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2018.01.19

Personne n’a intérêt à ce que l’incivisme perdure et prenne du galon

 

Un convoi militaire

Lors des manifestations des élèves entrant dans le cadre de leur soutien à leurs enseignants, le mardi dernier, à Boussé, des scolaires ont barré la route aux usagers. Malheureusement, un incident s’est produit: un garçon a été blessé par un projectile. Et des gens mal intentionnées s’en sont saisies pour sortir tous les mots durs pour qualifier la réaction des militaires et des autorités face à cet acte barbare des élèves. Heureusement et pour savoir de quoi tout cela retourne, notre confrère Yacouba Ouédraogo est allé à l’hôpital Blaise Compaoré voir le blessé et a rapporté ce témoignage.

«J’ai été à l’hôpital, et je l’ai vu, ce garçon de Boussé. Il parle, sait où il était et ce qu’il faisait quand est survenu ce qui lui est arrivé.

A l’hôpital, j’ai vu son père, et d’autres membres de sa famille. J’y ai vu des représentants de l’administration scolaire, des FDS.

Chapeau à Yaye Yat. Madame le gouverneur, le bref échange que j’ai eu avec vous m’a rassuré que, parmi nos autorités, il y en a qui demeurent humains, avec un cœur pour sentir la douleur d’autrui. Quand vous êtes répartie, le vieux au boubou gris s’est exclamé: « walaï ti paaga ya nin songo. Wenna yao wa. »

L’hôpital Blaise Compaoré n’a pas toujours eu bonne réputation. Mais je m’en voudrais de ne pas témoigner: le corps médical en charge de mon jeune frère de Boussé est très dévoué.

Prompt rétablissement à toi. Le corps médical est très optimiste.

Dans ce Burkina où les gens savent sans avoir su, j’ai fait le choix de ne pas me fier aux vérités péremptoires. La vérité n’est pas multiple et elle est à la portée de qui tient à elle.

Dieu accorde la sagesse aux habitants du Burkina Faso.» Amen!

Notre confrère s’y est rendu en début d’après-midi du mercredi 17 janvier.

De son témoignage après un échange que nous avons eu au téléphone, le blessé n’était pas dans la manifestation. Il vaquait à des occupations loin du théâtre des opérations.

Les élèves auraient voulu s’en prendre à un convoi militaire. On aurait entendu dans la foule en substance «ne les laissons pas» en langue moore.

Ces soldats pouvaient-ils alors se laisser faire sous prétexte que nous sommes dans un Etat de droit? Devaient-ils fuir et laisser la logistique, l’armement et les munitions aux mains de ces garnements? Absolument pas.

Dans ces conditions, ils ont effectué des tirs de sommation. Et c’est dans sa chute qu’un projectile a atteint le jeune homme. Pour être tombé sur la jambe, le projectile pouvait aussi tomber sur sa tête. Et le pire serait arrivé.

C’est une façon d’attirer l’attention de tous: politiciens, OSC et surtout parents. Nous devons éduquer nos enfants à ne pas défier la puissance publique, à avoir du respect pour plus âgé que soi et à honorer son prochain. Les militaires partaient au front pour relever leurs camarades. Déjà, ils partent sans être sûrs de revenir. Ils abandonnent les leurs pour aller sacrifier leurs vies pour que des galopins s’amusent à barrer des routes.

Ils allaient à la guerre et on y va avec du matériel de guerre. Ce n’est pas avec des matraques ou des grenades lacrymogènes. On y va avec du matériel qui tue. Le militaire ne fait pas de maintien d’ordre donc il n’a pas de contact avec des manifestants pour que ces derniers veuillent entraver leur mission. Il faut que nous le fassions savoir à nos mômes.

Un enfant qui ne sait pas qu’on ne se met pas en travers de la route de militaires est un enfant mal éduqué qui risque la mort. N’ayons pas peur des mots.

Déjà, à Pâ, des élèves avaient barré la route à un convoi militaire qui allait pour une sécurisation de routine de la fête de l’indépendance à Gaoua. Ils en ont eu pour leur audace. Bravo aux soldats!

Evitons d’encourager les jeunes jusqu’au-delà de l’irresponsabilité! Barrer une route est un jeu pour eux mais les conséquences sont incommensurables pour tous. Et vouloir tirer des dividendes politiques de tels actes est ignoble. Qui dit que des terroristes ne pouvaient pas infiltrer les manifestants pour s’en prendre à la relève et retarder sa progression ou pour saper le moral des combattants?!

Personne n’a intérêt à ce que de tels actes prospèrent dans le pays. Nous le disons et nous n’aurons de cesse de le répéter, l’ancrage de l’incivisme dans notre quotidien n’arrange personne. Mêmes ceux qui sont dans l’opposition et qui aspirent à gérer le pouvoir d’Etat. Le jour où ils y parviendront, ils trouveront un incivisme encore plus dur que ce que le pouvoir du MPP vit aujourd’hui.

Au chevet du patient, notre confrère a trouvé des personnalités mobilisées pour porter assistance et réconfort au malade et à ses parents. Ce n’est pas parce que des gens en ont parlé qu’il y a eu une telle mobilisation. Cet incident malheureux doit servir de leçon.

Prompt rétablissement au blessé.

L’Impertinent(lesechosdufaso)

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