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2018.01.14

Financement de la santé et capture du dividende démographique : Une feuille de route pour opérationnaliser la « déclaration de Ouagadougou »

La problématique du financement adéquat du secteur de la santé et la capture du dividende démographique avait réuni des parlementaires des pays membres de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad, en juillet 2017 dans la capitale burkinabè. Cette rencontre de haut niveau avait abouti à une déclaration dite de Ouagadougou dans laquelle figuraient des engagements politiques forts. En vue de définir et valider la feuille de route pour l’opérationnalisation de la déclaration de Ouagadougou, un atelier technique réunit des parlementaires des pays suscités, ainsi que des partenaires techniques et financiers, du 08 au 09 janvier 2018, à Ouagadougou.

Financement de la santé et capture du dividende démographique : Une feuille de route pour opérationnaliser la « déclaration de Ouagadougou »

 La rencontre régionale de haut niveau sur le financement adéquat de la santé, du dividende démographique et des politiques de population et développement organisée en juillet 2017 était l’initiative de l’organisation Ouest-africaine de la santé (OOAS) et l’Assemblée nationale du Burkina. Elle avait été favorablement accueillie par les parlements des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi de la Mauritanie et du Tchad. Ainsi, le document issu de cette rencontre avait été intitulé simplement « déclaration de Ouagadougou ». Au titre des engagements, les parlementaires avaient convenu, entre autres de :

- œuvrer à faire des arbitrages conséquents aux projets de budget des Etats, afin d’obtenir des accroissements annuels successifs d’au moins 2% des budgets nationaux alloués au secteur de la santé, avec en perspective d’atteindre l’objectif minimum de 15% de la déclaration d’Abuja à l’horizon 2020 ;

- accorder une bienveillante attention à l’examen de toutes les questions relatives aux politiques nationales de population, de développement et de santé, en vue de contribuer au succès de la transition démographique, dans la perspective de la capture du dividende démographique pour accélérer la croissance économique.

Un atelier pour définir des stratégies

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Nous avons posé des actes qui nous donnent la légitimité de défendre le sujet, rassure Dr Tamboura

Ainsi, pour opérationnaliser la mise en œuvre de ces engagements, l’OOAS, l’Assemblée nationale du Burkina et AgirPF, ont commandité une consultation chargée de proposer un projet de feuille de route. L’atelier des 08 et 09 janvier 2017 vise donc à discuter, enrichir et valider cette feuille de route par les différents acteurs clés du processus. « Il s’agit de se retrouver ce matin pour valider la feuille de route de la mise en œuvre de la déclaration de Ouagadougou. Cette déclaration avait été prise en juillet dernier sur deux défis principaux : améliorer la santé du financement de la santé ; capturer le dividende démographique. Concrètement, il s’agit pour l’ensemble des partenaires qui avaient participé à ces travaux en juillet de se retrouver, définir les chemins, les stratégies par lesquelles nous allons réaliser effectivement ces engagements », a expliqué Ousséni Tamboura, Président du comité d’organisation de la rencontre de haut niveau. De manière spécifique, il s’agira de :

- examiner dans les détails les propositions d’actions et/ou d’activités ;

- identifier clairement les acteurs et décliner leurs responsabilités ainsi que les échéanciers ;

- définir les mécanismes et les modalités concrètes de financement de la feuille de route ;

- définir le cadre et les modalités pratiques de suivi et d’évaluation de la mise œuvre de la feuille de route ;

- s’accorder sur les prochaines étapes de la mise en œuvre de la feuille de route

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Quelques participants

Dans l’organisation de cette initiative régionale, le parlement du Burkina bénéficie de l’appui du projet AgirPF, un projet régional financé par l’USAID. « Nous sommes convaincus qu’aucun pays ne peut se développer sans la transition démographique. Pour la capture du dividende démographique, vous avez besoin de compter sur les performances au niveau de l’éducation, de la santé, en matière de création d’emplois. Or, vous ne pouvez pas avoir des performances dans le secteur de l’éducation si vous ne réduisez pas la pression sur le secteur… », soutient Dr Martin Laourou, conseiller en politiques du projet AgirPF.

Moussa Diallo
Lefaso.net

Santé et croissance du jeune enfant : Les résultats préliminaires du Sanmatenga dévoilés au cours d’un atelier

Ce jeudi 11 janvier 2018, à Ouagadougou, s’est ouvert l’atelier de présentation des résultats préliminaires de l’étude menée sous le thème « évaluation coût/efficacité de l’utilisation de quatre suppléments alimentaires sur la santé et la croissance du jeune enfant, dans la province du Sanmatenga ». Il s’est agi au cours de cet atelier de faire la présentation des principaux résultats obtenus par les acteurs de la recherche sur la santé et la nutrition au Burkina Faso.

Santé et croissance du jeune enfant : Les résultats préliminaires du Sanmatenga dévoilés au cours d’un atelier

Evaluer l’efficacité et la rentabilité de quatre formulations de suppléments alimentaires dans un contexte de prévention du retard de la croissance chez l’enfant de 6 à 23 mois. C’est bien de cela qu’il s’est agi au cours de l’évaluation du programme d’aide alimentaire du bureau Ford for peace (FFP) de l’USAID (United States agency international development), réalisée par le Friedman school of nutrition science and Policy de Tufts University en collaboration avec l’Institut de recherche en sciences de la santé(IRSS) dans le Sanmatenga avec pour consigne de faire des recommandations.

En effet, Pour le docteur Laetitia Ouédraogo de l’Institut de recherche en sciences de la santé(IRSS), il était question de comparer l’efficacité et le coût de quatre formules alimentaires de l’USAID utilisés dans la politique de l’aide alimentaire des Etats-Unis. Plus concrètement, « c’est un essai clinique qui visait à savoir de l’ensemble des quatre suppléments que sont le CSB+, le CSB14, le SC+ et le RUSF, quel était l’aliment le plus efficace pour prévenir la malnutrition chez les jeunes enfants de 6 à 23 mois », a indiqué le docteur Ouédraogo. Des conclusions qu’elle a pu tirer de l’étude menée, il semblerait que le CSB+ demeure le plus efficace pour la prévention de la malnutrition aiguë et du retard de croissance chez les enfants de moins de deux ans dans la province du Sanmatenga.

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Le représentant du ministre de la santé, Valentin Sissao,« Nous accueillons très favorablement cette étude et nous attendons des résultats qui puissent nous permettent de façon scientifique de prendre des grandes décisio

Le représentant du ministre de la santé, Valentin Sissao, a dit accueillir favorablement l’étude et être en attente des conclusions. « Nous accueillons très favorablement cette étude et nous attendons des résultats qui puissent nous permettent de façon scientifique de prendre des grandes décisions », a-t-il fait savoir. Poursuivant, il a soutenu qu’il était plus que nécessaire de s’adonner à l’utilisation des produits locaux ce, suite à la saisie de certains produits laitiers. « Avec le scandale des produits laitiers de nourrisson de ces derniers jours, nous avons intérêt à utiliser nos produits locaux que nous maitrisons », a poursuivi le représentant du ministre de la santé.

Pour rappel, l’étude est financée par l’USAID et s’appuie sur la plateforme du projet Victoire contre la malnutrition(ViM) avec le concours d’ACDI/VOCA ainsi que de l’ONG Save the Children. Elle a couvert les quatre communes du Sanmatenga (Pissila, Barsalogho, Namissigma et Kaya) et a permis d’enrôler et de suivre une cohorte de plus de 6000 enfants. Les activités de terrain, elles, ont duré deux ans, soit du 12 août 2014 au 22 décembre 2016.

Tambi Serge Pacôme Zongo (Stagiaire)
Lefaso.net