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2016.10.05

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation

Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation
© DR / Autre Presse
 
Lenteur et corruption supposée de la justice ou la pendaison de la réconciliation
 
Le 03 octobre a eu lieu la rentrée judiciaire présidée par le président Roch Marc Christian Kaboré. L’opportunité peut être saisie pour dire bonjour à la justice et évoquer les maux qui ternissent son image, dans le secret et ardent souhait qu’elle procède à sa véritable mue. Passage obligé d’une durable réconciliation entre les fils et les filles du Faso.

 

C’est connu, les principaux maux de notre justice sont la corruption et la lenteur. Tout le monde a fini par se convaincre que tout ne tourne pas rond dans nos palais de justice. Notre justice est décriée, accusée de toute part, surtout par les plus faibles.

Les populations attendent tellement de la justice qu’elles oublient souvent que la justice est humaine. Elle est gérée par des hommes avec leurs forces et faiblesses. N’empêche, dans leur quête de justice et de paix, difficile de tolérer l’hypocrisie et les atermoiements des juges de qui dépend notre avenir. Malheur aux juges qui méritent d’être jugés. Bienheureux les juges qui n’obéissent qu’à la loi et au jugement de leur propre conscience. La corruption et la lenteur de la justice, au-delà d’une suspension, contribuent à pendre la réconciliation tant voulue et réclamée. Elles la renvoient dans les calendres grecques.

Corruption. Un mal burkinabè? Augmenter le salaire des acteurs du système judiciaire (magistrats, greffiers, etc.) ne résoudra pas complètement le problème de la corruption. L’amélioration des conditions de vie et de travail peut contribuer à l’éradication de ce phénomène, mais une véritable stratégie opérationnelle de moralisation de la vie publique, notamment judiciaire, est nécessaire. La corruption est un symptôme d’échec d’organisation et de gouvernance au sein des tribunaux.

Pour lutter efficacement contre la corruption au sein de la justice, il faudrait accorder plus d’importance à la transparence du fonctionnement des tribunaux, la sauvegarde électronique des documents, le suivi des déclarations de patrimoine des juges, la publication des sanctions disciplinaires...

Personnel en nombre réduit et surchargé. Nos tribunaux fonctionnent en sous-effectif chronique, juges et greffiers seraient obligés de traiter plus de dossiers qu’il n’en faut par séance. Ce qui explique les méthodes parfois expéditives de certains.

Lenteur. L’approche quantitative influe sur la qualité des jugements et aboutit à des décisions entachées d’irrégularités. L’autre facteur qui grippe la machine de la justice réside dans l’usage de procédures et manœuvres dilatoires pour retarder les jugements. Ainsi, un nombre incalculable d’affaires est renvoyé en appel, voire en cassation, alors que souvent l’issue est un retour à la case départ.

Le plus gros problème de la justice au Burkina est l’élément humain. Très souvent, le personnel judiciaire manque de respect aux justiciables. Il traite de la même manière le tueur, l’escroc ou le petit délinquant. Il ne communique pas assez. Pourtant, aujourd’hui plus qu’hier, la justice est la pierre angulaire de la nouvelle bâtisse que le Burkina veut construire. Elle doit jouer son rôle. Elle doit être solide pour donner plus de stabilité sociale, politique et économique au pays. La justice burkinabè doit contribuer à la manifestation de la vérité. Hic et nunc et ad vitam æternam.

Les Echos du Faso

10:03 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Soutenance de thèse : Etienne Ouédraogo décrypte la qualité de l’enseignement à l’école primaire

« Qualité de l’éducation au Burkina Faso : Efficacité des enseignements apprentissage dans les classes des écoles primaires », c’est le thème de la thèse défendue par Etienne Ouédraogo le 28 septembre 2016 à l’Université Paris V-Sorbonne en France. Pendant trois heures, l’impétrant a présenté le fruit de sa recherche de plusieurs années face au jury qui l’a jugé à la fin, digne du titre de docteur.

       

Soutenance de thèse : Etienne Ouédraogo décrypte la qualité de l’enseignement à l’école primaireLa qualité de l’enseignement, le sujet est débattu depuis plusieurs années au Burkina. Les enseignants, les parents et autres acteurs du domaine constatent avec amertume que le niveau des élèves se détériore progressivement. Le système éducatif du Burkina Faso va mal et fait de plus en plus l’objet de recherche.

« Qualité de l’éducation au Burkina Faso : Efficacité des enseignements apprentissage dans les classes des écoles primaires », est un thème transversal qui se situe à l’intersection de plusieurs disciplines des sciences de l’éducation : la pédagogie, la didactique, la psychologie, la sociologie afin d’éclairer ce qui relève de « la relation éducative scolaire ».

Le chercheur Etienne Ouédraogo acteur de l’éducation, est directeur de la formation initiale des personnels de l’éducation de base (DFIPEB) au ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation. C’est donc un acteur de l’éducation qui pose son diagnostic et propose des solutions à la veille de la rentrée scolaire au Burkina.

La recherche du burkinabè s’est centrée sur les facteurs d’efficacité ou supposés des enseignements-apprentissages dans des classes de CM1. Plus précisément, cette recherche a porté sur les organisateurs qui structurent et déterminent les pratiques de classe des enseignants du pays.

Le chercheur a mené une enquête exploratoire en focalisant ses analyses sur les interactions entre l’enseignant et ses élèves au cours d’une séance pédagogique, en l’occurrence de grammaire.

Etienne Ouédraogo a par la suite constitué un corpus composé d’entretiens et d’observations pour un public de 12 enseignants et 36 élèves. Il s’est ainsi échiné à rechercher les dimensions de trois organisateurs qui présentent les fréquences les plus élevées en comparaison des déclarations des élèves et des enseignants, avec la méthode déductive.

Au finish, les résultats de cette recherche tendent à montrer que le domaine de l’ « organisation pédagogique » domine dans les interactions en classe, suivi du « climat relationnel ». La « gestion didactique » est peu présente dans les classes observées.

Il relève que les enseignants observés font montre de création de climat rationnel enseignant-élèves favorable aux apprentissages dans les classes à effectif faible. Par contre dans les classes à effectif élevé (plus de 60 élèves), le climat relationnel est parfois délétère marqué par des châtiments corporels.

Aussi, le parent pauvre des inter-actions enseignant-élèves est la gestion didactique. Dans une classe à grand ou petit effectif, les enseignants mènent très peu d’activités cognitives et métacognitives. Faisant ainsi place à la répétition et à la mémorisation.

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                                            Le jury

Le chercheur après avoir donné des clés de compréhension des pratiques d’enseignement, a suggéré des actions et des modes d’intervention en faveur de l’amélioration de la qualité de l’éducation. Les résultats de ses recherches ouvrent donc la question de la formation initiale et continue ainsi que celle de l’encadrement des enseignants. Il préconise que la formation des enseignants fasse une large place à la gestion didactique, sachant que l’organisation pédagogique et l’assurance d’un bon climat relationnel dans la classe ne sont que des inputs plus éloignés de l’acquisition des savoirs par les élèves que la gestion didactique.

A l’issue de l’exposé suivi des échanges avec le jury, ce dernier a jugé le candidat, apte à porter le grade de Docteur. Il faut noter que selon un arrêté ministériel du 1er septembre 2016, il n’existe plus de mention pour les thèses. Ce qui n’a pourtant pas empêché le président de prononcer la phrase ‘’très honorable’’ au nouveau docteur, au regard de la qualité de sa recherche et de sa prestation.

Initialement enseignant au primaire, le Dr Etienne Ouédraogo a poursuivi ses études décrochant son diplôme d’inspecteur de l’ENSK en 2003 et obtenant sa maitrise en philosophie option éducation en 2005. Il est par ailleurs titulaire d’un master en planification et gestion de l’éducation obtenu en 2009 à Paris à France. C’est en 2014 qu’il a été nommé directeur de la formation initiale des personnels de l’éducation de base.

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ournée mondiale des enseignants : Le gouvernement poursuivra ses efforts en faveur de la revalorisation du travail d’éducateur

Chers enseignants, Chers encadreurs
et autres acteurs du système éducatif burkinabè

       
Journée mondiale des enseignants : Le gouvernement poursuivra ses efforts en faveur de la revalorisation du travail d’éducateur

C’est une évidence pour nous tous que l’école vaut ce que valent ses enseignants. Il n’existe aucun fondement plus solide pour une paix et un développement durable qu’une éducation de qualité et d’équité dispensée par des enseignants bien formés, valorisés et motivés.

C’est pourquoi la Journée mondiale des enseignants se tient le 5 octobre de chaque année afin de célébrer le rôle essentiel que jouent les enseignants pour offrir une éducation de qualité à tous les niveaux.

Chers enseignants,
La Journée mondiale des enseignants de 2016 marque l’anniversaire de l’adoption de la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966. Le thème retenu pour la journée mondiale des enseignants de 2016 « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel » reprend l’esprit même des principes fondamentaux promus par cette Recommandation qui existe depuis 50 ans, et met également en évidence la nécessité de soutenir les enseignant(e)s, comme il est inscrit dans les objectifs de développement durable (ODD) et dans l’Agenda pour l’Éducation 2030.

Chers enseignantes et enseignants,
L’année scolaire et académique 2015-2016 a connu le renforcement du vivier enseignant à travers le programme de recrutement dans tous les ordres d’enseignement. Il faut également noter que la réalisation des infrastructures scolaires et universitaires s’est poursuivie avec l’accompagnement de nos partenaires techniques et financiers (PTF).

Malgré ces efforts, l’année scolaire et académique 2015-2016 a été marquée par le retard de la reprise des activités académiques dans les Institutions d’Enseignement Supérieur (IES) et les actes d’incivisme dans certains établissements d’enseignement post-primaire et secondaire. Ces actes d’incivisme ont occasionné des violences physiques sur des acteurs de l’éducation et la destruction de certains biens matériels. Le gouvernement déplore, une fois de plus, ces comportements et prend l’engagement de travailler avec l’ensemble des acteurs de notre système éducatif pour éviter à l’avenir ces débordements.

Laborieux constructeurs de la nation,
La vision du système éducatif burkinabè est de « former un citoyen responsable, créatif, producteur, ayant le sens des valeurs universelles et doté de compétences nécessaires pour soutenir le développement économique et social du pays ».
Que serait notre système éducatif sans votre contribution essentielle à l’œuvre éducative tant au niveau du renforcement de sa qualité, qu’à celui de l’expansion de l’offre ?

L’appel de Gaoua de 1986, nous situe à souhait, qui relevait que « L’homme est le génie le plus apte à l’organisation. C’est pourquoi, malgré des moyens pédagogiques insignifiants et une définition non achevée du type d’école, la qualité des hommes, conséquence de leur degré de conscience, peut être un palliatif autorisant des résultats forts brillants. A l’inverse, abondance de moyens et affinement de la théorie éducative sans cependant des hommes consciencieux ne sont que ruine de la société ».

Vous pouvez être rassurés qu’à travers les ministres en charge de l’éducation, le gouvernement reste à votre écoute et poursuivra ses efforts en faveur de la revalorisation de votre travail d’éducateur.

Une cérémonie solennelle de décoration du personnel éducatif est prévue se dérouler dans l’enceinte du Lycée Philippe Zinda KABORE le Vendredi 14 octobre 2016.
Tout en vous remerciant pour les efforts déjà consentis, nous vous souhaitons, à toutes et à tous, une très belle fête et vous exhortons à œuvrer d’avantage aux côtés du gouvernement pour l’atteinte des objectifs éducatifs fixés.
Vive le métier enseignant !

Le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation
Pr Filiga Michel SAWADOGO,

Le Ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation,
Jean Martin COULIBALY

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Prévention de la transmission mère-enfant du VIH : Plan international Burkina lance un projet de renforcement des capacités des partenaires

Le 27 septembre 2016 à Ouagadougou, le directeur général des études et des statistiques sectorielles du ministère de la santé, Dr Sylvain Dipama, a procédé au lancement du projet « Renforcer les capacités des partenaires pour assurer la durabilité des acquis de la Prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans les zones d’intervention de Plan international Burkina Faso ». Il s’agit notamment des provinces du Bam, Sanmatenga, Namentenga et Kouritenga. D’un coût global de 2.2 millions de dollars US, le projet qui couvre la période 2016-2018 est destiné à 1.987.578 habitants y compris 117.423 femmes enceintes et 469.078 femmes en âge de procréer.

       
Prévention de la transmission mère-enfant du VIH : Plan international Burkina lance un projet de renforcement des capacités des partenaires

Plan international Burkina est résolument engagé dans le développement communautaire pour le bien-être des enfants, tout en recherchant une égalité de traitement pour les filles qui subissent la pauvreté, la violence et les injustices. Dans cette dynamique, il multiplie ses actions. Après une première phase du projet de prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans ses zones d’intervention, qui a d’ailleurs enregistré un grand succès, il revient avec une seconde phase pour parachever l’initiative. Le projet « Renforcer les capacités des partenaires pour assurer la durabilité des acquis de la Prévention de la transmission mère-enfant du VIH dans les zones d’intervention de Plan international Burkina Faso » doit être mis en œuvre pendant trois ans (2016-2018) dans huit districts sanitaires des régions du Centre-est et du Centre-nord. Et la cérémonie de ce 27 septembre 2016 marque son lancement officiel. Etaient présents, des directeurs régionaux de la santé, médecins chefs des districts sanitaires, la direction de la santé de la famille et des associations qui vont participer à la mise en œuvre dudit projet.

Pour la représentante résidente de Plan international-Burkina Faso, Dr Fatoumata Haïdara, ce projet est en phase avec les objectifs de survie et de développement des tout petits, ce qui passe aussi par la bonne santé de la mère. Il renforce également la mise en œuvre des politiques et du programme du ministère de la santé et contribue à la réalisation des objectifs du Plan national de développement sanitaire 2011-2020. Toutefois, a relevé Dr Haïdara, sa mise en œuvre n’aurait pas été possible sans la subvention accordée par l’Agence coréenne de développement (KOICA). « Elle a consenti un montant d’environ 1.000.000 de F CFA pour ce projet, investissement complété par Plan international Burkina Faso et la Corée du Sud avec respectivement 96.900.000 F CFA et 24.200.000 F CFA », a-t-elle fait savoir. C’est donc dire que les efforts conjoints vont permettre de faire face aux problèmes de santé des populations en général, et spécifiquement, pour la survie de l’enfant.

A en croire le représentant du ministre de la santé, Sylvain Dipama, les interventions mises en œuvre dans les districts sanitaires du pays ont permis d’engranger des acquis. Il s’agit notamment du dépistage du VIH chez les femmes enceintes et de la prise en charge de celles dépistées séropositives ainsi que leurs enfants. Toutefois, a-t-il concédé, il subsiste encore quelques difficultés en rapport avec la réalisation du dépistage précoce chez les enfants nés de mères séropositives et l’adhésion des partenaires des femmes enceintes. C’est pourquoi, il a apprécié tout l’accompagnement technique et financier au programme PTME/VIH. Aussi, il a félicité et encouragé Plan international, qui, de par la mise en œuvre du présent projet, contribue au côté du ministère de la santé à la réduction de la transmission du VIH de la mère à l’enfant au Burkina Faso. Avant d’inviter tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet à s’investir pleinement et de manière efficiente à l’atteinte des objectifs fixés. Toute chose qui, selon lui, contribuera à améliorer significativement les indicateurs en matière de santé au Burkina Faso.

Quant au directeur général de plan Corée du Sud, Byunghak Kim, il a émis le souhait que les populations vulnérables puissent véritablement bénéficier des retombés du projet. Egalement, il a tenu à rassurer que la coopération entre le Burkina Faso et la Corée du Sud va se poursuivre et cela avec d’autres investissements. « Mais, pour ce qui est de notre rôle dans le projet, Plan international Corée, nous allons faire tout ce qui est de notre possible pour qu’il soit une réussite », a-t-il fini par dire.

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2016.10.04

Education pour tous. Bientôt on dira : «Je fréquente à la MACO»

Education pour tous. Bientôt on dira : «Je fréquente à la MACO»

Dans la matinée du 22 septembre, l'Association Ecole Pour Tous (AEPT) a organisé une cérémonie de collecte de fonds en vue de construire une salle de classe au sein de la Maison d'Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO). L'objectif est de permettre la réinsertion socioprofessionnelle des détenus et des prévenus après leur libération.

La détention occupe le 5e rang parmi les peines afflictives et infamantes. Elle a donc pour but de punir et de faire payer les fautes commises mais sans toutefois penser à une réinsertion après libération. Il a fallu donc attendre jusqu'en 1791 pour que la réinsertion soit un sujet préoccupant. En effet, créée en 2011, l'AEPT ambitionne évoluer dans la réinsertion des détenus après leur libération et se bat en particulier pour atteindre ses objectifs à savoir : une prison, une école ; la formation des détenus (es) en entrepreneuriat et le parrainage de ceux et celles qui sont vulnérables. Ainsi donc, la cérémonie de ce matin, en présence du représentant du ministre de la Justice et de celui de Mme le ministre de l'Action sociale, avait pour principal objectif la collecte de fonds pour la construction d'une salle de classe au sein de la MACO avec un budget estimé à 7 millions de FCFA.

Le président de l'association, Hado Nicaise Sawadogo, à l'entame de son discours, a rendu un vibrant hommage aux partenaires techniques et financiers et se dit honoré par leur présence, car celle-ci constitue "une lueur d'espoir pour les détenus ". Cependant le besoin est réel, pressant et nécessite une attention particulière : « La MACO est un navire embarquant à son bord plusieurs milliers de pensionnaires, mais ce navire cherche désormais à accoster, car les passagers doivent débarquer et corriger leur passé », a-t-il déclaré. En ce qui concerne le représentant du ministre de la justice, Yogo Geoffroy, patron de la cérémonie, il a salué l'initiative de l'AEPT et lancé un appel solennel à l'endroit des prisonniers, les invitant à redoubler d'efforts dans l'apprentissage, car, selon ses dires, 5 mois ont été sacrifiés afin que cette journée de collecte de fonds soit effective.

Encore faut-il rappeler que les prisonniers méritent une seconde chance: «  Faire des détenus d'aujourd'hui, les bâtisseurs de demain », foi de Yogo Geoffroy. Quant aux bénéficiaires de cette nouvelle donne, ils n'avaient que des mots de remerciement à l'endroit de l'Association et à l'ensemble de ses partenaires. Néanmoins un souci se présente à l'horizon: la question de savoir comment une seule salle de classe peut-elle servir à dispenser des cours à des milliers de détenus? A cette question, le président de l'AEPT a assuré que le plus important est d'avoir pris l'initiative et l'engagement d'emboîter le pas«  Avec le temps et l'appui de nos collaborateurs, nous passerons d'une classe à une école », a-t-il terminé.

 

Omar Salia

(Stagiaire)

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La guerre anti-coloniale de 1916 : 100 ans après un moment d’Histoire nationale à commémorer et à enseigner

L’année 2016 marquera le centenaire de la révolte Bwa de 1916.  En effet, cette révolte qui a failli mettre en péril la domination coloniale dans notre pays, mobilisa plus de 500000 personnes  insurgées et resta l’une des plus meurtrières guerres coloniales de l’Afrique de l’Ouest. Elle demeura aussi sans conteste un sursaut d’un peuple dans la lutte contre l’oppression coloniale, pour la liberté et l’indépendance. Quelles sont les causes ou les éléments déclencheurs de cette révolte ? Quels ont été l’étendue et le déroulement de cette lutte pour la liberté et la dignité ? Quels sont les enseignements que nous pouvons en tirer pour non seulement nous réconcilier avec notre Histoire mais surtout pour la construction de la mémoire nationale commune.

  1. Origines et cause de cette résistance
Vincent Takoun Guiebré

Vincent Takoun Guiebré

La révolte des Bwa de 1916 a  des causes diverses. Il y a en premier lieu l’existence d’un ras-le-bol généralisé des populations Bwa contre les exactions régulières de l’administration coloniale surtout sur le recrutement militaire forcé (l’impôt du sang) de bras valides pour la première guerre mondiale et les traitements humiliants et dégradants lors des travaux forcés. En outre, il y a l’accumulation des injustices, des brimades  et tortures diverses que le colon avait érigées en politique publique : « prisonniers étranglés, rafles de jeunes filles sur les marchés, viols accompagnés de pendaisons, bébés tués sur le dos de leurs mères»

Par ailleurs, il convient d’ajouter les injustices et frustrations multiples et diverses de ceux dont les intérêts avaient été lésés ou dont l’autorité et le prestige d’antan avaient été anéantis par le pouvoir colonial. Ces derniers voulaient profiter de l’affaiblissement des colons inhérent au départ des garnissons militaires pour combattre sur le front de la première guerre mondiale pour exiger le départ définitif de la France. Ainsi un des vieux qui appelait à la guerre s’interrogeait ainsi «les Blancs sont venus chez nous; nous les avons acceptés croyant qu’ils se comporteraient comme les Peuls c’est-à-dire sans se mêler de nos affaires .Tout leur appartient désormais dans ce pays: nos biens, nos femmes, nos enfants, et nous-mêmes. Qu’est-ce qui nous reste encore? Ils ridiculisent et même interdisent nos coutumes et les choses sacrées héritées de nos aïeux, les cicatrices, pour que nous ne reconnaissions plus nos enfants ».

A toutes ces raisons ci-dessus invoquées, comme dans toutes les révoltes ou luttes populaires, il y a un événement déclencheur.  En effet, à la fin de l’année 1915, le peuple des  Bwa est réquisitionné pour construire la route la San-Koudougou passant par Tominian, Bénéna, Nouna, Dédougou. C’est durant ces travaux, à Bouna, qu’un garde força une femme enceinte et à terme à poursuivre ses  tâches  sur le chantier. Cette dernière perdit son enfant.  Écœurés par cette bavure et traitement inhumain et excessif, les hommes du chantier se ruèrent sur le garde et le tua.

  1. Étendue, déroulement et faits d’armes

 Cette révolte sur le chantier à Bouna marque le début d’une grande lutte contre la répression coloniale et pour la liberté et le respect de la dignité humaine. Les représentants de plusieurs familles et villages lancèrent un appel à la résistance contre l’oppresseur. C’est le début de l’une des plus meurtrières guerres coloniales de l’Afrique. En effet, cet appel à la résistance aura un vrai retentissement dans les diverses couches populaires. Plus de 112 villages se soulevèrent. Si les Bwa ont payé un lourd tribu, cette révolte est  « supra-tribale »  et va ratisser large. Elle va s’étendre et susciter des métastases sur tout l’Ouest, et le Centre-Ouest du Burkina et une partie du Mali. Plus de 550 000 insurgés composés de Bwaba, Dafing, San, Bobo, Toussian ,Marka, Samo, Fulbe (Peul), Tusia, Sambla, Lela, Nuna, Winye (Ko) ,  Minianka , Dogon, Dioula , Gourounsi et  Mossi du Centre-Ouest unirent leurs forces et leurs volontés pour défendre la liberté et bouter hors de la Haute-Volta la France coloniale. Armés de flèches, des frondes, d’arcs, de fusils artisanaux,  ils mettent en déroute les premières expéditions punitives. Ainsi la colonne, conduite par le commandant Simonin, constituée de 600 militaires armés de fusils et de canons fut défaite par les insurgés le 3 décembre 1915 devant  Yankasso. Les troupes  coloniales  conduites par Modeste (600 hommes) et Mollard (1500 hommes) subirent de cuisantes défaites avec des nombreuses pertes en vies humaines.

Face à cette déroute le Gouverneur s’écrira « Jamais  nous ne pûmes cerner un village et en ramasser tous les défenseurs. Les indigènes ont fait preuves de beaucoup de bravoure et de mordant…derrière leurs murs en terre, ils nous tuèrent beaucoup de mondes sans grande pertes  ». En Février 1916, le gouvernement de l’Afrique Occidentale Française envoya  une nouvelle colonne militaire d’une puissance de feu considérable. Cette colonne après avoir épuisé ses dotations en munitions dans l’attaque des villages fortifiés est contrainte de replier sur Dédougou. La population insurgée célébra avec vaste ce repli des troupes coloniales comme une victoire d’étape importante qui constituait de réels motifs de satisfaction et de mobilisation dans cette résistance. L’ « aspiration à la liberté » (Hannah Arendt) et à une autre vie digne pour eux et leurs progénitures cimentait les idéaux, les convictions et les engagements de ces insurgés qui combattaient avec audace pour une vie meilleure tout en préférant la mort à la servitude coloniale. Ce trait ressort nettement dans le rapport de l’administrateur en chef VIDAL au Gouverneur générale de l’Afrique occidentale française. Dans ledit rapport, On peut lire ceci : « Pour comprendre l’exacte signification de cet acharnement, il est nécessaire de dire le fanatisme violent, le mépris de la mort, l’audace et le courage tranquille dont ont fait preuve les rebelles au cours des combats les plus meurtriers. Il faut aussi dire l’étroitesse cohésion, la discipline merveilleuse, l’esprit de solidarité et de sacrifice qui les animaient et les portaient aux actes d’héroïsme les plus troublants. Des hommes en grand nombre, des vieillards, des enfants en groupe ou isolement, préféraient se faire tuer ou se laisser enfumer et griller dans des cases incendiées, plutôt que de se rendre, malgré la promesse d’une vie sauve qui leur était faite, ne voulant même pas profiter des facilités d’évasion que leur offraient les ténèbres de la nuit ou le retrait momentané de nos tirailleurs pour échapper à une mort certaine qui les attendait. J’ai vu des femmes, des enfants s’enterrant vivants dans les caveaux de familles, parmi les ossements, un vieillard se pendant au-dessus du corps de son fils pour ne pas tomber vivant dans nos mains. ». En somme, pour ces combattants contre l’ordre colonial, le mot d’ordre était « Plutôt Humu-la-Mort que Wobamu-l’Esclavage »1 (Nazi Boni)

 

  1. Bilan et enseignements

Des  hommes et femmes ont pu faire un dépassement des  divisions ethniques mortifères et ont tenu en échec durant presqu’un an, avec seulement des flèches et des frondes, la machine de guerre de la France coloniale. Après les premières défaites des troupes coloniales, et face à la stratégie déployée par les résistants, le lieutenant-gouverneur du HSN, demanda « des moyens modernes de destruction … et surtout un aéroplane, qui tout en impressionnant très fort les rebelles, causeraient des dégâts tels qu’ils abandonneraient leurs villages sans attendre l’assaut ». Ce n’est qu’au mois de juillet 1916 que la France coloniale viendra à bout des différents foyers de résistance populaire. Le bilan humain et matériel de cette guerre anti-coloniale, qui a fait naître des solidarités et des espoirs, est lourd : plus de 20000 personnes tuées selon le Professeur Bakary KAMIAN, destruction et incendie systématiques des villages, dévastation et mise à feu des stocks alimentaires et des récoltes, des séances publiques de mutilations, traitements cruels, inhumains et dégradants sur les femmes et les enfants. Ce mouvement insurrectionnel va aussi déstructurer surtout la société Bwa dans son Avoir, son Être et son rapport au culte multiséculaire du DO ou des ancêtres. En outre, le récit partial et parcellaire du colon sur ce moment déterminant de notre Histoire commune demeure teinté par cette supériorité factice qu’ont les chiens vivants sur les lions morts. Il est donc une  urgence à repenser cet événement comme un acte fondateur dans la lutte de libération nationale contre l’ordre colonial mais aussi comme un apport fondamental dans la construction de l’État-nation. Cet événement de par sa portée, son étendue et les valeurs défendues mérite d’être commémorer annuellement et enseigner dans les écoles de notre pays afin que notre génération et celles à venir sachent le prix du sang versé pour cette nation civique que nous aimons tant. Pour cela,  il faut réinterpréter les symboles inclusifs et réécrire le grand récit des origines pour donner pleinement du sens aux valeurs fondatrices de notre Nation en construction.

 

Vincent Takoun Guiebré

 

Références

  1. BONI Nazi, Crépuscule des temps anciens, Paris, Présence africaine,
  2. KAMIAN Bakari, Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard: 80000 combattants maliens au secours de la France, 1914-18 et 1939-1945, Karthala, 2001
  3. Marc Michel , Les Africains et la Grande Guerre. L’appel à l’Afrique (1914-1918)

 

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Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida

Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida
© DR / Autre Presse
 
Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida
 
A l’occasion des 30 ans de la pandémie de Sida au Burkina Faso, le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les Infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) a organisé une conférence de presse, le lundi 3 octobre 2016, à Ouagadougou. Elle avait pour but de donner des informations sur le lancement des activités commémoratives. C’était en présence du directeur de Cabinet du Président du Faso, Seydou Zagré, représentant Roch Kaboré.

Placée sous le haut patronage du président du Faso, qui est aussi le président du CNLS-IST, la commémoration des trois décennies du Sida au Burkina Faso se déroulera sur 90 jours, soit du 1er octobre au 30 décembre 2016. «1986-2016: 30 ans du Sida au Burkina Faso-Enseignements et perspectives», c’est sous ce thème que se tiendra la commémoration.

Elle sera marquée par des conférences thématiques ; des activités de sensibilisation et de mobilisation sociale dans l’optique de mieux affiner les stratégies de la lutte à venir. Il s’agira également au cours de cette commémoration de dégager les enseignements des 30 années de lutte afin d’améliorer la réponse nationale au VIH, au Sida et aux IST au Burkina Faso.

Il y aura entre autres la réalisation d’activités médiatiques, l’organisation d’une marche silencieuse ponctuée d’arrêts pour des hommages à rendre aux acteurs de la lutte et aux victimes du VIH, l’organisation d’une journée porte ouverte, l’organisation de deux caravanes de presses dont la première se déroulera du 28 au 30 novembre prochain, la production et la diffusion de supports de sensibilisation et l’organisation d’une journée de partage entre les orphelins et enfants vulnérables et le Président du Faso.
Les activités se mèneront sur la période d’octobre à décembre 2016 avec pour couronnement la Journée mondiale du Sida 2016 qui aura lieu à Nouna dans la région de la Boucle du Mouhoun le 1er décembre de l’année. Selon le Secrétaire permanent, Didier Romuald Bakouan, à l’occasion de la fête de l’Indépendance qui se tiendra à Kaya dans le Centre nord le 11 décembre, des activités d’intérêts sont également prévues.
A l’écouter, ces 30 ans permettront de faire le bilan de la lutte contre le VIH et le Sida de la découverte des premiers cas à nos jours, de se remémorer des acteurs de la lutte et des victimes de la maladie, et d’intensifier la mobilisation sociale en vue de l’élimination effective du VIH à l’horizon 2030.
Pour M. Bakouan, le Burkina Faso étant un pays à forte potentialité de jeunes, il convient de conforter les initiatives, les programmes et les efforts de sensibilisation à leur intention. Il reconnait que le défi consiste aujourd’hui à promouvoir des programmes efficaces susceptibles d’amener et d’encourager les jeunes à gérer de façon responsable leur sexualité et à faire face au VIH/Sida.

Ylkohanno Somé  (bayiri.com)

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La lutte syndicale est-elle dévoyée?

Les forces vives de la nation se sont battues pour chasser Blaise Compaoré du pouvoir. Les populations en général (jeunes, femmes et hommes), les organisations de la société civile et les partis politiques se sont mobilisés comme jamais auparavant pour cela. Il ne voulait pas lâcher prise et c’est tant pis pour lui. Désormais, l’alternance est en marche au Burkina Faso car des élections jugées transparentes par tous ont été organisées et une nouvelle constitution est en chantier pour consolider le processus démocratique.

Les syndicats doivent developper de nouvelles voies de lutte que de d'emprunter la courte échelle de la prise des dirigeants et des populations en otages
Les syndicats doivent développer de nouvelles voies de lutte que d’emprunter la courte échelle de la prise des dirigeants et des populations en otages

Mais à peine un nouveau pouvoir installé que des tirs groupés et nourris viennent de toutes parts contre ce nouvel exécutif. Parce que l’esprit de l’insurrection est toujours dans les têtes, parce que les populations ont soif de justice et les besoins pressants, elles veulent le changement ici et tout de suite. Chaque corporation veut sa part de la  »victoire » hic et nunc.

C’est pourquoi nous assistons çà et là à des réactions des plus déplacées. Passons encore que des OSC (beaucoup ignorent leur rôle et leur but) s’insurgent contre certaines pratiques. Mais que des syndicalistes s’immiscent dans des affaires qui ne les regardent pas, qu’ils prennent la population en otage, on peut dire que la lutte syndicale est utilisée à d’autres fins.

Ces derniers jours, on a lu et entendu les propos d’un leader syndicaliste parler des marchés dans un ministère: «Ce sont les marchés publics qui intéressent le ministre…».

La vocation d’une organisation syndicale, pour ce que nous avons entendu jusque-là, est de défendre les intérêts matériels et moraux d’une corporation. Son rôle est de lutter pour avoir de meilleures conditions de vie et de travail pour ses affiliés. Elle lutte aussi pour l’élargissement des libertés. Mais lorsqu’un syndicat déborde se ses ‘’prérogatives régaliennes’’ pour regarder dans la passation des marchés, on peut dire que le front de la lutte s’élargit inutilement et peut desservir les objectifs premiers du syndicat.

C’est son droit de demander que les frais de mission soient payés. C’est son droit d’exiger la satisfaction «sans délai» d’un protocole d’accord signé le… 27 juin 2011! Là, ce sont ses prérogatives! Mais les dysfonctionnements dans les procédures de passation des marchés sont du ressort des entreprises soumissionnaires qui peuvent faire des réclamations. Il y a plusieurs voies de recours pour celui qui se sent lésé ou si les termes du marché n’ont pas été respectés.

Il faut que le Burkinabè se ressaisisse. Sinon, à cette allure, personne ne pourra travailler au Burkina ici. Quel qu’ait été le parti au pouvoir, il ne ferait pas mieux dans une telle atmosphère de travail. L’insécurité et l’incivisme sont un frein à la reprise de l’activité économique et surtout pour l’arrivée de nouveaux investisseurs.

Depuis le 20 septembre, les populations sont prises en otages par la grève au niveau de l’opérateur historique et global des télécommunications. C’est inhumain, ce que les populations vivent. Impossible de travailler. La lutte ne doit pas faire plus de victimes que celles (les travailleurs) que la grève est censée servir. Plus de 2 semaines de grève, c’est exagéré pour un domaine aussi sensible!

Halte au syndicalisme gangster! Halte au syndicalisme preneur d’otages!

Tout cela concoure à éloigner les potentiels investisseurs qui voudraient miser au Burkina, un pays totalement vierge en matière d’industrialisation. Si des syndicats, si des groupes spontanés peuvent à tout moment prendre des dirigeants en otages ou détruire l’instrument de production, il y a de quoi réfléchir par deux fois avant de s’engager.

D’où viendront alors les ressources qui vont permettre de faire face à toute cette demande sociale chaque jour croissante? Regardons un peu plus loin que nos ventres bedonnants d’opulence ou de malnutrition.

Les fonctionnaires et les travailleurs ont cette petite parcelle de pouvoir qui leur permet d’agir à leur guise. Il va falloir que les paysans s’organisent pour avoir aussi leur moyen de pression parce qu’en dernier ressort, ce sont elles qui trinquent. Vivement le jour où ces derniers vont suspendre inopinément la fourniture du marché en denrées…

Lougouvinzourim

18:19 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Protection de l’enfant et des adolescents: le ministère de la solidarité nationale en fait son cheval de bataille

Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille organise du 4 au 6 octobre 2016 dans les 45 directions provinciales, des sessions de renforcement des compétences techniques des travailleurs sociaux sur la protection de l’enfant. Le lancement officiel des travaux a débuté le mardi 4 octobre à Ouagadougou.

Le ministre d'Etat, Yvette Dembélé (au milieu)
Le ministre d’Etat, Yvette Dembélé (au milieu)

Dans le but de contribuer au renforcement des compétences techniques du personnel en charge de la protection de l’enfant dans les 45 directions provinciales, le ministère de la solidarité nationale a initié des sessions de formation au profit de trois cent trente-sept acteurs dont cent dix-sept sont déjà sur le terrain et cent soixante en formation à Gaoua et à Ouagadougou.

Selon la secrétaire d’Etat chargé des affaires sociales, Yvette Dembélé, représentant le ministre de la Femme, en dépit de nombreuses initiatives développées par le gouvernement et ses partenaires, la situation actuelle des enfants et des adolescents en matière de protection est loin d’être satisfaisante. «Les enfants sont toujours victimes de violence, de mariage forcé, souvent de maltraitance, de pires formes de travail…», a relevé Yvette Dembélé.

C’est donc dans l’optique de protéger cette couche vulnérable et leur permettre de s’épanouir et de se développer dans des conditions optimales, que le ministère en charge de la Solidarité nationale a initié ces sessions de formation afin de mettre à jour les différentes connaissances des acteurs sociaux et de prendre en compte l’évolution récente en matière de progrès en termes de prise en charge des enfants et des adolescents.

Les participants aux sessions de formation
Les participants aux sessions de formation

Durant les trois jours que durera cette session de formation, trois thèmes différents seront développés. Il s’agit premièrement, a noté le directeur général de l’Institut national de formation en travail social,  Léonard Sawadogo, de la théorie des normes sociales pour expliquer comment le comportement des gens dépend des normes et comment il est possible à travers les normes sociales de changer les comportements.

Deuxièmement, poursuit M. Sawadogo, les participants vont s’imprégner des procédures des techniques de résolution de cas, notamment la gestion de cas dans les situations de violences faites aux enfants. Enfin, dit-il, la prise en charge psycho social et l’accompagnement juridique des jeunes filles qui seraient victimes de mariage précoce seront présentés aux participants pour leur donner les rudiments nécessaires dans le but de soutenir ces filles qui ont été données en mariage précocement.

Au sortir de cette formation, le ministre d’Etat a exhorté les uns et les autres à une participation active et une analyse sans complaisance  de leurs expériences personnelles afin de pouvoir réussir le pari d’un Burkina où les enfants et adolescents seront mieux protégés.

Madina Belemviré

 

18:17 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Y a-t-il un autre chemin vers la paix et l’apaisement des cœurs que celui de la justice sociale?

Justice pour ceux qui sont morts par le fait d’appétits gloutons. Justice pour des victimes de la méchanceté de gens qui se croyaient sortis de la cuisse de Jupiter et qui avaient droit de vie et de mort sur les autres. Arrêtons de dire que des concitoyens ont été emprisonnés pour rien et demandons à la justice de se hâter un peu plus pour faire la lumière sur les nombreux crimes économiques et de sang.

Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars
Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars

Des vies humaines ont été enlevées les 30, 31 octobre 2014 et jours suivants. Oui ou non? On a tué des manifestants lors du putsch. Oui ou non? Des Burkinabè ont perdu leurs enfants. Oui ou non? Des enfants ont perdu leurs parents. Oui ou non? Arrêtons de remuer le couteau dans la plaie en tenant des propos irresponsables et hautains. Ne regardons pas seulement nos ventres. Il est facile de dire de pardonner, quand on n’a pas perdu un proche dans de telles circonstances.

Pourquoi veut-on être plus royaliste que le roi? Qui était aux affaires, lorsque la marmite a explosé? Qui a tiré sur les manifestants? Pourquoi des compatriotes ont-ils fui et d’autres pas? Ils savent ce qu’ils ont fait de mauvais. Et c’est à eux de revenir demander le pardon. Pas par procuration.

Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!
Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!

C’est pour cela que le retour du Premier ministre Tiao pour répondre de ses actes est à apprécier. Il pourra se défendre car inculpation ne veut pas dire culpabilité. Il y a déjà des circonstances atténuantes (pas de justice laxiste non plus), à notre avis, dans cette démarche.

Si Blaise et consorts s’étaient mis à la disposition de la justice, peut-être que les comptes avaient été déjà soldés, le pardon accordé, la page tournée et la réconciliation en marche.

Le Burkina veut la paix et la réconciliation mais arrêtons de vouloir arracher cette réconciliation de force comme on l’a fait par le passé avec ce simulacre de journée de pardon. On exige le pardon sans vouloir assumer ses responsabilités. Ça ne marchera pas pour toujours!

Est-on obligé de pardonner à quelqu’un qui ne veut pas faire amende honorable? Le sorcier oublie mais la mère pas, dit un adage bien populaire à ce propos.

Les Echos du Faso

17:11 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer