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2018.01.14

Violences faites aux femmes : Halte au mariage d’enfants !

La violence basée sur le genre est omniprésente et généralisée, en dépit des efforts entrepris par les Etats pour prévenir et mettre fin au fléau.

Violences faites aux femmes : Halte au mariage d’enfants !

La dix-septième révolue, Salimatou Adam raconte avoir été battue par son mari et son père quand elle s’opposa contre son mariage. « Dans la nuit, mon mari a consommé le mariage avec brutalité. J’ai fui aller chez mes grands-parents, mais mon père m’a retrouvée et m’a battue. J’ai fini à l’hôpital et j’ai été renvoyée chez mon mari. Là, j’ai subi encore plus de violences », a expliqué l’adolescente. Malgré tout, elle ne baisse pas pour autant les bras. Grâce à sa persévérance, elle finit par obtenir le divorce. A l’instar de Salimatou, nombreuses sont ces filles qui, sous le poids des traditions, des coutumes voient leurs droits les plus légitimes violés. 

Au Burkina Faso, plus de la moitié des femmes (53%) sont déjà en union en atteignant 18 ans. Face à cette situation, la lutte contre les violences faites aux femmes et aux adolescentes et leur autonomisation sont des questions indissociables et constituent une préoccupation importante pour les autorités et les ONG. Elles sont d’ailleurs mises en relief dans l’Objectif de développement durable 5 du Programme de développement durable à l’horizon 2030, dont la mise en œuvre a un impact certain sur la quasi-totalité des autres objectifs de développement durable (ODD) notamment l’ODD 8 qui traduit l’engagement de la Communauté internationale à « promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous ». Hormis cela, l’éducation des filles et des femmes est une priorité. Un enfant dont la mère sait lire a, en effet, deux fois plus de chances de survivre au-delà de l’âge de 5 ans.

En rappel, lors du débat général de la 61e session de la Commission de la condition de la femme tenu le 15 mars dernier, à New York, Laure Zongo/Hien, le ministre en charge de la femme, avait déclaré ceci : « Malgré les progrès réalisés, de nombreux défis demeurent encore pour faire de l’autonomisation de la femme une réalité ». En effet, le difficile et l’inégal accès aux services sociaux de base, à la technologie, au financement (…) restent toujours une préoccupation, tant ces facteurs impactent négativement l’accès des femmes au travail décent et au plein emploi productif.

De ce fait, le président du Faso, Roch Kaboré, a organisé ses priorités autour du « développement du capital humain » en particulier celui des femmes et des jeunes comme acteurs dynamiques au développement. Des actions fortes ont été entreprises, parmi lesquelles l’adoption de la loi portant prévention, répression et réparation des violences à l’égard des femmes et des filles et prise en charge des victimes ; le renforcement des services sociaux scolaires en vue de contribuer à réduire le taux d’abandon scolaire ; la mise en œuvre de programme d’autonomisation économique de la femme à un budget annuel de plus de 5 000 000 000 de FCFA.

Main dans la main agissons ensemble pour que les femmes et les filles du Burkina Faso puissent vivre à l’abri de toute forme de violences.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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