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2016.09.20

Avec tous ces malheurs, violences et catastrophes autour de nous, le bonheur est-il possible?

Est-il possible de parler de bonheur dans un monde où l’information apporte tous les jours des nouvelles de violences et de catastrophes? N’est-ce pas indécent d’écrire ce mot alors que tant de femmes et d’hommes sont frappés par le chômage, la solitude, le deuil? Et comment oublier les nations où la guerre sème la mort, où la misère et la faim accablent adultes et enfants? Sous la grêle quotidienne des mauvaises nouvelles, face à la crise et l’avenir incertain, même les jeunes ne connaissent pas une insouciance heureuse. La malheur et la tragédie sont là, sous nos yeux et les présentateurs de la télévision annoncent parfois que les images vont être presqu’insupportables à regarder. Alors, faut-il oublier ce mot qui semble insulter tant d’êtres humains voués à une vie accablante?...

Le bonheur, est-ce le rire sincère des enfants?
Le bonheur, est-ce le rire sincère des enfants?

Chance favorable

Au sens étymologique, il désigne la chance favorable. On dit qu’on a été dépanné par un ami qui, par bonheur, passait dans le voisinage; on dit qu’un objet «porte-bonheur», c’est-à-dire porte chance, et ce sens premier du mot est résumé dans l’expression du «petit bonheur la chance». L’élément de hasard, inattendu, gratuit, est premier, et on le rencontre à l’origine du terme dans diverses langues: luck, glück, suerte…

Mais par extension, le mot bonheur en est venu à évoquer un état continu, stable, qui se déploie dans la durée. C’est un état de fait, et on parlera de bonheur conjugal, familial, professionnel… pour être finalement un état d’esprit: certains seront plus aptes au bonheur, auront un tempérament heureux, sèmeront le bonheur.

Faut-il alors constater une contradiction? Le bonheur est-il l’instant de chance, le cadeau inattendu, ou est-il un état, une pression prolongée et sereine? Le mot porte en lui-même une incertitude, une confusion, une fragilité.

Le bonheur est-ce l’empathie et l'amour de l'autre?
Le bonheur est-ce l’empathie et l’amour de l’autre?

Illusion d’un bonheur fixe

Ces artistes du lange que sont les écrivains ont depuis longtemps scruté cette étrangeté. Jacques Rivière dénonce «l’illusion d’un bonheur fixe, fut-ce dans l’au-delà», et il écrit: «Le bonheur n’est que cette palpitation précaire de la main tendue vers son bien. Il n’est que cela».

La diversité des manières de chercher le bonheur n’est-il pas révélatrice de son caractère insaisissable? En effet, si l’on en croit Saint Exupéry: «tel homme est heureux dans la paix, tel homme heureux dans la guerre, tel souhaite la solitude où il s’exalte, tel autre a besoin pour s’en exalter des cohues de la fêtes, tel demande ses joies aux méditations de la science, l’autre sa joie, la trouve en Dieu en qui nulle question n’a plus de sens… si tu veux comprendre le mot, il faut l’entendre comme récompense et non comme but, car il n’a point de signification». Et Pascal avait écrit dans ses pensées: «Tous les hommes recherchent d’être heureux… c’est le motif de tous les hommes jusqu’à ceux qui font se pendre».

Ou encore la joie de joie de s'aimer et de vivre ensemble dans l'harmonie
Ou encore la joie de s’aimer et de vivre ensemble dans l’harmonie? Pour sûr, le bonheur existe même s’il reste une notion insaisissable.

Oui, le bonheur est possible

Le bonheur lui-même est à la fois paradoxalement hors de moi et en moi. Mais il est bel et bien possible. Il me vient des autres et du monde, et je le rencontre en le donnant. Mais s’il est possible, il faut savoir le trouver.

Quel bonheur?

Le bonheur n’est pas à confondre forcément à la santé, au bien-être, au confort, à la réussite sociale. C’est l’accord avec soi-même, avec la vie. C’est un contentement intérieur et paisible. C’est d’aimer plus d’être aimé. C’est la vie. C’est l’enfant. C’est la tendresse, la sagesse, la promesse, car le bonheur le bonheur parfait n’existe pas sur la terre à l’image de notre cœur toujours «inquiet». Le bonheur se distingue de la joie et surtout du plaisir par sa qualité, sa plénitude, sa durée. Le bonheur est aussi la liberté: liberté de penser, d’agir, de choisir.

En définitive, la notion de bonheur semble insaisissable et le définir paraît tout à fait subjectif. Mais Ce dont on convaincu, c’est que le bonheur est la seule chose que l’on puisse donner sans l’avoir. Et, en faisant le bonheur des autres, on peut avoir la surprise de le trouver avec eux par un étrange effet-retour. On reçoit ce que l’on donne. Au-delà de toute philosophie.

  M. Sèbru

Production céréalière dans les maisons d’arrêt : Les GSP à l’école des techniques et circuits de commercialisation

Dans le cadre du projet « Réinsertion socioéconomique des détenus par l’amélioration des circuits de commercialisation de la production céréalière dans les maisons d’arrêts et de correction de Ouagadougou et Koudougou », l’Institut des sciences des sociétés a initié un atelier de formation au profit d’une quinzaine de Gardes de sécurité pénitentiaire, du 19 au 22 septembre 2016 à Ouagadougou. Ceux-ci ont été introduits sur les techniques et circuits de commercialisation des produits issus du milieu carcéral.

Production céréalière dans les maisons d’arrêt : Les GSP à l’école des techniques et circuits de commercialisation

Une autre vie est possible hors des murs des maisons d’arrêt et de correction. L’Institut des sciences des sociétés y croit et il s’attèle, dans le cadre d’un projet financé par le Fonds Compétitif National (FCN), à éviter que les détenus ne replongent dans les vices qui les ont conduits en prison. Ce projet vise à les outiller sur les techniques culturales et le management dans la commercialisation des produits céréaliers. Mais cela passe avant tout par la formation des gardes de sécurité pénitentiaire (GSP). Après donc plusieurs formations sur les techniques agricoles, les conditions de détention et les effets de cette détention sur les familles des détenus, les GSP sont à présent, pendant quatre jours, à l’école des techniques et circuits de commercialisation des produits issus des maisons d’arrêt et de correction. La cérémonie d’ouverture de cette session a été présidée par Halpougdou Martial, directeur adjoint de l’INSS.

L’agriculteur le sait. Une chose est de produire, une autre est de pouvoir vendre son produit, l’écouler sans difficulté. Cela passe par une bonne connaissance du marché et des circuits de commercialisation. A l’occasion de cette formation, les GSP auront droit donc à trois modules de formation. Le premier, selon le formateur M. Legala Keudem Genesquin Guibert, va porter sur la filière agricole. Quant au deuxième module, il va permettre aux participants de comprendre le fonctionnement du marché afin de pouvoir imposer les prix et le dernier module va porter sur la commercialisation, ses différents acteurs et circuits. La mise en exergue de tous ces éléments afin de permettre aux producteurs de jouir des fruits de leur labeur, ne sera pas occultée au cours de cette formation.

Selon M. Martial Halpougdou, cette formation est une bonne initiative dans la mesure où elle vise à soutenir les détenus à se redécouvrir dans un nouveau cadre de vie dès leur libération. Et l’INSS, a-t-il rappelé, est très ravi de soutenir et d’accompagner ce projet.

Pour mémoire, le projet « Réinsertion socioéconomique des détenus par l’amélioration des circuits de commercialisation de la production céréalière dans les maisons d’arrêts et de correction de Ouagadougou et Koudougou » a été conçu et élaboré par le Département socio-économie et anthropologie du développement (DSEAD) de l’INSS, en partenariat avec la Direction de la production pénitentiaire (DPP). Il a été retenu dans le cadre de l’appel à proposition du Fonds compétitif national du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO). Il est financé à hauteur de 34.990.542F CFA sur une durée de trois ans. Dans sa mise en œuvre, l’INSS bénéficie de l’expertise d’un partenaire privilégié, l’Institut National de l’Environnement et des Recherches Agricoles (INERA).

Bénédicte Kouraogo (Stagiaire)
Lefaso.net