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2016.10.04

La guerre anti-coloniale de 1916 : 100 ans après un moment d’Histoire nationale à commémorer et à enseigner

L’année 2016 marquera le centenaire de la révolte Bwa de 1916.  En effet, cette révolte qui a failli mettre en péril la domination coloniale dans notre pays, mobilisa plus de 500000 personnes  insurgées et resta l’une des plus meurtrières guerres coloniales de l’Afrique de l’Ouest. Elle demeura aussi sans conteste un sursaut d’un peuple dans la lutte contre l’oppression coloniale, pour la liberté et l’indépendance. Quelles sont les causes ou les éléments déclencheurs de cette révolte ? Quels ont été l’étendue et le déroulement de cette lutte pour la liberté et la dignité ? Quels sont les enseignements que nous pouvons en tirer pour non seulement nous réconcilier avec notre Histoire mais surtout pour la construction de la mémoire nationale commune.

  1. Origines et cause de cette résistance
Vincent Takoun Guiebré

Vincent Takoun Guiebré

La révolte des Bwa de 1916 a  des causes diverses. Il y a en premier lieu l’existence d’un ras-le-bol généralisé des populations Bwa contre les exactions régulières de l’administration coloniale surtout sur le recrutement militaire forcé (l’impôt du sang) de bras valides pour la première guerre mondiale et les traitements humiliants et dégradants lors des travaux forcés. En outre, il y a l’accumulation des injustices, des brimades  et tortures diverses que le colon avait érigées en politique publique : « prisonniers étranglés, rafles de jeunes filles sur les marchés, viols accompagnés de pendaisons, bébés tués sur le dos de leurs mères»

Par ailleurs, il convient d’ajouter les injustices et frustrations multiples et diverses de ceux dont les intérêts avaient été lésés ou dont l’autorité et le prestige d’antan avaient été anéantis par le pouvoir colonial. Ces derniers voulaient profiter de l’affaiblissement des colons inhérent au départ des garnissons militaires pour combattre sur le front de la première guerre mondiale pour exiger le départ définitif de la France. Ainsi un des vieux qui appelait à la guerre s’interrogeait ainsi «les Blancs sont venus chez nous; nous les avons acceptés croyant qu’ils se comporteraient comme les Peuls c’est-à-dire sans se mêler de nos affaires .Tout leur appartient désormais dans ce pays: nos biens, nos femmes, nos enfants, et nous-mêmes. Qu’est-ce qui nous reste encore? Ils ridiculisent et même interdisent nos coutumes et les choses sacrées héritées de nos aïeux, les cicatrices, pour que nous ne reconnaissions plus nos enfants ».

A toutes ces raisons ci-dessus invoquées, comme dans toutes les révoltes ou luttes populaires, il y a un événement déclencheur.  En effet, à la fin de l’année 1915, le peuple des  Bwa est réquisitionné pour construire la route la San-Koudougou passant par Tominian, Bénéna, Nouna, Dédougou. C’est durant ces travaux, à Bouna, qu’un garde força une femme enceinte et à terme à poursuivre ses  tâches  sur le chantier. Cette dernière perdit son enfant.  Écœurés par cette bavure et traitement inhumain et excessif, les hommes du chantier se ruèrent sur le garde et le tua.

  1. Étendue, déroulement et faits d’armes

 Cette révolte sur le chantier à Bouna marque le début d’une grande lutte contre la répression coloniale et pour la liberté et le respect de la dignité humaine. Les représentants de plusieurs familles et villages lancèrent un appel à la résistance contre l’oppresseur. C’est le début de l’une des plus meurtrières guerres coloniales de l’Afrique. En effet, cet appel à la résistance aura un vrai retentissement dans les diverses couches populaires. Plus de 112 villages se soulevèrent. Si les Bwa ont payé un lourd tribu, cette révolte est  « supra-tribale »  et va ratisser large. Elle va s’étendre et susciter des métastases sur tout l’Ouest, et le Centre-Ouest du Burkina et une partie du Mali. Plus de 550 000 insurgés composés de Bwaba, Dafing, San, Bobo, Toussian ,Marka, Samo, Fulbe (Peul), Tusia, Sambla, Lela, Nuna, Winye (Ko) ,  Minianka , Dogon, Dioula , Gourounsi et  Mossi du Centre-Ouest unirent leurs forces et leurs volontés pour défendre la liberté et bouter hors de la Haute-Volta la France coloniale. Armés de flèches, des frondes, d’arcs, de fusils artisanaux,  ils mettent en déroute les premières expéditions punitives. Ainsi la colonne, conduite par le commandant Simonin, constituée de 600 militaires armés de fusils et de canons fut défaite par les insurgés le 3 décembre 1915 devant  Yankasso. Les troupes  coloniales  conduites par Modeste (600 hommes) et Mollard (1500 hommes) subirent de cuisantes défaites avec des nombreuses pertes en vies humaines.

Face à cette déroute le Gouverneur s’écrira « Jamais  nous ne pûmes cerner un village et en ramasser tous les défenseurs. Les indigènes ont fait preuves de beaucoup de bravoure et de mordant…derrière leurs murs en terre, ils nous tuèrent beaucoup de mondes sans grande pertes  ». En Février 1916, le gouvernement de l’Afrique Occidentale Française envoya  une nouvelle colonne militaire d’une puissance de feu considérable. Cette colonne après avoir épuisé ses dotations en munitions dans l’attaque des villages fortifiés est contrainte de replier sur Dédougou. La population insurgée célébra avec vaste ce repli des troupes coloniales comme une victoire d’étape importante qui constituait de réels motifs de satisfaction et de mobilisation dans cette résistance. L’ « aspiration à la liberté » (Hannah Arendt) et à une autre vie digne pour eux et leurs progénitures cimentait les idéaux, les convictions et les engagements de ces insurgés qui combattaient avec audace pour une vie meilleure tout en préférant la mort à la servitude coloniale. Ce trait ressort nettement dans le rapport de l’administrateur en chef VIDAL au Gouverneur générale de l’Afrique occidentale française. Dans ledit rapport, On peut lire ceci : « Pour comprendre l’exacte signification de cet acharnement, il est nécessaire de dire le fanatisme violent, le mépris de la mort, l’audace et le courage tranquille dont ont fait preuve les rebelles au cours des combats les plus meurtriers. Il faut aussi dire l’étroitesse cohésion, la discipline merveilleuse, l’esprit de solidarité et de sacrifice qui les animaient et les portaient aux actes d’héroïsme les plus troublants. Des hommes en grand nombre, des vieillards, des enfants en groupe ou isolement, préféraient se faire tuer ou se laisser enfumer et griller dans des cases incendiées, plutôt que de se rendre, malgré la promesse d’une vie sauve qui leur était faite, ne voulant même pas profiter des facilités d’évasion que leur offraient les ténèbres de la nuit ou le retrait momentané de nos tirailleurs pour échapper à une mort certaine qui les attendait. J’ai vu des femmes, des enfants s’enterrant vivants dans les caveaux de familles, parmi les ossements, un vieillard se pendant au-dessus du corps de son fils pour ne pas tomber vivant dans nos mains. ». En somme, pour ces combattants contre l’ordre colonial, le mot d’ordre était « Plutôt Humu-la-Mort que Wobamu-l’Esclavage »1 (Nazi Boni)

 

  1. Bilan et enseignements

Des  hommes et femmes ont pu faire un dépassement des  divisions ethniques mortifères et ont tenu en échec durant presqu’un an, avec seulement des flèches et des frondes, la machine de guerre de la France coloniale. Après les premières défaites des troupes coloniales, et face à la stratégie déployée par les résistants, le lieutenant-gouverneur du HSN, demanda « des moyens modernes de destruction … et surtout un aéroplane, qui tout en impressionnant très fort les rebelles, causeraient des dégâts tels qu’ils abandonneraient leurs villages sans attendre l’assaut ». Ce n’est qu’au mois de juillet 1916 que la France coloniale viendra à bout des différents foyers de résistance populaire. Le bilan humain et matériel de cette guerre anti-coloniale, qui a fait naître des solidarités et des espoirs, est lourd : plus de 20000 personnes tuées selon le Professeur Bakary KAMIAN, destruction et incendie systématiques des villages, dévastation et mise à feu des stocks alimentaires et des récoltes, des séances publiques de mutilations, traitements cruels, inhumains et dégradants sur les femmes et les enfants. Ce mouvement insurrectionnel va aussi déstructurer surtout la société Bwa dans son Avoir, son Être et son rapport au culte multiséculaire du DO ou des ancêtres. En outre, le récit partial et parcellaire du colon sur ce moment déterminant de notre Histoire commune demeure teinté par cette supériorité factice qu’ont les chiens vivants sur les lions morts. Il est donc une  urgence à repenser cet événement comme un acte fondateur dans la lutte de libération nationale contre l’ordre colonial mais aussi comme un apport fondamental dans la construction de l’État-nation. Cet événement de par sa portée, son étendue et les valeurs défendues mérite d’être commémorer annuellement et enseigner dans les écoles de notre pays afin que notre génération et celles à venir sachent le prix du sang versé pour cette nation civique que nous aimons tant. Pour cela,  il faut réinterpréter les symboles inclusifs et réécrire le grand récit des origines pour donner pleinement du sens aux valeurs fondatrices de notre Nation en construction.

 

Vincent Takoun Guiebré

 

Références

  1. BONI Nazi, Crépuscule des temps anciens, Paris, Présence africaine,
  2. KAMIAN Bakari, Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard: 80000 combattants maliens au secours de la France, 1914-18 et 1939-1945, Karthala, 2001
  3. Marc Michel , Les Africains et la Grande Guerre. L’appel à l’Afrique (1914-1918)

 

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Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida

Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida
© DR / Autre Presse
 
Santé: le Burkina commémore trois décennies de lutte contre la Sida
 
A l’occasion des 30 ans de la pandémie de Sida au Burkina Faso, le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les Infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST) a organisé une conférence de presse, le lundi 3 octobre 2016, à Ouagadougou. Elle avait pour but de donner des informations sur le lancement des activités commémoratives. C’était en présence du directeur de Cabinet du Président du Faso, Seydou Zagré, représentant Roch Kaboré.

Placée sous le haut patronage du président du Faso, qui est aussi le président du CNLS-IST, la commémoration des trois décennies du Sida au Burkina Faso se déroulera sur 90 jours, soit du 1er octobre au 30 décembre 2016. «1986-2016: 30 ans du Sida au Burkina Faso-Enseignements et perspectives», c’est sous ce thème que se tiendra la commémoration.

Elle sera marquée par des conférences thématiques ; des activités de sensibilisation et de mobilisation sociale dans l’optique de mieux affiner les stratégies de la lutte à venir. Il s’agira également au cours de cette commémoration de dégager les enseignements des 30 années de lutte afin d’améliorer la réponse nationale au VIH, au Sida et aux IST au Burkina Faso.

Il y aura entre autres la réalisation d’activités médiatiques, l’organisation d’une marche silencieuse ponctuée d’arrêts pour des hommages à rendre aux acteurs de la lutte et aux victimes du VIH, l’organisation d’une journée porte ouverte, l’organisation de deux caravanes de presses dont la première se déroulera du 28 au 30 novembre prochain, la production et la diffusion de supports de sensibilisation et l’organisation d’une journée de partage entre les orphelins et enfants vulnérables et le Président du Faso.
Les activités se mèneront sur la période d’octobre à décembre 2016 avec pour couronnement la Journée mondiale du Sida 2016 qui aura lieu à Nouna dans la région de la Boucle du Mouhoun le 1er décembre de l’année. Selon le Secrétaire permanent, Didier Romuald Bakouan, à l’occasion de la fête de l’Indépendance qui se tiendra à Kaya dans le Centre nord le 11 décembre, des activités d’intérêts sont également prévues.
A l’écouter, ces 30 ans permettront de faire le bilan de la lutte contre le VIH et le Sida de la découverte des premiers cas à nos jours, de se remémorer des acteurs de la lutte et des victimes de la maladie, et d’intensifier la mobilisation sociale en vue de l’élimination effective du VIH à l’horizon 2030.
Pour M. Bakouan, le Burkina Faso étant un pays à forte potentialité de jeunes, il convient de conforter les initiatives, les programmes et les efforts de sensibilisation à leur intention. Il reconnait que le défi consiste aujourd’hui à promouvoir des programmes efficaces susceptibles d’amener et d’encourager les jeunes à gérer de façon responsable leur sexualité et à faire face au VIH/Sida.

Ylkohanno Somé  (bayiri.com)

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La lutte syndicale est-elle dévoyée?

Les forces vives de la nation se sont battues pour chasser Blaise Compaoré du pouvoir. Les populations en général (jeunes, femmes et hommes), les organisations de la société civile et les partis politiques se sont mobilisés comme jamais auparavant pour cela. Il ne voulait pas lâcher prise et c’est tant pis pour lui. Désormais, l’alternance est en marche au Burkina Faso car des élections jugées transparentes par tous ont été organisées et une nouvelle constitution est en chantier pour consolider le processus démocratique.

Les syndicats doivent developper de nouvelles voies de lutte que de d'emprunter la courte échelle de la prise des dirigeants et des populations en otages
Les syndicats doivent développer de nouvelles voies de lutte que d’emprunter la courte échelle de la prise des dirigeants et des populations en otages

Mais à peine un nouveau pouvoir installé que des tirs groupés et nourris viennent de toutes parts contre ce nouvel exécutif. Parce que l’esprit de l’insurrection est toujours dans les têtes, parce que les populations ont soif de justice et les besoins pressants, elles veulent le changement ici et tout de suite. Chaque corporation veut sa part de la  »victoire » hic et nunc.

C’est pourquoi nous assistons çà et là à des réactions des plus déplacées. Passons encore que des OSC (beaucoup ignorent leur rôle et leur but) s’insurgent contre certaines pratiques. Mais que des syndicalistes s’immiscent dans des affaires qui ne les regardent pas, qu’ils prennent la population en otage, on peut dire que la lutte syndicale est utilisée à d’autres fins.

Ces derniers jours, on a lu et entendu les propos d’un leader syndicaliste parler des marchés dans un ministère: «Ce sont les marchés publics qui intéressent le ministre…».

La vocation d’une organisation syndicale, pour ce que nous avons entendu jusque-là, est de défendre les intérêts matériels et moraux d’une corporation. Son rôle est de lutter pour avoir de meilleures conditions de vie et de travail pour ses affiliés. Elle lutte aussi pour l’élargissement des libertés. Mais lorsqu’un syndicat déborde se ses ‘’prérogatives régaliennes’’ pour regarder dans la passation des marchés, on peut dire que le front de la lutte s’élargit inutilement et peut desservir les objectifs premiers du syndicat.

C’est son droit de demander que les frais de mission soient payés. C’est son droit d’exiger la satisfaction «sans délai» d’un protocole d’accord signé le… 27 juin 2011! Là, ce sont ses prérogatives! Mais les dysfonctionnements dans les procédures de passation des marchés sont du ressort des entreprises soumissionnaires qui peuvent faire des réclamations. Il y a plusieurs voies de recours pour celui qui se sent lésé ou si les termes du marché n’ont pas été respectés.

Il faut que le Burkinabè se ressaisisse. Sinon, à cette allure, personne ne pourra travailler au Burkina ici. Quel qu’ait été le parti au pouvoir, il ne ferait pas mieux dans une telle atmosphère de travail. L’insécurité et l’incivisme sont un frein à la reprise de l’activité économique et surtout pour l’arrivée de nouveaux investisseurs.

Depuis le 20 septembre, les populations sont prises en otages par la grève au niveau de l’opérateur historique et global des télécommunications. C’est inhumain, ce que les populations vivent. Impossible de travailler. La lutte ne doit pas faire plus de victimes que celles (les travailleurs) que la grève est censée servir. Plus de 2 semaines de grève, c’est exagéré pour un domaine aussi sensible!

Halte au syndicalisme gangster! Halte au syndicalisme preneur d’otages!

Tout cela concoure à éloigner les potentiels investisseurs qui voudraient miser au Burkina, un pays totalement vierge en matière d’industrialisation. Si des syndicats, si des groupes spontanés peuvent à tout moment prendre des dirigeants en otages ou détruire l’instrument de production, il y a de quoi réfléchir par deux fois avant de s’engager.

D’où viendront alors les ressources qui vont permettre de faire face à toute cette demande sociale chaque jour croissante? Regardons un peu plus loin que nos ventres bedonnants d’opulence ou de malnutrition.

Les fonctionnaires et les travailleurs ont cette petite parcelle de pouvoir qui leur permet d’agir à leur guise. Il va falloir que les paysans s’organisent pour avoir aussi leur moyen de pression parce qu’en dernier ressort, ce sont elles qui trinquent. Vivement le jour où ces derniers vont suspendre inopinément la fourniture du marché en denrées…

Lougouvinzourim

18:19 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Protection de l’enfant et des adolescents: le ministère de la solidarité nationale en fait son cheval de bataille

Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille organise du 4 au 6 octobre 2016 dans les 45 directions provinciales, des sessions de renforcement des compétences techniques des travailleurs sociaux sur la protection de l’enfant. Le lancement officiel des travaux a débuté le mardi 4 octobre à Ouagadougou.

Le ministre d'Etat, Yvette Dembélé (au milieu)
Le ministre d’Etat, Yvette Dembélé (au milieu)

Dans le but de contribuer au renforcement des compétences techniques du personnel en charge de la protection de l’enfant dans les 45 directions provinciales, le ministère de la solidarité nationale a initié des sessions de formation au profit de trois cent trente-sept acteurs dont cent dix-sept sont déjà sur le terrain et cent soixante en formation à Gaoua et à Ouagadougou.

Selon la secrétaire d’Etat chargé des affaires sociales, Yvette Dembélé, représentant le ministre de la Femme, en dépit de nombreuses initiatives développées par le gouvernement et ses partenaires, la situation actuelle des enfants et des adolescents en matière de protection est loin d’être satisfaisante. «Les enfants sont toujours victimes de violence, de mariage forcé, souvent de maltraitance, de pires formes de travail…», a relevé Yvette Dembélé.

C’est donc dans l’optique de protéger cette couche vulnérable et leur permettre de s’épanouir et de se développer dans des conditions optimales, que le ministère en charge de la Solidarité nationale a initié ces sessions de formation afin de mettre à jour les différentes connaissances des acteurs sociaux et de prendre en compte l’évolution récente en matière de progrès en termes de prise en charge des enfants et des adolescents.

Les participants aux sessions de formation
Les participants aux sessions de formation

Durant les trois jours que durera cette session de formation, trois thèmes différents seront développés. Il s’agit premièrement, a noté le directeur général de l’Institut national de formation en travail social,  Léonard Sawadogo, de la théorie des normes sociales pour expliquer comment le comportement des gens dépend des normes et comment il est possible à travers les normes sociales de changer les comportements.

Deuxièmement, poursuit M. Sawadogo, les participants vont s’imprégner des procédures des techniques de résolution de cas, notamment la gestion de cas dans les situations de violences faites aux enfants. Enfin, dit-il, la prise en charge psycho social et l’accompagnement juridique des jeunes filles qui seraient victimes de mariage précoce seront présentés aux participants pour leur donner les rudiments nécessaires dans le but de soutenir ces filles qui ont été données en mariage précocement.

Au sortir de cette formation, le ministre d’Etat a exhorté les uns et les autres à une participation active et une analyse sans complaisance  de leurs expériences personnelles afin de pouvoir réussir le pari d’un Burkina où les enfants et adolescents seront mieux protégés.

Madina Belemviré

 

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Y a-t-il un autre chemin vers la paix et l’apaisement des cœurs que celui de la justice sociale?

Justice pour ceux qui sont morts par le fait d’appétits gloutons. Justice pour des victimes de la méchanceté de gens qui se croyaient sortis de la cuisse de Jupiter et qui avaient droit de vie et de mort sur les autres. Arrêtons de dire que des concitoyens ont été emprisonnés pour rien et demandons à la justice de se hâter un peu plus pour faire la lumière sur les nombreux crimes économiques et de sang.

Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars
Blaise Compaoré avec ses prédécesseurs lors de la célébration de la journée nationale de pardon le 30 mars 2001 et communiée en journée nationale du souvenir chaque 30 mars

Des vies humaines ont été enlevées les 30, 31 octobre 2014 et jours suivants. Oui ou non? On a tué des manifestants lors du putsch. Oui ou non? Des Burkinabè ont perdu leurs enfants. Oui ou non? Des enfants ont perdu leurs parents. Oui ou non? Arrêtons de remuer le couteau dans la plaie en tenant des propos irresponsables et hautains. Ne regardons pas seulement nos ventres. Il est facile de dire de pardonner, quand on n’a pas perdu un proche dans de telles circonstances.

Pourquoi veut-on être plus royaliste que le roi? Qui était aux affaires, lorsque la marmite a explosé? Qui a tiré sur les manifestants? Pourquoi des compatriotes ont-ils fui et d’autres pas? Ils savent ce qu’ils ont fait de mauvais. Et c’est à eux de revenir demander le pardon. Pas par procuration.

Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!
Le monument aux martyrs bâti dans la dynamique du pardon. Plus jamais ça? Et pourtant!

C’est pour cela que le retour du Premier ministre Tiao pour répondre de ses actes est à apprécier. Il pourra se défendre car inculpation ne veut pas dire culpabilité. Il y a déjà des circonstances atténuantes (pas de justice laxiste non plus), à notre avis, dans cette démarche.

Si Blaise et consorts s’étaient mis à la disposition de la justice, peut-être que les comptes avaient été déjà soldés, le pardon accordé, la page tournée et la réconciliation en marche.

Le Burkina veut la paix et la réconciliation mais arrêtons de vouloir arracher cette réconciliation de force comme on l’a fait par le passé avec ce simulacre de journée de pardon. On exige le pardon sans vouloir assumer ses responsabilités. Ça ne marchera pas pour toujours!

Est-on obligé de pardonner à quelqu’un qui ne veut pas faire amende honorable? Le sorcier oublie mais la mère pas, dit un adage bien populaire à ce propos.

Les Echos du Faso

17:11 Publié dans ACTUALITE SOCIALE DU BF | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer

Rancœur politique de certains opposants

Dans une démocratie, l’opposition constitue un contre-pouvoir. Elle contrebalance en effet les pouvoirs et les points de vue politiques. Son rôle est essentiel. C’est pourquoi d’ailleurs elle a un statut. L’opposition n’a pourtant pas seulement un rôle de contestation, de destruction.

Certains opposants politiques, désavoués par les électeurs et déçus, passent leur  temps à attiser le feu. Mauvaise stratégie pour redorer leur image
Certains opposants politiques, désavoués par les électeurs et déçus, passent leur temps à attiser le feu de la rancœur. Mauvaise stratégie pour ceux qui veulent redorer leur image

Un opposant démocratique est un acteur de la vie politique, œuvrant pour plus de démocratie, plus de respect des engagements des dirigeants, plus de débat dans l’espace public. Malheureusement, certains opposants politiques oublient leur rôle en s’adonnant à cœur joie à la critique stérile dans le seul but de détruire ou de saper l’action des dirigeants du moment. Très tatillons, ces opposants, déçus d’avoir été vomis par les électeurs, scrutent les moindres faux pas des autorités légitimes pour s’ériger en donneurs de leçons. Parce qu’ils n’admettent pas l’isolement dans lequel ils sont fourrés. Ils ont surestimé, entre-temps, leur aura politique et sont tombés dans le narcissisme béat.

Désavoué par les électeurs, ils ont cru bon se transformer en opposants véhéments et fougueux en exploitant toutes les colères des citoyens. Dans l’espoir de redorer leur image. C’est de la rancœur politique. Pourtant, dans un pays comme le Burkina Faso, les opposants devraient davantage prendre conscience que leur mission est d’œuvrer pour plus de démocratie, pour des représentants politiques plus responsables et soucieux de la cause publique, bref pour une politique plus noble et plus saine.

Il ne s’agit pas de tenir un éternel et redondant discours démagogique. Il ne s’agit pas non plus d’avoir à l’esprit une éternelle critique stérile encore moins une velléité de seulement détruire sans être une force de propositions.

Il s’agit de contribuer à l’évolution des idées et des pratiques politiques. Il s’agit de prendre part à un projet collectif noble et humaniste dans un vrai processus démocratique. L’enjeu n’est pas une querelle de personnes mais d’œuvrer pour le bien public. Au lieu de cela, certains de nos opposants politiques, mus par la colère, la tristesse et la jalousie (?) semblent emprunter la voie de la vengeance. Estimant avoir vécu de véritables injustices ou une profonde désillusion, ils n’arrivent plus à se battre honnêtement et justement. Ils cherchent à faire douter les gouvernants actuels et exacerbent les peurs et les sentiments d’injustices et d’impunité. Ils attisent le feu. Mais le fait de conspuer ledit pouvoir se situe aux antipodes de l’éthique politique et de la morale de notre société. Cette propension à jeter le discrédit sur les institutions démocratiques du pays et à distiller dans l’opinion le scepticisme doit cesser. De toutes les façons, pour émerger hors de l’eau – la vie politique étant faite de hauts et de bas -, certains de nos opposants politiques doivent revenir au b.a.-ba de leur mission: ramer à contre-courant, mais dans le bon sens.

Théophile MONE

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Vulgarisation du PNDES: cours magistral de Paul Kaba Thiéba à Ziniaré et à Kaya

Vulgarisation du PNDES: cours magistral de Paul Kaba Thiéba à Ziniaré et à Kaya
© DR / Autre Presse
 
Vulgarisation du PNDES: cours magistral de Paul Kaba Thiéba à Ziniaré et à Kaya
 
Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba a rencontré respectivement le vendredi 30 septembre et le samedi 1er octobre 2016 les forces vives de la région du Plateau Central et de celle du Centre Nord. Cette rencontre avec les populations s’est inscrit dans le cadre de la campagne nationale de vulgarisation du Plan national pour le développement économique et social (PNDES), nouveau référentiel du développement du Burkina, initiée par la Coordination des mouvements et associations pour la vulgarisation du programme du président.



L’objectif de cette tournée du chef du gouvernement dans les chefs-lieux des régions du pays était donc d’expliquer les grandes lignes du PNDES, le plan de développement de l’exécutif pour les quatre prochaines années 2016-2020. Il s’inspire essentiellement du programme de gouvernement du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

C’est par le biais de conférences publiques avec les différentes forces vives que Paul Kaba Thiéba a dévoilé les axes majeurs du référentiel à Ziniaré (Plateau Central) le vendredi 30 septembre tout comme à Kaya le samedi 1er octobre (Centre Nord).

Le PNDES: la preuve par trois

Ont pris part à la conférence publique de Ziniaré, les différentes couches sociales et les mouvements et association de la Région du Plateau Central qui regroupe trois provinces : Oubritenga, Kourwéogo et Ganzourgou.

Après l’allocution du maire de la commune de Ziniaré et des organisateurs de cette campagne de vulgarisation du PNDES, place a été donné au Premier ministre pour son exposé. Paul Kaba Thiéba en maître de séance a fait le diagnostic de l’état actuel du pays. Et pour lui les voyants sont aux rouge tant sur le plan économique que social : chômage, pauvreté, faible croissance et agriculture non mécanisé...Face à cela et « au manque de cohérence » des autres plans de développement, le PNDES a été mise en place.

« Dans le PNDES tout a un fil conducteur et toutes les actions des différents ministères sont structurées pour atteindre trois axes fondamentaux : la gouvernance, la valorisation du capital humain et la transformation structurelle de l’économie. Les ministères, les conseils régionaux et les communes ne doivent plus faire leur politique de développement sans se référer aux précédents axes », a indiqué le Chef du gouvernement. Au niveau de la gouvernance, la mise en œuvre du PNDES va améliorer la gouvernance politique et administrative à travers la lutte contre la corruption et l’amélioration en termes de droits humains, sécurité, de protection civile et d’accès à des informations justes. En clair, dans ce premier axe du plan, l’exécutif entend pratiquer la redevabilité tous azimuts.

Le deuxième axe quant à lui est destiné à l’amélioration du capital humain. Cette qualité des ressources humaines sera possible grâce à l’amélioration de l’éducation et de la santé pour tous. A ce niveau, M. Thiéba précisera que des actions seront mises en place afin que le secteur de l’éducation et de la santé puissent atteindre le niveau escompté. Pour ce faire donc, pour l’année 2017, le gouvernement injectera 19% du budget à l’éducation et à l’enseignement supérieur.

Le dernier axe promeut la transformation structurelle de l’économie à travers la création de chaine de valeurs et l’articulation du secteur de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie.

A la recherche de plus de 15 000 milliards

La mise en œuvre de ce plan est évaluée à 15 400 milliards de Francs CFA dont 8 400 milliards sont réservés aux investissements. Et pour mobiliser cette somme, le gouvernement entend réduire sensiblement le train de vie de l’Etat, augmenter la recette fiscale à travers le civisme fiscal et recueillir les financements qui seront issus de la Table Ronde des bailleurs prévue à Paris en décembre prochain.

L’Autofinancement sera de 64% contre 36% au titre des dons et prêts concessionnels. A Kaya le 1er octobre tout comme à Ziniaré où il était le 30 septembre, les populations ont eu droit à la parole pour poser leurs préoccupations au chef du gouvernement. Chaque couche sociale voulait savoir ce qui était prévu dans le PNDES pour elle. Le Premier ministre, aidé dans sa tâche par ses collaborateurs, a apporté des réponses aux différentes préoccupations des populations.

A l’issue de son grand oral avec les forces vives du Centre nord ce samedi, Paul Kaba Thiéba a indiqué que ces forums étaient l’occasion pour l’exécutif de recueillir auprès des différentes populations leurs avis et recommandations pour que la mise en œuvre du PNDES soit un succès.

« Les populations se sont engagées avec le gouvernement à réaliser ce plan à travers un engagement citoyen beaucoup plus fort notamment par le renforcement du civisme à tous les niveaux y compris le civisme fiscal. (...) De ce point de vue, je suis réconforté et confiant. Les populations ont compris que le PNDES sera décliné en plan sectoriel au niveau des ministères mais surtout aux plans régionaux de développement mais aussi en plans communaux de développement. Elles ont aussi compris que cet exercice que nous faisons dans chaque région est un exercice de démocratie participative, populaire et que c’est la première fois qu’elles sont associées à ce type d’exercice. C’est pourquoi nous faisons cet effort pédagogique de venir vers elles pour échanger mais également d’apprendre », a affirmé le Premier ministre à l’issue de sa rencontre avec les populations du Centre nord. Avant les étapes de Plateau Central et du Centre nord, le chef du gouvernement s’était rendu dans les régions des Hauts bassins, Cascades, Sud-ouest, Boucle du Mouhoun et Centre ouest.

Dimitri Kaboré

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Rentrée judiciaire 2016-2017 : Sous le sceau d’une gestion efficace des ‘’ressources publiques’’ !

« Juridictions et démocratie financière : quels dispositifs pour une contribution à la transparence dans la vie publique ? ». C’est sous ce thème que s’est effectuée, ce lundi, 3 octobre 2016 à Ouagadougou, la rentrée judiciaire 2016-2017. Cette cérémonie solennelle a été placée sous le patronage du Président du Faso et la présidence de la présidente du Conseil supérieur de la magistrature.

       
Rentrée judiciaire 2016-2017 : Sous le sceau d’une gestion efficace des ‘’ressources publiques’’ !

Pour le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Thérèse Traoré, la justice est aujourd’hui au cœur des débats, à tort ou à raison, des critiques virulentes. Ce qui indique les attentes combien nombreuses des citoyens à son égard. « Cela est d’autant plus patent, poursuit-elle, lorsqu’au détour des conversations, des citoyens lambda déclarent à qui veut l’entendre, ne pas croire à son impartialité et même souvent à son utilité ». Selon la présidente du CSM, la justice est rendue au nom du peuple et pour le peuple ; elle se doit donc d’être au service du justiciable et des acteurs rendant leurs décisions en toute indépendance sans pression ni influence.

Après avoir scruté les « grands maux » dont souffre la justice burkinabè, Thérèse Traoré a rappelé que les états généraux de la justice, tenus en mars 2015, ont formulé des « recommandations fortes » qui ont été prises en compte par l’adoption de nouveaux textes intervenue dans la magistrature. C’est le cas, en août 2015, des lois portant statut de la magistrature et organisation, composition, attribution et fonctionnement du CSM. Pour elle, il appartient donc aux acteurs de la justice de « s’engager résolument » à rendre la justice plus performante, plus accessible et plus protectrice des droits et libertés et à travailler à restaurer la confiance du justiciable envers la justice et ses acteurs.

Pour le ministre de la justice, des droits humains et de la promotion civique, garde des Sceaux, René Bagoro, cette cérémonie revêt une signification particulière pour l’appareil judiciaire car, cette rentrée judiciaire se tient dans un contexte de renouveau du cadre organique et juridique de la magistrature et des autres agents de la justice. ‘’Le gouvernement réitère sa volonté de poursuivre les réformes préconisées lors des états généraux de la Justice. Le cadre organique et juridique, dans lequel évolue actuellement la magistrature, vise le renforcement de l’indépendance de l’appareil judiciaire en accroissant l’autonomie et les prérogatives du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Il institue cependant, et à juste titre, le Président du Faso comme l’ultime garant de l’indépendance de la magistrature. Et c’est en cela que les fruits des réflexions qui seront menées devront permettre de comprendre les contours de l’implication du pouvoir exécutif en matière de préservation de l’indépendance du pouvoir judiciaire », a confié le ministre, René Bagoro. A l’en croire, la notion de « démocratie financière » est ancienne dans sa conception mais actuelle au regard des exigences de l’heure et met en relation les prérogatives des trois pouvoirs en matière de gestion des finances publiques (le pouvoir législatif, qui vote la loi de finances ; le pouvoir exécutif, qui est chargé de la mise en œuvre des lois de finances et le pouvoir judiciaire, qui assure le contrôle de l’exécution des budgets publics).

Il fait également observer que la rentrée judiciaire intervient à un moment où les populations développent une opinion de plus en plus critique sur les gouvernants et sur la justice. « Aussi, il est à souligner l’évolution sans précédent de la relation Etat-populations marquée par l’exigence d’une gestion efficace, transparente et responsable tant des biens que des deniers publics en vue d’un développement économique et social profitable à toutes les couches sociales. Cette nouvelle dynamique en matière de gestion des affaires publiques provient d’une prise de conscience des populations sur la redevabilité déjà perçue à l’article 15 de la Déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 aout 1789, selon lequel article : ‘’La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration’’ », a étayé le ministre Bagoro.

Quant au président (par intérim) de la Cour des comptes, Raymond Poda, il faut repenser le rôle de cette institution pour la rendre conforme aux nouvelles exigences de contrôle des finances publiques.

Lefaso.net

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Journée internationale des personnes âgées 2016 : Impliquer le troisième âge dans le renforcement de la cohésion sociale et du civisme

La communauté internationale commémore ce samedi 1er octobre 2016, la Journée internationale des personnes âgées. Au Burkina Faso cette journée, placée sous l’égide du ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la famille, sera célébrée à Koudougou, chef-lieu de la région du Centre-Ouest, sous le thème « Personnes âgées : quelle contribution pour le renforcement de la cohésion sociale et du civisme au Burkina Faso ? ».

       
Journée internationale des personnes âgées 2016 :  Impliquer le troisième âge dans le renforcement de la cohésion sociale et du civisme

Ce thème qui a été choisi au regard du contexte actuel marqué par l’incivisme, les différentes revendications accompagnées souvent de violence, l’effritement des valeurs sociales et morales, permettra auMinistère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la famillede porter un regard sur la contribution des personnes âgées, creuset de la sagesse, mémoire vivante de la société, aux fins de bâtir une société de paix, de cohésion sociale et de prospérité.

Il est, de ce fait, prévu un panel portant sur ce thème principal et dont les conclusions serviront à l’orientation des actions du gouvernement et des structures partenaires. Du reste ce panel regroupera des personnes âgées, des jeunes, des acteurs de la protection et promotion des personnes âgées, et des personnes ressources.

Afin d’atteindre les résultats escomptés de cette commémoration, plusieurs activités sont inscrites, dont un contrôle de santé en faveur des personnes âgées pour le dépistage de certaines maladies liées à l’âge et leur apporter un appui conseil, une nuit du dialogue intergénérationnel au cours de laquelle l’occasion sera offerte aux personnes âgées et aux jeunes d’échanger directement sur des thématiques qui concernent les deux cibles. Cela permettra aux deux générations de mieux se connaitre, se comprendre, renforcer les relations intergénérationnelles et cultiver davantage les jeunes générations. Toute chose qui pourrait renforcer la cohésion sociale et l’esprit de civisme.

Les personnes âgées, creuset de la sagesse, mémoire vivante de la société

En effet, l’accroissement du nombre des personnes âgées comporte des implications sociales, économiques, culturelles et éthiques, toutes choses qui imposent de nouveaux défis auxquels les dirigeants doivent faire face : les différentes inégalités existantes, les réformes sociopolitiques en cours, l’effritement de la solidarité, etc. L’Afrique est particulièrement concernée, puisque, en plus de faire face aux enjeux présents de la jeunesse de sa population, elle devra travailler en amont pour garantir une vieillesse paisible à ces nombreuses populations qui atteindront l’âge de la vieillesse.

La proportion des personnes âgées ici et ailleurs

Entre 2000 et 2050, la proportion de la population mondiale de plus de 60 ans doublera pour passer d’environ 11% à 22%. Le Secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU), Ban-Ki Moon, dans son message du 1er octobre 2013 évoquait la question en ces termes : « d’ici à 2050, les personnes âgées seront deux fois plus nombreuses que les enfants dans les pays développés, et il est prévu que leur nombre double dans les pays en développement. Cette tendance va retentir en profondeur sur les pays et les individus. »

En Afrique, leur nombre est estimé de nos jours à plus de 38 millions. Un nombre qui pourrait atteindre 212 millions d’ici 2050. Pour les Nations Unies, le nombre des personnes âgées ne cesse de croitre. La proportion des personnes âgées de 60 ans et plus est estimée à 600 000 000 dans le monde. Et l’on dénombrera environ 2 milliards de personnes âgées de 60 ans et plusà l’horizon 2050.

Pour le cas particulier du Burkina Faso, le Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de 2006, estime à 712 573le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus, ce qui représente 5,1% de la population générale. Les femmes âgées restent les plus nombreuses. Elles représentent 53,2%, contre 46,8% pour les hommes. Et plus de trois quart des personnes âgées résident en milieu rural, soit 82,2% et17,8% en milieu urbain. Selon les projections, le nombre de personnes âgées au Burkina Faso atteindra 1 111 000 en 2025 et 2 908 700 en 2050.

Histoire de la Journée internationale des personnes âgées

L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé par la résolution 45/106 du 14 décembre 1990, le 1er octobre de chaque année, Journée internationale des personnes âgées.

Cette proclamation fait suite au Plan d’action international de Vienne sur le vieillissement, adopté en 1982 par l’Assemblée mondiale sur le vieillissement, et que l’Assemblée générale avait elle-même approuvé la même année.
Cette assemblée a édicté un plan d’action et des principes pour une meilleure protection et promotion des personnes âgées. De même, elle a institué par résolution 45/106 du 14 décembre 1990, le 1er octobre, comme Journée internationale des personnes âgées.

C’est donc en application de cette résolution que le Burkina Faso, à travers le Ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille, célèbre chaque 1er octobre, la Journée internationale des personnes âgées, afin d’insuffler une dynamique nouvelle dans la résolution de leurs problèmes individuels et collectifs.

Plus tard en 1991, l’Assemblée générale, par la résolution 46/91, a adopté les Principes des Nations Unies pour les personnes âgées. Et en 2002, la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement a adopté le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, afin de répondre aux opportunités et aux défis du vieillissement démographique au 21esiècle et de promouvoir le développement d’une société pour tous les âges.

Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille.

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Journée Internationale des Personnes Agées (JIPA) : Bobo-Dioulasso a célébré les siennes

Les personnes du 3ème âge réunies en consortium, ont commémoré ce samedi 1er Octobre à Bobo-Dioulasso la journée internationale des personnes âgées qui leur est dédiée.

       
Journée Internationale des Personnes Agées (JIPA) : Bobo-Dioulasso a célébré les siennes

Placée sous le thème : « Les personnes âgées, quelle contribution au renforcement de la cohésion sociale et du civisme au Burkina-Faso », les personnes âgées ont tenu à célébrer la journée internationale qui leur est dédiée ce 1er octobre 2016 à Bobo-Dioulasso à travers plusieurs structures partenaires qui veulent œuvrer bénévolement pour le bien être global des personnes âgées. Le vœu de ce consortium est de parvenir à instituer une pratique sociale qui deviendra une tradition dans la ville de Bobo-Dioulasso, voire au Burkina Faso.

Pour cette année 2016, le consortium a organisé des activités socioculturelles, telles que un repas communautaire, des jeux de société, une marche sur près de 800 mètres de l’ENEP de Bobo à la maison de la culture, suivie de la remise du mémorandum sur les besoins spécifiques des personnes âgées au Burkina Faso au gouverneur de la région des Hauts-Bassins pour transmission au Premier ministre ; des activités de communication ; des consultations médicales spécialisées au centre hospitalier universitaire Souro Sanou et des émissions radiophoniques.

La célébration locale de la journée des personnes âgées a été coparrainée par des personnes âgées à forte notoriété locale dont Monseigneur Anselme Titiama Sanon, archevêque émérite, homme de culture et commandeur de l’ordre national.

Toutefois, il ne manquera pas de revenir sur le choix de ce thème. Pour lui, le choix de ce thème n’est pas fortuit. Au regard de tout ce que le pays a traversé, il était plus que nécessaire de prôner la paix, la cohésion sociale à travers cette journée car : « les personnes âgées ont besoin de la paix pour vivre ». A-t-il laissé entendre.

Pour les premières autorités de la région, cette initiative qui est à sa toute première édition est à saluer. Et afin d’apporter leur contribution à cette journée, une visite a été rendue à la personne la plus âgée de la ville de Bobo-Dioulasso qui a 110 ans. Née en 1906, madame Tapsoba/Ouédraogo Timpoko, a été identifiée comme la personne la plus âgée de la ville de Bobo-Dioulasso pour cette année 2016. Elle est mère de 06 enfants et son dernier garçon à 53ans.

Les autorités de la région se sont rendues chez elle afin de lui apporter soutien moral, matériel, et financier. Un geste symbolique et noble qui interpelle tout un chacun à toujours œuvrer pour le bien être des personnes âgées et n’attendre comme contrepartie que les « Bénédictions, Baradji et Baraka » de la part de ces personnes âgées assistées.

Soulignons que l’uniforme ou la tenue officielle de célébration de cette journée était le Faso Dani-Fani ou toute autre tenue traditionnelle.

Romuald Dofini
Lefaso.net

 
 

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