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2017.12.11

Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

Petit à petit, le Burkina bascule dans l’intolérance, l’égoïsme et l’arrogance

 

Il faut être égoïste pour bloquer le fonctionnement d’un service ou d’un pays lorsqu’on revendique de meilleures conditions de vie et de travail. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Roch, le quotidien de la nation est rythmé par ces types d’actions sous le regard étonnant du gouvernement.

Les leaders du Synafi (photo d’archives)

Lorsque les agents du Trésor organisaient leur sit-in de 8h à 14h dans les locaux de la Direction générale du Trésor, ils empêchaient de nombreux contribuables d’accéder au bâtiment pour effectuer leurs opérations. Des marchés publics n’ont pas été attribués durant la période. Des paiements à des entreprises prestataires de travaux n’ont pas été effectués.

Les agents des Impôts durant leur grève ont empêché que des citoyens paient leurs impôts et taxes.

Le personnel de la santé a laissé les malades à leur sort pendant sa grève. Dieu seul sait le nombre de morts qu’il y a eu suite à ce mouvement. Actuellement, des étudiants se réclamant de l’ANEB refusent que leurs camarades suivent les cours parce qu’ils seraient en grève pour exiger la levée de la suspension d’un étudiant qui a violenté son camarade.

Les responsables du SNAID lors d’une conférence de presse

Les enseignants, pour exiger la satisfaction de leur plateforme, poussent les élèves dans la rue. Ceux-ci bloquent les axes routiers et empêchent d’autres citoyens qui voyagent dans le cadre professionnel, familial et sanitaire de passer. Parce que tout ce beau monde revendique, le pays doit arrêter de fonctionner.

Ces mouvements contribuent à ralentir l’activité économique du pays. Pourtant, c’est sur la base des impôts et taxes que les salaires, primes et indemnités sont payés.

C’est sur la base des impôts et taxes que le fonctionnement des structures syndicales est financé par le budget national. La Bourse du travail a été construite à près de 1,5 milliard de F CFA sur des fonds publics, c’est-à-dire l’argent que tous les Burkinabè contribuent à mobiliser. Les organisations syndicales reçoivent chaque année une subvention au même titre que les partis politiques mais les syndicats n’en parlent jamais. En 2016, des informations sur une dotation en carburant d’un syndicat de l’Éducation ont circulé. Pour le gouvernement, cette dotation avait pour but de contribuer aux dépenses de fonctionnement du syndicat. Malgré tout, les syndicats de la Fonction publique se comportent comme s’ils ne recevaient pas de l’argent public.

Cette Fonction publique ne contribue qu’à 20% du Produit intérieur brut (PIB). Même la contribution du secteur informel, évaluée à 30%, dépasse celle de la Fonction publique.

A l’université les étudiants s’affrontent

C’est aussi grâce à l’impôt sur les salaires que les travailleurs du privé mobilisent que les salaires sont payés à bonne date dans le public. En 2016, sur près de 82 milliards de F CFA d’impôts payés sur le salaire au Burkina, la part des agents publics ne dépassaient pas 12 milliards de F CFA. C’est dire que ce sont leurs collègues du privé qui ont mobilisé les 70 milliards de F CFA.

Il faut qu’entre Burkinabè on se regardent en face et que l’on se dise certaines vérités.

Va-t-on continuer à utiliser l’argent que les autres mobilisent pour les salaires des agents publics pendant que ces mêmes grévistes réclament des routes, la gratuité de l’école et des soins, de l’eau potable, de l’électricité, etc.?

L’attitude des syndicats qui revendiquent avec arrogance et mépris des autres citoyens commence à exaspérer les Burkinabè avec des risques d’affrontement.

Une bastonnade a eu lieu à l’université contre des étudiants qui refusent de suivre le mot d’ordre de boycott des cours de l’ANEB.

Des élèves, à Tita, ont été bastonnés par des militaires dont le convoi a été arrêté par des d’élèves. Petit à petit, on bascule dans la violence. Une violence qu’aucun syndicat, aucune organisation de la société civile ou de défense des droits humains ne dénonce.

A. K.(lesechosdufaso)

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