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2017.12.29

Alain Siri, Secrétaire permanent du PNDES : «En 2 ans, 62 CSPS ont été construits»

28/12/2017

Le secrétaire permanent du Plan national de développement économique et social (PNDES), Alain Siri, économiste de formation,  aborde avec force détails, le bilan du PNDES, 2 ans après son adoption. Les réalisations, les montants mobilisés, le nombre de projets réalisés bref, tous les aspects du nouveau référentiel de développement  du Burkina Faso sont passés en revue dans cette interview.  
 
Sidwaya (S.) : Quel bilan général peut-on dresser de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES)?
 
Alain Siri (A.S.) : Malgré le contexte sécuritaire difficile et l’avalanche de grèves dans des secteurs névralgiques de l’économie, la conduite de l’action publique a permis de renforcer la résilience de l’économie à ces aléas adverses et a inscrit son évolution dans une dynamique de croissance forte. En effet, la croissance du PIB réel  est passée de 3,9% en 2015 pour atteindre 5,9% en 2016, puis  6,4% en 2017. Le niveau de croissance attendue de l’économie en 2017 hisserait le Burkina Faso au second rang des pays de l’UEMOA en termes de croissance du PIB réel.  
 
S. Quelle est la situation des réalisations  du PNDES en fonction  des secteurs ?
 
A.S. :En matière d’infrastructures routières, au cours des deux premières années d’exécution du PNDES, ce sont 140 km de routes qui ont été bitumées.  En outre, les travaux de bitumage d’un linéaire de 291 km de routes ont été lancés au cours du dernier trimestre de l’année 2017. Concernant le renforcement et la réhabilitation de routes bitumées, ce sont au total 110 km qui l’ont été et les travaux sont en cours sur 187 autres Km. Pour les pistes rurales, la construction de 867 km est achevée et la réalisation de 508 km se poursuit, pendant que le début des travaux pour 1000 autres km de pistes est imminent. Dans le domaine de l’énergie, les actions engagées ont permis d’accroître l’offre et l’accès,  à travers la construction de centrales photovoltaïques (Zagtouli 33MWc, Ziga 1,1MWc), l’accroissement de la capacité de production des centrales existantes, le raccordement de  nouvelles localités au réseau de la SONABEL. En plus, la construction de 7 nouvelles centrales solaires photovoltaïques est en voie de lancement.  Dans le domaine social, la politique conduite en matière de santé a permis de renforcer l’offre et la qualité, tout en élargissant l’accès des populations aux soins de santé.  Dans ce sens, la mesure de la gratuité d’accès aux soins de santé, notamment pour les femmes enceintes et les enfants de moins de  5 ans, a bénéficié à plus de 23 millions de patients en deux ans.  62 nouveaux Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ont été construits et 24 autres ont été transformés en Centres médicaux. A titre de comparaison, entre 2010 et 2015, soit 6 ans, le pays n’a construit que 55 CSPS et 8 Centres médicaux. Le recrutement des personnels de santé a été conséquent : 2 471 nouveaux agents de santé dont 433 médecins et 47 pharmaciens.   Dans le secteur de l’éducation, les efforts ont porté sur l’élargissement de l’accès dans tous les ordres d’enseignement et sur la qualité. Ainsi, au niveau du primaire, 2906 salles de classes  ont été construites. A titre de comparaison, le pays n’a construit, entre 2012 et 2014, que 950 salles de classes au primaire. Au niveau du post-primaire et secondaire,  ce sont 409  CEG, 55 lycées qui ont été construits en deux ans. 25 nouveaux laboratoires et 2 lycées scientifiques ont été ouverts.  Au niveau de l’université, le cheval de bataille de l’action de l’Etat est  la normalisation des années académiques, la création de bonnes conditions de formation aux apprenants et la réorientation de l’offre de formation vers les filières professionnelles et techniques. 
 
S. : Quel est le taux de mobilisation  des milliards annoncés lors de la conférence des bailleurs de fonds de Paris?
 
A.S. : Avant,  il sied de rappeler que l’appui demandé aux partenaires du Burkina Faso  ne représente que 36,2% du coût global du PNDES. Ce qui signifie que l’effort de développement du Burkina Faso, à travers la mise en œuvre du PNDES, relève d’abord des Burkinabè. Par ailleurs, puisqu’une part non négligeable des financements attendus des partenaires prendra la forme de prêts, fussent-ils concessionnels, c’est-à-dire à taux d’intérêt faible et à maturité longue, cela signifie qu’en définitive, c’est aux Burkinabè qu’il revient de supporter les coûts des actions à réaliser. En plus, c’est surtout en termes d’accroissement des services et infrastructures publics qu’il faut appréhender la réception par notre pays des financements annoncés et non en termes d’afflux de capitaux.  S’il est nécessaire de présenter sèchement en des termes financiers le niveau de mobilisation des financements annoncés, de 2016 à 2017 au 30 novembre, le pays a signé 172 conventions de financement à la fois avec les partenaires institutionnels et privés pour un montant total de 1 722,59 milliards de francs CFA, représentant plus de 30,1% du besoin de financement exprimé à la conférence de Paris (5570,2 milliards FCFA).
 
S. : A ce jour, combien de projets ont-ils démarré?
 
A.S. : En vue de réussir la mise en œuvre du PNDES, le gouvernement a adopté la matrice de réformes stratégiques et d’investissements structurants. Initialement, elle comportait environ 300 projets d’investissements  structurants et 71 réformes. Pour les besoins de la Conférence des partenaires du Burkina Faso sur le financement du PNDES, le gouvernement a retenu 83 projets structurants. A la fin du troisième trimestre 2017, le rapport de suivi des actions (réformes et investissements contenus dans la matrice) dénombrait 67 projets en cours de mise en œuvre et les autres, aux stades d’études ou  de recherche de financement. Si vous vous intéressez aux seuls projets présentés aux partenaires lors de la conférence de Paris  pour les financements du PNDES, le rapport cité faisait état de 24 projets en cours d’exécution, d’un en instance de démarrage,  de 37 en recherche de financement et de 23 en études.  Au vu des projets d’infrastructures lancés au cours des deux derniers mois de l’année 2017, le nombre de projets en cours d’exécution est à amender à la hausse. 
 
S. : Quand est-ce que les retombées du PNDES seront véritablement ressenties par les Burkinabè?
 
A.S. : C’est une question difficile à répondre, car ce qui relève du ressenti  est par essence subjectif. Cela dit, en à peine deux années de mise en œuvre, le taux d'électrification qui mesure l'accès des ménages à l'électricité est passé de 18,83% en 2015 à 22,5% environ en juin 2016, les fortes coupures d'eau sur le réseau de l'ONEA à Ouagadougou relèvent désormais d'un souvenir à oublier. En outre, la prise des mesures telles que la baisse (de 30 francs en janvier 2016) des prix du carburant à la pompe et son maintien jusqu'à présent, la subvention du gaz, les subventions des intrants agricoles et les crédits d'équipement et de fonds de roulement accordés à certains agriculteurs sont autant de réalisations faites. Le gouvernement a également engagé des actions qui induisent, ne serait-ce que de manière indirecte, le relèvement du pouvoir d'achat des ménages : (i) la gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans ; (ii) la poursuite des actions visant à vendre certaines denrées à prix social à travers les boutiques témoins ; (iii) la revalorisation mécanique du revenu des agents de l'administration publique (reversement des fonctionnaires et contractuels au régime de la loi 081 de 2015) et la hausse des indemnités dans de nombreux corps ; (iv) les  emplois créés au titre des programmes de Travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO), des initiatives de promotion de l'auto-emploi par les crédits pour la réalisation de micro-projets ; les recrutements sur mesures nouvelles, les recrutements d'agents communautaires de santé, d'étudiants de niveau au moins égal au bac + 2 ans pour servir dans l'enseignement, etc.). Ce sont là quelques effets immédiats de la mise en œuvre du PNDES dont la perception me semble évidente.  Du reste, la réalisation des infrastructures routières procurera un franc désenclavement interne et externe du pays ; la réalisation de voiries, une meilleure mobilité urbaine. L’accroissement de l’offre de santé de premier et deuxième rang démocratisera l’accès aux soins. L’accroissement de l’offre énergétique permettra à un plus grand nombre de Burkinabè d’accéder à l’électricité. L’accroissement de l’offre de formation technique et professionnelle permettra à la jeunesse burkinabè de bénéficier de formations adaptées aux besoins de l’économie et d’échapper au chômage.   
 
S. : Environ 63,8% du coût du  PNDES doit être financé sur ressources propres. Comment l'Etat joue-t-il sa partition?
A.S. : L’Etat joue bien sa partition dans la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du PNDES. Dans ce sens, les efforts engagés pour mobiliser les recettes fiscales ont permis de faire évoluer progressivement le taux de pression fiscale de 14,5% en 2014 à 15,8% en 2016, puis à 16,4% en 2017. Cet effort doit se poursuivre et se renforcer, car l’objectif  en la matière est de mobiliser par an, un montant total des recettes dont le rapport au PIB nominal atteindrait 19,5%. Les progrès notés en la matière et qui doivent se renforcer l’ont été grâce, entre autres, aux efforts déployés par les régies de recettes, à la modernisation des moyens de recouvrement tels que le recours au Système de liaison virtuelle pour les opérations d’importation et d’exportation (SYLVIE), le renforcement de l’externalisation de l’évaluation des véhicules d’occasion de moins de dix ans et des engins de travaux publics. 
 
 
Interview réalisée par Nadège YE
                 sidwaya

Pr Alkassoum Maïga «La solution de l’enseignement supérieur au Burkina Faso, c’est la création des universités régionales»

Pr Alkassoum Maïga «La solution de l’enseignement supérieur au Burkina Faso, c’est la création des universités régionales»

Dans cet entretien, accordé à Sidwaya,  le ministre de l’Enseignement supérieur,   de la recherche scientifique et de l’innovation, Pr Alkassoum  Maïga,   dresse un bilan des deux premières années de gouvernance du président Roch Marc Christian Kaboré. Il parle des infrastructures  réalisées dans les universités publiques, relève  les difficultés et annonce les chantiers pour redorer le blason de l’enseignement supérieur.  
 
Sidwaya (S): Qu’est-ce que les deux premières années de la gouvernance du président Kaboré a apporté à votre département?
 
Alkassoum Maïga (A.M.): Nous avons tenu des hauts cadres de concertation, notamment le Conseil présidentiel pour l’enseignement supérieur, présidé par le président du Faso et le Haut conseil national de la recherche scientifique et de l’innovation, présidé par le Premier ministre. A cela s’ajoute l’étude prospective éducation et formation en collaboration avec les ministères en charge de la jeunesse, de l’éducation nationale et de l’économie et des finances. Cela a permis de dégager des scenarios avec une vision réaliste à l’horizon 2050 pour encadrer ces deux secteurs. Il y a eu la transformation des centres universitaires polytechniques de Ouahigouya, Gaoua, Dédougou et Fada N’Gourma en universités régionales. Du coup, on est passé de 4 à 7 universités publiques. Nous avons également créé de nouveaux centres universitaires polytechniques, à Dori, Tenkodogo, Gaoua et Kaya. Sur la question de la mobilité des étudiants, hier (NDLR : mercredi 20 décembre) nous avons reçu les 40 premiers bus sur les 135 annoncés. 
 
 
S : Où en est-on avec la construction d’amphithéâtres et de cités universitaires, promise par le président du Faso ?
A.M. : Nous avons construit un amphithéâtre de 700 places à l’Institut des sciences (IDS), six bâtiments pédagogiques de R+2, dont deux à l’université Ouaga1, un autre à   Koudougou, Dédougou, Fada N’Gourma et Ouahigouya. Les bâtiments sont déjà prêts à Ouahigouya, Dédougou et Fada N’Gourma ; des restaurants universitaires de 600 places par site ont été entièrement construits et finalisés. Pour cette année, nous avons en cours la réalisation de bâtiments pédagogiques de R+2 pour l’UO2 et un autre à Gaoua. Des travaux seront  bientôt officiellement lancés pour la construction de l’UFR Sciences et techniques à l’UO et d’une cité universitaire de 1500 lits, d’un coût   d’environ 12 milliards de F CFA. En plus, le ministère vient de bénéficier d’un accompagnement de la BADEA de près de 19 milliards de F CFA pour la réalisation d’une UFR en Sciences et techniques, une cité universitaire et un restaurant à Koudougou. Nous avons également en cours, la construction d’amphithéâtres jumelés de 750 places et d’un amphithéâtre d’environ 2 000 places à Ouaga2. A cela, il faut ajouter un complexe d’amphi de 500, 300 et 750 places à Koudougou.
 
S : Pourquoi après près de six ans de mise en œuvre du système LMD, les bibliothèques, la connexion internet et les infrastructures se font toujours attendre?
A.M. :Qui parle de LMD parle de répartition du travail entre les enseignants et les étudiants. Il y a un temps en présentiel et un autre consacré aux travaux de recherche. Evidemment, dans ce domaine, nous avons beaucoup de problèmes d’infrastructures alors que ce système commande des bibliothèques bien dotées et une connectivité et nous travaillons pour y remédier.
 
S : Comment expliquez-vous qu’en cette ère de numérique, les problèmes de connexion continuent de se poser dans nos universités?
A.M. : Le ministère en charge de l’économie numérique est en train de faire un travail, avec le lancement d’un marché qui consistera à connecter toutes les 7 universités publiques de même que les cités universitaires. Le processus avait été annulé et vient d’être relancé. A cela s’ajoute une initiative sous-régionale pour des connections par fibre optique à partir des frontières. De plus, il y a la question de la subvention du premier ordinateur avec l’accompagnement de la Banque mondiale à hauteur de plus de 30 milliards de F CFA pour finaliser la mise en place de l’université virtuelle. Ce montant concerne aussi la connectivité des universités
 
S :Les étudiants n’ont-ils pas raison de demander la suspension du LMD étant donné que tout porte à croire que les conditions ne sont pas réunies ?
A.M. : Non. Il s’agit d’une initiative régionale engagée par l’UEMOA qui s’aligne sur une dynamique mondiale. C’est pourquoi nous allons avancer avec elle tout en cherchant les meilleures solutions pour être plus performants. Et déjà, la relecture du LMD est engagée afin de disposer d’une nouvelle mouture pour un système harmonisé. 
 
S : A quand la fin du chevauchement des années académiques sur les campus universitaires?
A.M. : Nous ne sommes pas loin de la normalisation. Et pour résorber le manque d’infrastructures, nous avons réquisitionné des salles de grandes capacités au SIAO, à Koudougou et Bobo-Dioulasso. Avec l’accompagnement de la présidence du Faso, nous avons eu deux chapiteaux à Ouaga 1. Au niveau de notre budget, nous avons fait un réaménagement pour obtenir trois chapiteaux, à Ouaga 1, Koudougou  et Bobo-Dioulasso. Avant notre arrivée, les bacheliers de 2015 ont débuté les cours une année après, mais ceux de 2016 sont tous rentrés dans les amphis, courant 2017, ils n’ont pas attendu, une année. C’est déjà un grand pas.
 
S : Les jurys corrigent les copies des étudiants et attendent 6 à 8 mois pour se faire payer. L’administration universitaire n’est-elle pas aussi responsable du retard qui conduit au chevauchement des années académiques à l’Université Ouaga 1 ?
 
A.M. : Etes-vous l’avocate des étudiants ou quoi ? (rires). Normalement, s’il n’y a pas de contraintes budgétaires, il n’y a pas de fierté à bloquer de l’argent qui revient à autrui. Mais, nous connaissons les limites de nos budgets universitaires du fait du retard accusé dans les dotations.
 
S : Dans un passé récent, des enseignants de l’UFR/SVT se sont frappés sur le même campus et l’administration n’a pas dit mot. Sur la base de quel texte cette même administration sanctionne-t-elle l’étudiant BahanYénilo qui a giflé son camarade?
 
A.M : Nous avons pris la décision que des comportements violents ne peuvent pas être encouragés dans les universités. A partir de 2015, il a été adopté un texte qui encadre les conseils de discipline. Mais au moment où il y a eu la bagarre entre les enseignants, ce texte n’était pas encore en vigueur, sinon il n’y a pas de raison qu’on ne l’applique pas. Dans le cas de l’étudiant Bahan, le conseil de discipline a été saisi par l’étudiant qui a déposé sa plainte à l’administration de l’UFR. Etant donné que la conciliation n’a pas marché, le conseil de discipline a été convoqué. 
 
S : Souvent, on parle d’insuffisance d’enseignants dans nos universités, alors que des docteurs tapent vainement à la porte pour enseigner. Est-il si difficile de recruter pour assurer la relève ?
 
A.M. : Cette année, pour un besoin de 147 postes (47 chercheurs et 100 assistants), nous avons pu recruter 47 chercheurs et 80 enseignants. Il faut retenir aussi qu’on ne recrute pas pour recruter. Un recrutement doit toujours répondre à un besoin et il  appartient à la présidence de l’université de les décliner. Il y a des doctorants qui postulent, mais leurs profils ne correspondent pas toujours aux postes. C’est donc toute la difficulté et les gens doivent comprendre que ce n’est pas parce qu’on a un doctorat qu’on peut enseigner à l’université. De toutes les façons, le recrutement des 147 postes va se poursuivre et ce, sur cinq ans et ceux qui ont le profil seront recrutés. 
S : Pourquoi créer des universités régionales alors qu’il manque crucialement d’enseignants ?
 
A.M. : La solution de l’enseignement supérieur au Burkina Faso, c’est la création des universités régionales. On peut dire qu’il y a des difficultés, mais  imaginez si plus de 85 000 étudiants se retrouvaient tous à Ouagadougou ? Sans oublier les 3000 nouveaux bacheliers de la diaspora. On ne peut pas continuer à compter sur Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou et penser résoudre le problème. Donc, il faut désengorger et cela passe aussi par l’université virtuelle et les universités régionales. Pour ce qui est des difficultés, nous faisons de la planification et cette année, lors de la répartition des enseignants, j’ai insisté pour qu’on affecte dix postes pour Ouahigouya, dix à Dédougou et dix à Fada.
 
S : Quelles solutions pour redorer le blason de l’enseignement supérieur burkinabè d’ici la fin du mandat du président Kaboré?
 
A.M. :Nous n’avons pas un système contreperformant. Il a juste besoin que tous les acteurs s’investissent, que l’Etat continue de l’inscrire comme un secteur  prioritaire. Si on met tout en branle, on doit arriver à un enseignement supérieur très performant. Avec le recrutement massif en cours, on aura des enseignants très qualifiés pour renforcer les universités régionales. Si ces entités fonctionnent bien en plus de l’université virtuelle et des changements de mentalité, il n’y a pas de raison que notre système ne marche pas. 
 
S : Quelles sont les perspectives de votre département pour le restant du mandat présidentiel?
 
A.M. :La première est déjà de poursuivre la réalisation des infrastructures, des amphithéâtres jumelés de 750 places dans toutes les universités, des cités universitaires dans  tous les campus. Sur la question de la formation des enseignants dans la pédagogie, nous avons bénéficié de l’accompagnement de l’UNESCO, qui, en plus, nous appuie dans la mise en place de l’agence nationale de l’enseignement supérieur. Au niveau de la recherche, il y a les projets des incubateurs, les technopoles, les plateaux techniques pour les pôles d’excellence et les équipements des laboratoires de recherche. Avec la valorisation  des résultats de la recherche, on aura une recherche et un enseignement supérieur intégrés qui peuvent induire l’excellence. 
 
S : L’enseignement supérieur privé qui essaie de combler l’insuffisance dans le public compte aussi en son sein des brebis galeuses. Comment s’assurer de plus de sérieux dans ce secteur ? 
 
A.M. : Cette année, nous avons fait l’évaluation du privé et  cela a fait des tollés et certains même continuent  de contester les résultats. C’est pour dire  que nous avons foi  au privé, et nous voulons d’un privé conscient et compétent. Il y a des privés qui sont bons et cette année, nous avons affecté  des boursiers dans certains établissements, et aussi nous avons demandé au FONER de prendre en compte les nouveaux bacheliers qui sont éligibles pour éviter la double inscription rien que pour le FONER. Au delà de l’encouragement, nous allons être rigoureux  pour ne pas les laisser bricoler avec l’avenir de nos étudiants. 
 
S : La piètre prestation des étudiants lors du discours du président français Emmanuel Macron a fait jaser plus d’un Burkinabè. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? 
 
A.M. : On savait qu’avec l’arrivée du président français, si on prenait des dispositions, on allait nous accuser d’embrigader les étudiants et de donner la parole à ceux qui nous sont acquis. Nous avons essayé d’être transparents en faisant appel à la plate-forme présimètre, qui a reçu plus de 200 questions relatives aux préoccupations du moment. On a fait le jeu démocratique  et voilà ce que ça a donné. Sinon, nous avons des étudiants qui pouvaient faire mieux. Toutefois, il n’y a pas de motif à être désabusé de notre système, car Ouaga1 demeure la première université  francophone de la sous-région et nous en sommes fiers. Donc, il ne faut pas vouloir se débarrasser de nos étudiants parce qu’ils n’ont pas fait un travail qui nous honore. Il faut reconnaitre qu’on n’a pas été performant et chercher à s’améliorer plutôt que de chercher des raccourcis pour dire que ce n’était pas des étudiants. 
 
 
Interview réalisée par
Mariam OUEDRAOGO
sidwaya du 28/12/2017