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2017.12.30

Année 2017 au Burkina : Une démocratie en danger, une économie morose, un social en désastre selon Safiatou LOPEZ

Quel est le bilan politique, économique et social que l’on peut faire de l’année 2017 au Burkina ? Ce à quoi s’est attelé Safiatou LOPEZ née ZONGO dans les lignes suivantes. Découverte…

Année 2017 au Burkina : Une démocratie en danger, une économie morose, un social en désastre selon Safiatou LOPEZ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers Frères et sœurs 

Les fêtes de fin d’année sont l’occasion pour chacun de nous de se souvenir de ce qui a marqué l’année qui s’achève, que ce soit positivement ou négativement, et aussi de porter son attention vers l’année qui va commencer avec espoir et optimisme. Cette année 2017 qui s’achève me donne l’occasion de dresser un bilan sur le plan politique, économique et social de notre pays.
Ceci dit, examinons un peu la situation économique et sociale de notre pays, au regard de la gouvernance actuelle du parti au pouvoir et ses alliés. Mais auparavant, accordons-nous sur le fait que, politiquement, le Burkina Faso peine à adopter la nouvelle constitution pour tendre véritablement vers un Etat démocratique où les institutions seront véritablement au service du citoyen.

En effet, il y a actuellement des institutions de régulation de la vie démocratique, qui sont transformées en instruments de marketing politique au service de nos hommes politiques. Tous ceux qui, au nom de l’intérêt général, critiquent la gouvernance politique actuelle, sont ciblés et considérés à tort comme des ennemis qu’il ne s’agit pas d’affronter dans la contradiction et le fair-play démocratique, mais d’anéantir par tous les moyens. Comme quoi la fin justifie les moyens dit-on. Et enfin la dépolitisation de nos institutions et administrations est un leurre.

Les honnêtes citoyens surtout ceux qui critiquent afin de voir une amélioration conséquente de nos conditions de vie et d’existence, vivent dans la peur et la hantise. Mais, le pouvoir également n’est pas en reste. Car à force de vouloir épouvanter et traquer les ennemis comme le rappellent très souvent ses notables du second cercle politique par leurs comportements, le Mouvement du Peuple pour le Progrès(le MPP) et ses alliés sont arrivés paradoxalement à créer un climat malsain, dans lequel ses propres dirigeants vivent constamment dans une sorte d’angoisse et de paranoïa véritable de la perte du pouvoir et de tous avantages qui vont avec.

La démocratie burkinabè est donc bel et bien en danger. Notre devoir à tous, membres de la société civile comme citoyens ordinaires, est donc de se mobiliser afin d’imposer au MPP le retour aux vraies valeurs de la démocratie, et cela le plus rapidement possible.

Au plan social, en 2017, le désastre est consommé. L’étau de la pauvreté s’est progressivement resserré autour de notre peuple, déjà victime et impuissante d’une nature à l’hostilité insoutenable. La majorité des politiques sociales annoncée en grande pompe pendant les campagnes électorales est restée lettre morte. Et pour le toucher de visu, il suffit de faire un tour en milieu rural pour constater les corvées d’eau, les écoles sous paillottes et j’en passe.

La croissance économique tant chantée, se révèle un leurre seulement brandi pour épater les partenaires techniques et financiers et insulter l’intelligence des Burkinabè. Tout ce que les Burkinabè attendent au-delà des chiffres, c’est la concrétisation de leurs attentes principalement celles de pouvoir se nourrir, se soigner, se loger décemment et s’éduquer choses qui ne sont pas à leur portée.

Les emplois promis à la jeunesse burkinabè se révèlent, comme une sorte de marché de dupe, sinon une tromperie malveillante sciemment montée afin de davantage illusionner la jeunesse surtout. Les projets de financement des jeunes diplômés tant chantés se révèlent être en réalité un échec sur le terrain lors de la mise en application. Jusqu’à ce jour, aucun bilan fiable n’est présenté au peuple sur la mise en œuvre du programme piloté par les différents fonds de financement public. Pendant ce temps, les jeunes diplômés, tous niveaux confondus, qui sont abandonnés à eux-mêmes, se morfondent dans les villes et campagnes, abusés par les promesses illusoires d’un régime qui n’est pas à un mensonge près, puisque les mêmes rêves fallacieux sont servis avec profusion aux cadres de l’administration.

Chers frères et sœurs,

Pour nous, la solution n’est pas celle que propose le parti au pouvoir. Ces mêmes projets ont été expérimentés à son temps par le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) l’ancien parti au pouvoir, avec des résultats très mitigés voire mêmes catastrophiques. Il faut juste changer le paradigme de la question de la formation et de la lutte contre le chômage pour trouver les solutions innovantes face à ce phénomène qui du reste est une bombe à retardement.

Les étudiants, non plus, ne sont pas épargnés par la hargne aveugle de ce régime, qui, pour survivre, joue avec les ombres de la terreur et de la manipulation. Les crises à répétition à l’université, le temple du savoir, sont là pour nous donner raison.

Chers frères et sœurs

En cette année 2017, le tandem gouvernement/Syndicat a continué dans un dialogue de sourd occasionnant de nombreux jours d’arrêt de travail. Â qui la faute ? Comme vous le constater, le gouvernement actuel manque de leadership et de management face aux nombreuses revendications des travailleurs, qui nous semblent légitimes par leur pertinence et méritent donc une attention particulière. Plus grave encore, le gouvernement ne respecte pas ses engagements et promesses et mène une politique de fuite en avant en rejetant à chaque fois la faute de l’échec du dialogue sur les syndicats que de voir sa propre responsabilité.

Sur le plan de la paix sociale, est-il besoin de rappeler que l’insécurité règne maintenant partout en maître absolu dans notre pays surtout dans les endroits les plus reculés.

Nos populations vivent dans une angoisse permanente, en raison notamment des attaques répétées des terroristes contre les localités Burkinabè qui sont frontalières au Mali et au Niger.

Ces terroristes vont et viennent impunément, semant à leur passage la mort et la désolation dans les villages, pendant que les autorités, tranquillement installées dans des bunkers à Ouagadougou n’arrivent toujours pas à trouver une solution idoine à ces attaques lâches et odieuses que nous condamnons avec la dernière énergie.

Au plan économique, la gouvernance du MPP est dominée par l’improvisation et l’art de l’illusion.
Ainsi, les lancements des travaux de construction des infrastructures socio-sanitaires et routières sont nombreux, mais, pour la plupart, sans lendemain. Cela n’empêche toutefois pas le régime du MPP de comptabiliser chaque lancement dans le registre des actions concrètes menées par le Président du Faso Rock Marc Christian KABORE.

C’est le sinistre jeu de fiction auquel se livre le gouvernement, produisant ainsi des statistiques fantaisistes prioritairement destinées à la mystification des observateurs politiques étrangers, et dans une certaine mesure, à minimaliser la clairvoyance du peuple Burkinabè.

Sinon, comment est-il encore possible de croire que de tels artifices peuvent tromper nos concitoyens dont aucun homme d’État Burkinabè sain d’esprit n’ignore désormais la solide et claire conscience politique. C’est que désormais notre peuple sait parfaitement discerner le vrai du faux et faire la différence entre la promesse tenue et les tours de magie.

Au total, l’économie du Burkina, elle aussi, est en réalité au plus mal toujours aux mains d’un groupe de personnes, toujours les mêmes, amis ou alliés au pouvoir en place qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts. L’agriculture s’enlise dans l’archaïsme et les pratiques de survie. Le secteur secondaire est plombé par la corruption, et les délits d’initiés.

Le secteur tertiaire s’enfonce complètement dans l’informel. L’administration fiscale, harcelée par le pouvoir en vue de mobiliser davantage de ressources internes supplémentaires toujours un peu plus accrues mais malheureusement inexistantes, se trouve traire les entreprises survivantes, jusqu’au sang. Car à l’évidence, l’économie d’une nation ne peut s’épanouir dans la magouille, les trafics illicites de tout genre, la fraude douanière, l’évasion fiscale ou elle se fera au détriment du plus grand nombre de citoyens qui paye de force leurs impôts plus qu’il en faut. Pendant que les plus nantis ne sont point inquiétés. Le Programme National de Développent Economique et Social (Le PNDES), qui n’est plus l’ombre de lui-même tarde à se matérialiser concrètement sur le terrain.

Chers frères et sœurs, 
Voilà en résumé un tableau pas reluisant de la situation de notre pays en cette fin d’année 2017. Cette situation catastrophique créée par le régime MPP est une preuve de son tâtonnement et de ses hésitations. Cette situation a pour conséquence la note de 4,79/10 sur l’action globale du président, un sondage réalisé par le Centre pour la Gouvernance Démocratique dans le cadre du Présimètre. Cette note doit interpeller le président du Faso à plus d’abnégation pour la réussite de son programme présidentiel, qui constitue le contrat social entre lui et le peuple.

C’est donc avec reconnaissance et confiance que je souhaite une bonne et heureuse année 2018 à tous les burkinabè d’ici et d’ailleurs. Que cette année soit une année de bonne gouvernance, de justice sociale et de prise de conscience de nos dirigeants actuels.
Que Dieu vous bénisse en ce nouvel an 2018.

LOPEZ Safiatou/ZONGO

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