dans la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes et des femmes ; de présenter les autres opportunités qu’offre le ministère de la jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles ainsi que la vision de monsieur le ministre pour le département en charge de la jeunesse et de recueillir les préoccupations des jeunes et des femmes et y apporter des réponses. Ces préoccupations qui se résument entre autre à la création d’emplois pour les jeunes et femmes à travers l’accompagnement du MJFIP.

Pour le coordonnateur du PSCE/JF, Rasmané Ouédraogo, cette rencontre a été initiée pour permettre à la jeunesse de la ville de Bobo-Dioulasso, de discuter directement avec monsieur le ministre en rapport avec les activités programmées dans le cadre du PSCE/JF de l’année 2017.

Le programme spécial de création d’emploi pour les jeunes et les femmes, selon le Dr Smaila Ouédraogo, est constitué d’un ensemble d’actions ciblées pour chaque catégorie de jeunes (jeunes diplômés, jeunes urbains déscolarisés et non scolarisés, jeunes ruraux) et pour les femmes.

D’un cout annuel en 2017 de quatre milliards cinq cent quatre-vingt-onze millions cent quatre-vingt-six mille (4 591 186 000) FCFA entièrement financé par le budget de l’État, ce programme contribue à la réalisation des objectifs du programme national de développement économique et social (PNDES).

« L’objectif majeur du PNDES est l’autonomisation des jeunes et des femmes. Et ce programme vise la création d’emploi pour les jeunes et les femmes par deux biais, (aider les jeunes à s’insérer dans les administrations existantes et l’autre biais c’est d’aider les jeunes diplômés et les jeunes non diplômés à bénéficier d’une formation afin de créer eux-mêmes leur propre entreprise et nous allons tout faire pour accompagner ce programme surtout dans son volet suivi et évaluation afin que le projet puisse atteindre ses objectifs », a signifié le ministre.

L’objectif global du PSCE/JF est de contribuer à réduire significativement le chômage et le sous emploi des jeunes et des femmes au Burkina Faso. Sa mise en œuvre permettra aussi de générer 10 777 emplois, de créer 2 100 occupations et de former 3 895 jeunes et femmes. Le programme intervient dans les 13 régions du Burkina Faso afin de réduire la pauvreté en luttant contre le chômage et le sous-emploi des couches vulnérables en l’occurrence les jeunes et les femmes.

Par ailleurs, au menu de cette rencontre, il y’a eu la remise symbolique de kits de technologie à la coordination régionale des femmes des Hauts-Bassins, des témoignages de jeunes et femmes bénéficiaires quant au bienfait ou opportunités qui leur sont offerts par le PSCE/JF et le tout couronné par des prestations d’artistes.

Romuald Dofini
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An III de l’insurrection populaire : Une commémoration au goût amer pour les victimes

La cérémonie commémorative de l’an III de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, a été présidée par le Président du Faso Roch Kaboré au Panthéon des martyrs de Ouaga 2000, ce mardi 31 octobre 2017. Une troisième commémoration sans une justice réclamée par les victimes et parents des martyrs.

An III de l’insurrection populaire : Une commémoration au goût amer pour les victimes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déjà trois ans que le peuple burkinabè s’est insurgé contre la modification de l’article 37 de la Constitution. Une insurrection qui a occasionné une trentaine de morts et des centaines de blessés. Ce mardi 31 octobre 2017, la nation toute entière avec à sa tête, le Président du Faso, Roch Kaboré, marque une halte pour se remémorer au panthéon des martyrs à Ouaga 2000, par un dépôt de gerbe de fleurs. Par cet acte la nation rend hommage aux filles et fils, victimes, martyrs et héros nationaux qui se sont battus à mains nues pour sauver la patrie.

Rendre justice

Le retentissement de la sirène à 10h 00, la minute de silence, suivie du dépôt de gerbe au pied du Panthéon des martyrs, ont été les temps forts de cette sobre cérémonie. Contrairement aux années antérieures, pas de discours d’hommage dans lequel est cité le nom des martyrs suivi de « mort pour la patrie ». Pour le ministre en charge de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, plusieurs autres activités qui ne sont pas toutes des initiatives du gouvernement viennent se greffer à la commémoration du troisième anniversaire de l’insurrection (réflexions). Depuis le 26 octobre 2017 cela a débuté avec des prières dans les mosquées, temples et églises pour la paix, la démocratie et la justice au pays des Hommes intègres.

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Franck Sia, président de l’association des bléssés de l’insurrection populaire

Une justice que Franck Sia, président de l’association des blessés de l’insurrection populaire et ses camarades attendent de pied ferme. Pour lui, le plus important n’est pas l’aide que le gouvernement tente d’apporter. « Notre première préoccupation, notre priorité, c’est la justice. Tout ce scénario visant à se souvenir de nos martyrs c’est bien. Le meilleur souvenir qu’on peut donner à nos martyrs c’est de leur rendre justice », a-t-il indiqué. Il ne comprend pas du tout pourquoi le procès traine. Surtout qu’il y a eu des balles tirées. Ces balles ont été récupérées et remises à qui de droit. Et tout le monde sait quelle unité utilise ces balles dans l’armée. A son avis, il faut aller à l’essentiel au lieu de se cacher derrière des lois et mettre hors des tribunaux les « politiciens déguisés en juge » qui ordonnent des libérations provisoires qu’il taxe de libérations « arrangées ».

Plus de soin depuis janvier 2017

Touché par une balle à la tête le 30 octobre 2014, Abdoul Wahab Sanou, ne sait plus à quel saint se vouer. Etudiant en deuxième année de Géographie à l’université Ouaga1 Pr Joseph Ki-Zerbo au moment des faits, il a subi une intervention pour avoir la vie sauve, mais a été obligé d’interrompre ses études à cause des séquelles. « Il ont opéré ma tête, mais je présente jusqu’à présent des séquelles d’aphasie (trouble de langage qui affecte la communication de la personne) et des crises épileptiques. Vu ces problèmes, j’ai suspendu mes études et jusqu’à présent l’Etat ne fait rien, si ce n’est la décoration et les 300 000 FCFA que l’Action sociale nous avait donnés », a-t-il confié.

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4 Les traces de la balle sur la tête de Abdoul Wahab Sanou

Depuis 2014 il recevait les soins gratuitement au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouedraogo. Mais depuis janvier 2017, il lui a été signifié de se prendre en charge maintenant. Sans emploi à cause de son handicap, c’est à lui et à ses parents de se débrouiller pour payer les produits qu’il doit prendre chaque soir avant de dormir.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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Promotion des personnes handicapées: les différents acteurs en conclave pour faciliter leur inclusion

En prélude à l’organisation du forum national des personnes handicapées, l’ensemble des acteurs du domaine du handicap se sont réunis mercredi autour d’un atelier de réflexion et d’échanges sur l’inclusion des personnes handicapées au Burkina. Présidée par le secrétaire d’Etat chargé des affaires sociales, des personnes vivant avec un handicap et de la lutte contre l’exclusion au ministère de la Femme, cet atelier vise à trouver des solutions pour faciliter l’inclusion des personnes handicapées.

SP/Comud/Handicap, Boukaré Savadogo
Le présidium à l’ouverture de l’atelier

Selon le recensement général de la population et de l’habitation de 2006, on dénombre 168 094 personnes handicapées au Burkina Faso soit 1,2% de la population totale. Ainsi, depuis 2012, le Burkina Faso dispose d’une stratégie nationale de protection et de promotion des personnes handicapées. Malgré plusieurs actions menées, la mise en œuvre de cette stratégie nationale n’a toujours pas atteint les objectifs escomptés pour les personnes vivant avec un handicap.

La preuve, renseigne le Secrétaire permanent du Conseil national multisectoriel pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées (SP/Comud/Handicap), Boukary Savadogo, les personnes handicapées sont toujours victimes d’exclusion sociale. Que ce soit au niveau environnemental où elles ont des difficultés pour accéder aux infrastructures sanitaires, scolaires et éducatives, où au niveau des représentations sociales, où jusqu’à présent elles sont toujours vues comme des agents qui ne sont pas économiques.

«Nous avons des potentialités, mais nous ne sommes pas écoutés. Même les institutions censées défendre nos droits ne sont pas gérées par les personnes handicapées qui sont les seuls à connaître leurs problèmes», a témoigné l’artiste musicien Ali Ponré à l’état civil Ali Traoré, qui a avoué que cet environnement pousse souvent les personnes handicapées à sombrer dans le néant.

Ali Ponré a invité les autorités à faire confiance aux personnes handicapées

C’est donc en vue de trouver des solutions pour faciliter leur inclusion que se tient le présent atelier de réflexion et d’échanges, en prélude à l’organisation du forum national des personnes handicapées. Une occasion pour les participants de présenter l’état des lieux de la situation des personnes handicapées au Burkina, d’examiner les difficultés que les différents acteurs et les bénéficiaires rencontrent sur le terrain et de formuler des recommandations. «Nous voulons préparer un document de travail qui va introduire le forum qui sera un cadre d’échanges direct entre le président du Faso, les membres du gouvernement et l’ensemble des acteurs du domaine du handicap», a laissé entendre Yvette Dembélé.

De ces concertations, sont attendues selon Mme Dembélé des propositions d’axes et de stratégies innovantes en vue de favoriser une réelle inclusion des personnes handicapées.

C’est pour cette raison qu’elle a invité les participants à avoir un regard analytique sur les problèmes que rencontrent les personnes handicapées afin de trouver des solutions pour faciliter leur inclusion.

Tout en espérant que cet atelier puisse permettre de changer la situation des personnes handicapées, Ali Ponré a confié: «Nous attendons ce changement qui va nous permettre de nous afficher, de nous faire comprendre et de montrer les talents que nous avons».

Madina Belemviré

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Réconciliation nationale: le HCRUN fait des propositions et recommandations

Débutée le 16 octobre dernier, la session délocalisée à Bobo-Dioulasso du Haut conseil pour réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), consacrée à la validation des travaux des sous-commissions ad hoc, s’est refermée le mercredi 26 octobre 2017.

Le présidium de la cérémonie de clôture

Cette session en effet, avait pour objet la validation des propositions des commissions ad hoc du HCRUN qui, du reste, ont eu à travailler sur cinq (05) dossiers relatifs aux blessés des évènements des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015; les décisions de justice non exécutées et dossiers pendant en justice; le contentieux administratif opposant le Syndicat autonome du ministère des Affaires étrangères à l’Etat burkinabè; les femmes déguerpies du marché de «Léguéma Logo» à Bobo-Dioulasso et les policiers et militaires radiés suite aux mutineries de 2011.

Durant dix (10) jours, les membres du HCRUN ont non seulement analysé «de façon minutieuse» les propositions faites par les sous-commissions mais aussi approfondi la réflexion entamée par ces dernières et ce, dans l’optique de proposer des voies à mêmes d’accélérer le processus de la réconciliation. Si la session s’est soldée par des propositions et recommandations, celles-ci sont pour la plupart d’entre elles réservées aux autorités du pays.

C’est Younoussa Sanfo, président par intérim du HCRUN a présidé la cérémonie de clôture de la session

La thérapie du HCRUN pour aboutir à la réconciliation nationale

Qu’à cela ne tienne, les membres du HCRUN disent avoir pris un certain nombre de recommandations et de propositions «concrètes» de nature à apporter réparation aux préjudices subis par les victimes de l’insurrection populaire et du coup d’Etat manqué. Si elles sont prises en compte, ces dernières, selon eux, permettraient de soulager les blessés d’une part, et d’autre part, d’apporter davantage de paix au climat social. Dans ce dossier, l’urgent, selon le HCRUN, c’est la prise en charge «immédiate» de 24 victimes.

Des décisions de justice non exécutées et dossiers pendants en justice, le HCRUN chiffre à plus de 600, les personnes concernées. Cette situation selon le HCRUN, a non seulement créé chez les intéressés un sentiment d’abandon par la «puissance publique» ainsi qu’un «goût inachevé» en matière de justice mais aussi et surtout mis à rude épreuve l’indépendance et l’impartialité de la justice. Dans le but d’inverser la tendance, les membres du HCRUN ont fait des propositions et des recommandations aux autorités compétentes.

Quant au dossier relatif au contentieux opposant le Syndicat autonome du ministère des Affaires étrangères à l’Etat, le HCRUN suggère un traitement privilégiant la justice transitionnelle qui serait plus apte à produire des décisions consensuelles de réparations administratives, morales et financières. Toute chose qui devrait non seulement soulager les cœurs meurtris mais aussi ouvrir la voie au pardon.

Dix jours durant, les conseillers du HCRUN ont fait des propositions allant dans le sens de la réconciliation nationale

Pour ce qui concerne le dossier des femmes du marché «Léguéma Logo» à Bobo-Dioulasso déguerpies de force en 2012, le HCRUN s’est voulu clair. De ce déguerpissement forcé, dit-il, les femmes ont subi des préjudices de trois sortes à savoir la destruction des biens, l’appauvrissement des femmes et l’atteinte morale et psychologique.

En vue donc d’une réparation appropriée des préjudices subis par ces dernières, le HCRUN suggère à l’endroit des autorités compétentes des propositions allant de l’aménagement d’un nouveau site à des compensations financières.

Comme les autres dossiers, les membres du HCRUN se sont aussi penchés sur celui relatif aux policiers et militaires radiés suite aux mutineries de 2011. Pour ce dossier, rien n’a filtré quant aux propositions et recommandations, même si elles ont été émises. Ce que l’on retient, c’est qu’elles sont réservées aux autorités concernées.

La session terminée, les propositions et les recommandations seront transmises aux autorités compétentes. Mais en attendant, le HCRUN souhaite que rien de ses propositions ne reste dans les tiroirs.

Cheick Omar Traoré

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Ces interdits et règles à connaître dans la tradition Moaga

 

En Afrique, les règles de conduite dans toutes les sociétés sont régies par la tradition. Si certaines de ces règles semblent disparaître avec l’occidentalisation de nos coutumes et mœurs, l’une d’entre elles semble inviolable face à l’avènement de la modernité: les interdits.

Les interdits existent dans toutes les civilisations africaines et plus particulièrement dans les quatre coins du Burkina. Ils sont des impératifs institués par un groupe, une société et qui prohibent un acte ou un comportement. Les interdits sont des actes condamnables pouvant entacher la noblesse d’un individu. Dans notre société braver un interdit c’est renier les règles de conduite élaborées par les ancêtres pour une meilleure cohabitation des différentes couches de la société. Au Burkina Faso, les interdits s’imposent généralement dans les relations humaines ou dans les lieux de travail. En voici quelques-uns chez les Mossé.

Un moaga. Ces anciens ont prescrit des interdits que nous respectons toujours ou pas. A chacun ses convictions. Mais il est bon de les connaître

-Un étranger ne donne jamais le motif de sa visite sans s’être rafraîchi, avoir salué et demandé des nouvelles de part et d’autre. C’est d’ailleurs à l’étranger à inviter les maîtres de la maison à recevoir ses salutations: «Wa ted pussé».

-La jeune fille ou la femme qui apporte l’eau (koom) à un hôte se doit de la boire d’abord sous les yeux de l’étranger avant de la transmettre, histoire de lever le soupçon d’empoisonnement.

-En tant que visiteur, quand on vous offre un repas, vous ne devez pas tout manger, sinon cela signifierait qu’on ne vous a pas donné assez, ou que vous êtes gourmand.

-Il faut toujours un cadeau quand on va saluer le chef: «nab pa pusd né nug zal yé»

-Les cadeaux sont un signe d’estime, d’honneur et de sympathie; un signe d’amitié. Ainsi cherche-t-on toutes les occasions de faire des cadeaux. Mais les cadeaux ne se donnent jamais de la main à la main, mais toujours par intermédiaire, jusqu’au plus influent de la suite du visiteur. On doit également remercier par le même chemin, et après seulement dire merci directement.

Un cadeau ne se refuse jamais: «kûn pa zâgesd yé». Surtout s’il était déjà présenté. Ce serait une injure. On ne peut refuser le cadeau même si l’on soupçonne de mauvaises intentions ni même si le cadeau est jugé insignifiant: «kûn ka bilf yé». On reçoit un cadeau des deux mains, mais jamais de la main gauche.

Quand on vous offre par surprise un cadeau important, sans que vous ne sachiez si c’est par sympathie ou par honneur, vous devez l’accepter en remerciant; mais vous le jetez ou vous l’affectez à un autre usage (cas de l’argent).

-Le chef ne serre jamais la main, par crainte de l’empoisonnement. Aussi, quand il serre la main, c’est une marque de confiance.

-Si quelqu’un se suicide, (pendaison par exemple), personne ne le pleure et on ne salue pas la famille.

-Une femme mariée porte son pagne jusqu’aux chevilles; les filles jusqu’aux mollets. Une femme qui s’habille comme les filles n’a pas de tenue.

-Les filles aux mœurs légères nouent leur pagne sur le devant et non sur le côté, de sorte qu’elles montrent leurs jambes en marchant; certaines le font sans arrière-pensées. Aussi, dans leurs mauvaises intentions, ces filles font exprès de faire voir leurs perles de leur ceinture ou les faire sonner (pour tenter).

-Durant les repas, les enfants doivent se croiser les jambes et rester silencieux car le repas est roi: «Saghab ya naba».

-Pour être enfant béni «bark biga», il faut respecter, aider, obéir à ses parents. L’enfant idéal est ainsi: «Bi sakedgha, ka koada, gunda». Le père est pour l’enfant le représentant de Dieu: «Ba ya wendé».

La désobéissance aux prescriptions du père est gravé; elle atteint les ancêtres et Dieu lui-même: «Bi totgha n zit naf nyaogho». Ce qui signifie: le désobéissant porte le poitrail du bœuf et en récolte le sang».

-Après comme après le mariage, il est particulièrement grave d’avoir des relations avec les femmes du «Budu» (clan, famille). On évitera même de regarder une femme du budu qui n’est pas en tenue. C’est à ces genres de manquements que l’on attribue la moralité.

-L’inceste est non seulement honteux, mais est parfois puni de mort.

-A certaines époques de l’année, les filles ne peuvent pas être envoyées chez le mari: d’abord vers juillet, parce que les courges commencent à s’étendre. Ensuite vers août, parce que le maïs comme à faire de la barbe. Enfin vers novembre parce que les arbres perdent leurs feuilles. En cas de transgression, c’est la mort ou la stérilité (pas d’enfants) selon les anciens.

-L’âge pour se marier est aussi apprécié par les anciens.

  • 15 -16 ans: trop jeune
  • 17 ans: mariage possible
  • 18 ans: ne convient pas, risque de n’avoir pas d’enfants
  • 19 ans: possible
  • 20 ans: comme 18 ans
  • 21 ans: possible

-Les causes du divorce: un délit quelconque contre la parenté de la femme (par exemple la recherche illicite d’une femme du clan allié ou le refus d’une femme du clan de se rendre chez un mari du clan allié). Etre «Swëyâ» (sorcier, sorcière). Ainsi une femme accusée d’être mangeuse d’âme est chassée. Est aussi chassée la femme qui injurie son mari en disant qu’elle n’a pas d’habit pour sortir de bon matin. «M pa tar gugu n sat béogho yé».

Connaître les interdits et les totems et de son milieu, permet de vivre en harmonie avec les autres.

Résumé d’un recueil du Centre d’Etude de Langue Mooré de Gilongou

Théophile MONE

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