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2017.12.29

Citoyenneté et travail social vont de pair. Pourquoi et comment ?

Citoyenneté et travail social vont de pair. Pourquoi et comment ?

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La nécessité de reconnaître la citoyenneté comme une valeur  importante du vivre ensemble vient de nous être rappelée de façon cruelle avec la violence et les meurtres perpétrés  le 7 janvier et les analyses qui en ont suivi. Le débat porte sur l’école et la nécessité pour les enseignant de rappeler les valeurs de la République. Peu d’articles font état de cette question dans le champ du travail social. Alors qu’en est il exactement ?

Rappelons d’abord cette définition de la citoyenneté. Selon le dictionnaire Larousse c’est une « Situation positive créée par la pleine reconnaissance aux personnes de leur statut de citoyen. (Le citoyen dispose, dans une communauté politique donnée, de tous ses droits civils et politiques.). Elle st aussi définie comme le « Lien social établi entre une personne et l’État qui la rend apte à exercer l’ensemble des droits politiques attachés à cette qualité sous réserve qu’elle ne se trouve pas privée de tout ou partie de cet exercice par une condamnation pénale (privation de droits civiques« . Juridiquement, un citoyen français jouit de droits civils et politiques et s’acquitte d’obligations envers la société.

C’est une référence collective portée par des valeurs. Selon Albert Jacquard (dans Nouvelle petite philosophie, Stock, 2005): ‘’La citoyenneté peut être définie comme la participation au choix des contraintes collectives qui génèrent la liberté individuelle’’‘’Apprendre la citoyenneté, c’est prendre conscience du besoin de l’autre pour devenir soi’’ et bien évidemment nous sommes particulièrement concernés par cette dimension qui permet de  « bien vivre ensemble ».

Si aujourd’hui la citoyenneté est attachée à la nationalité, cela n’a pas toujours été le cas. ainsi à la révolution française : « Tout homme de quelques couleurs, de quelques origines, de quelques pays qu’il soit sera libre et jouira des droits du citoyen en France », (Loi du 28 septembre 1791). Ce n’est plus le cas aujourd’hui mais constatons que cette référence nous rappelle qu’être citoyen est défini par la loi qui a évoluée au fil du temps et des nécessités.

Les valeurs portées par la citoyenneté rejoignent celles des travailleurs sociaux qui dans la grande majorité tentent au quotidien de les valoriser :

 » La civilité :l s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens, mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public (ex : transports publics). C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.

Le civisme : il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne et publique. C’est agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

La solidarité : elle est importante, en effet, dès lors que les citoyens, dans une conception classique, ne sont pas de simples individus juxtaposés, mais un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun. Elle correspond à une attitude d’ouverture aux autres qui illustre le principe républicain de fraternité. Dans ces conditions, la solidarité, qui consiste à venir en aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques (ex : impôt redistributif) est très directement liée à la notion de citoyenneté. »

Tous ces éléments sont déclinés sur le site « vie publique de façon claire et objective. Ces trois valeurs donnent à la citoyenneté tout son sens en ne la limitant pas à l’exercice du droit

Le repérage de ces  dimensions et de leurs liens ténus permet d’user du concept dans un rapport d’égale dignité entre les personnes : habitants, élus-décideurs, professionnels. Chaque individu porte la trace, la mémoire, le désir, quelle que soit son appartenance individuelle, d’une appartenance citoyenne.

Or, souvent la référence de citoyenneté est « mobilisée » d’un groupe d’acteurs vers un autre comme d’une capacité manquante ou à obtenir. Cet usage tronque à tout coup une dimension du concept et installe notre interlocuteur  dans une position de hors-jeu.

Cette notion continue d’évoluer au point qu’aujourd’hui il est possible de parler de citoyenneté mondiale ou planétaire. Se penser comme citoyen, c’est aussi le premier acte d’une citoyenneté dynamique et universelle.

   https://dubasque.org/

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