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2018.01.14

La femme africaine doit-elle avoir honte de demander la main de l’homme qu’elle aime en mariage?

D’ordinaire, c’est l’homme qui fait la cour à la femme. C’est aussi lui qui prend l’initiative de demander sa main en mariage à ses parents. Cela est devenu une sorte de conformisme traditionnel. Aussi les conservateurs purs et durs ne conçoivent pas que la femme africaine brise le tabou en demandant la main de son petit ami en mariage. Non seulement c’est honteux à leurs yeux, mais c’est aussi impudique. Mais les temps et les mentalités ont changé. Les femmes sont plus dégourdies et émancipées. Aujourd’hui elles savent oser et faire le premier pas surtout quand elles aiment leur homme et ne veulent pas le perdre. Cela suffit-il?

Si ailleurs cela se fait, en Afrique, demander son homme en mariage n’est pas chose facile

«Veux-tu m’épouser?» En Afrique, et sans doute sur d’autres continents, la demande en mariage reste l’apanage des hommes. Car même en dépit de l’évolution de la place de la femme dans la société et dans le couple, la plupart des femmes africaines se trouvent toujours dans l’impossibilité de faire certaines choses: l’influence des traditions reste tellement forte sur les comportements que l’homme, «le sexe fort», a toujours le privilège de mener toutes les danses. En effet Beaucoup sont ceux qui sont réfractaires à l’idée que la femme pose la première le genou à terre pour demander à son copain de l’épouser. «C’est gênant. A moins de passer par une intermédiaire», entendent-on souvent dire. D’autres, par contre, trouvent cette démarche de la femme assez sympa et charmante du moment où elle est à part entière une entité du couple à venir. Certaines femmes renchérissent cet argument en disant que si elles aiment leur homme, ne souhaitent pas jouer avec lui ou le perdre, elles préfèrent lui avouer ouvertement leur intention de convoler en juste noce, demander sa main s’il le faut, quitte à être la risée des gens.

Les femmes n’osent pas peur d’être mal comprises ou d’être dépeintes comme de vieilles filles désespérées à la recherche un point de chute
Généralement, la demande en mariage reste l’apanage des hommes

Enfin, certaines burkinabè estiment qu’il n’y a aucun mal à demander un homme en mariage. Cependant, si la relation ne marche pas, cet homme pourrait vous cracher à la figure comme quoi il ne vous a pas choisie! Pour elles, certains hommes peuvent ne pas comprendre la portée de leur geste, les traiter de tous les péchés d’Israël et leur demander, par cynisme, les moyens financiers pour passer devant le maire. Toute chose qui serait humiliant pour la femme si d’aventure elle est pauvre.

En définitive, les femmes ont beau revendiquer leur liberté et leur autonomie, elles franchissent rarement le pas de certains principes traditionnels. Leur éducation et le poids de la tradition ne leur permettent pas encore de franchir le Rubicon. Au Burkina, une femme qui ose faire le premier pas dérange et risque d’essuyer un grand nombre de critiques pour une telle audace. Elles ont peur d’être dépeintes comme de vieilles filles désespérées à la recherche un point de chute. La peur d’un début d’irrespect et de divorce programmé. Comme quoi l’égalité entre l’homme et la femme et partant, le genre, ont encore du chemin à faire. Demain n’est pas la veille.

Théophile MONE(lesechosdufaso)

Financement de la santé et capture du dividende démographique : Une feuille de route pour opérationnaliser la « déclaration de Ouagadougou »

La problématique du financement adéquat du secteur de la santé et la capture du dividende démographique avait réuni des parlementaires des pays membres de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad, en juillet 2017 dans la capitale burkinabè. Cette rencontre de haut niveau avait abouti à une déclaration dite de Ouagadougou dans laquelle figuraient des engagements politiques forts. En vue de définir et valider la feuille de route pour l’opérationnalisation de la déclaration de Ouagadougou, un atelier technique réunit des parlementaires des pays suscités, ainsi que des partenaires techniques et financiers, du 08 au 09 janvier 2018, à Ouagadougou.

Financement de la santé et capture du dividende démographique : Une feuille de route pour opérationnaliser la « déclaration de Ouagadougou »

 La rencontre régionale de haut niveau sur le financement adéquat de la santé, du dividende démographique et des politiques de population et développement organisée en juillet 2017 était l’initiative de l’organisation Ouest-africaine de la santé (OOAS) et l’Assemblée nationale du Burkina. Elle avait été favorablement accueillie par les parlements des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi de la Mauritanie et du Tchad. Ainsi, le document issu de cette rencontre avait été intitulé simplement « déclaration de Ouagadougou ». Au titre des engagements, les parlementaires avaient convenu, entre autres de :

- œuvrer à faire des arbitrages conséquents aux projets de budget des Etats, afin d’obtenir des accroissements annuels successifs d’au moins 2% des budgets nationaux alloués au secteur de la santé, avec en perspective d’atteindre l’objectif minimum de 15% de la déclaration d’Abuja à l’horizon 2020 ;

- accorder une bienveillante attention à l’examen de toutes les questions relatives aux politiques nationales de population, de développement et de santé, en vue de contribuer au succès de la transition démographique, dans la perspective de la capture du dividende démographique pour accélérer la croissance économique.

Un atelier pour définir des stratégies

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Nous avons posé des actes qui nous donnent la légitimité de défendre le sujet, rassure Dr Tamboura

Ainsi, pour opérationnaliser la mise en œuvre de ces engagements, l’OOAS, l’Assemblée nationale du Burkina et AgirPF, ont commandité une consultation chargée de proposer un projet de feuille de route. L’atelier des 08 et 09 janvier 2017 vise donc à discuter, enrichir et valider cette feuille de route par les différents acteurs clés du processus. « Il s’agit de se retrouver ce matin pour valider la feuille de route de la mise en œuvre de la déclaration de Ouagadougou. Cette déclaration avait été prise en juillet dernier sur deux défis principaux : améliorer la santé du financement de la santé ; capturer le dividende démographique. Concrètement, il s’agit pour l’ensemble des partenaires qui avaient participé à ces travaux en juillet de se retrouver, définir les chemins, les stratégies par lesquelles nous allons réaliser effectivement ces engagements », a expliqué Ousséni Tamboura, Président du comité d’organisation de la rencontre de haut niveau. De manière spécifique, il s’agira de :

- examiner dans les détails les propositions d’actions et/ou d’activités ;

- identifier clairement les acteurs et décliner leurs responsabilités ainsi que les échéanciers ;

- définir les mécanismes et les modalités concrètes de financement de la feuille de route ;

- définir le cadre et les modalités pratiques de suivi et d’évaluation de la mise œuvre de la feuille de route ;

- s’accorder sur les prochaines étapes de la mise en œuvre de la feuille de route

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Quelques participants

Dans l’organisation de cette initiative régionale, le parlement du Burkina bénéficie de l’appui du projet AgirPF, un projet régional financé par l’USAID. « Nous sommes convaincus qu’aucun pays ne peut se développer sans la transition démographique. Pour la capture du dividende démographique, vous avez besoin de compter sur les performances au niveau de l’éducation, de la santé, en matière de création d’emplois. Or, vous ne pouvez pas avoir des performances dans le secteur de l’éducation si vous ne réduisez pas la pression sur le secteur… », soutient Dr Martin Laourou, conseiller en politiques du projet AgirPF.

Moussa Diallo
Lefaso.net