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2018.01.14

Santé et croissance du jeune enfant : Les résultats préliminaires du Sanmatenga dévoilés au cours d’un atelier

Ce jeudi 11 janvier 2018, à Ouagadougou, s’est ouvert l’atelier de présentation des résultats préliminaires de l’étude menée sous le thème « évaluation coût/efficacité de l’utilisation de quatre suppléments alimentaires sur la santé et la croissance du jeune enfant, dans la province du Sanmatenga ». Il s’est agi au cours de cet atelier de faire la présentation des principaux résultats obtenus par les acteurs de la recherche sur la santé et la nutrition au Burkina Faso.

Santé et croissance du jeune enfant : Les résultats préliminaires du Sanmatenga dévoilés au cours d’un atelier

Evaluer l’efficacité et la rentabilité de quatre formulations de suppléments alimentaires dans un contexte de prévention du retard de la croissance chez l’enfant de 6 à 23 mois. C’est bien de cela qu’il s’est agi au cours de l’évaluation du programme d’aide alimentaire du bureau Ford for peace (FFP) de l’USAID (United States agency international development), réalisée par le Friedman school of nutrition science and Policy de Tufts University en collaboration avec l’Institut de recherche en sciences de la santé(IRSS) dans le Sanmatenga avec pour consigne de faire des recommandations.

En effet, Pour le docteur Laetitia Ouédraogo de l’Institut de recherche en sciences de la santé(IRSS), il était question de comparer l’efficacité et le coût de quatre formules alimentaires de l’USAID utilisés dans la politique de l’aide alimentaire des Etats-Unis. Plus concrètement, « c’est un essai clinique qui visait à savoir de l’ensemble des quatre suppléments que sont le CSB+, le CSB14, le SC+ et le RUSF, quel était l’aliment le plus efficace pour prévenir la malnutrition chez les jeunes enfants de 6 à 23 mois », a indiqué le docteur Ouédraogo. Des conclusions qu’elle a pu tirer de l’étude menée, il semblerait que le CSB+ demeure le plus efficace pour la prévention de la malnutrition aiguë et du retard de croissance chez les enfants de moins de deux ans dans la province du Sanmatenga.

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Le représentant du ministre de la santé, Valentin Sissao,« Nous accueillons très favorablement cette étude et nous attendons des résultats qui puissent nous permettent de façon scientifique de prendre des grandes décisio

Le représentant du ministre de la santé, Valentin Sissao, a dit accueillir favorablement l’étude et être en attente des conclusions. « Nous accueillons très favorablement cette étude et nous attendons des résultats qui puissent nous permettent de façon scientifique de prendre des grandes décisions », a-t-il fait savoir. Poursuivant, il a soutenu qu’il était plus que nécessaire de s’adonner à l’utilisation des produits locaux ce, suite à la saisie de certains produits laitiers. « Avec le scandale des produits laitiers de nourrisson de ces derniers jours, nous avons intérêt à utiliser nos produits locaux que nous maitrisons », a poursuivi le représentant du ministre de la santé.

Pour rappel, l’étude est financée par l’USAID et s’appuie sur la plateforme du projet Victoire contre la malnutrition(ViM) avec le concours d’ACDI/VOCA ainsi que de l’ONG Save the Children. Elle a couvert les quatre communes du Sanmatenga (Pissila, Barsalogho, Namissigma et Kaya) et a permis d’enrôler et de suivre une cohorte de plus de 6000 enfants. Les activités de terrain, elles, ont duré deux ans, soit du 12 août 2014 au 22 décembre 2016.

Tambi Serge Pacôme Zongo (Stagiaire)
Lefaso.net

Santé en milieu carcéral : Le projet « PRISONS » présente ses résultats

Rendre nos prisons plus humaines. C’est l’esprit qui a guidé la mise en œuvre du projet PRISONS : « Améliorer les conditions sanitaires des établissements et lieux de détention au Burkina Faso ». Lancé en avril 2017, ce projet initié par Expertise France, avec le soutien de Prisonniers sans frontières, s’est penché sur les conditions sanitaires, d’hygiène, d’accès à l’eau et à l’assainissement des détenus, à travers une enquête. La restitution des résultats de l’étude s’est tenue ce vendredi 12 janvier 2018, à Ouagadougou.

Santé en milieu carcéral : Le projet « PRISONS » présente ses résultats

D’un coût évalué à environ 559 millions de FCFA, ce projet, d’une durée de 27 mois, a permis de mener une enquête dans 26 Maisons d’arrêt et de correction (MAC) , un centre pénitentiaire agricole et un centre pénitentiaire pour mineur. Conduite par les acteurs des ministères de la justice et de la santé, cette enquête, selon le directeur général de l’offre des soins au ministère de la santé, docteur Samba Diallo, a permis de constater l’état défectueux de certains compartiments des Maisons d’arrêt et de correction (MAC) et de mesurer les connaissances des détenus sur les mesures d’hygiène.

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Dr Arouna Traoré, coordonnateur du bureau d’Exprtise France au Burkina

Ainsi, de cette étude où 787 détenus ont participé à l’enquête, il en ressort que les MAC du Burkina connaissent une surpopulation de 36 % (avec une capacité théorique nationale de 4980 détenus, les MAC renferment 6368 détenus en 2017). L’enquête révèle par ailleurs que sur les 27 MAC visitées, 6 ont une infirmerie disposant de locaux de plus d’une salle (MACO, PHS, Bobo , Ouahigouya, Gaoua et Tenkodogo), 20 ont un seul local faisant office d’infirmerie et une MAC, notamment celle de Yako, ne dispose pas d’infirmerie. La majorité du personnel soignant seraient des infirmiers d’Etat et des infirmiers brevetés.

S’agissant des questions d’eau, d’hygiène et d’assainissement, il est a noté que l’ONEA demeure la principale source d’approvisionnement des établissements pénitentiaires. Aussi, que 90% des cellules seraient dotées de fenêtres dont l’emplacement permet la circulation de l’air dans la majorité des cas. Selon l’enquête, les détenus reçoivent un repas par jour (midi) dans la majorité des cas. C’est dans l’optique donc d’humaniser les prisons, selon le Dr Arouna Traoré , coordonnateur du Bureau santé d’Expertise France au Burkina , que ce présent projet a vu le jour, afin que le détenu , privé de tous ses droits d’aller et venir, conserve son droit à la santé.

Renforcer les mesures d’hygiène

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Ministre de la justice, René Bagoro

De l’avis du ministre de la justice, René Bagoro, le rapport de cette étude est un outil sûr de plaidoyer. En effet, dit-il, la santé en prison reste un défi à relever. « En considérant les déterminants de la santé, on se rend compte qu’au niveau des établissements pénitentiaires, les conditions d’hygiène sont précaires, les installations sanitaires sont sommaires, la qualité de l’alimentation est décriée et les comportements à risque pour la santé sont courants » a-t-il relevé. Pour lui, il y a nécessité d’agir sur l’offre de santé en milieu carcéral pour éviter que l’état de santé du détenu nécessite une référence en dehors de l’établissement sanitaire. « Des évasions au niveau des établissements pénitentiaires sont réfléchies et réussies autour de la question » a noté le ministre des droits humains.

Et d’ajouter que la nécessité de mieux organiser les interventions sanitaires a conduit récemment, à la création d’une direction centrale de la santé et de l’action sociale au niveau de la direction générale de la garde de sécurité pénitentiaire. Tout en promettant une bonne mise en œuvre du projet, le ministre de la justice a rassuré que les conclusions issues des présents travaux, seront examinées de façon diligente.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net