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2016.10.20

L’Afrique Subsaharienne compte 389 millions de pauvres

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, en anglais « End of poverty day » chaque 17 octobre, la Banque mondiale a convié les acteurs du monde agricole à une vidéoconférence. Depuis Washington, l’institution internationale a partagé avec 11 pays francophones et 17 pays anglophones les conclusions du rapport sur l’agriculture en Afrique.

       
L’Afrique Subsaharienne compte 389 millions de pauvres

« De l’humiliation et l’exclusion à la participation : Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes », est le thème sous lequel cette journée a été célébrée ce 17 octobre 2016, au Bangladesh. Au Burkina Faso, cette journée a d’abord été ponctuée par une visite de terrain effectuée le 13 octobre dernier dans la région du Plateau Central, pour constater les investissements de la Banque mondiale à travers ses partenaires que sont le Programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP) et le Projet d’amélioration de la productivité agricole et la sécurité alimentaire (PAPSA).

Pour marquer d’une pierre blanche cette journée, dans la soirée du lundi 17 octobre, la représentation nationale de la Banque mondiale a convié dans ses locaux à Ouagadougou, les acteurs du monde agricole. Cela pour suivre par vidéoconférence les conclusions du rapport intitulé : « L’agriculture en Afrique : les priorités des dépenses publiques ».

En raison de la fracture linguistique, les 17 pays anglophones et les 11 pays francophones dont le Burkina se sont entretenu séparément avec Washington, siège de la Banque mondiale. Les autres pays francophones sont : le Burundi, le Cameroun, la Côte d’ivoire, le Congo, le Mali, Madagascar, la RD Congo, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

41% des pauvres en Afrique subsaharienne

Dès l’entame, un tour de table, du moins, un tour de pays a été fait pour permettre aux différents acteurs déjà de camper le décor avant la présentation du rapport. C’est ainsi que le Burkina par la voix de Lionel Yaro, chargé de communication de la Banque mondiale au Burkina, a fait part aux autres pays de la visite de terrain effectuée le jeudi 13 octobre 2016.

Place à la présentation des conclusions du rapport qui a été faite part Pablo Fajnzylber, Directeur au pôle mondial d’expertise, depuis le Mozambique. De ce rapport, il ressort qu’en 2013, 767 millions de personnes dans le monde vivaient en dessous du seul de pauvreté qui est de 1,90 dollars US soit moins de 1000 fcfa. Donc 11 personnes sur 100 étaient dans une extrême pauvreté sur notre planète. Malgré une baisse de l’ordre de 4 millions de pauvres, l’Afrique subsaharienne totalise 41% des personnes pauvres dans le monde. Soit un total de 389 millions de pauvres. 80% des personnes pauvres sont non seulement jeunes mais rurales et 64% vivent de l’agriculture. Donc en moyenne, 75% vivent en Afrique Subsaharienne dans la pauvreté.

Dans ce tableau noir, nait une lueur selon toujours le rapport. En effet, des pays comme le Cambodge, le Mali (avant la crise de 2012), l’Ethiopie, le Ghana et bien d’autres, ont connu une évolution dans la croissance. Cela grâce à l’accroissement de la productivité dans le domaine agricole.

32% d’enfants malnutris en Afrique au Sud du sahara

Dans la même lancée, Simeon Ehui, Directeur au pôle mondial de de compétence sur l’agriculture, a pris la parole depuis Washington. Selon les chiffres qu’il a avancés, 220 millions de personnes sont chroniquement sous-alimentées et ce chiffre a augmenté négativement de 23%. C’est ainsi qu’en Afrique Subsaharienne, 32% des enfants ne reçoivent pas suffisamment de micronutriments, ce qui veut dire qu’ils sont malnutris. Il s’est avéré selon les études ajout-t-il, qu’investir dans l’agriculture permet d’améliorer efficacement deux à quatre fois plus le revenu des ménages qui vivent dans la pauvreté. Dans le monde, précise-t-il, 200 millions de terres sont disponibles et cultivables avec la moitié de ces terres en Afrique Subsaharienne.

Par ailleurs, Simeon Ehui, a énuméré un certain nombre de solutions qui peuvent aider l’Afrique et le monde à sortir progressivement de cette gangrène qu’est la pauvreté. Il s’agit du développement des nouvelles technologies, de rendre performent les cultures vivrières, d’avoir une politique économique saine, non discriminatoire qui permettra l’accès de la femme à la terre et aux crédits. Pour lui, l’Afrique a de bonnes raisons d’espérer, mais il y a beaucoup à faire dans la gouvernance, le leadership politique, l’augmentation du financement pour l’agriculture, l’accès au marché.

A l’issue de cette présentation, s’en est suivi la phase de questions réponses. Pourquoi les subventions aux engrais n’ont pas le rendement escompté ? Quand la qualité du sol est basse, le rendement ne peut qu’être bas aussi. En dehors de la recherche, quels sont les leviers pour booster l’agriculture ? Il y a l’économie d’échelle qui permet un travail d’ensemble pour augmenter la productivité, le prix des marchés, la bonne chance avec le climat. Mais aussi la paix car lorsque les conflits diminuent, la production augmente. Sans oublier le capital humain qui est important, donc il faut la formation professionnelle.

Comme exemple, le Rwanda a investi 3% de son budget dans l’agriculture. Ce qui a augmenté sa croissance agricole de 7% avec une réduction de la pauvreté de près de 22%. Idem pour l’Ethiopie avec un accroissement de 5% dans la productivité agricole, le taux de pauvreté a baissé de 33%.

Notons qu’il y a des pays comme la Zambie, le Mozambique où l’augmentation du rendement agricole n’a eu aucun effet sur la réduction du taux de pauvreté. Aussi, la qualité des dépenses compte en ce sens que si tout le budget alloué à l’agriculture sert « à payer les fonctionnaires assis dans les bureau », rappelle Simeon Ehui, il n’y aura pas de changement. Malgré les 45 milliards de dollars US que la Banque mondiale dépense sous forme de subvention.

A la fin de cette vidéo conférence, Boubacar Barry, représentant du ministère de l’Agriculture et des aménagements hydrauliques, confie que son département en dehors des fonds et projets travaille « à subventionner les intrants agricoles ». Cela aide en partie « à la réduction de la pauvreté ».
Elisée Ouedraogo, Economiste principal agricole à la mission résidente de la Banque mondiale au Burkina Faso, confie que « lorsqu’on investit dans l’agriculture, on peut avoir des résultats importants quant à la réduction de la pauvreté ». Pour lui, « l’efficacité et l’efficience de la dépense publique peut aussi contribuer à la réduction de la pauvreté ». Et la subvention « est efficace quand elle est vraiment ciblée », ajoute-t-il.

Rappelons que 53 pays avaient signé le protocole de Maputo en juillet 2003 qui demandait d’allouer 10% des budgets nationaux à l’agriculture. Le Burkina Faso, tout comme la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Malawi et l’Ethiopie, font partie des pays qui appliquent cette mesure.

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2016.10.19

Droits humains : Une loi pour protéger et promouvoir les droits des personnes âgées

En 2006, selon les données du Recensement général de la population et de l’habitat, le Burkina Faso comptait 712 573 personnes âgées de 60 ans et plus, soit une proportion de 5,1% de la population totale résidente. Ces personnes du 3e âge, comme on les appelle, ne bénéficient pas véritablement d’une protection juridique efficace, car le cadre normatif actuel n’est pas adapté à leur situation. Pour corriger cette anomalie et se conformer aux dispositions internationales en la matière, le pays des Hommes intègres a entrepris l’élaboration d’un projet de loi en faveur de cette frange de la population. Soumis à l’Assemblée nationale, ce projet de loi a été adopté, à l’unanimité, le 17 octobre 2016.

       
Droits humains : Une loi pour protéger et promouvoir les droits des personnes âgées

C’est depuis 2002 que le Burkina a entrepris l’élaboration du présent projet de loi. L’objectif poursuivi est de reconnaître les droits des personnes âgées à travers un texte spécifique afin de prendre en compte leur situation parfois précaire. Cette reconnaissance aura l’avantage d’interpeller les différents acteurs de la vie sociale à consentir des efforts pour la réalisation des droits des personnes âgées. Dans le processus, deux ministères se sont appropriée cette préoccupation afin qu’elle connaisse un aboutissement heureux. Il s’agit du ministère en charge des droits humains et du ministère en charge de la solidarité nationale. Aussi, différents départements ministériels, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers intervenant dans le domaine des personnes âgées au Burkina ont été associés aux discussions.

Avec son adoption le 17 octobre, c’est un ouf de soulagement pour les personnes âgées. « Je suis dans une joie débordante parce que pour nous la nuit a été longue mais le jour est arrivé. Le travail a commencé depuis 2011. Je pense qu’aujourd’hui, avec l’adoption de cette loi, l’Assemblée nationale rétablit la justice dans la société. Maintenant, la société burkinabè est une société pour tout le monde. Maintenant, nous avons une loi qui va nous permettre d’agir dans la légalité », s’est réjoui Vitalien Poda, président du conseil national des personnes âgées du Burkina.

Dans ce contexte où l’individualisme est en train de prendre le dessus sur tout, la prise de cette disposition spécifique pour protéger et promouvoir les droits des personnes âgées était une nécessité. « L’adoption de cette loi va permettre l’amélioration des conditions de vie et de la qualité de vie des personnes âgées », a précisé Laure Zongo/Hien, la ministre en charge de la solidarité nationale.

En effet, il est prévu dans cette loi la création de centres de gériatrie pour les personnes âgées, l’établissement d’une carte de personne âgée qui donne droit à des avantages dans le domaine des transports et de la santé. Cet instrument juridique permet d’accorder un regard spécial à ces personnes âgées qui demeurent des personnes ressources dont l’expérience et la sagesse seraient plus qu’utiles à la société.
Le projet de loi a été certes adopté. Mais, il faut encore des textes d’application pour une mise en œuvre efficace. « Pour l’opérationnalisation de la loi, nous avons quatre projets de décrets déjà prêts que nous allons dans les meilleurs délais soumettre en conseil de ministres pour permettre la mise en œuvre effective de cette loi », a assuré Laure Zongo/Hien.

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2016.10.18

Lettre ouverte au président du Faso : peut-on avoir un enseignement de qualité sans manuels scolaires ?

Lettre ouverte au président du Faso : peut-on avoir un enseignement de qualité sans manuels scolaires ?
© DR / Autre Presse
 
Lettre ouverte au président du Faso : peut-on avoir un enseignement de qualité sans manuels scolaires ?
 
Excellence Monsieur le Président, Nous venons, très respectueusement, vous adresser cette lettre ouverte dans l’espoir qu’avec la diligence qui vous est reconnue, vous la lirez et qu’une solution sera trouvée au problème récurrent et grandissant des manuels scolaires du primaire au Burkina Faso.


Depuis plusieurs décennies, des imprimeries étrangères avaient le monopôle de la production des manuels scolaires du primaire par manque de capacités réelles nationales. Mais, depuis, les choses ont nettement évoluées et plusieurs imprimeries de la place ont largement investi et embauché pour satisfaire la demande.

Après plusieurs années de lutte, l’Etat a fourni des efforts afin que les entreprises Burkinabè puissent, enfin, prétendre soumissionner à des appels d’offres malgré le handicap qu’elles supportent dans ce domaine. Comme les marchés d’acquisition des manuels sont des appels d’offres internationaux, il sied de remarquer que les entreprises étrangères ont l’avantage d’exécuter le marché hors taxes et hors douane et sans, pour autant, créer le moindre emploi pour les burkinabés. Cependant, les entreprises locales importent les matières premières en toutes taxes comprises (Douanes et TVA + transport) et contribuent, par les différentes impositions comme les IUTS, le BIC et les cotisations à la CNSS, à la mobilisation des recettes fiscales de notre cher pays.

Par contre, ces entreprises étrangères en plus d’avoir des appels d’offres nationaux bénéficient de subventions sous forme de défiscalisation sur les exportations que leurs états leurs octroient.

Nous venons, Excellence monsieur le Président, par cette lettre, vous poser le problème de production des manuels qui est pris en otage depuis plus d’une année à cause des difficultés procédurales. En effet, pour le cas spécifique de l’appel d’offres de juin 2015, quatre (04) entreprises locales ont été attributaires de tous les lots parce que les offres des autres entreprises étrangères n’étaient pas, techniquement, conformes. Sont de celles-ci DAR EL FIKR du Liban, LOVELY de l’Inde et l’entreprise BETA de la Tunisie. Mais l’entreprise BETA a décidé de déposer une plainte auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) pour contester les résultats ; estimant que les griefs, pour lesquels elle a été écartée, n’étaient pas valables. En délibéré, l’ORAD (Organe de Règlement à l’Amiable des Différends) a demandé à ce que la Direction des Marchés Publics du MENA écrive en Tunisie pour vérifier la conformité du chiffre d’affaire de l’Entreprise tunisienne et en tirer les conséquences de droit.

Après plusieurs mois d’attente, aucune réponse ne s’en est suivie et, dans le même temps, les plus hautes autorités de la transition ont interpelé le SP de l’ARCOP quant au délai d’attente qui se prolonge au détriment de l’intérêt supérieur des enfants de ce pays bénéficiaires des livres. Mais le dossier est quand même resté bloqué jusqu’à ce jour.

Il est surprenant de constater que la mission initiale de fournir à tout élève, des livres pour favoriser l’éducation, passe au troisième plan, bien après l’imbroglio des procédures administratives dans lequel ce dossier est embourbé depuis plus d’un an et bien après les considérations amères d’un imprimeur qui, habitué à avoir la main mise sur une partie de notre Administration, refuse que ce marché puisse lui échapper.

Nous avons dénoncé ce long délai d’attente (plus de 07 mois) dans la presse (voir Journal le pays n°6120 du 14 juin 2016) et, curieusement, quelques jours après, nous apprenons que la réponse est venue par voie diplomatique pour attester de la conformité du chiffre d’affaire de l’entreprise BETA. Il se pose, dès lors, la question de savoir s’il est normal de n’imposer aucun délai de réponse pour un dossier qui a un délai d’exécution et qui est lié à un exercice budgétaire et, de surcroit, qui a trait à la satisfaction de l’intérêt général puisqu’il s’agit de l’éducation de nos enfants.

Ce litige a eu pour conséquence la non-exécution des dits marchés et la non disponibilité des livres pour l’année scolaire 2015-2016.Le même scénario semble se produire pour l’année 2016-2017.

Excellence Monsieur le Président, deux années consécutives sans manuels scolaires pour les élèves, nous pensons que c’est trop. Si, réellement, l’éducation fait partie des priorités de l’Etat comme cela peut se constater dans votre Programme de développement économique et social (PNDES) et nous n’en doutons point, quelque chose devrait être faite pour éviter de tels scenario qui n’honore pas notre très chère patrie. Les partenaires techniques et financiers mettent à la disposition de l’État des fonds pour réaliser des projets et nous sacrifions notre jeunesse au profit des intérêts égoïstes et des velléités sans précédent qui empêchent ces projets d’aboutir. Le cas des manuels en est un exemple patent.

C’est pourquoi Excellence ces questions méritent réflexions :

  • Pourquoi le MENA n’arrive pas toujours à faire exécuter les différents contrats au cours de la même année alors que les ressources ont, chaque année, été disponibles ?
  • Pourquoi les travaux des différents ateliers qui aboutissent toujours à des recommandations fortes restent quasiment dans les tiroirs sans suite ?
  • Pourquoi les entreprises locales qui contribuent à l’emploi au Burkina Faso et à la mobilisation des recettes fiscales du pays, ne sont pas traitées à égalité avec des entreprises étrangères et pourquoi nous n’avons pas une politique industrielle forte pour favoriser l’émergence d’une véritable industrie du livre, autonome et performante ?
  • Les prérogatives accordées à certains services ou directions censées réguler et contrôler la commande publique ne sont-elles pas utilisées de façon abusive ou ne favorisent-elles pas la corruption ?

Nous avons une partie des solutions à ces problèmes. C’est pourquoi, Excellence monsieur le Président, nous écrivons cette lettre ouverte même si, pour des raisons de bienséance, tout ne peut se dire dans une lettre ouverte, dans l’espoir qu’elle sera lue et prise en compte et que le problème des manuels scolaires deviendra un sujet d’intérêt national.

Les parents d’élèves savent bien que c’est l’État qui a pris la décision de distribuer gratuitement chaque année les livres aux élèves. Il est, néanmoins, contraint de se retourner, très souvent, vers le marché informel pour que son enfant puisse suivre, dans les meilleures conditions, sa formation scolaire. Les premières autorités de l’État doivent prendre en main, ce dossier des manuels scolaires pour que, de façon définitive, soit réglé le problème.

Excellence Monsieur le Président, tout en vous souhaitant beaucoup de succès dans l’exercice de vos fonctions, nous vous assurons de notre entière disponibilité pour vous accompagner et, par la même occasion, nous vous prions de trouver, ici, l’expression de notre très haute considération.

Le Regroupement d’Imprimeries
Groupement d’entreprise IMPRICOLOR/ESIF Tel 70 20 44 40 / 70 26 82 26 email : partinium@yahoo.fr / esif@live.fr
GRANDE IMPRIMERIE DU BURKINA Tél 70 11 89 95 email : gibsec@yahoo.fr
MANUFACTURE DES ARTS GRAPHIQUES tel 70 21 04 52 email : mag.burkina@yahoo.fr
Groupement d’entreprise MARTIN PECHEUR/EKL/ECGYK tel 70 26 02 62 email : martinpecheur1@yahoo.fr

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Burkina : Près de 40% des décisions de justice rendues ne sont pas rédigées (diplomate)

Ouagadougou, 17 oct. 2016 (AIB)- Près de 40% des décisions de justices rendues au Burkina Faso ne sont pas rédigées, a affirmé lundi, le nouvel ambassadeur de France accrédité au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, a-t-on constaté.

M. Lapeyre de Cabanes a notamment indexé les décisions de justice verbales comme l’une des principales causes de la rupture de confiance entre la justice et le justiciable.

Le diplomate français qui a déposé ses valises le 27 septembre 2016 au Burkina Faso, s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de formation sur le management des juridictions au profit de certains acteurs de la justice.

«Comment le justiciable pourra-t-il se prévaloir d’une décision de justice qui ne lui a pas été fournie ? Comment pourra-t-il faire confiance en la justice ? », s’est-il demandé, avant d’ajouter que le Burkina Faso a demandé le concours de son pays pour relever ces insuffisances.

Quant au ministre en charge de la Justice, René Bagoro, il a précisé que les problèmes majeurs de la justice burkinabè sont «l’insuffisance de collaboration au sein des juridictions, le mauvais accueil des justiciables, les lenteurs dans le traitement des affaires, les lenteurs dans la rédaction des décisions de justice ou leur non rédaction et la rupture de la confiance entre justice et justiciable».

M. Bagoro a pour ce faire, invité les acteurs de la justice à « s’investir pour la restauration de la confiance entre la justice et justiciable, à travers l’amélioration du fonctionnement des juridictions »

Le premier responsable du département de la justice a par ailleurs souhaité des échanges sur les méthodes et pratiques de gestion des juridictions afin d’harmoniser les vues, les méthodes tout en les appelant à retenir également les règles et bonne pratiques managériales.

La Formation sur le management des juridictions qui se déroulera en deux sessions, à savoir du 17 au 18 octobre à Ouagadougou et du 20 au 21 octobre à Bobo-Dioulasso, sera assuré par des experts français et Burkinabè.

Elle réunira près de 115 participants, composés essentiellement de présidents et vices présidents, de procureurs et de greffiers en chefs de toutes les cours d’appel et de tous les tribunaux du Burkina Faso.

Agence d’Information du Burkina

rs/taa

Photo: MATSI


 
 

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Boi Tarcisio, l’Italien qui vend du porc au four à Ouaga

Le commerce du porc est exercé au Burkina par de nombreuses personnes qui arrivent souvent à joindre les deux bouts. Dans les quartiers, les marchés, devant les débits de boisson, il est rare de ne pas rencontrer des fours sur lesquels est inscrit: «Vente de porc au four». Dans la majeure partie des cas, ce sont les autochtones qui s’adonnent à ce métier. Mais de plus  en plus cette donne tend à changer. Et pour preuve, nous avons découvert une personne de nationalité étrangère qui s’intéresse à la cuisson et à la vente de la viande de porc, avec des méthodes particulières. Il s’appelle Boi Tarcisio, d’origine italienne. Nous l’avons rencontré le 15 octobre 2016 devant son fourneau à Tampouy, près de la salle de cinéma, pour mieux connaître ses recettes.

Boi Tarcisio à l’œuvre
Boi Tarcisio à l’œuvre au début

«Tu mangeras à la sueur de ton front», nous enseignent la Bible et le Coran. Boi Tarcisio, Italien de nationalité, ne dira pas le contraire. Lui qui est arrivé au Pays des Hommes intègres il y a de cela six ans avec son ami. Il a décidé de s’y installer après avoir été conquis par l’accueil chaleureux que lui et son ami ont bénéficié de la part des Burkinabè. Comme il fallait survivre dans un nouveau contexte, Boi Tarcisio décide de se lancer dans la vente de la viande de porc grillée, se souvient-il comme si c’était hier. Cependant, l’Italien nous confie que le choix de ce commerce n’est pas fortuit, car c’est depuis l’âge de 13 ans qu’il a appris aux côtés de son grand-père et son père, à cuire cette qualité de viande, qui est originale de son avis.

M. Tarcisio à la fin de sa cuisson, prêt à servir
M. Tarcisio à la fin de sa cuisson, prêt à servir

«Au Burkina, ils n’utilisent que le four pour cuire cette viande qui contient beaucoup de parasites», a-t-il remarqué. Or dit-il, la viande de porc a aussi beaucoup de graisse qui s’avère très mauvaise pour la santé et il faut éviter à tout prix d’envoyer les clients à l’hôpital. C’est pourquoi, «ma manière de cuire la viande est originale parce que je la mets dans une sorte de manivelle au feu comme un barbecue, et je la fais tourner jusqu’à ce que la graisse disparaisse», a-t-il dévoilé tout en précisant que cette méthode permet de tuer tous les parasites.

Certaines personnes ont essayé de faire comme lui sans succès, car il est le seul à détenir les secrets, se vante-t-il: «Cela plaît bien aux gens parce qu’il n’y a pas un seul client qui s’est déjà plaint de ma manière de cuire la viande. Au contraire, ils apprécient».

Tarcisio a par ailleurs fait remarquer que ce métier lui permet de subvenir aux besoins de son épouse qui est burkinabè et de leurs deux enfants. De ce fait, il a dit qu’il n’envisage plus repartir chez lui en Italie et compte rester au Burkina pour toujours où il est devenu Burkinabè. Comme quoi «il n’y a pas de sot métier mais de sottes personnes» comme le dit si bien l’adage populaire.

Madina Belemviré

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Lutte contre la pauvreté : La Banque mondiale et ses partenaires visitent des producteurs du Plateau Central

Institué par les Nations Unies depuis 1993, le 17 octobre marque la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, en anglais « End of poverty day ». Avec pour thème : « De l’humiliation et l’exclusion à la participation :Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes », cette journée est célébrée en 2016, au Bangladesh. En prélude à cela, une délégation de la Banque mondiale au Burkina a décidé avec ses partenaires d’aller sur le terrain pour constater les fruits de leurs investissements. C’était ce jeudi 13 octobre 2016 dans les communes de Loumbila et de Ziniaré dans la région du Plateau Central.

 

Lutte contre la pauvreté : La Banque mondiale et ses partenaires visitent des producteurs du Plateau Central

Ce sont des producteurs très ravis qui ont reçu la délégation de la Banque mondiale et de ses partenaires que sont le Programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP) et le Projet d’amélioration de la productivité agricole et la sécurité alimentaire (PAPSA).

Première destination, le village de Noungou dans la commune rurale de Loumbila. Là, se trouve Jean Baptiste Ouedraogo producteur d’oignons depuis 1985. En 2008 grâce au PAFASP, il reçoit une subvention de 3 150 000 francs CFA pour la construction d’un entrepôt de conservation d’oignons de 12 tonnes. Etant donné la bonne marche de ses affaires, le producteur sollicite encore le soutien de son partenaire qui accepte l’appuyer pour la construction d’un nouvel entrepôt de 30 tonnes maintenant. Cela à hauteur de 4 875 000 de francs CFA. A cette somme, il doit ajouter au moins 2 500 000 de nos francs comme contribution. Le financement étant acquis, reste le début du chantier. Aussi la cinquantaine de membres de l’association Teeltaaba dont Jean Baptiste fait partie a bénéficié d’un appui en équipements pour la production d’oignons sur 20 hectares.

« La terre ne ment pas »

Heureux de cette visite, Jean Baptiste Ouédraogo a fait remarquer que sa vie a beaucoup évolué pour lui, sa famille et ses employés. « Actuellement j’ai un véhicule, j’ai construit une villa, j’ai changé de vie, j’arrive à scolariser mes enfants dans des écoles où je ne pensais pas le faire », confie-t-il. Tout cela grâce à l’oignon. Cela n’a pas toujours été ainsi. Il s’en souvient comme si c’était hier, de ce qu’il devait faire de sa production d’oignon par manque de lieu de conservation. Jean Baptiste était obligé de brader le sac de 50 kg d’oignon à 2500 ou 3000 francs CFA pour éviter que ça ne pourrisse. Grâce au financement de PAFASP en 2008, les choses ont évolué. Il conserve les oignons de mars à octobre et vend le sac de 50 kg au moins à 20 000 francs CFA.

Avec un chiffre d’affaire qui tourne autour de 15 millions de francs CFA par an et un bénéfice de 10 à 12 millions, ce producteur modèle est le premier au Burkina à avoir un agrément en tant qu’entrepreneur agricole. Aussi grâce au programme. Pour lui, l’agrément est une nouvelle chance. Cela ajoutera un plus, en lui permettant l’achat d’engrais hors taxes et hors douanes, de faire des prestations de service en tant qu’expert paysan pour la formation du monde paysan. Conscient de son nouveau statut, il compte déclarer trois de ses cinq employés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Il encourage les jeunes à se lancer dans la production car la terre ne ment pas. Le producteur d’oignons les invite à ne pas compter uniquement sur la fonction publique car l’on peut mieux vivre de l’agriculture.

Après Noungou, cap est mis sur le bas fond aménagé de Gonsé dans la commune urbaine de Ziniaré. Sur place, ce sont 112 producteurs de riz du groupement Teega Wendé (59 femmes et 53 hommes) qui se réjouissent de cette visite. D’une superficie de 10 hectares pour une production de 35 tonnes, deux variétés de riz sont cultivées dans ce bas fond aménagé en 2016. Le FKR 45 N qui a besoin de moins d’eau et le FKR 19 qui a besoin de plus d’eau.

La femme au cœur de la lutte contre la pauvrété

Pour une bonne gestion sans accroche, les 35 hectares ont été subdivisés en parcelles. Donc dans le bas fond, chacun avec son champ. Aménagé grâce à l’appui du Projet d’amélioration de la productivité agricole et la sécurité alimentaire (PAPSA), la vente du riz à la récolte rapportera au moins 5,250 millions de nos francs aux producteurs. Pour une première saison de production, ce fut un coup de maitre.

Le président du bas fond, Augustin Tiendrébéogo a indiqué que les débuts n’étaient pas faciles mais « de nos jours, le résultat est visible et palpable ». « Avant l’aménagement, c’était un endroit où l’on attachait les animaux », laisse-t-il entendre. Pour lui, personne dans le village ne pensaient que l’on pouvait produire du riz sur ce terrain. Il pense déjà au fait de ne plus acheter de riz au marché et avoir du foin pour les animaux.

Patricia Sawadogo, une des productrices a remercié le PAPSA pour ce soutien. Néanmoins, elle souhaiterait que le soutien continue en faisant une extension du bas fond afin que ‘’ses coépouses’’ qui n’ont pas eu de parcelles puissent en bénéficier. Aussi, elle a demandé qu’on leur aménage un endroit pour fumer le riz.

Economiste à la mission résidente de la Banque mondiale au Burkina Faso, Mariam Diop, se dit satisfaite des résultats constatés sur le terrain. Pour elle, ce qui est extrêmement important à souligner est que « les différents projets ont eu un impact sur la réduction de la pauvreté au niveau de ces ménages ». Parlant du producteur d’oignons, elle rappelle que cela a permis à l’intéressé de changer de catégorie de vie et « sa famille est passée d’un repas par jour à trois repas ». « Cela est extrêmement important pour la banque parce que quand on dit réduire la pauvreté, c’est améliorer les conditions de vie du ménage », confie-t-elle.

Selon elle, le champ de riz dans lequel il y a 112 producteurs dont 59 femmes montre que « le rôle de la femme est extrêmement important en matière de réduction de la pauvreté ». Mariam Diop dit beaucoup compter sur le PAPSA et le PAFASP qui « sont des exemples et qui complémentent d’autres projets de la Banque mondiale sur lequel nous travaillons ».

Pour marquer cette journée, une vidéoconférence est organisée dans les locaux de la représentation de la Banque mondial au Burkina à 16 heures.

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Journée Mondiale de la Population : Des adolescentes outillées sur les enjeux du dividende démographique

    La Direction Régionale de l’Economie de la Planification (DREP) du Nord en collaboration avec la direction générale de l’économie et de la planification a organisé une conférence publique le 13 octobre 2016 à Ouahigouya. Cette activité au profit de la jeunesse du Nord rentre dans le cadre de la commémoration en différé de la 27ème Journée Mondiale de la Population (JMP).

       
Journée Mondiale de la Population : Des adolescentes outillées sur les enjeux du dividende démographique

Célébrée officiellement le 11 juillet de chaque année, la journée mondiale de la population offre une opportunité de centrer la réflexion sur la problématique du développement en lien avec la démographie. Pour l’édition 2016, cette journée est célébrée sous le thème « investir dans les adolescentes ». Au regard de la place centrale qu’occupe la tranche d’âge de 15-19 ans au sein de la population, cette journée à en croire les organisateurs de la conférence est une invite aux décideurs à répondre aux attentes des adolescentes afin de leur donner les moyens nécessaires pour participer au développement. La conférence qui a eu pour cadre la salle de conférence de la DREP/Nord a surtout intéressé les élèves et étudiantes de la cité de Naaba Kango qui se sont mobilisées pour mieux comprendre les différents enjeux et les liens intrinsèques entre démographie et développement.

Pour des investissements en faveur des « Ados » les plus marginalisées

Pour le haut-commissaire de la province du Yatenga Séni Kabo, représentant le Gouverneur de la région du Nord, les filles qui ont atteint la puberté sont confrontées à de multiples problèmes au sein de leurs communautés. Les mariages forcés, les grossesses et les accouchements au détriment de l’école, la mauvaise gestion corporelle sont entre autres des difficultés auxquelles sont surtout confrontées les adolescentes, laissera-t-elle entendre au cours de son intervention, avant les communications sur le thème de la journée. La représentante du gouverneur a ajouté à titre d’illustration qu’en 2014, les taux brut d’admission des filles au post primaire et au secondaire étaient respectivement de 40,3% et 6,9% tandis que les taux d’achèvement étaient respectivement de 22,3% et 6,8%. Au regard du tableau peu reluisant, le thème retenu est d’actualité, a soutenu l’autorité qui a exhorté les responsables locaux à mettre en place des politiques qui tiennent compte des besoins de la jeunesse et surtout des adolescentes.

Le concept de dividende démographique expliqué

Le dividende démographique est l’accélération de la croissance économique qui peut résulter d’une évolution de la structure par âge de la population, accompagnée d’investissements stratégiques dans la santé, l’éducation, la politique économique et la gouvernance. Au cours de l’exposé et des échanges, les participants ont été informés qu’un dividende démographique survient lorsque la baisse de la fécondité entraîne des changements dans la distribution par âge d’une population. Comment soutenir le dividende démographique et que fait notre pays pour en bénéficier ont été les problématiques majeures soulevées. Les conférenciers ont abouti à la conclusion que le dividende démographique est un modèle de développement, une opportunité à saisir pour assurer l’émergence des pays africains. Les deux communicateurs du jour Kassoum Bikienga et Dalomi Bahan ont fait des recommandations allant entre autres dans le sens de l’amélioration de l’offre de soins de qualité en faveur des mères, des enfants, des adolescents , des personnes âgées et de l’utilisation des méthodes modernes de contraception notamment chez les jeunes en milieu rural etc. Ils ont donné des réponses idoines aux nombreuses interrogations de l’assistance. A la faveur de cette conférence publique, le directeur régional de la jeunesse et de l’insertion sociale, Soumaila Sana, a présenté une communication aux participants sur les techniques d’élaboration d’un projet professionnel. Au terme de la conférence, Emmanuel Sawadogo en sa qualité de directeur régional de l’économie et de la planification a salué la mobilisation des adolescentes qui du reste semblent avoir compris l’importance de la politique nationale de développement et des enjeux liés à la démographie.

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Burkina: Un festival pour renforcer les liens entre détenus et monde extérieur

Burkina: Un festival pour renforcer les liens entre détenus et monde extérieur
© DR / Autre Presse
 
Ouagadougou - La 7e édition du Festival, «Un vent de liberté», entreprendra à nouveau, du 25 au 27 octobre 2016, de renforcer le lien social entre les détenus et le monde extérieur, a appris lundi une journaliste de l’AIB auprès des organisateurs.«A la prison, il y a une nouvelle vie, une nouvelle opportunité qui s’offre à tout détenu et il faut savoir saisir cette opportunité pour sortir être un homme nouveau comme Nelson Mandela ou d’autres personnalités », a déclaré le coordonnateur du Festival «Vent de liberté», Freeman Tapily, lors d’un point de presse à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO).La 7e édition du Festival, «Un vent de liberté», prévu du 25 au 27 octobre 2016, vise «à atténuer un tant soit peu, cette profonde douleur des détenus en créant un cadre de solidarité, de partage, de convivialité et de communion avec et au sein de la population carcérale (détenus, gardes de sécurité, agents d’appui,...)», indique le dossier de presse.

Les résultats attendus sont entre autres, la consolidation et le renforcement des acquis des éditons précédentes, l’apport d’un soutien moral et matériel à tous les détenus, de toutes nationalités, ethnies et confessions religieuses et de faire oublier aux détenus, le temps d’un festival, leur vie carcérale», poursuit la même source.
Selon Freeman Tapily, les deux premiers jours seront consacrés à l’assistance juridique et médicale.
La responsable du service social de la MACO, Edith Ouédraogo a expliqué que l’assistance juridique est une phase essentielle du Festival, qui consiste à une sensibilisation sur les droits et les devoirs de la personne détenue parce que, l’établissement pénitentiaire a ses règles de fonctionnement.

Le dernier jour, il est prévu des prestations artistiques, des repas communautaires, un match de gala entre journalistes et détenus et une remise de dons.

«On a besoin de vivres, de médicaments, de couches pour les femmes détenues, de lait pour des bébés qui sont ici avec leurs mères parce que attachement maternelle oblige», a lancé Freeman Tapily.

D’après lui, «le monde extérieur doit savoir que nous sommes tous des détenus potentiels. Chacun doit savoir que la MACO, c’est comme Yalgado (principal centre hospitalier du Burkina). Si tu es en pleine forme, il faut penser à Yalgado».

Agence d’Information du Burkina
fo/taa

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2016.10.17

Tolérance zéro en matière de MGF au Burkina : Sika Kaboré fonde son espoir sur l’approche éducative

La première Dame du Burkina et présidente d’honneur du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, Madame Sika KABORE a animé une conférence de presse sur la lutte contre la pratique de l’excision le samedi 13 août 2016 à Ouagadougou. Photo d'archives utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
La première Dame du Burkina et présidente d’honneur du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, Madame Sika KABORE a animé une conférence de presse sur la lutte contre la pratique de l’excision le samedi 13 août 2016 à Ouagadougou. Photo d'archives utilisée à titre d'illustration
Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique moyenâgeuse dont l’Etat burkinabè a du mal à se débarrasser. Pour donc parvenir à la tolérance zéro, les défenseurs des droits de la femme et de la fille fondent leur espoir sur l’approche éducative, c’est-à-dire l’insertion de modules MGF dans le système éducatif. Et pour bénéficier de l’appui des élus nationaux, la coordonnatrice de la campagne nationale, la première Dame, Sika Kaboré, a plaidé la cause devant l’Assemblée, lors d’un atelier, les 14 et 15 octobre 2016, à Ouagadougou.

Au Burkina, ces pratiques néfastes que sont les MGF restent malheureusement, encore très répandues, aussi bien géographiquement qu’ethniquement. En 2010, les résultats de l’Enquête démographique et de la santé (EDS) IV ont révélé que 76% des femmes burkinabè de 15 à 49 ans, ont déclaré avoir subi une mutilation génitale féminine. Fort heureusement, par la volonté politique affirmée au sommet de l’Etat et la conjonction des actions du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE), des ONG, de la société civile, ainsi que des partenaires au développement, le taux de prévalence chez les filles de 0 à 10 ans est passé de 36% en 1996, à 20% en 2003 et chez les filles, de 0 à 14 ans, il est passé de 13,3% en 2010, à 11% en 2015.

«Ces données me confortent dans cette conviction qu’au Burkina, l’élimination d’une telle pratique ne relève pas de l’impossible, pour peu que nous nous y engagions résolument tous et chacun à son niveau», a expliqué la première Dame, Sika Kaboré. Toutefois, elle a souligné que la baisse sensible des indicateurs cache tout de même des poches de résistance marquées par les pratiques clandestines et transfrontalières, de même que la baisse de l’âge des victimes.

Pour donc atteindre la tolérance zéro, la première Dame a plaidé pour l’insertion de modules MGF dans les contenus éducatifs, car cela va permettre d’agir simultanément, aussi bien sur les enfants que sur les enseignants et les parents, ce qui suscitera ainsi la dynamique sociale à même d’accélérer l’avènement de la tolérance zéro aux MGF dans notre pays.

«Dans la lutte farouche que nous menons au quotidien pour la promotion et la protection des droits des femmes et des enfants, le soutien indéfectible des élus nationaux est, à tout point de vue, précieux et constitue un atout majeur», a lancé la première Dame aux parlementaires. Selon elle, le rôle du député est capital dans sa circonscription électorale. En tant que responsable politique, il est en mesure de créer une synergie de lutte avec tous les acteurs, en collaboration avec les élus locaux. «Votre engagement associé à celui des conseillers municipaux contribuera, à n’en point douter, à accélérer de façon radicale, l’atteinte de la tolérance zéro au MGF», a conclu Sika Kaboré.

Pour le président de l’hémicycle, Salifou Diallo, cette initiative ne s’en tient pas seulement au symbole, elle se veut être avant tout, un appel à des actions concrètes. «Je puis vous assurer que notre auguste Assemblée jouera toute sa partition dans ce sens», a-t-il confié à la coalition. Par ailleurs, il a rappelé que beaucoup reste à faire, tant il est vrai que ces résultats cachent de grandes disparités. «Il subsiste des poches de résistance et pour celles-ci, il nous faudra redoubler d’ardeur et de vigilance». Salifou Diallo par conséquent, en appelle à tous les segments de la société : autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses, à se donner la main pour conduire une lutte conséquente contre cette violence faite aux femmes et jeunes filles.

Le président de l’Assemblée nationale s’est lui aussi, dit convaincu du bien- fondé de l’introduction de modules MGF, dans le système éducatif. «Plus que jamais, il faut que les tout-petits soient éduqués et sensibilisés aux contenus des mutilations génitales féminines» .

Aline Ariane BAMOUNI

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PNDES : les linéaments expliqués aux populations du Centre-Sud

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba a rencontré respectivement le vendredi 30 septembre et le samedi 1er octobre 2016 les forces vives de la région du Plateau Central et de celle du Centre Nord. Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
 
Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba a rencontré respectivement le vendredi 30 septembre et le samedi 1er octobre 2016 les forces vives de la région du Plateau Central et de celle du Centre Nord. Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
 
Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba est allé à la rencontre des populations de la région du Centre-Sud, à Manga, le samedi 15 octobre 2016, en vue de leur expliquer les grandes lignes du Plan national de développement économique et social (PNDES) et solliciter leur contribution pour sa mise en œuvre.


Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, poursuit sa campagne de communication sur le nouveau référentiel de développement qu’est le Plan national de développement économique et social (PNDES). A cet effet, à l’initiative de la Coordination des mouvements et associations pour la vulgarisation du programme présidentiel, le chef du gouvernement a échangé, au cours d’une conférence publique, avec l’ensemble des couches sociales de la région du Centre-Sud, à Manga, le samedi 15 octobre 2016. L’objectif a été d’expliquer le contenu du PNDES, sa stratégie de mise en œuvre et de recueillir leurs préoccupations. Pour le coordonnateur national de la structure, initiatrice de la rencontre, Adams Boris Ouédraogo, cette conférence s’inscrit en droite ligne du devoir de redevabilité de l’Etat vis-à-vis des citoyens, devenus regardants sur la gestion, la gouvernance administrative et économique du Burkina Faso. «Fini le temps où les populations se mettaient en retrait», a-t-il lancé. Pour Paul Kaba Thiéba, ces conférences publiques entreprises à l’intérieur du pays s’inscrivent dans une dynamique de démocratie participative et surtout d’appropriation, par l’ensemble des acteurs de la société, du PNDES afin que chacun puisse apporter sa part contributive dans sa mise en œuvre. «Notre objectif est d’échanger avec l’ensemble des acteurs, leur expliquer le contenu du PNDES, de recueillir les préoccupations afin de réajuster les politiques sectoriels dans le cadre de sa mise en œuvre», a indiqué Paul Kaba Thiéba. Pour lui, le nouveau référentiel de développement a été élaboré après un diagnostic profond de l’économie nationale, tout en s’inspirant du programme présidentiel. Et de relever qu’au Burkina Faso, depuis bien longtemps, de nombreux plans de développement ont déjà été élaborés sans pouvoir contribuer véritablement à une réduction de la pauvreté. A l’en croire, 40% des burkinabè vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Sortir le pays du joug de la pauvreté

C’est fort de ce constat, a estimé le chef du gouvernement burkinabè, que le Président Roch Marc Christian Kaboré a proposé ce programme en vue d’impulser une nouvelle dynamique de développement pour le bien-être du peuple. «Dans sa conception, le PNDES vise une croissance économique forte, durable et inclusive pour les cinq prochaines années et, est basé sur trois axes principaux», a indiqué le Premier ministre. De ces trois axes principaux, l’on retient la promotion de la bonne gouvernance administrative et économique, la transformation structurelle de l’économie nationale et la valorisation du capital humain. Toutes ces grandes lignes ont, en effet, été passées au peigne fin par le chef du gouvernement, devant une population fortement mobilisée pour la circonstance. Pour Paul Kaba Thiéba, le développement socioéconomique du Burkina Faso est plombé, en grande partie, par des problèmes structurels. Ils ont été identifiés dans le PNDES afin que des solutions durables puissent être apportées pour sortir le pays du joug de la pauvreté. Parmi ces difficultés structurantes, il a cité, entre autres, les questions d’infrastructures routières qui enclavent certaines parties du pays, la question de l’énergie, de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’élevage, de l’employabilité et de la formation professionnelle. Le PNDES, conçu pour être mis en œuvre pour la période 2016-2020, a-t-il indiqué, à un coût total de plus de 15 000 milliards de F CFA. Il sera financé à hauteur de 64% par les ressources propres du pays. Et, cela, à travers la réduction du train de vie de l’Etat et la mobilisation de fonds sur le plan national. Il a ajouté que 8400 milliards de F CFA seront consacrés aux investissements. Lors de la conférence, les participants ont salué l’initiative du gouvernement d’aller à leur rencontre afin de mieux leur expliquer le nouveau référentiel de développement. Ils ont cependant soulevé des préoccupations relatives aux questions de la vie chère, de la corruption et du chômage des jeunes qui, bien souvent, annihilent les efforts de développement. «La jeunesse du Centre-Sud sait accompagner les initiatives nobles parmi lesquelles le PNDES qui ambitionne de nous conduire vers des lendemains meilleurs. Et nous allons nous engager à ce que cela soit une réussite», a confié la présidente de la Coordination régionale des jeunes du Centre-Sud, Adèle Yoda/ Kafando. Elle a, ensuite, traduit la disponibilité des mouvements et associations de jeunes à accompagner le gouvernement dans l’atteinte des objectifs poursuivis. A l’issue de la conférence, le Premier ministre, lui, s’est dit très satisfait des échanges au regard de la pertinence des questions soulevées et de la volonté des uns et des autres à accompagner le gouvernement dans sa dynamique. «À en juger la réceptivité du public, des questions, je pense que nous avions été bien compris et nous allons continuer dans ce sens afin de faire savoir à la population où nous partons et ce que nous voulons faire. Au fur et à mesure, les gens commencent à s’approprier le PNDES», a-t-il conclu.

Soumaïla BONKOUNGOU

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